29 avril 2017

[fsspx.news] Pourquoi ce silence du pape face aux dubia sur Amoris lætitia ?

SOURCE - fsspx.news - 29 avril 2017

Au cours du colloque international qui s’est tenu à Rome, le 22 avril 2017, sur le thème « Faire la clarté », à propos des dubia présentés au pape François sur Amoris lætitia (voir DICI n°353 du 14/04/17), un des intervenants, le chilien Claudio Pierantoni, s’est interrogé, dans la conclusion de sa communication, sur la cause du silence du pape, depuis la réception de ces dubia, le 19 septembre 2016. 

Ce qui saute aux yeux dans la situation actuelle c’est précisément la déformation doctrinale de fond qui, même si elle évite habilement toute formulation directement hétérodoxe, manœuvre toutefois de façon cohérente pour s’en prendre non seulement à des dogmes en particulier comme l’indissolubilité du mariage et l’objectivité de la loi morale, mais aussi à l’idée même de doctrine sûre et, avec elle, à la personne même du Christ comme Logos (Verbe de Dieu). Et le pape est lui-même la première victime de cette déformation doctrinale, même si – et c’est une hypothèse de ma part – il en est peu conscient, et s’il est victime d’une aliénation généralisée historique qui frappe de larges pans de l’enseignement théologique.

Dans cette situation, les dubia, ces cinq questions présentées par quatre cardinaux, ont mis le pape dans une impasse. S’il répondait en reniant la Tradition et le magistère de ses prédécesseurs, il passerait formellement pour hérétique, et il ne peut donc pas le faire. Si en revanche il répondait dans la ligne du magistère précédent, il contredirait une bonne partie des principales actions doctrinales effectuées durant son pontificat, et ce serait donc un choix très difficile. Il choisit donc le silence parce qu’humainement, la situation peut sembler sans issue. Mais entretemps, la confusion et le schisme de facto s’élargissent dans l’Eglise.

A la lumière de ce qui précède, un acte de courage supplémentaire est plus que jamais nécessaire, un acte de vérité et de charité de la part des cardinaux, mais aussi des évêques et de tous les laïcs compétents qui souhaiteraient y prendre part. Dans une aussi grave situation de danger pour la foi et de scandale généralisé, une franche correction fraternelle adressée à Pierre est non seulement licite mais il en va même de notre devoir, pour son bien et celui de toute l’Eglise.

Une correction fraternelle n’est ni un acte d’hostilité ni un manque de respect, ni une désobéissance. Elle n’est rien d’autre qu’une déclaration de vérité : caritas in veritate. Le pape, avant même d’être pape, est notre frère.

Dans L’Homme Nouveau du 9 janvier 2017, le philosophe français, Thibaud Collin, lui aussi intervenant au colloque de Rome, se posait la même question sur le silence du pape.

Quel est le sens d’un tel silence officiel ? On peut en faire deux lectures. La première, humaine, consiste à dire que le pape refuse de répondre, car il considère que le texte de l’exhortation est en lui-même clair. Il a chargé le cardinal Schönborn d’expliquer ce que le cardinal Kasper nomme un « nouveau paradigme », celui de l’accompagnement des personnes. Reste à expliquer comment ce nouveau paradigme s’articule avec l’ancien. C’est sur ce point que les quatre cardinaux ont demandé des précisions qui leur ont été refusées. Le pape a cependant répondu indirectement en déclarant au journal Avvenire le 18 novembre 2016 : « Il y a des gens qui continuent à ne pas comprendre, qui raisonnent en noir ou blanc, même si c’est dans le flux de la vie qu’il faut pratiquer le discernement. » Et dans une lettre privée (opportunément publiée) aux évêques de Buenos Aires, il répond à leur texte : « L’écrit est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8. Il n’y a pas d’autres interprétations. » Enfin le cardinal Farrell, préfet du nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, a critiqué publiquement son compatriote Mgr Chaput pour son interprétation rigoriste de l’exhortation.

La deuxième lecture est surnaturelle et consiste à dire que si le pape ne répond pas officiellement mais par des biais privés ou par médiateurs interposés, c’est qu’il ne peut s’opposer frontalement au magistère antérieur et à la Parole de Dieu. N’est-ce pas Jésus lui-même (Mt 19, 3-12) qui a rappelé aux pharisiens, enfermés dans le paradigme casuistique, le caractère normatif de la vérité sur le mariage, tel que Dieu l’a institué « à l’origine » ? La doctrine de l’Eglise, explicitation de la Parole de Dieu, n’est donc pas abstraite ou déconnectée des personnes comme le répètent à l’envi de nombreux « pasteurs ». La loi de Dieu n’est pas non plus un idéal, devenant pour les fidèles, si on leur demande de lui obéir, un fardeau insupportable. Elle est source de vie dans le concret de l’existence de chacun. Dieu donne toujours la grâce de vivre ce qu’Il commande. Rappelons enfin que le discernement cher à saint Ignace ne peut porter que sur des actes bons et jamais sur des actes intrinsèquement mauvais. Il n’y a pas une manière prudente d’être adultère.

(Sources : L’Espresso, trad. Diakonos/Homme Nouveau – FSSPX Actualités 29/04/17)

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Dieu Embauche

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 29 avril 2017

De l’univers entier c’est Dieu qui est le Maître.
Donc Son ciel se remplit malgré maint vilain traître.

Sur de brûlants problèmes actuels l’abbé Jean-Michel Gleize, Professeur de Théologie au Séminaire d’Écône de la Fraternité St Pie X, a rédigé deux articles qui jettent une lumière intéressante sur leur solution. D’abord, le Pape peut-il tomber dans l’hérésie formelle ? Réponse, peut-être, parce qu’on n’a pas toujours cru comme depuis quelques siècles que les Papes sont aussi libres d’erreur. Et ensuite, le document papal Amoris Laetitia montre-t-il que le Pape François est tombé dans l’hérésie formelle ? Réponse, dans le sens strict des mots, non, mais en effet, oui, parce que le néo-modernisme subvertit la doctrine tout en faisant semblant de la maintenir. Cette deuxième question devra attendre un autre numéro de ce « Commentaire », mais pour ne pas se laisser piéger entre le libéralisme et le sédévacantisme, l’abbé Gleize a dû commencer par la première question.

Dans son premier article (qui est plus court), il dit qu’à partir de la dite Réforme Protestante, les théologiens catholiques en général, notamment St Robert Bellarmin, ont tenu que le Pape ne peut pas tomber dans le refus conscient et pertinace d’un dogme défini de l’Église, i.e. dans l’hérésie formelle. Pour étayer leur thèse ils citent l’ordre de Notre Seigneur à St Pierre de confirmer ses frères dans la foi (Lc.XXII, 32), ce qui supposerait que Pierre lui-même ne peut pas la perdre. Et jamais dans toute l’histoire de l’Église, disent-ils, un Pape n’est tombé dans l’hérésie formelle. Par contre avant la révolution Protestante, dit l’abbé Gleize, les théologiens catholiques du 12me au 16me siècle ont jugé en général qu’un Pape peut tomber dans l’hérésie formelle, et cette opinion continue jusqu’aujourd’hui, tout en étant moins commune.

L’abbé conclut qu’en vue surtout des Papes Conciliaires, les théologiens plus récents n’ont pas prouvé leur thèse. Quant à l’argument que Pierre sera toujours protégé par Notre Seigneur de l’hérésie formelle, il faut répondre que la foi est un acte de l’esprit poussé par le libre-arbitre, et il est bien rare que Dieu interrompe le libre-arbitre des hommes. Quant aux Papes dans l’histoire, il y a le cas d’Honorius, anathématisé par ses successeurs pour avoir favorisé l’hérésie monothélite. Certes, pas tous n’acceptent cette conclusion de l’abbé, mais si on la considère du point de vue historique des Sept Époques de l’Église, elle se défend.

Par trois Époques (Apôtres 33–70, Martyrs 70–312, Docteurs 312–500+) l’Église s’est hissée à la Quatrième Époque, les mille ans de la Chrétienté triomphante (500+-1517). Mais vers la fin de ce Moyen Age le Diable, aidé par le péché originel, rongeait la Chrétienté, et les hommes ont lancé la Cinquième Époque, celle de l’Apos tasie (1517–2017 ?). Ici les Chrétiens décadents ont inventé une forme d’hypocrisie après l’autre (Protestantisme, Libéralisme, Communisme, entre autres) pour rendre hommage à la vertu et la civilisation chrétiennes, tout en se « libérant » pour profiter du dernier vice, tel le « mariage » de même sexe. Or le Bon Dieu aurait pu faire durer sans fin le Moyen Age, mais pour cela Il aurait fallu interrompre le libre-arbitre. Donc Il a préféré douer Son Église d’un faisceau de Saints spéciaux pour mener la Contre-Réforme, ce qui lui a valu sur les 500 ans suivants, pour varier la population de Son Ciel, une moisson de Saints post-médiévaux. Donc comme antidote à la corruption de l’homme post-médiéval Dieu aurait choisi de renforcer l’autorité dans Son Église pour que les âmes voulant se sauver, mais ne le voulant plus assez par la vertu intérieure, pussent au moins être dirigées encore vers le Ciel par l’autorité extérieure. A c e moment-là, bien sûr, le Diable s’est mis à travailler surtout les autorités élevées de l’Église, et après quatre siècles et demi c’est comme si le Bon Dieu a dit, « Si vous ne voulez plus de Mon Église à Moi, alors ayez la vôtre, » et voilà Vatican II.

Tout cela fait que l’autorité dans l’Église est en ruines, humainement irréparables, et Dieu va recourir à d’autres moyens pour faire sortir de notre monde spirituellement épuisé une nouvelle moisson d’âmes.

Un Châtiment garantira l’éclat initial de l’Église de la Sixième Époque, mais le Diable et le péché originel y auront comme matière à travailler une nature humaine affaiblie en profondeur par le libéralisme de la Cinquième Époque, en sorte qu’il ne leur faudra pas longtemps pour faire arriver la Septième Époque, celle de l’Antichrist. Mais celle-ci sera en même temps l’Époque de quelques-uns des plus grands Catholiques de toute l’histoire de l’Ã ‰glise – une moisson de Saints exceptionnels.

Kyrie eleison.

