12 décembre 2017

[Tommy Brochu - La Tribune (Canada)] L'église Sainte-Jeanne-d'Arc redeviendra un lieu de culte

SOURCE - Tommy Brochu - La Tribune (Canada) - 12 décembre 2017

L'Église Sainte-Jeanne-d'Arc reprendra du service. Acheté par la Fraternité Saint-Pie X et l'abbé supérieur de district Daniel Couture, le bâtiment inoccupé depuis 2015 reprendra sa vocation première de lieu de culte.

La Fraternité Saint-Pie X a acheté l'église au prix de 550 000 $. Depuis le mois de novembre, les fidèles occupent le bâtiment, même si la confirmation de l'achat ne s'est faite que le 8 décembre.

Les membres de la Fraternité sont déménagés plus souvent qu'à leur tour au cours des dernières années. Les fidèles sont passés par plusieurs locaux, dont un garage dans l'Est de Sherbrooke. Par contre, la Fraternité est à l'église Sainte-Jeanne-D'Arc pour y rester, selon l'abbé Daniel Couture.

« Le cœur du problème, c'est que depuis l'arrivée de la messe en français, les églises se vident, explique l'abbé Couture. Nous, on fait la messe en latin et on achète des églises. En parallèle, il y a un intérêt pour les valeurs traditionnelles un peu plus exigeantes », pense-t-il.

L'objectif est simple à la Fraternité Saint-Pie X. Le but est de faire salle comble. « On veut remplir l'église. On n'est pas encore une centaine, mais comme on a maintenant un lieu de culte digne de la messe, on invite les gens à venir », mentionne-t-il.

De plus, malgré quelques retouches, l'état de l'église semble bon. « Elle est dans un état surprenant. C'est sûr qu'il y a des travaux à faire. De plus, on essaie de louer le sous-sol à des organismes communautaires qui ont des valeurs semblables aux nôtres. Ce ne sera pas un bar rock-n-roll! », plaisante l'abbé Couture.

Le retour de la messe

Les messes sont déjà recommencées dans le lieu de culte. Chaque vendredi à 18 h 30 et tous les dimanches à 11 h 30, les fidèles se réunissent afin de célébrer Dieu.

La Fraternité Saint-Pie X est présente dans 72 pays.

Au mois d'octobre 2016, l'homme d'affaires Réal Brochu a acheté le lieu de culte pour la somme de 230 000 $. M. Brochu aménagera prochainement un stationnement pour les utilisateurs de l'église située au 1000 rue Galt Ouest.

Après beaucoup de rumeurs comme quoi l'église allait servir de cinéma, de cirque ou encore de mosquée, l'édifice a trouvé preneur une fois pour toutes vendredi dernier.

10 décembre 2017

[VIDEO] [Mgr Williamson] Veillez et priez

SOURCE - Mgr Williamson - 21 octobre 2017

[Jean de Taurriers - ND de Chrétienté - L'Appel de Chartres] Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018!

SOURCE - Jean de Taurriers - Notre Dame de Chrétienté - L'Appel de Chartres n°2015 - 9 décembre 2017

Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018! Comme je l’ai annoncé lors de l’Assemblée Générale de notre association (le 17 novembre) et à l’Université d’Automne (le 18 novembre), Notre Dame de Chrétienté aura le grand honneur d’accueillir le cardinal Sarah lors de la Messe de clôture de notre prochain pèlerinage à Chartres, le 21 mai 2018.

Nous remercions infiniment le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, d’avoir accepté de venir pèleriner avec nous. Nous nous faisons une joie de préparer cet événement qui sera une date importante pour l’histoire de notre pèlerinage.
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Nous revenons juste de notre retraite annuelle à l’abbaye de Fontgombault où nous étions une cinquantaine de pèlerins, amis de Notre Dame de Chrétienté. La chaleur de l’accueil des moines nous a fait oublier la fraîcheur du microclimat bien connu des bords de Creuse ! Nous avons prié pour nos défunts, malades, familles et pour vous tous.
   
« Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et prête l’oreille de ton cœur » sont les premiers mots de la Règle de Saint Benoît. Nous avons écouté le silence rempli de Dieu de l’abbaye et « frappé sans fatigue à la porte du Dieu silencieux » (Benoît XVI). Le Père Abbé, Dom Pateau, nous a instruits sur la « lectio divina », et l’Abbé Garnier sur Saint Jean-Baptiste, « premier martyr du mariage et de la famille » (Cardinal Burke).
  
Cette retraite, année après année, se remplit de plus en plus vite. Nous allons la maintenir en remerciant encore l’Abbaye de Fontgombault et son Père Abbé. Cette retraite nous permet de donner à Dieu ce temps qui est la prière, peut-être en suppléance de celui que nous ne donnons pas suffisamment dans la vie de tous les jours.
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Joyeux temps de l’Avent! En ce début de temps de l’Avent, je vous propose de lire un petit texte devant le tableau de La Nativité peint en 1622 par Gerrit van Honthorst. (1)

C’est un extrait d’un texte bien connu pour son auteur, Jean-Paul Sartre, écrit dans un camp de prisonniers français en 1940. Au second plan du tableau, dans l’ombre et la discrétion, vous découvrirez Saint Joseph père attentif et serviteur de Notre Seigneur à qui notre prochain pèlerinage sera dédié. Mais lisons le texte « … Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Je vous souhaite, ainsi qu’à toutes vos familles, un saint temps de l’Avent et un joyeux Noël. Prions pour les défunts amis de Notre Dame de Chrétienté : Charles Houdet, Arnaud de Lassus, Gérard de Rosny, Jehan de Saint Chamas. Que la Sainte Vierge protège également nos amis malades, je pense tout spécialement à Alain Huser et Pierre Vouters.

Saint Joseph, priez pour nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président
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(1) En remerciant le site PRIXM, découvert au retour d’un récent pèlerinage en Terre Sainte, de nous avoir donné « involontairement » l’idée de cet Appel de Chartres.

[FSSPX Actualités] Nouvel archevêque de Paris: quel sera le rôle de Mgr Aupetit?

SOURCE - FSSPX Actualités - 9 décembre 2017
Alors que Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, vient d’être nommé par le Saint-Père à la tête de l’archidiocèse de Paris, en remplacement du cardinal André Vingt-Trois, FSSPX.Actualités fait le point sur les attributions d’un archevêque qui exerce sa mission apostolique avec l’aide de quatre évêques auxiliaires.

Parce que Paris est le siège du gouvernement, son archevêque est souvent celui qui représente l’Eglise catholique auprès des autorités politiques. Ainsi le prélat est-il invité aux vœux du président de la République à l’Élysée.

