17 février 2017

[Lettre à Nos Frères Prêtres] La ruine de la Chrétienté

SOURCE - Lettre à Nos Frères Prêtres - décembre 2016

Puisque l’Église institution (ce que Luther appelle avec mépris « la papauté ») n’existe plus comme prolongement du Christ, le croyant (par la foi-confiance) se trouve seul devant Dieu. 
   
Il est éclairé extérieurement par la Bible (qu’il doit évidemment lire personnellement, d’où la nécessité de Bibles en langue vulgaire), et intérieurement par le Saint-Esprit, qui lui permet de discerner infailliblement dans la Bible ce qui convient à sa propre vie chrétienne. Comme l’écrit justement Boileau, « tout protestant fut pape, une Bible à la main».
Le combat contre l’Église catholique
L’Église catholique romaine est pour sa part, aux yeux de Luther, « la grande prostituée de Babylone », et il faut l’attaquer et l’annihiler par tous les moyens. Luther va ainsi multiplier les pamphlets, souvent orduriers, contre le pape et l’Église. Juste avant de brûler publiquement la bulle Exsurge qui condamne quarante et une de ses fausses propositions, il publie Contre l’exécrable bulle de l’Antéchrist. Les écrits : De la papauté romaine ; Prélude sur la captivité babylonienne de l'Église ; Le discours contre la papauté qui est à Rome ; Contre la papauté romaine fondée par le diable ; L’image de la papauté (illustré de scènes grivoises par le peintre Lucas Cranach, ami de Luther, dont celle du « pape-âne ») peuvent pour leur part être résumés par ce mot de 1529 : « Sous le papisme, nous étions possédés par cent mille diables ».
      
Un certain nombre de ses disciples, poussant jusqu’au bout ses principes erronés, vont détruire systématiquement les monuments catholiques, torturer et assassiner les évêques, les prêtres, les religieux et de très nombreux fidèles, sans compter les guerres atroces qu’ils déclencheront.
La déchristianisation de la société
Puisque la « hiérarchie » de l’Église est abolie par Luther, ses successeurs remettront en cause progressivement les autres pouvoirs humains : le protestantisme est d’essence révolutionnaire. Par ailleurs, chacun étant renvoyé à sa propre intériorité, sans médiation ecclésiale, il est logique de séparer radicalement la vie religieuse de la vie politique, par la laïcisation. Il n’est donc pas étonnant que, dans l’établissement de la République laïque en France, dans la mise en place de l’école sans Dieu, dans la montée de l’anticléricalisme, dans la séparation radicale de l’Église et de l’État en 1905, finalement dans la déchristianisation systématique, on trouve nombre de protestants, voire de pasteurs, au premier rang desquels Ferdinand Buisson, collaborateur de Jules Ferry.
L’Europe à feu et à sang, par la faute de Luther
Lorsque Martin Luther meurt, le 18 février 1546, l’Europe est à feu et à sang pour de longues années, à cause de lui. Des millions d’âmes ont apostasié de la foi catholique et quitté la voie du salut en raison de ses fausses doctrines et de ses exemples pernicieux. Même si l’Église va connaître, dans les années qui vont suivre, un magnifique renouveau grâce à une pléiade de saints et au grand mouvement réformateur dont le concile de Trente est le symbole ; même si d’immenses foules vont entrer dans l’Église grâce à un splendide travail missionnaire ; malheureusement, des nations entières, aveuglées, auront suivi les erreurs et mensonges de l’ancien moine augustin, et ne reviendront pas à la vérité salutaire.
L’ennemi de la grâce du Christ
Luther aura ainsi vraiment été l’ennemi de la grâce du Christ, qu’il prétendait pourtant honorer. Ce qui nous sépare de lui est donc beaucoup plus important que ce qui pourrait nous unir à lui. C’est pourquoi aucun catholique conscient de ce qu’il doit au Christ et à l’Église ne pourra jamais louer ou honorer en quoi que ce soit Luther