[Anne Le Pape - Présent] Entretien avec l’abbé Michel Frament - Prêtre en Martinique

SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 28 avril 2017

De passage à Paris, l’abbé Michel Frament évoque son ministère à La Martinique.
— Monsieur l’abbé, quand avez-vous été nommé à Fort-de-France ?
— Je suis parti pour la Martinique en septembre 2016. Ordonné en 2005, je suis resté deux ans à l’école Saint-Joseph des Carmes, puis j’ai passé neuf ans m’occupant de l’économat à Suresnes. Et me voilà à l’autre bout du monde.
Nous sommes trois prêtres au prieuré, aidés par un jeune étudiant dynamique et généreux.
— Quelles sont les facilités et les difficultés que vous trouvez pour assurer votre ministère à Fort-de-France ?
— La plus grande facilité est la situation de la chapelle, en plein centre-ville, l’équivalent de Saint-Nicolas à Paris, si vous voulez. Nous sommes extrêmement bien placés. Nous pouvons y assurer une permanence tous les matins (de 7 h 30 à 10 h 30) après la messe de 6 h 30. Nous rencontrons ainsi les fidèles facilement, ou d’autres gens qui passent, viennent prendre de l’eau bénite, se confesser, parler au prêtre, etc.
Je constate que les catholiques là-bas ont moins de respect humain que les gens de la métropole : ils sont catholiques et fiers de l’être. Ils se montrent extrêmement serviables, nous avons une bonne quarantaine de bénévoles qui nous soutiennent. Les fidèles font preuve d’une grande dévotion envers la Vierge, récitent beaucoup le rosaire. Même en semaine, nous constatons que nous avons du monde aux messes, surtout le jeudi matin, car la cérémonie est suivie du chapelet devant le saint sacrement exposé.
— Avez-vous une école ?
— L’école est assez ancienne. Elle a fermé durant quelque temps mais a pu rouvrir grâce à l’abbé Chrissement. A sa réouverture, il y avait six élèves, l’an passé 16 et cette année 30, ce qui représente une belle croissance sur laquelle nous comptons pour l’avenir. L’école assure actuellement les classes de la maternelle au CM1.
Certaines familles viennent de métropole et choisissent notre école, d’autres parents la découvrent sur place. Les enfants sont de magnifiques petits apôtres ! Nous avons de beaux témoignages de parents, qui s’émerveillent de voir l’enthousiasme des enfants pour leur école. Nous en recueillons les fruits : certains, qui ne pratiquaient pas, viennent désormais à la messe.
— Quelles sont les autres religions représentées en Martinique ?
— Les musulmans sont très peu nombreux, en revanche, on rencontre de nombreuses sectes protestantes ou évangéliques. Je me trouvais l’autre jour dans le garage d’une zone industrielle. Allant faire un tour en attendant la réparation de mon véhicule, j’y ai repéré trois locaux abritant des sectes…
On trouve aussi quelques Indiens pratiquant l’hindouisme mais, parmi les Indiens, certains sont chrétiens.
— Quels sont les pays où le prieuré de la Martinique peut porter la bonne parole, avec des sortes de « missions extérieures » ?
— Nous desservons la chapelle de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Chaque vendredi, l’un des prêtres prend l’avion, assure la messe le vendredi soir après un catéchisme pour adultes, le samedi matin (suivie d’une permanence) ainsi que le catéchisme pour les enfants l’après-midi, la messe du dimanche bien sûr et la messe du lundi matin (suivie d’une permanence).
Nous y avons un bel apostolat pour la jeunesse. Le père Mavel, notamment, a lancé des matchs de basket le dimanche après-midi. Beaucoup d’enfants ont ainsi commencé le catéchisme et persévèrent et, là aussi, par les enfants, on touche les parents. Certains enfants seront baptisés en mai prochain. Notre chapelle est devenue jolie, ce nous est une aide pour l’apostolat. Il y passe beaucoup de monde, nous avons doublé notre effectif en deux ans.
Nous nous rendons également tous les deux mois en Guyane et y restons huit jours. Nous y avons deux centres de messes : l’un à Kourou et l’autre à Cayenne. A Kourou, la paroisse nous prête une chapelle dans un quartier populaire, l’évêque est bien sûr au courant, je l’ai rencontré pour me présenter à lui. Mgr Lafont s’est montré très accueillant et cordial.
Nous avions autrefois une salle prêtée également à Cayenne, mais elle a été fermée pour des raisons de sécurité. Nous ne désespérons pas d’en obtenir une autre. Nos fidèles sont en partie des gens de Guyane et en partie des expatriés, des militaires par exemple.
— Quelles sont les différences qui vous frappent entre les Français de La Martinique et ceux de « l’hexagone » ?
— La plus grande différence qui me frappe entre ici et là-bas est la joie dans les rues en Martinique, la bonne humeur. Quel contraste avec le côté anonyme de la vie à Paris, par exemple ! Je pensais auparavant qu’il s’agissait d’un cliché, mais j’en constate la vérité. Autre différence : les liens sont forts avec les grands-parents, les familles plus unies. Bien sûr, on y trouve comme ici des familles éclatées, des femmes qui élèvent seules leurs enfants. Mais les liens entre les générations se sont sans doute mieux maintenus.
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Propos recueillis par Anne Le Pape
Pour aider l’école, merci d’envoyer vos dons (reçu fiscal sur demande) ou des timbres neufs à : école Saint-Dominique-Savio, 40 av. Martin-Luther-King, 97 200 Fort-de-France (les enfants prient chaque jour et une messe mensuelle est célébrée pour les bienfaiteurs).

27 avril 2017

[Riposte Catholique] Dédiabolisation de la FSSPX: décision exemplaire de Mgr Planet

SOURCE - Riposte Catholique - 27 avril 2017

On sait qu’une lettre de la Commission Ecclesia Dei du 27 mars 2017 informait les évêques de l’univers que le pape avait approuvé des dispositions visant à assurer la validité de mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X. Interprétant le plus généreusement possible les dispositions de cette lettre, Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, par décret qui sera bientôt publié, donne sans restriction, sur tout le territoire de son diocèse, délégation pour recevoir les consentements matrimoniaux à tous les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X dans toutes les chapelles de cette Fraternité. Les mariages qu’ils célébreront seront inscrits sur les registres de la chancellerie diocésaine.
    
En outre, si les mariages sont célébrés par ces prêtres dans des églises paroissiales, les curés sont invités à déléguer leurs pouvoirs ordinaires pour recevoir les consentements, comme ils le feraient pour tous prêtres catholiques.

[Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] Le libre examen de Luther nie la nécessité d’une autorité surnaturelle et rend impossible l’unité dans la Vérité.

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs - 26 avril 2017


Le libre examen de Luther nie la nécessité d’une autorité surnaturelle et rend impossible l’unité dans la Vérité. 

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Il y a cinq cents ans, Martin Luther se révoltait contre l’Eglise, entraînant à sa suite un bon tiers de l’Europe – ce fut probablement la perte la plus importante que l’Eglise catholique ait eu à subir durant son histoire, après le schisme d’Orient de 1054. Il a ainsi privé des millions d’âmes des moyens nécessaires au salut, les éloignant non d’une organisation religieuse parmi d’autres, mais bel et bien de l’unique Eglise fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont il a nié la réalité surnaturelle et la nécessité pour le salut. Il a complètement dénaturé la foi, dont il a rejeté les dogmes fondamentaux que sont le saint Sacrifice de la messe, la présence réelle dans l’Eucharistie, le sacerdoce, la papauté, la grâce et la justification.

Au fondement de sa pensée, qui est celle du protestantisme dans son ensemble aujourd’hui encore, il y a le libre examen. Ce principe revient à nier la nécessité d’une autorité surnaturelle et infaillible qui puisse s’imposer aux jugements particuliers, et trancher les débats entre ceux qu’elle a pour mission de guider sur le chemin du Ciel. Ce principe clairement revendiqué rend tout simplement impossible l’acte de foi surnaturel, qui repose sur la soumission de l’intelligence et de la volonté à la Vérité révélée par Dieu et enseignée par l’Eglise avec autorité.

Le libre examen, érigé en principe, rend non seulement inaccessible la foi surnaturelle qui est la voie du salut (« Celui qui ne croira pas, sera condamné », Mc 16, 16), mais aussi il rend impossible l’unité dans la Vérité. Il a ainsi établi en principe l’impossibilité pour les protestants du salut éternel, et de l’unité dans la Vérité. Et de fait la multiplication des sectes protestantes ne cesse d’augmenter depuis le XVIe siècle.

Devant un spectacle si désolant, qui ne comprendrait les efforts déployés maternellement par la véritable Eglise du Christ pour rechercher la brebis perdue, qui ne saluerait ses nombreuses tentatives apostoliques pour libérer tant d’âmes enfermées dans ce principe fallacieux qui leur interdit l’accès au salut éternel ? Ce souci du retour à l’unité de la vraie foi et de la vraie Eglise traverse les siècles. Il n’est pas du tout nouveau ; que l’on considère la prière du Vendredi Saint :

Prions pour les hérétiques et les schismatiques, afin que notre Dieu et Seigneur les arrache de toutes les erreurs et qu’il daigne les ramener à notre sainte Mère, l’Eglise catholique et apostolique.

Dieu tout-puissant et éternel, qui sauvez tous les hommes et voulez qu’aucun d’eux ne se perde ; regardez les âmes trompées par la ruse diabolique, afin que les cœurs de ceux qui errent, ayant déposé toute perversité hérétique, se repentent et reviennent à l’unité de votre vérité. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ce langage traditionnel ne laisse aucune place à la confusion si largement répandue aujourd’hui au nom d’un faux œcuménisme. Les mises en garde de la Congrégation du Saint-Office en 1949, à la suite de plusieurs documents pontificaux, dont le plus important est certainement l’encyclique de Pie XI Mortalium animos (1928), ces justes mises en garde semblent désormais lettre morte. Pourtant les dangers de cet irénisme œcuménique, dénoncé par Pie XII dans Humani generis (1950) sont immenses et gravissimes, car il décourage les conversions au catholicisme. Quel protestant, voyant louer les « richesses » et « vénérables traditions » de la Réforme de Luther, éprouverait le besoin de se convertir ? Et d’ailleurs, le mot même de « conversion » est actuellement banni du vocabulaire catholique officiel, dès lors qu’il s’agit des autres confessions chrétiennes.

En outre, cette nouvelle attitude, faite de louanges pour le protestantisme et de repentances pour le catholicisme, cause – c’est un constat – la perte de la foi chez d’innombrables catholiques. Chaque sondage interrogeant la foi des catholiques montre les ravages que produit cet alignement effarant sur le protestantisme. Combien de catholiques sont atteints au XXIe siècle par ce que l’Eglise a condamné, jusqu’au Concile, sous le nom d’indifférentisme ? Erreur funeste qui affirme que tout le monde est sauvé, quelle que soit sa religion. Erreur qui s’oppose frontalement à l’enseignement de Notre Seigneur lui-même et de toute l’Eglise à sa suite. Pourtant, en dénonçant cette erreur contre la foi catholique bimillénaire, l’on passe immédiatement pour un fanatique ou un dangereux extrémiste.