Il revient à l’archevêque de célébrer chaque année la messe de rentrée des parlementaires à Sainte-Clotilde - proche de l’Assemblée nationale -, et de participer à l’instance de dialogue entre le gouvernement et l’Eglise catholique créée en 2002.

Il est par ailleurs membre de droit du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France qui se réunit une fois par mois.

La province ecclésiastique de Paris couvre la région Ile-de-France et compte huit diocèses suffragants : leurs huit évêques – ainsi que l’évêque aux armées – se retrouvent autour de leur métropolitain six fois par an, le plus souvent au siège de l’archevêché de Paris. Celui-ci est installé depuis 2013 au 10, rue du Cloître-Notre-Dame, sur l’île de la Cité, face au portail nord de la cathédrale.

L’archevêque de Paris est statutairement chancelier de l’Institut catholique dont il préside aux orientations.

Enfin, il est l'Ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France. Dans l'accomplissement de cette fonction, l’archevêque est aidé d’un vicaire général délégué. Actuellement il s'agit de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.

[FSSPX Actualités] Le cardinal Pujats dénonce le libéralisme d’Amoris lætitia

SOURCE - FSSPX Actualités - 9 décembre 2017

Dans un entretien paru le 19 novembre 2017 sur le site italien La Fede Quotidiana, le cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga en Lettonie et ancien président de la Conférence épiscopale locale, a déclaré au sujet de l’exhortation Amoris lætitia : « la mentalité sous-jacente du texte est trop libérale. » Il a affirmé voir un certain relâchement de la moralité catholique et surtout des valeurs et principes non négociables.

Interrogé sur la possibilité de donner la communion aux divorcés civilement remariés qui vivent more uxorio (i.e. maritalement), le prélat a rappelé : « nous avons certainement besoin de porter une attention pastorale à ces personnes », mais « elles ne peuvent pas recevoir la communion sacramentelle. Elles ne sont pas légitimement unies dans le mariage et se trouvent donc dans un état de péché mortel. Tout cela fait partie de la doctrine des sacrements. »

A la question de savoir si cette position est « trop sévère », le cardinal letton a demandé : « qu’est-ce que cela signifie ? », et de répondre aussitôt : « la doctrine de l’Eglise ne change pas et personne n’est autorisé à faire cela. Tout est écrit dans l’Evangile et doit être accepté ». « Aujourd’hui, pour le bien de l’Eglise et du peuple de Dieu, une clarification en accord avec les préceptes de l’Evangile et le magistère constant de l’Eglise est nécessaire », a poursuivi le cardinal, âgé de 87 ans. « Personne ne devrait avoir peur de la clarté doctrinale », a-t-il ajouté, en précisant : « s’il y a quelque chose de destructeur, c’est l’incertitude provoquée par l’ambiguïté et la confusion. »

« Nous devons avoir le courage de parler le langage de la vérité, clairement et sans crainte, sans vouloir plaire au monde, parce que nous risquons de glisser peu à peu dans une grave erreur. Nous devons réitérer la doctrine éternelle sur le mariage et la famille », a-t-il déclaré.

Pour mémoire, le cardinal Pujats avait signé la Déclaration de fidélité à l’enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage, du 26 août 2016, qui a recueilli 35.700 signatures, et à laquelle le pape François n’a pas plus porté attention qu’aux Dubia des quatre cardinaux, du 19 septembre 2016, et à la Correction filiale des clercs et universitaires catholiques, du 16 juillet 2017.

[FSSPX Actualités] Mgr Schneider: les vrais amis du pape ne sont pas ses adulateurs

SOURCE - FSSPX Actualités - 8 décembre 2017

Dans un entretien accordé à Michaël Matt du journal américain The Remnant, le 19 novembre 2017, Mgr Athanase Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a déclaré que « les vrais amis du pape » sont ceux des cardinaux, évêques et laïcs «qui expriment leur inquiétude publique sur l’état de confusion dans l’Eglise.»

Il a qualifié l’appel à la clarté sur cette situation très préoccupante, un « acte de charité envers le pape », ajoutant qu’il était convaincu que lorsque le pape sera face au jugement de Dieu, «il sera reconnaissant à ces cardinaux, évêques et laïcs qui en auront appelé à lui pour faire la clarté.»

Mgr Schneider a affirmé que ceux qui adoptent une attitude d’«adulation du pape» et qui « nient l’évidence» que l’ambiguïté dans ses enseignements soit à l’origine de la confusion présente, ne servent pas le pape ni ne contribuent au bien de leurs âmes, quand ils seront confrontés au jugement dernier.

A tous ceux qui disent au pape: «tout va bien», malgré la « situation désastreuse», le prélat a déclaré qu’à leur jugement Dieu demandera: «Qu’avez-vous fait quand il y avait la confusion? Pourquoi n’avez-vous pas élevé la voix pour défendre la vérité?»

Pour Mgr Schneider, l’Eglise est la «grande famille de Dieu»; or, en famille, nous devons avoir l’occasion de parler «sans craindre d’être punis ou isolés».

[Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie] Cinq nouveaux membres pour la SAJM

SOURCE - Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie - 8 décembre 2017

Aujourd'hui, en la fête de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, les séminaristes de deuxième année ont prononcé leurs premiers engagements dans la SAJM. Deo gratias.


[Adélaïde Pouchol - L'Homme Nouveau] Quand les moines appellent à boire... - entretien avec un moine du Barroux

SOURCE - Adélaïde Pouchol - L'Homme Nouveau - 5 décembre 2017

L’abbaye du Barroux lance un appel pour écouler au plus vite les stocks de vin Caritas, pourquoi est-ce si urgent?
Caritas est un projet solidaire, une marque de vin créée en 2015 avec les vignerons de notre secteur. Caritas, la charité en latin, est vraiment l’expression de ce que nous avions au cœur, de ce que nous vivions et voulions partager et ce nom nous est venu naturellement. Nous avons d'ailleurs fait inscrire sur les bouchons de chacune de nos bouteilles "Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien."Nous avions bien conscience que Caritas était aussi le nom de la fédération bien connue d’organismes catholiques présente partout dans le monde, mais nous avons été mal conseillés en droit des marques et avons cru pouvoir déposer ce nom en classe 33 (vins et boissons alcoolisées) puisque la fédération Caritas avait déposé le sien dans la classe des services. Or la fédération a les caractéristiques d’une marque notoire et a droit à ce titre à une protection de sa marque au-delà de sa classe de dépôt. Nous avons discuté avec des responsables de Caritas, avons compris leur demande et décidé de changer de nom pour ne pas entraver leur travail.

Cette nouvelle marque devrait voir le jour en janvier. D’ici là, nous avons obtenu des représentants français de Caritas la permission d’écouler notre stock en France mais cela nous a été refusé dans d’autres pays car nous devons négocier avec les représentants de chaque pays le droit d'y vendre nos bouteilles. À cela s’ajoutent les pertes – grimpant parfois jusqu’à 70 % – subies par les vignerons à cause du gel cette année… Nous allons manquer de trésorerie si nous n’écoulons pas nos stocks rapidement et manquons surtout de place pour étiqueter et stocker les bouteilles avec le nouveau nom. Si nous voulons surmonter ces difficultés, nous avons besoin que l’on achète et que l’on boive notre vin!
Caritas, dont le nouveau nom sera bientôt dévoilé, est donc une marque de vin. Mais encore ?
Notre communauté bénédictine s’est installée au Barroux il y a trente ans et les sœurs, arrivées en 1986, ont repris une propriété viticole en s’engageant à la maintenir en activité. Dès le début, nous avons donc travaillé la vigne, et en avons même planté autour de l’abbaye des hommes. Au fil des ans, nous avons rejoint un groupe de vignerons et nous nous y sommes impliqués jusqu’à en devenir administrateurs. Conscients des enjeux de l’activité viticole dans cette région, nous avons eu l’idée de créer une cuvée commune pour travailler ensemble, avec des méthodes plus respectueuses de la Création.

L’image monastique est une image forte, celle d’un travail bien fait et avec amour. Nous voulions emmener avec nous des vignerons dont le travail est assez méconnu et peu valorisé dans notre région du Ventoux. Ici, les terrains sont en terrasse, parfois très accidentés et donc bien plus difficiles à travailler que sur les plaines. Cela nécessite un outillage spécifique et couteux. Mais les vignerons avaient à cœur de ne pas laisser à l’abandon ces paysages façonnés par des siècles de travail de nos pères et avaient décidé d’y faire un vin d’exception. Alors, en 2012, les moines commencent donc à cultiver, eux aussi, en terrasse, avec les méthodes très pointues que cela implique. L’intuition de Caritas, c’est donc d’allier le savoir-faire des moines et celui de ces vignerons jusqu’au-boutistes !
Ce travail du vin mobilise-t-il toute la communauté ?
Il y a une équipe fixe de quatre ou cinq frères qui s’occupent des activités agricoles, le vin, l’huile d’olive et la lavande. Il en va de même pour la communauté des moniales, que nous aidons pour certaines activités, notamment les travaux de force. Toute la communauté travaille pour les vendanges et les cueillettes. Notre vin est le fruit d’un travail monastique réel ! A eux deux, les vignobles des moines et des moniales représentent tout de même 9 hectares.
Les moines connaissaient-ils les métiers de la vigne lorsque l'aventure de Caritas a commencé ?
Il y avait dans la communauté un moine qui avait été œnologue, un fils de vigneron et un ancien ingénieur agronome. Mais surtout, nos liens avec les vignerons de la région nous ont permis de rencontrer des personnes qui connaissent bien le métier et étaient prêtes à nous aider. Je pense en particulier à Jean-Dominique Artaud, rencontré en 2010, alors qu'il était chef de culture du Domaine de la Janasse en Châteauneuf-du-Pape. Il a vu le potentiel des vignobles des abbayes des moines et des moniales et a su nous indiquer dans quelle direction approfondir notre travail pour gagner en qualité. Il faut beaucoup de finesse, ne serait-ce que pour déterminer la date des vendanges en fonction du vin que l'on souhaite... Comment ne pas citer également Philippe Cambie, sacré œnologue de l'année en 2010 par Robert Parker, qui nous a prodigué de précieux conseils alors qu'il est très sollicité par ailleurs ? C'est un homme de cœur qui a su voir tout de suite que notre projet valait le coup.
Comment sont vendus les vins Caritas?
Au Barroux, nous avons toujours fait et vendu notre vin mais au départ, nous ne passions que par les réseaux monastiques. Avec Caritas, nous voulons rejoindre les canaux de vente de vin traditionnels : cavistes, épiceries fines, hôtelleries... Notre site internet répertorie les différents points de vente des vins Caritas mais ces informations sont en perpétuelle évolution puisque de nouveaux points de vente s'ouvrent régulièrement. Caritas représente quelques 70 vignerons, nous avons donc des objectifs d'export très importants pour la marque. Nous avions déjà bien amorcé ces démarches mais notre problème de nom de marque fait que nous ne sommes pas en mesure d'honorer nos commandes dans certains pays. Il faut impérativement que nous surmontions ces difficultés pour que le projet Caritas continue de se développer, et avec lui l'esprit de charité qu'il porte, et l'hommage qu'il rend au travail paysan.

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Miracles dans le NOM?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 9 décembre 2017

Un pasteur pourra bien quitter tous ses agneaux.
Dieu, jamais! Sauf s’ils veulent être pris pour des veaux.

Lorsque l’année dernière nous affirmions dans ces “Commentaires” qu’à Sokulka, en Pologne, s’était produit en 2008 un miracle eucharistique sur une hostie consacrée lors d’une nouvelle Messe, un certain nombre de catholiques du monde anglophone ont nié qu’une telle chose fût possible. Lorsque, récemment, cette affirmation a été renouvelée à Paris (youtu.be), ce fut au tour de certains traditionalistes français de mettre en question ce miracle, malgré la preuve apparemment scientifique qu’apportèrent à l’époque deux laboratoires polonais : l’un et l’autre déclarèrent séparément que l’échantillon de l’hostie en question provenait du muscle cardiaque d’un être humain en détresse aiguë.

Devant ces preuves, deux lignes d’argument opposées sont possibles. Soit on insiste sur le poison moderniste contenu dans le NOM et l’on conclut à l’impossibilité intrinsèque pour Dieu de faire un tel “miracle” ; soit l’on reconnaît le sérieux des preuves scientifiques, ce qui conduit à la nécessité de reconnaître comme pouvant être valides la nouvelle Messe, les nouvelles Ordinations sacerdotales et les nouvelles Consécrations épiscopales, étant donné que le prêtre et l’évêque concernés ont été ordonné et consacré respectivement en 2005 et en 1980). Mais de vaillants Traditionalistes se refusent obstinément à croire que ces trois validités soient possibles au sein de la Néo-église moderniste.