C’est aussi au nom de ce nouvel œcuménisme qu’a été inventée la nouvelle liturgie. Elle entretient avec la Cène protestante des rapports tels que plusieurs théologiens protestants ont pu affirmer la possibilité pour leurs coreligionnaires d’utiliser le nouveau missel catholique, ainsi Max Thurian à Taizé. Et pendant ce temps, les enfants de l’Eglise catholique se voyaient privés des plus beaux trésors de la louange divine et de la grâce. Dieu merci, Benoît XVI a courageusement déclaré que la liturgie pluriséculaire n’avait jamais été abrogée, mais – pendant plus de 40 ans, dans le monde entier – la réforme liturgique postconciliaire a éloigné des millions de fidèles des églises, car ils n’y trouvaient plus ce qu’ils attendaient de l’Eglise catholique.

Comment s’étonner dès lors que cet œcuménisme censé promouvoir l’unité des chrétiens ne fasse que bien peu de progrès ?

Mgr Marcel Lefebvre, dès le Concile, dénonça cette nouvelle façon de procéder avec les protestants, qui s’abritait sous le nom d’œcuménisme. De fait, ce vocable très élastique exprime une manière générale de voir et de faire, introduite dans l’Eglise au moment de Vatican II. Il s’agit d’une bienveillance affichée envers tous les hommes, d’une volonté arrêtée de ne plus condamner l’erreur, d’une recherche tous azimuts de ‘ce qui nous unit’ plutôt que de ce qui nous sépare... Et ce qui aurait dû n’être que le premier pas d’une démarche vers l’unité, dans le cadre d’une captatio benevolentiæ, s’est transformé rapidement en une recherche voulue pour elle-même, devenue sa propre fin ; une quête incessante à la poursuite d’une vérité indéfinie. Elle s’est alors écartée de sa fin objective : le retour à l’unité de l’Eglise de ceux qui l’ont perdue. Ainsi le sens du mot œcuménisme a été changé, le concept d’unité a été modifié, et les moyens pour y parvenir ont été faussés.

A la clarté traditionnelle d’une Eglise qui sait être la seule vraie et qui le proclame haut et fort, s’est substituée une doctrine nouvelle et incertaine – mélange d’autodénigrement repentant et de relativisme post-moderne (‘nous ne possédons pas toute la vérité’, par exemple) –, ce qui conduit actuellement une majorité de catholiques à renoncer à l’affirmation qu’il n’y a qu’une seule voie de salut, et que nous tenons de Jésus-Christ lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14, 6).

On a subrepticement changé le sens du dogme « Hors de l’Eglise pas de salut » par des idées confuses, jusqu’à altérer l’affirmation de l’identité de l’Eglise du Christ et de l’Eglise catholique. Le cardinal Walter Kasper, alors président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, voyait dans la nouvelle définition de l’Eglise (subsistit in) ce qui a rendu tout simplement possible l’œcuménisme promu depuis le Concile. Venant d’une telle personnalité, c’est un aveu de taille, à prendre au sérieux !

Voilà, en quelques mots, pourquoi nous ne pouvons pas célébrer dans la joie le 500e anniversaire de la Réforme protestante. Bien au contraire, nous pleurons cette cruelle déchirure. Nous prions et œuvrons, à la suite de Notre Seigneur, pour que les brebis retrouvent le chemin qui les conduira sûrement au salut, celui de la sainte Eglise catholique et romaine.

Nous prions aussi pour que soit abandonné bien vite cet irénisme illusoire et pour qu’à sa place renaisse un vrai mouvement de conversion, tel qu’il existait avant le Concile, en particulier dans les pays anglophones.

Enfin, en ce centenaire des apparitions de Notre Dame aux trois petits bergers de Fatima, nous prions également pour que soient entendus les appels de la Très Sainte Vierge Marie. Elle a promis la conversion de la Russie, lorsque le Souverain Pontife voudra bien consacrer explicitement ce pays à son Cœur Immaculé. Redoublons nos prières et sacrifices, afin que la promesse de la Mère de Dieu devienne réalité, sans tarder.

Qu’elle daigne avec son divin Fils, cum prole pia, vous bénir en ce temps pascal, et nous conduire tous à la béatitude éternelle.

Dimanche de Pâques 2017
+Bernard Fellay

26 avril 2017

[Bertrand Y. (blog)] Les mariages et le mariage de la Fraternité Saint-Pie X (F.S.S.P.X)

SOURCE - Bertrand Y. (blog) - 22 mars 2016

Malgré l’infime portion de l’univers médiatique qui a parlé de cela, surtout au beau milieu de la campagne présidentielle, il n’a sans doute pas échappé à bon nombre de « tradis » branchés, de tous bords, que le Vatican vient de commettre un nouvel acte en direction de la F.S.S.P.X [1] en incitant les évêques à accorder à ses prêtres, en général, la délégation ordinaire de l’Eglise pour célébrer les mariages, de futurs préparés par leurs soins, dans les églises diocésaines, après leur avoir concédé, depuis 2015, le pouvoir ordinaire d’entendre la confession de tout fidèle s’adressant à eux, notamment dans leurs chapelles.

On remarquera que, dans l’un et l’autre cas, c’est implicitement reconnaître la bonne doctrine de ces prêtres, ce qui est plutôt rassurant après le trouble grave provoqué notamment par le synode sur les divorcés remariés ; que vouloir retirer toute crainte sur la validité aux fidèles, attachés à la doctrine traditionnelle mais non spécialistes en droit canonique, est conforme à l’esprit de charité dont doit spécialement briller l’Eglise ; le tout prouvant que le Saint Esprit continue encore et malgré tout à l’assister dans son état pourtant dramatique.

On remarquera également que la première concession n’est pas faite via les évêques alors que seconde l’est, sans doute en raison de la bien plus grande importance de la confession pour le salut; et qu’il n’est pas parlé des mariages célébrés par ces mêmes prêtres dans leurs propres chapelles, que ce soit dans le passé comme dans le présent et le futur, sans doute tant que la F.S.S.P.X n’a pas de statut propre et pleinement reconnu par Rome.

Pour cette raison il apparaît clair que ces actes romains, surtout le plus récent, sont unilatéraux et non le fruit d’un accord, sur ces points précis, car la F.S.S.P.X aurait certainement préféré ne pas exposer ses prêtres et, plus encore, ses fidèles au dilemme du mariage soit, désormais, en vertu de cette dernière mesure, comme si tout était redevenu normal dans l’Eglise ; soit, encore, en vertu de la délégation extraordinaire concédée par son droit [2] dans les situations exceptionnelles ou l’état de nécessité puisque, à ses yeux, il est toujours réalité au niveau de la foi et de la morale (surtout sur le mariage) à défendre, comme le commentaire « autorisé » de la F.S.S.P.X sur ce document [3] le répète à l’envi.

Faut-il pour autant mépriser, une nouvelle fois, une telle mesure objectivement bienveillante envers la F.S.S.P.X, même si fâcheusement incomplète, comme en ont pris l’habitude, dans ses rangs, une frange non d’intransigeants [4] mais de « purs et durs », quelque peu paranoïaques, qui ne veulent y voir que des tentatives de réduire sa résistance, en y semant la zizanie [5], et ont ainsi vite fait d’accuser de trahison leurs confrères, voire supérieurs, qui ne partagent pas leur dogmatisme pratique et primaire ? Force est, en effet, de constater que telle n’est pas la position officielle de la F.S.S.P.X, qui fait aussi et seulement preuve de bienveillance envers Rome, en la remerciant courtoisement de cette concession ; mais sans se battre la coulpe le moins du monde de s’en être passée jusqu’à présent et en disant vouloir prendre le temps d’étudier les conditions de sa mise en œuvre pour le plus grand bien de ses fidèles.

Au travers de cette prévisible et nouvelle contestation interne, se manifeste une autre difficulté que la régularisation des mariages de la F.S.S.P.X, celle de la normalisation de son propre mariage avec Rome ! Pour mémoire, ce qu’on pourrait appeler ses fiançailles avec celle-ci eurent lieu par son approbation officielle et, entre autres, romaine lors de ses fondation et période probatoire dans les premières années 1970 qui auraient dû aboutir à sa reconnaissance définitive en 1975. Mais, dès 1974, il y eut rupture unilatérale, du côté du Vatican [6] pour aboutir aux fameux événements de 1988. Les relations ont repris de façon positive depuis l’an 2000 mais tardent à aboutir.

Les raisons en sont sans doute bien humaines autant que doctrinales. Il y a, du côté d’encore beaucoup d’évêques et de cardinaux, de la résistance qui est, parfois, une sorte de tyrannie ou de sectarisme venant de ce qu’ils ont objectivement trahi la première raison d’être de la hiérarchie qu’est le salut des âmes par la défense avant tout de la saine doctrine. De l’autre, au sein de la F.S.S.P.X elle-même, il y a le mauvais pli pris, en bonne partie par la force des choses, d’agir en s’affranchissant de presque toute dépendance pratique et normale envers la hiérarchie. Or nul n’aime naturellement changer ses habitudes ! Il est donc humain de trouver de « bonnes » raisons de repousser indéfiniment le moment où l’on ne pourra plus savourer la satisfaction, d’un côté, de dominer par abus de pouvoir [7] et, de l’autre, de n’en faire qu’à sa guise : le tout « pour la gloire de Dieu et le salut des âmes », bien sûr… !

Voila pourquoi l’argument du retour de Rome à l’orthodoxie pour avoir avec elle des relations saines et bonnes n’est au fond qu’un prétexte. D’autant plus que l’histoire de l’Eglise prouve abondamment que ces basses « hommeries » ont existé à chacune de ses pages donc ne cesseront pas avec la disparition de l’état de nécessité ; qu’elles font partie des croix ordinaires de la vie en société, quelle qu’elle soit, qu’il est indigne d’un chrétien ou lâcheté de sa part de vouloir fuir à tout prix [8].