Toutefois, une chose est certaine, au moins dans l’Église catholique : de telles questions doivent être déterminées par la doctrine et non par l’émotion. On sait combien « piloter au feeling » peut être fatal aux aviateurs ; ici comme ailleurs, la raison doit pré valoir. La doctrine de l’Église sur la validité d’un sacrement comporte quatre exigences : un ministre, une forme, une matière et une intention sacramentelle valides. Le NOM peut négliger une seule ou toutes de ces exigences, mais aucune des quatre n’est automatiquement exclue. Si bien que là où ces quatre exigences sont respectées, la nouvelle Messe est valide. C’est pourquoi Mgr Lefebvre, qui connaissait sa théologie, n’a jamais prétendu que le NOM était automatiquement invalide. Donc, le NOM célébrée à Sokulka n’était pas nécessairement invalide ; et donc il semble plus raisonnable de partir des preuves pour admettre le miracle que de partir de l’impossibilité du « miracle » pour conclure à la fausseté de cette évidence scientifique. A moins de pouvoir fournir une raison précise qui permette de révoquer en doute le témoignage des pathologistes qui se sont exprimés.

Reste une objection majeure : comment est-il possible que le Bon D ieu fasse des miracles dans le cadre du NOM, alors que cette réforme a été conçue par ses auteurs pour empoisonner progressivement la foi des fidèles et détruire ainsi l’Église catholique ? La réponse doit être que Dieu ne donne pas au NOM une valeur authentique dans son principe. Néanmoins, Il maintient sa validité possible afin de ne pas abandonner une masse des catholiques qui continuent d’y assister innocemment, plus ou moins ignorants du poison que représente ce nouveau rite. Avant tout, ce qu’Il veut rappeler par un tel miracle, à la fois aux pasteurs et au troupeau, c’est qu’Il est Présent sous les apparences du pain et du vin. Quand on ne perd pas de vue que la doctrine catholique peut permettre au NOM d’être valide ; quand on se rappelle Saint Paul disant que quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur (I Corinthiens 23–2 9) ; et quand on observe à quel point est répandu dans la Néo-église le manque de respect pour la Présence Réelle, alors on comprend tout de suite que des signes comme le miracle de Sokulka peuvent contribuer au salut de beaucoup d’âmes. Le curé de la paroisse est là pour témoigner du progrès de la foi et de la pratique religieuse dans toute la région de Sokulka depuis le miracle.

Mais l’objecteur insistera : Comment Dieu peut-il permettre qu’un tel rite empoisonné puisse être valide ? Nous répondons : Il ne supprime pas le libre arbitre de l’homme ; Il nous permet dans une large mesure de faire ce que nous voulons. Dans le cas présent, les néo-modernistes voulaient (et veulent toujours) que le rite de la Messe soit suffisamment empoisonné pour tuer à long terme la vraie Église, mais qu’il soit en même temps assez catholique pour abuser à court terme les fidèles ignorants et innocents, encore confiants dans leurs pasteurs qui leur racontent, par exemple, que le NOM est le « rite ordinaire » de l’Église. Le NOM n’aurait jamais été accepté dans l’Église Universelle s’il avait été évident dès le départ qu’il était automatiquement invalide.

Kyrie eleison.

9 décembre 2017

[Dominicains d'Avrillé - Le Sel de la Terre] François est-il hérétique? (éditorial)

SOURCE - Dominicains d'Avrillé - Le Sel de la Terre (éditorial) - automne 2017

La correction filiale
Une lettre de vingt-cinq pages, datée du 16 juillet dernier et signée par quarante clercs et universitaires, a été remise au pape François le 11 août. Elle a été rendue publique le 24 septembre [1].

Son titre est : Correctio filialis de haeresibus propagatis (correction filiale concernant la propagation d’hérésies). Elle affirme que le pape, par son exhortation apostolique Amoris lætitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu’il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Église catholique.

Citons quelques extraits de cette « correction » : 
Au moyen de paroles, d’actions et d’omissions et par des passages du document Amoris laetitia, Votre Sainteté a soutenu, de manière directe ou indirecte (avec quelle connaissance de cause, nous ne le savons pas et nous ne voulons pas en juger), les propositions fausses et hérétiques suivantes, propagées dans l’Église aussi bien de façon officielle que par acte privé : 
1. « Une personne justifiée n’a pas la force avec la grâce de Dieu d’accomplir les commandements objectifs de la loi divine, comme si certains commandement étaient impossibles à observer pour celui qui est justifié ; ou comme si la grâce de Dieu, en produisant la justification d’un individu, ne produisait pas invariablement et par sa nature la conversion de tout péché grave, ou comme si elle ne suffisait pas à la conversion de tout péché grave. » [Suivent six autres « propositions hérétiques ».] 
Ces propositions contredisent toutes des vérités qui sont divinement révélées et que les catholiques doivent croire avec l’assentiment de la foi divine.
Ce n’est pas la première fois que le pape est accusé d’enseigner des hérésies : le 29 juin 2016, quarante-cinq théologiens ont adressé au Doyen du Sacré Collège, le cardinal Angelo Sodano, une étude critique de l’exhortation Amoris lætitia où dix-neuf propositions du document romain étaient censurées [2]. On y trouvait les sept propositions qui sont reproduites dans la « correction filiale ».

Mais ce dernier document semble aller plus loin, non seulement parce qu’une large publicité en a été faite, mais encore parce que deux évêques ont apporté leur signature [3].

On est amené à se poser quelques questions : Peut-on accuser le pape d’hérésie ? L’hérésie du pape est-elle avérée ? Que se passerait-t-il dans un tel cas ?
Nisi fide devius
D’abord, on peut se demander s’il est permis de reprocher au pape propager des hérésies. En effet, qui peut juger le pape ?

La réponse à cette question est connue depuis le haut moyen âge. Le canoniste Gratien, dans son célèbre Décret (livre de référence pour le droit canon jusqu’au Code édité par Benoît XV en 1917), écrivait :
Si un pape est trouvé négligent pour son salut et celui de ses frères, relâché et nuisible dans ses actions et silencieux quand il devrait parler, ce qui est particulièrement nuisible pour lui et pour les autres, cependant, même s’il entraîne à sa suite, par groupes entiers, des foules innombrables qui, comme lui, seront livrés au prince des ténèbres pour être sévèrement punis pendant l’éternité, qu’ici-bas aucun mortel ne soit assez téméraire pour l’inculper au sujet de ses fautes, car c’est à lui qu’appartient le droit de juger tout le monde sans que personne puisse le juger, à moins qu’il ne soit convaincu d’errer dans la foi. Que tous les fidèles prient plutôt pour son salut, avec d’autant plus d’insistance qu’ils savent que leur propre salut dépend de façon prépondérante, après Dieu, de sa santé spirituelle [4].
Cette exception : « à moins qu’il ne soit convaincu d’errer dans la foi » signifie manifestement que si le pape dévie de la foi, un jugement peut être porté sur lui. C’est l’opinion commune des théologiens postérieurs à Gratien [5].
L’hérésie du pape est-elle avérée ?
Nous avons cité la première proposition hérétique que les auteurs de la « correction filiale » reprochent au pape. 