Répondre aux avances romaines, ce n’est donc, d’un côté comme de l’autre dans les circonstances présentes, avoir en vue qu’un mariage de raison et non d’amour, comme l’étaient aussi, le plus souvent, les unions matrimoniales des siècles passés... Bien que cela puisse - et doive - être aussi un bel acte de charité surnaturelle avant tout envers les âmes à sauver, voire envers les responsables actuels de l’Eglise qui, derrière une assurance de façade en persévérant dans leurs égarements, peuvent cacher une détresse profonde face à l’évidence de son état catastrophique. Cela devrait aider, dans la F.S.S.P.X, à beaucoup relativiser les différends internes, d’autant plus qu’il ressemble fort, dans le cas présent, à une résurgence de l’opposition perpétuelle entre idéalisme et réalisme donc entre un faux et un vrai thomisme [9]!
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[1] du 5 avril 2017

[2] mais contestée, même si bien plus par nombre d’évêques, qui considèrent donc invalides de tels mariages, que par Rome elle-même

[3] du 8 avril 2017

[4] la juste et intrépide intransigeance, mais sans raideur ni amertume, sur les plus hauts principes de l’Eglise, l’intégralité de la foi et de la morale, a toujours été la caractéristique de la F.S.S.P.X et l’est encore.

[5] qu’en réalité ils sèment eux-mêmes !

[6] mais de la part de la Rome « conciliaire » et non de la Rome « de toujours », comme disait feu Mgr Lefebvre

[7] il n’est pas rare de constater dans l’exercice du pouvoir, notamment ecclésiastique, un autoritarisme ou une sorte de jalousie féminine qui souffre difficilement son partage, en écrasant toute concurrence supposée ou en voyant vite de la désobéissance dans les initiatives. La manière virile se manifeste, au contraire, par la capacité à déléguer (en exploitant les talents à bon escient et en laissant donc une certaine autonomie ou une part d’initiative) à l’instar de la hiérarchie d’institution divine (non sans analogie avec la militaire) par laquelle le Christ lui-même a voulu partager son propre pouvoir souverain et universel avec son vicaire, le pape ; a voulu que celui-ci le partage en chaque lieu de l’Eglise sur cette terre avec les évêques investis par lui ; puis que ceux-ci fassent de même avec leurs curés etc.. Etant entendu que celui qui a reçu délégation n’agit légitimement que tant qu’il n’en dépasse pas les limites fixées par l’autorité supérieure ; et doit suffisamment lui rendre compte. Sans parler de la vertu surnaturelle ou chrétienne d’obéissance qui fait aimer, à l’exemple encore de Jésus-Christ, la pratique de la soumission ou de la dépendance donc de l’humilité…

[8] étant sauve la nécessaire protection des membres et des fidèles de la F.S.S.P.X, par ses propres maisons et chapelles, voulue par son fondateur ; lequel n’a néanmoins jamais voulu une séparation parfaitement hermétique ou schismatique du reste de l’Eglise; pas plus qu’on ne peut être totalement séparé de la société civile sous peine d’être privé de ses secours élémentaires et nécessaires et d’être hors la loi !

[9] au moins pratique sinon spéculatif

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Prédictions pour L’ Église

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 22 avril 2017

Dans l’Église à présent, tout est sombre, très sombre,
Mais le Soleil divin va chasser loin toute ombre.

Comme il fallait s’y attendre, il y a eu plusieurs lecteurs qui ont réagi au portrait de la Fraternité St Pie X en « déclin lent », tel qu’il a été présenté dans deux numéros récents de ce « Commentaire ». Cette réaction montre que l’aveuglement et l’insouciance ne sont pas de tous. Voici deux lecteurs qui pensent à l’avenir, celui prochain de la Fraternité, ou celui plus lointain de l’Église. Voici le premier:—

«La déstabilisation, confusion et ramollissement des esprits des prêtres et des laïcs de la Fraternité va continuer, hélas, parce que ses chefs actuels vont persévérer tout droit dans le jeu qu’ils jouent avec les demi-Conservateurs. Du sacre d’évêques dans la Fraternité dont « le besoin est urgent » (Mgr. Tissier), on ne parlera pas. Et lorsqu’on ne pourra plus remettre le Chapitre Général de juillet, 2018, où seront élus les chefs suivants pour la Fraternité, les chefs actuels l’anticiperont en faisant tout dans leur pouvoir pour assurer la continuité ininterrompue de leur poursuite de reconnaissance par Rome.»

Selon le poids des prières que l’on dira pour sauver la forteresse de la Foi construite par Mgr Lefebvre, le Bon Dieu peut toujours intervenir avec un miracle pour la sauver, mais humainement parlant il faut dire qu’elle est trop pourrie pour être sauvée. Par exemple, l’apostolat mondial de la Fraternité exige à présent de nouveaux évêques plus jeunes, mais comment peut-on les choisir pour servir la vraie Foi anti-Conciliaire sans en même temps aliéner les Romains Conciliaires qui seuls peuvent octroyer à la Fraternité cette reconnaissance si ardemment poursuivie par son Quartier Général à Menzingen ? Mgr Lefebvre en 1988 a beau avoir qualifié cette poursuite de l’ « Opération Suicide » de la Fraternité, depuis quand les libéraux en croisade battent-ils en retraite ? La religion réelle de ces croisés libéraux, c’est leur Beau Nouvel Ordre Mondial. Et le catholicisme ? C’est pour les apparences. (Jugement dur ? Pensez-y.)

Le deuxième lecteur suppose que le suicide de la Fraternité est chose faite, et il pense à l’avenir de la Foi, davantage du point de vue de Dieu :—

«Le silence qui vient actuellement de la Fraternité concernant la « régularisation » est assourdissant. Il semble que l’accord est en vérité un fait accompli. Dans ce cas-là, occupons-nous de la longue route à parcourir pour tout restaurer, et des soins dont auront sûrement besoin les Réfugiés de la Tradition Catholique. Autrement dit, comment faire ressortir du chaos l’ordre, et comment faire un radeau à saisir sur la mer déchaînée, tandis que Rome en coulant aspire vers le fond de cette mer les faibles dans la Foi. La Foi se rétrécit-elle, ou bien se purge-t-elle de ceux qui n’ont pas été fidèles ? Dieu, au secours!»

Quand nous pensons aujourd’hui à l’avenir de la Foi, n’oublions pas que la situation est si dramatique que personne ne sait rien pour certain, parce que si en effet cette Fraternité coule elle aussi, qui depuis 40 ans agit en bouée de sauvetage pour la vraie Foi, qu’y a-t-il encore qui empêche Rome d’aspirer les faibles dans les profondeurs de la mer ? Dieu est Dieu, et Il peut intervenir à n’importe quel moment et de mainte manière pour interrompre la course folle de Son Église à l’auto-démolition, mais le pessimisme n’en semble pas moins de mise pour le moment.

Moins facile à comprendre, tant que les Papes restent Conciliaires, est l’optimisme apparent de ce lecteur quant à la restauration de l’ordre et un radeau de sauvetage. Car s’il y a une leçon à tirer de l’histoire depuis 2012 de la « Résistance », c’est bien l’extrême difficulté de fonder une œuvre catholique sans l’approbation ne fût-ce que des apparences de l’Église officielle. La Vérité catholique est en elle-même très forte, mais sans le soutien et la protection de l’Autorité catholique, qui est celle de Notre Seigneur, la Vérité reste assez vulnérable. Par exemple, au-dedans d’un cadre d’autorité un prêtre peut facilement se soumettre même s’il n’est pas d’accord, mais en-dehors d’un tel cadre il peut facilement disputer la sagesse de la mesure la plus sage. Patience.

Le problème est humainement insoluble. Prions et attendons la solution divine, qui nous épatera tous!

Kyrie eleison.

[Sean Johnson - Ipsa Conteret] Mgr Williamson: «Plusieurs catholiques voulant garder la Foi voient dans ce futur évêque un grand espoir»

SOURCE - version française par reconquista - orignial anglais sur ipsaconteret.com - 14 avril 2017

Interview avec Son Excellence, Monseigneur Richard Williamson, sur la consécration épiscopale de M. l'abbé Gerardo Zendejas - par Sean Johnson, 14 avril 2017
Bonjour Monseigneur :