On peut remarquer d’abord que le pape n’a pas écrit cette phrase. La « correction filiale » s’appuie sur deux paragraphes d’Amoris lætitia qui laissent entendre que telle est la pensée du pape. Ce sont les § 295 et 301 [6]. 

On peut remarquer ensuite que la « proposition hérétique » signalée par les auteurs de la « correction filiale » n’a pas été condamnée telle quelle par le magistère. Pour montrer que cette proposition est hérétique, la « correction filiale » doit s’appuyer sur des textes du magistère, notamment un passage du concile de Trente [7]. 

Il y a donc une certaine marge, qui peut permettre au pape de répondre qu’on ne l’a pas compris et que ses propos ne tombent pas sous le coup des condamnations précédentes du magistère. C’est d’ailleurs ce qu’il fait, en prétendant même que son enseignement est parfaitement thomiste :
Face à ceux qui « soutiennent que derrière Amoris laetitia, il n’y a pas de morale catholique, ou, tout du moins, que ce n’est pas une morale sûre », le pape a affirmé « que la morale d’Amoris laetitia est une morale thomiste, celle du grand Thomas [8].
Nous dirons sur ce point que la « correctio filialis » montre que le pape François favorise l’hérésie, dans la mesure où les propositions « hérétiques » qui sont énoncées sont des conséquences logiques des paroles et écrits du pape. Mais l’hérésie du pape, l’hérésie formelle et consciente, n’est pas encore prouvée.
Et si l’on prouvait que le pape est hérétique ?
Évidemment, les auteurs de la correctio filialis pourraient insister et parvenir à montrer que le pape est vraiment hérétique. S’ils arrivaient à convaincre un nombre suffisant d’évêques, voire de cardinaux, pour que ce jugement puisse être considéré comme un jugement de l'Église catholique, alors nous nous trouverions dans l’hypothèse envisagée par Jean de Saint-Thomas et la majorité des théologiens : un tel pape perdrait le pontificat, du fait que l’Écriture nous recommande d’éviter l’hérétique après un ou deux avertissements et qu’il est impossible d’éviter le pape régnant. Nous renvoyons à l’étude de Jean de Saint-Thomas, « De la déposition du pape »[9].

Toutefois une telle hypothèse reste bien improbable aujourd’hui. 

En effet, d’une part nous sommes à l’époque du « déclin du courage » et il est vraisemblable que peu de clercs sont prêts à « mouiller leur soutane » pour reprocher au pape ses hérésies au risque de perdre leur situation.

D’autre part, on peut remarquer que la plupart des auteurs de la correction filiale font partie des milieux « ralliés » qui ont accepté les plus graves erreurs (les erreurs doctrinales du dernier Concile) tout en voulant lutter contre les conséquences morales de ces erreurs. C’est ainsi que, pour critiquer le pape François, ils s’appuient sur le magistère conciliaire (Vatican II, nouveau code, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI).
La nouvelle religion
Sans doute, la « correction filiale » fait un effort pour montrer que les erreurs du pape ont leur origine dans le modernisme et le protestantisme. Cependant elle est loin de dénoncer les vraies racines de ces erreurs et l’ampleur du mal. 

Nous laisserons à Mgr Lefebvre le mot de la fin. Il a décrit en quelques traits, à la fin de sa dernière conférence spirituelle le 11 février 1991, la nouvelle religion qui se met en place sous nos yeux [10]. Ces ultima verba (dernières paroles) adressés aux séminaristes d’Écône ont une valeur de testament. 

Après avoir expliqué que de nombreux évêques et prêtres, avant le Concile, avaient déjà une foi bien diminuée, car ils ne croyaient pas vraiment dans la grâce et qu’ils employaient des moyens purement humains et des expédients naturels, Mgr Lefebvre poursuivait : 
Maintenant, ce n’est pas une foi diminuée qu’ils ont, mais ils ont vraiment une autre religion, ils ont d’autres principes. […] Maintenant ils sont dirigés par d’autres principes, par vraiment une autre religion. 
Et le fondateur d’Écône insistait sur la gravité de la situation. Car quand la foi diminue on peut espérer qu’on pourra la faire revivre, mais « quand on remplace la religion par une autre religion, alors c’est beaucoup plus grave. »

Quels sont ces nouveaux principes absolument contraires à ceux de l’Église ?
Pour eux désormais, pour beaucoup de ces théologiens modernes, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui suscite dans les âmes de tous les hommes [de n’importe quelque religion] les pensées religieuses qu’ils peuvent avoir. 
La pensée de Dieu, l’élan vers Dieu, peut se réaliser par des fétiches, par des cérémonies païennes, même par des cérémonies criminelles, qui exigent le crime, peu importe, le seul fait que les hommes ont dans le tréfonds de leur âme la pensée de Dieu, cette pensée de Dieu, c’est Jésus-Christ qui la suscite, quelle que soit sa réalisation.

Il y aurait ainsi un « substratum religieux » dans chaque âme, suscité, prétend-on, par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mgr Lefebvre estimait qu’on a là « une inversion de la doctrine catholique » et qu’une telle doctrine est « blasphématoire », puisque Notre-Seigneur serait à l’origine de toutes les horreurs des fausses religions et des sectes.

En conclusion, les « hérésies du pape » sont sans doute bien graves, mais autrement grave est « la nouvelle religion » qui est imposée aux catholiques depuis cinquante ans et qui est la source de toutes ces erreurs.

Souhaitons que les auteurs de la « correction filiale » le comprennent, dénoncent cette « nouvelle religion » et ne cherchent pas un compromis avec elle [11].
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[1] Un site a été spécialement créé : correctiofilialis.org où l’on peut trouver ce texte en diverses langues.
[2] Une analyse de ce document a été faite par l’abbé Jean-Michel Gleize, Courrier de Rome n° 595 de janvier 2017 / La Porte Latine du 29 janvier 2017.
[3] Mgr Bernard Fellay supérieur de la Fraternité Saint-Pie X et Mgr René Henry Gracida ancien évêque de Corpus Christi, âgé de 94 ans.
[4] Décret de Gratien, Pars I, D 40, c. 6 : « Si papa suæ et fraternæ salutis negligens reprehenditur inutilis et remissus in operibus suis, et insuper a bono taciturnus, quod magis officit sibi et omnibus, nihilominus innumerabiles populos cateruatim secum ducit, primo mancipio gehennæ cum ipso plagis multis in eternum uapulaturus [ou : uapulaturos]. Huius culpas istic redarguere presumit mortalium nullus, quia cunctos ipse iudicaturus a nemine est iudicandus, nisi deprehendatur a fide deuius ; pro cuius perpetuo statu uniuersitas fidelium tanto instantius orat, quanto suam salutem post Deum ex illius incolumitate animaduertunt propensius pendere. »
[5] Sur cette question du pape hérétique, on peut se reporter à l’étude de l’abbé Gleize déjà mentionnée et à celle de Jean de Saint-Thomas O.P., « De la déposition du pape, parue dans Le Sel de la terre 90, automne 2014, p. 112.
[6] AL 295 : « Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la “loi de gradualité”, conscient que l’être humain “connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance”. Ce n’est pas une “gradualité de la loi”, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. » — AL 301 : « Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute. »
[7] AL 295 : « Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la “loi de gradualité”, conscient que l’être humain “connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance”. Ce n’est pas une “gradualité de la loi”, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. » — AL 301 : « Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute. »
[8] Rencontre informelle avec des jésuites de Colombie, le 10 septembre 2017, zenit.org
[9] Le Sel de la terre 90, automne 2014, p. 112. Voici un bref extrait : « Nous devons nous séparer des hérétiques selon Tt 3, 10 : “Écarte (devita) celui qui est hérétique, après un premier et un second avertissement”. Or, on ne doit pas éviter celui qui demeure dans le [souverain] pontificat, au contraire l’Église doit plutôt lui être unie comme à sa tête suprême et communiquer avec lui ; donc, si le pape est hérétique, soit l’Église doit communiquer avec lui, soit il doit être déposé du pontificat. »
[10] Cette conférence a été publiée partiellement sur internet. Voir par exemple : tradinews.blogspot.fr
[11] Comme exemple de compromis avec la nouvelle religion, on peut citer le Cœtus internationalis Summorum Pontificum qui a organisé un congrès pour le 10e anniversaire de Summorum Pontificum : « Le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, une nouvelle jeunesse pour l’Église ». Une relation assez favorable de ce congrès a paru sur le site de la Fraternité Saint-Pie X (Source : FSSPX/Italie - FSSPX.Actualités – 19/09/17). Cette relation contraste avec le jugement porté par Mgr Tissier de Mallerais sur ce motu proprio en 2013 : « La malice de la hiérarchie conciliaire est achevée par l’usage qu’elle fait du mensonge et de l’équivoque. Ainsi le motu proprio du pape Benoît XVI déclarant que la messe traditionnelle n’a jamais été supprimée et que sa célébration est libre, assortit cette liberté de conditions contraires à cette dernière, et va jusqu’à qualifier la messe authentique et sa contrefaçon moderniste de “formes extraordinaire et ordinaire du même rite romain” » (Le Sel de la terre 85 (été 2013), p. 15).

7 décembre 2017

[Abbé Bouchacourt, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] C'est le rôle de nos prieurés de rebâtir des chrétientés miniatures

SOURCE - Abbé Bouchacourt, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs - décembre 2017

Lors du discours inaugural de Monsieur Macron devant le Congrès réuni à Versailles le 3 juillet dernier, le président de la République prononça les paroles suivantes : (…) « Je crois à cet esprit des Lumières qui fait que notre objectif à la fin est bien l’autonomie de l’homme libre, conscient et critique ».

Ces paroles inspirées des officines maçonniques manifestent clairement les principes qui animent nos dirigeants et qui se trouvent être en opposition radicale avec la foi catholique qui nous anime, que nous voulons défendre et transmettre.

Le pape Pie XII avait mis en garde contre cette dérive mortifère :

« Il est une autre erreur non moins dangereuse pour le bien-être des nations et la prospérité de la grande société humaine (…), c’est l’erreur contenue dans les conceptions qui n’hésitent pas à délier l’autorité civile de toute espèce de dépendance à l’égard de l’Etre suprême, cause première et maître absolu, soit de l’homme soit de la société, et de tout lien avec la loi transcendante qui dérive de Dieu comme de sa première source. De telles conceptions accordent à l’autorité civile une faculté illimitée d’action, abandonnée aux ondes changeantes du libre arbitre ou aux seuls postulats d’exigences historiques contingentes et d’intérêts s’y rapportant.

L’autorité de Dieu et l’emprise de sa loi étant ainsi reniés, le pouvoir civil par une conséquence inéluctable, tend à s’attribuer cette autorité absolue qui n’appartient qu’au Créateur et Maître suprême et à se substituer au Tout-Puissant, en élevant l’État ou la collectivité à la dignité de la fin ultime de la vie, d’arbitre souverain de l’ordre moral et juridique, et en interdisant de ce fait tout appel aux principes de la raison naturelle et de la conscience chrétienne(1).

Ces lignes n’ont rien perdu de leur actualité. L’état s’affranchit de Dieu, et se fait dieu : Il décide de la vie et de la mort de chacun. Il tue l’enfant à naître avec l’avortement et décide de la mort de l’adulte en légalisant l’euthanasie. Il décide lui-même de la moralité des choses. Il veut s’affranchir de la loi naturelle et remplacer le Créateur en voulant imposer ces lois abjectes de la gestation pour autrui (GPA) et de la procréation médicalement assistée (PMA) qui  mettent l’enfant au même niveau qu’un animal de compagnie que l’on voudrait reproduire ou acheter selon ses caprices. Qu’importe que l’enfant n’ait pas de père ou de mère. « Un enfant quand je veux et comme je veux » ? Seule l’économie prime et motive les grandes décisions des grands de ce monde.

Comment ne pas être horrifié par ces autres paroles que le président de la République française prononça à propos de l’Afrique à Hambourg lors de la réunion du G20 : « quand des pays ont encore 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez penser y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien » ? Nos dirigeants cherchent à détruire tout ce qui a fait le socle de la chrétienté, à commencer par la famille : l’union des homosexuels a été légalisée et l’adoption des enfants par ces « couples » encouragée. Ils semblent voler de victoire en victoire sans rencontrer aucun obstacle. Comment expliquer cela ?