Dans le Commentaire Eleison (#504), Votre Excellence annonce son intention de consacrer un quatrième évêque (M. l'abbé Gerardo Zendejas) pour la Résistance le 11 mai à Vienna, VA (États-Unis). Pouvez-vous partager avec nous les principales raisons de ce sacre épiscopal?
Mgr W. En automne 2016, les Dominicains d'Avrillé ont publié dans le ‘Sel de la Terre’ une lettre de Mgr Lefebvre datée du 28 octobre 1988 adressée à un traditionaliste anglophone et écrite en anglais. Mgr Lefebvre écrit : “Nous sommes dans un temps de grande apostasie. Nous avons besoin de plus en plus d'évêques et de prêtres, très catholiques. C'est nécessaire partout dans le monde.”
Quelle sorte de réaction Votre Excellence a-t-elle reçue en réponse à cette annonce de consécration épiscopale?
Mgr W. Extrêmement positive. Tout simplement, plusieurs catholiques voulant garder la Foi voient dans ce futur évêque un grand espoir d'avoir un pasteur sain et sobre pour les aider sur le chemin du Ciel. L'avenir seul nous le dira, mais c'est un espoir de stabilité au milieu de la confusion croissante.
Pouvez-vous partager avec nous quelques-unes des raisons pour lesquelles vous avez choisi de consacrer M. l'abbé Gerardo Zendejas en particulier?
Mgr W. M. l'abbé Gerardo Zendejas a 54 ans, il est assez jeune pour avoir plusieurs années utiles devant lui, assez vieux car il a près de 30 ans d'expérience derrière lui. Il a passé la plupart de ces années dans la FSSPX. Dans sa décision de rejoindre la Résistance, il n'y avait aucune trace de rébellion. C'est plutôt une décision murement réfléchie de faire ce qu'il faut pour servir la Foi. Un bon signe, il me semble, est que Mgr Fellay ne voulait pas qu'il quitte la Fraternité.
Bien que Mgr Fellay ait été consacré par Mgr Lefebvre à l'âge de 30 ans, avec 6 ans seulement de sacerdoce (et sans plus d'éducation que n'importe quel prêtre de la FSSPX formé à Écône) un membre sur un forum gratuit a jugé bon de remettre en question les aptitudes intellectuelles et académiques de M. l'abbé Zendejas pour l'épiscopat (même si au moment de sa consécration épiscopale, il aura près de 25 années d'expérience sacerdotales et de maturité de plus que Mgr Fellay à son sacre). Comment votre Excellence répond à cette accusation?
Mgr W. L'Église Catholique a toujours besoin d'un certain nombre de prêtres très instruits, mais la plupart des prêtres de paroisse d'autrefois n'avaient guère plus que leur formation de séminaire. En effet, la formation donnée dans les séminaires de Mgr Lefebvre était à la fois solide et exigeante, au niveau d'études universitaires décentes et par sa conformité avec la Vérité, considérablement au-dessus du niveau de la plupart des intellectuels et l'intellectualisme d'aujourd'hui. N'est-ce pas des "intellectuels" dominicains et jésuites qui furent les chefs du néo-modernisme à Vatican II et les empoisonneurs de l'Église par leur pseudo-intellectualisme?
Votre Excellence a choisi de donner beaucoup plus de préavis pour cette consécration épiscopale, que dans les cas de celle de Mgr Faure et de celle de Mgr Thomas Aquinas. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette décision?
Mgr W. La consécration de Mgr Faure a eu lieu avec très peu de préavis car si les nombreux ennemis de la Foi l'avaient su assez en avance, ils auraient pu vouloir, par n'importe quel moyen à leur disposition, empêcher la consécration de se produire. La même situation s'appliquait à la consécration de Mgr Thomas Aquinas. Maintenant, le chat est sorti du sac, pour ainsi dire, et il n'y a plus le même risque d'extermination de la Résistance Catholique par la paralysie de ses évêques. Ils sont trop nombreux pour se débarrasser de tous à la fois. En outre, de nombreux catholiques transatlantiques souhaitant garder la foi seront heureux du préavis qui leur permettra d'assister à cette cérémonie unique du sacre d'un nouvel évêque, cet évêque étant aussi un grand espoir pour l'avenir de la Foi catholique.
Dans le Commentaire Eleison dans lequel vous annoncez cette consécration épiscopale, Votre Excellence explique la nécessité de l'autorité, et en plus, vous faites un parallèle entre la localisation géographique des quatre évêques de la FSSPX et la localisation géographique des quatre évêques de la Résistance. Quelques-uns essaient de dire, en se basant sur cette référence à la localisation géographique et à l'autorité, que vous avez l'intention de donner aux évêques de la Résistance une juridiction territoriale. On peut supposer que cette affirmation ridicule sera dissipée par la lecture du mandat apostolique, mais en attendant, pouvez-vous dire quelques mots sur ce sujet ?
Mgr W. Monseigneur Lefebvre a été très clair lorsqu'il a consacré les quatre évêques en 1988, il ne prétendait pas leur accorder une juridiction que seule Rome peut donner. Ils devaient être simplement les lumières d'urgence tant que l'éclairage normal dans l'Église est éteint. M. l'abbé Zendejas recevra de même l'épiscopat afin qu'il puisse agir sacramentellement comme un évêque, mais il n'aura aucune juridiction géographique officielle en Amérique du Nord ou ailleurs.
En tant que membre de la Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et de Marie (SAJM), le futur Monseigneur Zendejas sera un membre d'une congrégation religieuse érigée canoniquement. Est-il prévu que M. l'abbé Zendejas limitera son ministère à la SAJM (de la même façon que les évêques de la FSSPX limitent leur ministère à la FSSPX) ou l'aggravation de la situation de l'Église entrainera-t-elle un apostolat plus vaste (si ce n'est ex officio, alors du moins ex caritate)?
Mgr W. Une des principales idées derrière la consécration de M. l'abbé Zendejas est que sur le sol nord-américain, il devrait y avoir un évêque catholique correctement consacré accessible comme une source fiable de vraie doctrine catholique et de vrais sacrements, ainsi que des prêtres. Puisque que la crise de l'Église ne fera qu'empirer dans les prochaines années, de plus en plus de catholiques et de non catholiques verront l'utilité d'un tel évêque et auront recourt à ses services (cf. Jn. XII, 20-21) pour les aider à arriver au Ciel.
Pouvez-vous expliquer comment un non catholique pourrait voir l'utilité d'un tel évêque, et comment un non catholique pourrait recourir à ses services ?
Mgr W. Lorsque moi-même, je suis devenu catholique, j'ai parlé à près de huit prêtres différents, carmes, bénédictins, jésuites et prêtres séculiers, qui ont tous répondu à mes questions avec patience et charité, et surtout selon la Vérité. Mais ils devaient être là, ils devaient être patients, et ils suivaient encore assez la Vérité pour ne pas me faire devenir Mormon! J'ai été reconnaissant à chacun, et ils dépendaient d'évêques qui n'avaient pas encore pu les empoisonner avec le modernisme.
Vous affirmez que le futur Mgr Zendejas sera "correctement consacré” évêque. Cette déclaration signifie-t-elle que Votre Excellence a certains doutes concernant la validité du nouveau rite de consécration épiscopale?
Mgr W. Les lecteurs du "Commentaire Eleison" se souviennent peut-être des deux numéros publiés il y a environ deux ans dans lesquels un article sur la validité du nouveau rite de de consécration épiscopale de M. l'abbé Alvaro Calderon était résumé. Il est l'un des meilleurs théologiens dans la FSSPX. Sa conclusion était que le nouveau rite est très probablement valide mais une ombre de doute plane sur ses intentions néo-modernistes : a-t-il vraiment l'intention de faire un évêque catholique? L'ombre est suffisante pour M. l'abbé Calderon pour juger qu'idéalement tous les évêques consacrés selon ce nouveau rite devraient être reconsacrés conditionnellement.
Comme M. l'abbé Zendejas parle espagnol et anglais, il semble qu'il pourrait s'occuper du ministère en Australie, où ces langues sont communes aux Philippines et en Océanie.. Est-il prévu qu'il s'occupera de ce ministère (par exemple : les confirmations et les ordinations, etc.) dans cette partie du monde?
Mgr W. Le temps nous le dira. Tant que les avions volent, M. l'abbé Zendejas peut voler.
Les évêques de la Résistance ont refusé de collaborer avec M. l'abbé Joseph Pfeiffer et M. l'abbé David Hewko aux États-Unis, pour des raisons qui sont bien connues, dans l'espoir que cette isolation charitable corrigera leurs attaques publiques scandaleuses. Est-il prévu que cette politique se poursuivra sous Monseigneur Zendejas?
Mgr W. Il y a toutes sortes de questions pastorales que M. l'abbé Zendejas aura à juger selon les circonstances, en raison du chaos de l'Église aujourd'hui, toutes sortes de situations qui évoluent toujours.
Certains disent qu'en raison du petit nombre de fidèles résistants (au moins comparé à ceux de la FSSPX), cette dernière consécration n'est pas nécessaire. Comment Votre Excellence répond à cette objection?
Mgr W. Ce n'est pas une question de nombres, ou de quantité, mais de Vérité et de qualité. La Sainte Écriture (Luc, XVIII, 8)nous dit qu'à la fin du monde, l'Église sera très réduite. Cependant, la vraie doctrine et les vrais sacrements ne seront pas moins nécessaires, et jusqu'à la fin, il y aura encore un nombre minimum de vrais évêques et de vrais prêtres. Mais, ces évêques et ces prêtres seront peu nombreux La Vérité n'est pas démocratique.
M. l'abbé Zendejas s'installera aux États-Unis, où bien que ce soit le deuxième pays où les prêtres de la FSSPX sont les plus nombreux, il y a eu très peu de départs (contrairement à la Grande-Bretagne qui a seulement environ une douzaine de prêtres et pourtant, la moitié d'entre eux ont rejoint la Résistance). Pensez-vous que cette consécration et le fait que le futur évêque s'installe aux États-Unis auront un effet sur les prêtres, peut-être en encourageant ceux qui n'auraient pas considéré la Résistance autrement?
Mgr W. L'exemple futur que M. l'abbé Zendejas donnera comme évêque en continuant dans la ligne de Mgr Lefebvre à enseigner la Vraie Doctrine de l'Église et en dispensant les vrais sacrements devrait certainement attirer l'attention des prêtres de la FSSPX et les faire réfléchir. Le temps nous dira si cela entraine certains à suivre son exemple.
Merci à Son Excellence, Monseigneur Richard Williamson, d'avoir pris le temps de répondre à ces questions!

25 avril 2017

[F. Marc, prieur - Monastère Sainte-Marie de la Garde - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] La vie monastique à La Garde

Derniers moments de
la retraite annuelle
autour du
Père Joël Boudaroua, o.p.
SOURCE - F. Marc, prieur - Monastère Sainte-Marie de la Garde - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs - mars 2017

Chers amis, 

Pour vous, j’ai plaisir à ouvrir la Chronique du monastère, et à vous en livrer comme à l’accoutumée quelques-uns des événements les plus marquants… 

Mercredi 7 décembre : Notre frère Marie part représenter la communauté aux obsèques de Jean-Yves Darquié, mort à l’âge de 53 ans, et dont la famille est parmi nos plus proches voisins.
Samedi 10 décembre : Avec les dons d’une grande clarté d’exposition et d’une particulière profondeur spirituelle, M. François Bonfils, jeune professeur de littérature hispanique à Toulouse, nous offre une captivante conférence sur les poésies de saint Jean de la Croix.
Dimanche 11 décembre : Pour ce dimanche de Gaudete, nous étrennons nos ornements roses, nouvellement brodés. Puisse la sainte Liturgie en être rehaussée, et le Cœur de Dieu satisfait.
Mardi 13 décembre : Nous commençons au réfectoire la trépidante biographie d’Andreas Hofer par Jean Sévillia, sous le titre : Le Chouan du Tyrol.
Dimanche 18 décembre : En soirée, arrivée d’une quinzaine de Pères dominicains de la Revue thomiste, qui ont souhaité se réunir en un lieu monastique et silencieux, pour faire le point de leurs travaux en cours et des projets à venir. Le lendemain, durant une heure, « blancs » et « noirs » devisent fraternellement avec grande simplicité!
Vendredi 6 janvier 2017 : Dom Filloux, moine et cellérier de l’abbaye de Fontgombault, nous fait profiter de sa grande expérience ès choses temporelles, et nous gardons précieusement plusieurs de ses judicieux conseils.
Vendredi 27 janvier  : En amont de notre retraite annuelle, nous écoutons au réfectoire l’enregistrement d’une retraite prêchée par Dom Gérard à l’Opus sacerdotale en 1995. Quelle joie de retrouver, pour quelques heures, la voix chaleureuse et l’entrain communicatif de notre Père Fondateur!
Dimanche 29 janvier : Cette année, c’est le Père Joël Boudaroua, dominicain et prieur de la Sainte-Baume, qui vient nous prêcher. Nous passerons une petite semaine à entrer plus profondément dans le mystère de Marie et de notre relation filiale à son égard. 

Il n’y a pas si longtemps, on nous a demandé un petit texte sur le sens du jeûne quadragésimal. Bien simplement, je vous transcris ici les lignes alors écrites en guise de réponse. 

Avec elles, je vous souhaite un beau Carême! « Avec la prière et une fidélité renouvelée à l’exercice de la charité fraternelle entre nous et autour de nous, notre jeûne est une petite fatigue corporelle que nous nous imposons, sous le Souffle puissant de l’Esprit Saint, dans un grand mouvement de charité surnaturelle. Seul le jeûne vécu vraiment par amour aura du poids sur la conversion des cœurs et de la France. Car il s’agit en définitive de cela : le retour des intelligences et des cœurs au bon sens, à la sagesse humaine et chrétienne, surtout à notre Dieu vivant et vrai. Oui, c’est le retournement des âmes — aussi celles de nos politiques — vers Celui qui est “le Chemin, la Vérité et la Vie”, Jésus-Christ, qui doit être notre ligne de mire et d’action. Notre humble prière et notre jeûne, soyons-en certains, y contribuent. Alors, courage! » F. Marc, prieur de Sainte-Marie de la Garde

[1987] [Mgr Lefebvre, fsspx (sermon)] "Cette apparition de la très sainte Vierge Marie, c'est pour que nos âmes soient sauvées"

SOURCE - Mgr Lefebvre, fsspx - 22 août 1987

Rendons grâce au bon Dieu et à la très sainte Vierge Marie d'avoir pu nous réunir aujourd'hui, en cette fête de son Coeur Immaculé pour chanter ses louanges, pour essayer pendant quelques instants, pendant quelques jours, de vivre de notre foi. Car en effet, si la Vierge Marie a voulu venir sur cette terre du Portugal à Fatima, si elle a voulu apparaître à ces quelques enfants pour leur donner un message pour le monde, c'est bien parce que elle le désirait que nos âmes s'élèvent vers le ciel. Et alors essayons, mes bien chers frères, de nous remettre dans cette ambiance, cette ambiance dans laquelle ces petits pâtres, et également les personnes qui sont venues les entourer chaque 13 du mois en cette année 1917, jusqu'au mois d'octobre où a eu lieu ce miracle extraordinaire ici même, car dit-on ce miracle s'est vu à quarante kilomètres autour de Fatima, par conséquent si nous avions été présents ce jour du 13 octobre 1917, nous aurions vu ce phénomène extraordinaire du soleil tournoyant, lançant des feux de toutes les couleurs, inondant de ces couleurs magnifiques toute la région, et cela pendant trois fois dix minutes. Et puis enfin le soleil descendant, comme du ciel, pour se rapprocher des fidèles qui étaient présents, pour manifester la vérité de l'apparition de la très sainte Vierge Marie à ces enfants de Fatima.

Encore une fois cette apparition de la très sainte Vierge Marie, c'est pour que nos âmes soient sauvées, c'est pour que nos âmes aillent la rejoindre un jour au ciel, et en quelques tableaux extraordinaires, elle a manifesté à ces enfants de Fatima toute la réalité de notre foi, car en effet les enfants l'ont admirée, et l'ont admirée de telle sorte qu'ils étaient comme en extase, ravis, enlevés, ne sachant comment exprimer la beauté de la très sainte Vierge Marie. On avait beau essayer de leur donner des comparaisons, aucune comparaison ne pouvait être donnée devant la beauté de la Vierge Marie qu'ils avaient vue. Et puis, ce n'est pas seulement la Vierge Marie qui s'est manifestée, elle a voulu leur manifester quelque chose, saint Joseph portant Notre-Seigneur dans ses bras et bénissant le monde. Elle a voulu se présenter aussi sous l'image de Notre-Dame du Mont Carmel, de Notre-Dame des Douleurs et généralement elle se présentait comme Notre-Dame du Rosaire, c'est parce qu'elle a voulu inculquer aux enfants la nécessité du Rosaire, la nécessité de souffrir avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Notre-Dame des Douleurs. Ainsi elle a voulu manifester ses sentiments intérieurs afin de les communiquer à ces enfants, et que ces enfants, à leur tour, communiquent ces sentiments à tous ceux qui auront l'occasion d'écouter leurs messages. Et puis c'est l'Archange saint Michel qui s'est présenté à eux, et Notre-Dame leur a parlé également des âmes du purgatoire, lorsque Lucie l'interrogeait pour lui demander où est telle âme, où est telle personne qui est morte ? Est-elle au ciel ? Est-elle au purgatoire ? Elle leur disait quelquefois : « Non, cette âme n'est pas au ciel encore, elle est au purgatoire », et elle a voulu aussi leur montrer la réalité de l'enfer.

C'est donc ici même, dans ces régions, que la très sainte Vierge a voulu montrer ce qu'était l'enfer à ces enfants horrifiés afin de les encourager à faire pénitence, afin de les encourager à prier pour sauver les âmes, manifestant ainsi que le coeur de Marie, le Coeur Immaculé de Marie est tout entier tourné vers la gloire de son divin Fils, et vers le salut des âmes : sauver les âmes, sauver les âmes, les faire aller au ciel. C'est donc tout notre catéchisme en quelque sorte que ces enfants ont vu en images, et cela par la grâce de la très sainte Vierge Marie. Alors essayons de nous mettre dans cette ambiance, nous aussi, aujourd'hui, car ce qui s'est passé en 1917 est vrai encore aujourd'hui, et peut-être encore plus que de ce temps-là parce que la situation du monde est encore pire maintenant qu'elle ne l'était en 1917. La foi disparaît, l'athéisme fait des progrès partout, et la très sainte Vierge elle-même l'a annoncé, car si elle a voulu montrer une vision du ciel, elle a voulu aussi parler de la terre et elle a dit à ces enfants : « Il faut prier, il faut faire pénitence afin d'arrêter les effets néfastes de cette erreur épouvantable qu'est le communisme qui dominera le monde, si l'on ne fait pas pénitence et si l'on ne prie pas et si on ne réalise pas ma volonté », volonté qui était de diffuser les secrets que la très sainte Vierge Marie a donnés à Lucie.Et hélas, nous sommes bien obligés de constater que ces secrets n'ayant pas été accomplis, n'ayant pas été diffusés, et bien l'erreur du communisme se répand partout.

Alors efforçons-nous, mes bien chers frères, de nous mettre dans cette ambiance, dans ces dispositions pour partager les convictions de ces enfants, pour nous unir au coeur de Marie, pour que notre coeur brûle des désirs qui étaient dans le coeur de la très sainte Vierge Marie, qui y sont encore aujourd'hui. Désirs du règne de son Fils, que peut-elle vouloir d'autre que de voir régner son divin Fils sur le monde entier, sur les âmes, sur les familles, sur les sociétés, voilà son désir comme il règne au ciel, et c'est pourquoi elle vient sur la terre, pour nous supplier à nous, chacun d'entre nous, il faut que Jésus règne sur vous, elle le veut, elle le désire et alors elle nous donne les moyens : le premier moyen c'est la prière, il faut prier, elle ne cessait de répéter cela à Lucie. Quand Lucie lui posait la question chaque fois : « Madame, lui disait-elle, que voulezvous de moi, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? » Belle question, comme saint Paul sur le chemin de Damas à Notre-Seigneur : « Que voulez-vous que je fasse ? » Il ne peut pas y avoir de meilleures dispositions, que ce soit aussi notre disposition : « Oh Marie que voulez-vous que nous fassions ? » Et alors Marie disait : « Il faut prier, prenez votre chapelet, récitez tous les jours votre chapelet, pour vous sanctifier et pour sauver les âmes, pour sauver les âmes des pécheurs » ; elle a répété ça à chaque fois qu'elle est venue. Et puis elle les a aussi encouragés à la sainte communion, à l'eucharistie. Elle a même permis que l'Ange vienne donner la communion à ces enfants. Marie peut-elle vouloir autre chose que de nous donner son Fils, de nous donner Jésus dans nos coeurs.

Et puis pourquoi ces secrets ? Eh bien la très sainte Vierge dans son amour pour nous, dans sa condescendance pour nous qui sommes de pauvres pécheurs, elle a voulu nous mettre en garde, elle a voulu nous annoncer les événements futurs, afin de nous préserver de garder notre foi, de garder la grâce dans nos âmes, voilà pourquoi elle est venue, voilà pourquoi elle a donné ses secrets. Et il faut le dire, nous ne pouvons pas le cacher malheureusement, la Vierge y a pensé. Si la très sainte Vierge a demandé à Lucie de diffuser le troisième secret à partir de 1960 et que ce secret soit diffusé par le pape, ce n'était pas sans raison, c'est parce qu'elle savait qu'après 1960 des événements très graves devaient traverser l'histoire de la sainte Église, et elle voulait nous mettre en garde, et elle voulait mettre en garde les autorités de l'Église afin d'éviter, d'éviter ces malheurs. Afin d'éviter que la foi ne se perde, et que les âmes ne se perdent. Alors nous sommes avertis, nous savons que, après 1960 des événements graves vont traverser l'histoire de l'Église, et particulièrement, eu égard aux responsables de l'Église, et c'est probablement pour cela malheureusement, que les responsables de la sainte Église n'ont pas voulu diffuser le secret, ils ont pensé que cette diffusion n'était pas opportune, grand mystère mes bien chers frères ! Grand mystère.

Alors, voyez-vous, si la très sainte Vierge Marie veut que nous ayons dans nos âmes des dispositions toutes célestes, dispositions d'amour du bon Dieu, dispositions de prières, dispositions de nous unir à Notre-Seigneur dans la sainte eucharistie, dispositions de nous sacrifier pour les pécheurs de ce monde, eh bien demandons aujourd'hui, et je pense que c'est un des motifs importants de votre venue ici, à vous tous, mes bien chers frères, qui êtes venus de tous les coins du monde : des deux Amériques, de l'Australie, de l'Afrique du Sud, de toute l'Europe, vous voilà ici réunis auprès de la Vierge Marie de Fatima, ayant les dispositions dans vos coeurs de ces petits enfants qui ont reçu la très sainte Vierge Marie, et qui l'ont vue. Demandez et demandons à la très sainte Vierge Marie de dénouer ce mystère, qu'elle vienne à notre secours. Grand mystère de Rome, grand mystère de la situation de la papauté aujourd'hui.