Le pape Pie XI donne une réponse fort pertinente :

« Il appartiendrait aux catholiques de préparer et de hâter par leur action ce retour (la royauté sociale du Cœur de Jésus), mais un bien grand nombre d'entre eux ne semblent pas tenir dans leur vie sociale leur place normale ni posséder l'autorité qui convient à ceux qui portent le flambeau de la vérité.

Il faut peut-être attribuer ce désavantage à la lenteur et à la timidité des bons qui s'abstiennent de résister ou résistent avec mollesse : les adversaires de l'Église en retirent nécessairement un surcroît de témérité et d'audace. Au contraire, que les fidèles comprennent tous qu'il leur faut lutter avec courage et toujours, sous le drapeau du Christ le Roi. Que le feu de l'apostolat les embrase, qu’ils travaillent à réconcilier avec leur Seigneur les âmes éloignées de lui ou ignorantes, et qu’ils s'efforcent de sauvegarder ses droits(2)».

Simone Veil, au lendemain du vote de la loi légalisant l’avortement, s’était étonnée de l’inertie des évêques français plus occupés à obtenir la sécurité sociale pour le clergé qu’à s’opposer fermement à la loi qu’elle défendait. Elle conclut sa réflexion en disant que si l’épiscopat français s’était opposé avec vigueur à son projet, la loi n’aurait pas été adoptée. Le cardinal Marty, ancien archevêque de Paris, avait déclaré laconiquement après le vote que « c’était un échec » ! Il faut aussi souligner qu’au moment du vote, les bancs de l’Assemblée nationale furent désertés par beaucoup de députés de droite qui eurent peur de s’opposer ouvertement à la légalisation de l’avortement. Cela confirme ce que disait saint Pie X : il y a deux hommes dans le député libéral : l’individu qui est catholique et le député qui est neutre. À cause de la lâcheté de tels hommes et tout particulièrement de la hiérarchie catholique,  la chrétienté ne cesse de se désagréger.

Seul un retour à Dieu peut nous sauver d’une situation qui paraît humainement désespérée.

C’est ce qu’affirmait notre vénéré fondateur Monseigneur Lefebvre :

« Si aujourd’hui les dirigeants de nos sociétés qui ont méconnu la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sont toujours à la recherche de solutions, de nouveaux plans, de nouvelles techniques, pour essayer de régler les problèmes de l'humanité, ils feraient bien de se souvenir qu'ils ont abandonné celui qui pouvait leur donner les solutions. Il n'y a aucun autre que Notre-Seigneur Jésus-Christ qui puisse nous apporter vraiment la solution de tous les problèmes de notre société. Il s'agit de rebâtir la civilisation chrétienne(3). »    

C’est le rôle de nos prieurés de rebâtir des chrétientés miniatures. Autour d’eux se regroupent de vaillantes familles nombreuses, se manifeste un magnifique dévouement, se lèvent une jeunesse ardente et de belles vocations religieuses et sacerdotales. Ce sont les fruits de la messe traditionnelle à laquelle nous sommes attachés de toutes les fibres de nos âmes. La tâche reste immense, surhumaine et pourtant nous devons garder l’Espérance chevillée à nos âmes. Dieu et sa Providence sont avec nous. Nous pouvons faire nôtres, ces mots d’un fameux général mexicain, chef des Cristeros : 

« Notre force est constituée par une petite armée, pauvre en équipement, mais riche en vertus militaires, qui lutte chaque jour avec plus de succès pour libérer le pays de la meute enragée qui le réduit en esclavage. Elle est la force d'un peuple entier décidé à reconquérir toutes ses libertés(4). »

Chers amis et fidèles bienfaiteurs, soyez remerciés de votre soutien si fidèle et si généreux surtout en ces temps si difficiles. Encore une fois, permettez-moi de vous redire combien nous avons besoin de vous pour développer la Tradition catholique dans notre pays et la faire rayonner. N’oublions jamais que « là où le péché abonde, la grâce surabonde(5) ».

Il est magnifique de voir combien le Bon Dieu bénit nos œuvres malgré les épreuves et les oppositions que nous pouvons rencontrer.  Ce rayonnement de nos œuvres, nous vous le devons. Sachez que dans chacune de nos maisons, quotidiennement, nous prions pour nos bienfaiteurs, demandant à Notre-Seigneur et à Notre-Dame de récompenser en grâces abondantes votre charité si fidèle.

Dieu vous bénisse.

Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la de la FSSPX

Sources : Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 86
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Notes

(1) Pie XII : encyclique Summi Pontificatus, pour la fête du Christ-Roi le 20 octobre 1939 
(2) Pie XI, encyclique Quas primas, du 11 décembre 1925 
(3) Mgr Lefebvre : Homélie à Ecône, le 31 octobre 1976 
(4) Général Enrique Gorostieta, lettre au comité directeur de la Ligue le 16 mai 1929 
(5) Saint Paul, Ro V, 20

4 décembre 2017

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Le Libéralisme est une Religion

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 2 décembre 2017

Notre Seigneur disait, “Dieu ou Mammon : au choix.”
Rome a choisi Mammon, et a perdu la Foi.

Le libéralisme est un péché : Non seulement le libéralisme est un péché grave qui atteint l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais c’est une religion. Nous mourons du libéralisme et de ses conséquences. Voilà deux siècles qu’il s’est répandu partout, dans nos écoles, dans nos sociétés. C’est un poison qui détruit les commandements de Dieu, tout ce qui fait la beauté et la grandeur de la civilisation chrétienne. Il est bon de le cerner, comme l’a fait Léon XIII à propos de la Franc-Maçonnerie, dans son encyclique “Humanum Genus“ : « Il faut leur arracher leur masque et les montrer tels qu’ils sont, pour que nous les évitions et que nous évitions leurs erreurs ». Je crois que le libéralisme est un fruit de la Franc-Maçonnerie et qu’il doit être démasqué de façon que l’on en saisisse tous les dangers.

Le libéralisme a sa déesse : c’est la liberté. Au moment de la Révolution française, on a adoré la déesse Raison dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’est-à-dire la liberté, la liberté de l’Homme, cette liberté qui a sa statue à l’entrée du port de New-York, que l’on a fêtée d’une manière incroyable il y a peu de temps. L’Homme est libre, enfin délivré de toute loi et en particulier de la loi de Dieu. La liberté c’est la déesse de la religion du libéralisme.

Le libéralisme a son sacerdoce, en la personne des francs-maçons, sacerdoce secret, organisé, extrêmement efficace. Il existe des milliers et des milliers de francs-maçons. Rien que la secte exclusivement juive des B’nai B’rith, qui a ses entrées à Rome de manière très fréquente et qui était présente à la réunion d’Assise, compte cinq cent mille membres dans le monde. Le Grand Orient est lui aussi répandu partout.