On nous demande souvent : mais ne déchirez par l'Église, ne divisez pas l'Église, ne faites pas schisme mais, mes bien chers frères, dites-moi où est l'unité de l'Église ? Qu'est-ce qui fait l'unité de l'Église ? Ouvrez tous les livres de théologie, ouvrez tous les livres des saints, ouvrez tous les livres des docteurs et des théologiens, ce qui fait l'unité de l'Église, c'est l'unité de la foi. De la foi. On se sépare de l'Église dès lors qu'on n'a plus la foi catholique. Voilà. Et toute personne investie de pouvoirs dans l'Église depuis que Notre-Seigneur a fondé son Église, toute personne qui a quelques pouvoirs dans l'Église et particulièrement tous les clercs, et particulièrement les évêques, et spécialement le pape sont au service de cette unité, sont au service de cette foi : « Allez enseigner l'Évangile », pas un autre Évangile, pas n'importe quel Évangile : « Allez enseigner l'Évangile. » Soyez au service de ce message que je vous ai donné, mais il ne faut pas changer le message, alors pour nous qui gardons précieusement toute la foi, pour rien au monde nous voudrions enlever un iota, la moindre parcelle de notre foi, nous voulons la garder intacte, absolument intacte, et c'est parce que nous voulons garder cette unité de la foi, que ceux qui sont en train de la perdre nous persécutent…

Voilà la véritable situation actuelle dans laquelle nous nous trouvons. Situation mystérieuse, probablement annoncée par Notre-Dame de Fatima, vraisemblablement dans son troisième secret. Que ceux qui voudraient rester catholiques, seront persécutés par ceux qui, ayant l'autorité dans l'Église, s'écartent de la foi. S'écartant de la foi, ils voudraient nous entraîner avec eux, et parce que nous leur désobéissons en ne voulant pas perdre la foi avec eux, ils nous persécutent. Mais Notre-Seigneur l'a dit, il l'a prédit, qu'il y aurait des mauvais pasteurs, et que nous ne devons pas suivre les mauvais pasteurs, et que nous ne devons pas suivre les mauvais pasteurs, nous devons suivre les bons pasteurs. Voilà le mystère que nous vivons aujourd'hui.

Alors demandons à la très sainte Vierge de nous dénouer de ce mystère, c'est un martyre pour vous, pour nous, pour tous ceux qui vivent dans cette époque, c'est un vrai martyre moral, peut-être pire que le martyre du sang, de constater que ceux qui devraient prêcher la foi catholique, défendre la foi catholique, pour l'unité de l'Église, abandonnent cette foi catholique et cherchent à être bien avec le monde, avec les principes modernes, avec les principes de cette société qui est dirigée plus par Satan que par le bon Dieu.

Alors prenons la résolution ici, auprès de la très sainte Vierge Marie, et demandons-lui la grâce, mes bien chers frères, de garder la foi, de demeurer catholiques jusqu'à la fin de nos jours, d'avoir cette grâce de la persévérance finale dans la foi catholique. Pourquoi tous les martyrs ont-ils versé leur sang ? Pour garder la foi. Eh bien s'il nous faut être martyrs, si nous ne devons pas être des martyrs du sang mais des martyrs dans nos âmes, dans nos coeurs, dans nos esprits, et bien nous serons martyrs et nous serons les héritiers de ceux qui ont versé leur sang pour ne pas renier leur foi. Voilà ce que nous devons promettre à la très sainte Vierge Marie, et essayer de faire comprendre cela à tous ceux qui nous entourent afin qu'ils ne perdent pas la foi, que perdant la foi ils perdent leurs âmes.

Voilà, mes bien chers frères, des résolutions que nous devons prendre aujourd'hui, prier, nous sacrifier, faire le sacrifice de notre vie, offrir notre vie pour la rédemption du monde, pour le salut des âmes, pour le salut de nos âmes, le salut des âmes de nos familles, des membres de notre famille et demander enfin le renouveau de la sainte Église catholique. Que l'Église retrouve sa splendeur, que l'Église retrouve son unité dans la foi, que l'Église retrouve ces milliers et milliers de vocations religieuses, comme autrefois, que de nouveau les noviciats se remplissent, que les séminaires se remplissent pour garder la foi catholique, pour vivre la foi catholique, pour propager la foi catholique, c'est ce que nous nous efforçons de faire, mes bien chers frères, avec ceux que vous voyez ici présents, ces jeunes prêtres, ces jeunes séminaristes ; dès lors qu'on veut garder la foi, dès lors qu'on veut garder le sacrifice de la messe et la véritable eucharistie, dès lors qu'on est dévoué tout corps et âme à l'Église, eh bien il y a les vocations, les vocations viennent parce que nous sommes dans la vérité.

Demandons à la très sainte Vierge Marie de bénir nos séminaires, de bénir nos jeunes prêtres afin qu'ils soient des apôtres, de bénir nos religieuses, de bénir nos soeurs de la Fraternité, toutes les soeurs qui se dévouent dans la Tradition, les carmélites, les dominicaines, les bénédictines, que sais-je… toutes les religieuses qui veulent garder la foi catholique et qui veulent la répandre.

Et que la Vierge Marie daigne nous bénir afin que nous puissions continuer courageusement malgré les épreuves, à servir au règne de son divin Fils : Adveniat regnum tuum, Que votre règne arrive… Oui, oh Seigneur Jésus, que votre règne arrive sur les personnes, sur les familles et sur les sociétés afin que ce règne se continue dans l'éternité.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
+ Marcel Lefebvre, Fatima le 22 août 1987

[Abbé Daniel Couture, fsspx - FSSPX Canada] L’Église occupée

SOURCE - Abbé Daniel Couture, fsspx - FSSPX Canada - avril 2017

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Quand Notre-Dame de La Salette annonce une éclipse de l’Église, elle annonce qu’une entité mystérieuse voilerait la véritable Église et chercherait à recevoir les honneurs dus à la véritable Église. C’est ce qu’est une éclipse : vous regardez le soleil, et vous voyez la lune devant elle. Cette entité étrangère qui éclipse actuellement l’Église est sans aucun doute ce qu’on appelle l’Église Conciliaire.
  
À partir des années 1960, dans ses lettres, soeur Lucie de Fatima utilisa l’expression « désorientation diabolique », comme signifiant cette bataille finale entre le diable et Notre-Dame. Cette désorientation, précise soeur Lucie, se manifestera par de fausses doctrines et par l’aveuglement, jusqu’aux échelons les plus élevés de l’Église.

Nous pourrions comparer cette éclipse, cette désorientation diabolique, à une sorte de possession diabolique. Le mot est très fort, comme d’ailleurs les paroles mêmes de Notre-Dame à La Salette et à Fatima, mais pour ceux qui ont été témoins d’un véritable exorcisme, l’analogie est vraiment au point.

Certains de nos prêtres d’Asie et d’ailleurs ont dû accomplir des exorcismes solennels au cours de leur ministère. Un cas en Asie consistait en celui d’une dame qui donnait tous les signes classiques d’une vraie possession diabolique : connaître des langues étrangères, comprendre le latin par exemple, et connaître des choses vraiment impossibles à savoir pour elle. Quand le prêtre lui demanda en latin : « Quot estis ? (Combien êtes-vous ?) », elle répondit avec colère dans son propre dialecte : « Quinze ! » Dans une autre séance d’exorcismes, puisqu’il y en a eu beaucoup au fil des ans, un médecin était présent. Il a vu comment cette pauvre dame était littéralement « occupée », « possédée » par d’autres esprits mauvais. L’un d’eux parlait parfaitement anglais (alors que la dame le connaît à peine), un autre démon parlait dans le dialecte des sorciers de villages de montagne éloignés. C’était un corps occupé par beaucoup d’âmes (ou de mauvais esprits ?). Le docteur commenta plus tard : « Les symptômes présentés par cette femme si gentille, s’expliquant par sa voix si douce, ne se rapportent à aucune classification, à aucun tableau clinique décrit à ce jour par la littérature médicale ».

La confesser et lui donner la sainte communion était un défi. Pendant longtemps, elle ne pouvait pas assister à la messe tridentine de peur de réactions violentes, alors elle restait dans une pièce de la maison voisine. Elle faisait sa confession par écrit, et, pour la sainte communion, on la voyait lutter pour ouvrir sa bouche juste assez longtemps pour laisser le prêtre mettre l’hostie sacrée sur sa langue. Puis une réaction violente suivait comme si elle avait avalé quelque chose qui brûlait. Le docteur rapporte une phrase presque banale de l’un des assistants qui en dit long : « Ce qui se passe avec cette femme n’arrive pas quand elle assiste au Nouvel Ordo de la Messe ». (Cahiers Saint-Raphaël, n. 88, septembre 2007, p. 30)

Parfois il faut beaucoup d’exorcismes pour délivrer une âme du démon. Aux dernières nouvelles, elle peut maintenant assister à la Sainte Messe et recevoir la sainte communion au banc de communion comme tout le monde.

Un cas de possession diabolique comme celui-là nous aide à comprendre ce qui se passe dans la Sainte Église aujourd’hui. En 1975, un excellent livre français a été publié par Jacques Ploncard d’Assac, intitulé L’Église occupée. C’est exactement comme cette pauvre femme asiatique : dans son corps il y avait beaucoup d’esprits qui luttaient les unes contre les autres. Et quand le démon prenait le contrôle, la vraie âme était impuissante. Elle pouvait entendre et voir tout ce qui se passait, mais ne pouvait pas l’arrêter. Cependant, avec les exorcismes répétés, elle devint visiblement plus forte contre le mal. Elle admit que la récitation du rosaire en latin augmentait beaucoup son courage.

L’Église présente aujourd’hui les mêmes signes. Bien qu’il n’y ait qu’un seul corps, une seule structure, il semble y avoir différents esprits luttant pour le contrôle de ce corps. En regardant la dame possédée pendant l’exorcisme, on pouvait dire : c’est vraiment elle, c’est son corps mais ce n’est pas son âme qui parle. Il en est de même pour l’Église : nous ne pouvons pas dire : « Cela n’est pas l’Église ! » Non, le corps est toujours là, bien que la voix ne soit pas celle de l’Église. En 1965, Mgr Lefebvre a parlé de cette mystérieuse occupation de l’Église dans sa dixième intervention lors du Concile Vatican II.

« Cette constitution pastorale n’est ni pastorale, ni émanée de l’Église catholique : elle ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d’autre part, l’Église n’a jamais parlé ainsi. Nous ne pouvons pas écouter cette voix parce qu’elle n’est pas la voix de l’Épouse de Christ. Cette voix n’est pas la voix de l’Esprit du Christ. La voix du Christ, notre Berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous allons l’ignorer. Le vêtement est celui des brebis; la voix n’est pas celle du berger, mais peut-être celle du loup. J’ai dit. » (J’accuse le Concile)

Ceci ressemble fortement à une possession diabolique.

Permettez-moi de terminer cette lettre avec la prière que Notre-Dame a elle-même enseignée le 13 janvier 1864 à un serviteur de Dieu, le Père Louis Cestac, fondateur de la Congrégation des Servantes de Marie (+1868) qui lui demandait une prière pour combattre le diable. Le moment était venu de l’invoquer comme la Reine des Anges et de lui demander d’envoyer les Saintes Légions pour combattre les puissances de l’enfer.
« Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement : envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme. “Qui est comme Dieu ?” Ô bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi ! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! » (300 jours d’indulgence, saint Pie X, 8 juillet, 1908)

22 avril 2017

[Paul Badde / abbé Schmidberger - CNA Deutsch] "le nombre des objections est faible" - Ce qui manque encore à la FSSPX pour se réconcilier avec Rome

SOURCE - Paul Badde - CNA Deutsch - traduction par Riposte-Catholique de l’original allemand - 17 avril 2017

Après la confession, voici depuis peu le mariage: Les couples catholiques peuvent maintenant se marier dans des cérémonies de la Fraternité Saint Pie X (FSSPX). Les spéculations des médias selon qui la FSSPX sera bientôt élevée au statut de prélature personnelle sont-elles justifiées? Du point de vue de la FSSPX, qu’est-ce qui bloque encore une réconciliation? Et que vaut dans la rumeur qui veut que le pape François l’annoncera à Fatima? Réponses de l’abbé Franz Schmidberger, recteur du séminaire «Cœur de Jésus» et ancien Supérieur du District d’Allemagne et d’Autriche de la Fraternité.
PAUL BADDE: Père Schmidberger, j’ai entendu que le séminaire de l’archidiocèse de Munich et Freising n’a eu qu’une seule entrée cette année. Quelle est votre situation au le séminaire «Sacré-Cœur» de la FSSPX?
SCHMIDBERGER: Notre séminaire compte à l’heure actuelle 31 séminaristes, dont l’un est passe une année pastorale dans un prieuré aux États-Unis. Une bonne moitié d’entre eux vient de régions de langue allemande, l’autre moitié principalement des pays de l’Est: de Pologne, de République Tchèque, de Lituanie, de Russie et de Hongrie. À l’automne 2016, nous avons eu neuf entrées, dont quatre Allemands. Par conséquent, nous prévoyons de nous agrandir. Bien sûr, il y a toujours une départ ou deux, et on ne peut pas s’attendre qu’il en aille différemment dans un organisme vivant. Au fond, le renouveau de l’Eglise ne dépend pas de la quantité, mais de la formation d’un clergé compétent, pieux et zélé. Et dans ce sens, nos jeunes, une fois ordonnés prêtres, consolideront et renforceront considérablement notre position dans les pays de langue allemande et dans les pays de l’Est. La formation dans notre séminaire pourrait aussi être un exemple pour d’autres séminaires. Pour en être convaincu, il vous suffit de regarder le film que nous avons fait sur notre séminaire.
BADDE: Comment expliquez-vous cette différence et qu’est-ce que ça signifie pour l’avenir de l’Eglise en Allemagne?
SCHMIDBERGER: En Allemagne «l’Église conciliaire» est un modèle qui touche à sa fin. Parler de banqueroute spirituelle n’est pas une exagération. On peut dire à chaque jeune homme qui est appelé à la prêtrise: «Laisse les morts enterrer les morts, mais toi prêche l’Evangile et de travailler à la vie des âmes et pour le renouveau de l’Église dans Sa tête et Ses membres.»
BADDE: On entend dire, encore et encore qu’une pleine réconciliation de la Fraternité avec Rome serait imminente. Il ne manquerait plus que les signatures finales, à part cela tout serait prêt. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet?
SCHMIDBERGER: En ce qui concerne la structure future de la Fraternité Saint-Pie X, dans le cadre d’une reconnaissance de Rome, c’est vrai que l’essentiel est réglé. Mais il faudra encore discuter d’une déclaration doctrinale, en particulier en ce qui concerne le Concile de Vatican II. La date d’un règlement définitif relève bien sûr principalement de la Divine Providence, qui guide et dirige tout. Il faut juste beaucoup de patience, mais aussi la ferme forte de travailler avec énergie à cette fin, pour le bien de toute l’Eglise.
BADDE: La dernière fois que nous nous sommes entretenus -en février 2012- vous avez laissé entendre que «le temps travaillait pour vous» malgré votre hésitation devant Benoît XVI, qui était allé dans votre direction plus qu’aucun pape auparavant. Un an après notre conversation, Benoît XVI a abdiqué, que vous aviez plongé dans la pire crise de son pontificat, avec votre Mgr Williamson. A l’époque, comment avez-vous réagi à la nouvelle de sa démission et quelle effet a-t-elle eu dans la Fraternité?
SCHMIDBERGER: Nous avons tous souffert des déclarations inacceptables faites par Mgr Williamson. Bien sûr, nous avons vu très bien comment les ennemis de l’Église les ont utilisées pour atteindre le pape, comme lui-même le dit aussi dans sa lettre aux évêques. Nous avons regretté sa démission, d’autant qu’il avait rendu un grand service à l’Église avec Summorum Pontificum, et qu’il avait franchi une nouvelle étape vers la normalisation en 2009, par le retrait du décret d’excommunication.
BADDE: Néanmoins, le temps semble confirmer votre évaluation de l’époque – au moins pour ce qui est du rapprochement de la Fraternité avec Rome, et vice versa. Qu’est-ce que le pape François a, que le pape Benoît XVI n’avait pas?
SCHMIDBERGER: Ce n’est pas le temps qui nous donne raison, mais la grâce de Dieu qui agit dans le temps, et qui n’abandonne pas ceux qui croient, enseignent et prient comme l’Église a toujours cru, enseigné et prié. Lisez le livre qui parait bientôt, de Mgr Georg May, intitulé «Trois cents ans théologie croyante et incroyante»; vous en retirerez un bon diagnostic de la situation actuelle.

A notre grande surprise, le pape François a pour nous une bonne volonté prononcée. D’autre part, il a causé beaucoup de confusion dans l’Eglise, par le peu de cas qu’il fait de Son enseignement, ce qui prépare aussi la fin de l’idéologie du Concile. Et c’est là justement qu’on peut tomber d’accord. Étant donné que le pape va aux périphéries, il est logique qu’il n’oublie pas ceux qui ont été marginalisés pendant des années parce qu’ils étaient de fils fidèles de l’Église.
BADDE: En même temps, les documents les plus importants de ce rapprochement portent aujourd’hui la signature du cardinal Müller, qui était votre adversaire le plus farouche en Allemagne, en tant qu’archevêque de Ratisbonne. Durant toute la controverse, il semble être resté comme une constante dans vos débats. Comment interprétez-vous ce paradoxe?
SCHMIDBERGER C’est principalement le pape, et Mgr Pozzo le secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, qui s’occupent de nous, dans un véritable souci pastoral, et qui veulent mettre fin à un conflit qui dure maintenant depuis 40 ans. Nous ne pouvons que nous réjouir que le cardinal Müller s’y efforce aussi. Peut-être le cardinal a-t’il perçu la catastrophe dans l’Église, depuis qu’il est à Rome, et qu’il cherche des alliés dans la lutte contre les destructeurs.
BADDE: Il y a six ans, vous m’avez cité le discours du pape Benoît XVI du 24 septembre 2011, aux représentants du Comité Central des catholiques allemands, où il a dit: «la vraie crise de l’Eglise dans le monde occidental est une crise de la foi: Si nous n’arrivons pas à un véritable renouvellement de la foi, toute réforme structurelle demeurera inefficace…» Et vous critiquiez le fait qu’avec le Concile, ce n’est pas l’esprit de l’Église qui a pénétré le monde, mais au contraire l’esprit du monde qui s’est infiltré dans l’Église. Mais ce processus, issu d’une compréhension de l’«aggiornamento», semble exactement se réaliser sous le pape François, qui vous ouvre maintenant les portes de Rome plus largement qu’aucun de ses prédécesseurs. Expliquez nous cette contradiction.
SCHMIDBERGER: Je le redis: la confusion est grande dans l’église, peut-être plus que jamais dans son histoire. Nous vivons un véritable effondrement de la théologie, de la morale, de la discipline, de la liturgie et de la spiritualité. On peut parler sans exagération de grande apostasie. Certains mauvais conseillers offrent des solutions fausses et néfastes telles que l’ordination de viri probati ou le diaconat féminin. Certes, il ne faut pas négliger la puissance du Saint-Esprit dans l’Église, qui utilise des outils humains et veut peut-être utiliser notre Fraternité, comme le plus grand groupe religieux constitué qui veuille contrer cet effondrement avec cohérence, et qui puisse le faire dans une certaine mesure. Quoi qu’il en soit, nous avons un plan directeur pour un véritable nouvelle évangélisation.
BADDE: La Fraternité Saint-Pie X ne trouvera pas sa place dans l’«una sancta Catholica Ecclesia», sans une reconnaissance inconditionnelle des décrets du Concile d’autant qu’entre-temps les papes du Concile Jean XXIII et Paul VI ont été respectivement canonisé et béatifié, ce que la Fraternité ne peut mettre en cause avec les arguments raisonnables de la foi. Jusqu’à présent –semble-t’il- vous aviez toujours appelé à la conversion de Rome. Est-ce que maintenant ce n’est pas la Fraternité qui est convertie, et que pouvez-vous nous dire la-dessus?
SCHMIDBERGER: Mgr Lefebvre a toujours distingué trois parties dans le Concile: la plus grande part, qui concorde parfaitement avec l’enseignement précédent de l’Église, une seconde partie d’ambiguïtés qui nécessitent une parole de clarification, et enfin un nombre relativement limité de contradictions, qui ne doivent pas perdurer. C’est le cas de certaines déclarations dans le décret sur l’œcuménisme ou de la déclaration sur la liberté religieuse. Bien sûr, ça place un point d’interrogation sur la canonisation des deux papes du Concile et celle de Jean Paul II, avec le scandale de la rencontre d’Assise et la dictature du relativisme qui s’ensuit. Cette question fera partie du travail théologique qui nous attend tous, après une reconnaissance canonique de la Fraternité.
BADDE: Des rumeurs se renforcent actuellement, selon lesquelles le pape François réintégrera complètement la Fraternité, à l’occasion de son voyage à Fatima, au sein de notre Mère l’Église, et qu’il veut mettre fin à la séparation de fait. Que pensez-vous de ces rumeurs?
SCHMIDBERGER: Il s’agit sans doute surtout du vœu de ceux qui pensent cela ou le propagent.
BADDE: Ne craignez-vous pas que cela cause dans la Fraternité une tension, et une éventuelle scission, parce qu’une partie non négligeable d’entre vous ne veut pas de cette réconciliation – après s’être opposée de façon passionnée à Rome durant toutes ces années?
SCHMIDBERGER: En cas de régularisation de nos relations avec Rome, peut-être que tel ou tel de nos membres nous quitterait; mais certainement pas beaucoup. Lors de la consécration épiscopale en 1988, il y a eu 17 départs. Quoi qu’il en soit, je ne vois pas de danger de scission.