Le libéralisme a ses dogmes : ce sont les constitutions des Droits de l’Homme. Ces droits du libéralisme – les papes nous l’ont enseigné – ce sont les instruments inventés par la Franc-Maçonnerie contre Dieu, pour libérer l’homme de Dieu. Désormais l’homme est libre de pécher, de désobéir à Dieu . . . . Liberté, par exemple, la liberté de la presse . . . . Ce sont ces libertés inscrites dans les Droits de l’Homme, qui ont été condamnées par les papes pendant un siècle et demi.

Le libéralisme a sa morale qui est tout simplement l’immoralité : aucun frein à la liberté. Depuis vingt ans on a réussi à introduire dans presque toutes les législations des États, tous les principes qui vont à l’encontre de la morale catholique, comme l’avortement, l’union libre – le concubinage étant fiscalement favorisé.

Le libéralisme a sa politique : celle de la démocratie, la démocratie du nombre. C’est le peuple q ui – soi-disant – commande. Mais en fait il s’agit de mieux l’asservir, le dominer, le déposséder au profit d’un État omnipotent, d’un socialisme totalitaire qui peu à peu ruine le droit de propriété, qui fait travailler le citoyen pendant un tiers de l’année pour l’État. Les citoyens deviennent pratiquement esclaves de l’État totalitaire. Voilà la politique du Libéralisme, soi-disant liberté.

Le libéralisme a son enseignement : il veut qu’il soit athée, laïque et unique par toute la nation. En France, ce ne sont pas les évêques qui ont défendu la liberté d’enseignement, ce sont les familles. S’il n’y avait pas eu deux millions de personnes qui s’étaient rendues à Paris pour faire échec à la loi socialiste sur l’enseignement, il y aurait aujourd’hui, en France, un enseignement unique et l’enseignement privé aurait disparu.

Le libéralisme a son économie, dirigée par les groupements financiers internationaux. Dans la mesure où les États appliquent la morale libérale, l’économie libérale, l’enseignement libéral, les lois libérales, même s’ils contractent des dettes énormes, ils sont soutenus par le Fonds Monétaire International. En revanche, si les États résistent aux injonctions du libéralisme, leurs finances subissent des attaques qui, si possible, conduisent leur économie à la ruine. Le Vatican lui-même n’y a pas échappé : il a été ruiné par la finance internationale.[ . . . ] Les francs-maçons ont pénétré les finances pontificales. Ils ont conseillé le transfert des avoirs du Vatican au Canada, et la fortune du Vatican a disparu.[ . . . ] Évidemment, les francs-maçons se sont empressés et la finance internationale est intervenue : « Ne vous souciez pas, nous sommes là. Si vous avez besoin d’argent, en voici, tant que vous voudrez. Nous vous soutiendrons ». Ce soutien explique les pression s qui peuvent être exercées sur Rome pour la nomination des évêques, ou de tel ou tel cardinal, et puis pour imposer tout ce que fait le Pape. Il est pratiquement maintenant au service du libéralisme maçonnique. Il nous faut dire les choses comme elles sont.

Ainsi parlait Mgr Lefebvre à Barcelone en 1986. Faudrait-il aujourd’hui changer un seul mot ?

Kyrie eleison.

[Paix Liturgique] Dix fruits du Motu Proprio Summorum Pontificum

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 622 - 28 novembre 2017

Prieur du monastère de Silverstream, fondé en 2012 dans le Comté de Meath, en Irlande, le RP Mark Kirby tient un blog d'approfondissement spirituel sur lequel il a publié, à l'occasion des 10 ans de Summorum Pontificum, un bel article consacré aux fruits du motu proprio de Benoît XVI. Nous sommes heureux de vous proposer notre traduction de cet article, suivi des réflexions qu'il nous inspire.
I – L'ARTICLE DU RP MARK KIRBY
Summorum Pontificum est le plus grand don du pape Benoît XVI à l'Église. C'est un cadeau que certains ont reçu avec une joie immense et dont ils ont immédiatement commencé à tirer profit. D'autres, enracinés dans de vieux préjugés idéologiques, ont considéré ce cadeau avec suspicion et méfiance. D'autres encore, dix ans plus tard, ignorent encore tout de ce don. 

Pour moi, Summorum Pontificum a ouvert une porte sur l'immensité et la lumière d'une tradition liturgique plus profonde, plus élevée et plus vaste que tout ce que les livres liturgiques réformés, utilisés depuis près d'un demi-siècle, offraient. Je dis cela comme un homme qui, pendant plus de trois décennies, s'est dévoué aux rites réformés et a participé de tout son cœur à la réforme de la réforme, tant au niveau académique que pastoral. Toutefois, bien avant le 7 juillet 2007, j'en étais arrivé au constat que même les efforts les plus nobles déployés dans la réforme de la réforme n'avaient que peu de succès. Au moment où, fatigué et épuisé, je m'étais résigné à devoir passer le reste de ma vie dans une sorte d'impasse liturgique postconciliaire, une porte s'est ouverte devant moi. Cette porte était Summorum Pontificum. J'en ai franchi le seuil et me suis mis à avancer tout droit sans jamais me retourner. J'ai découvert à mon niveau la puissante vérité des mots adressés par Benoît XVI aux évêques de l'Église :
    
« Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l'Église, et de leur donner leur juste place. » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

En passant en revue les dix dernières années, je peux identifier au moins dix fruits de Summorum Pontificum. D'autres, en dressant le bilan de ces dix ans pourraient en indiquer d'autres. Ceux que je vois depuis mon propre jardin – qui demeure un hortus conclusus, compte tenu de son contexte monastique –, sont les suivants :


1) Une manifestation plus claire de la liturgie comme l'œuvre du Christ, Souverain Prêtre et Médiateur Éternel. J'ai longtemps soutenu que Sacrosanctum Concilium, la Constitution du Concile Vatican II sur la sainte Liturgie, devait être lue dans la continuité de l'encyclique Mediator Dei du vénérable Pie XII (20 novembre 1947), or le rétablissement de l'Usus Antiquior a bel et bien recentré l'expérience liturgique de nombreux clercs et laïcs sur la médiation sacerdotale de Jésus-Christ entre Dieu et les hommes.



2) L'ouverture, pour beaucoup d'âmes, d'un pont solide entre la célébration et la contemplation. Je ne suis pas le seul à reconnaître la qualité pénétrante de ce que saint Jean-Paul II appelait « le silence d'adoration » et que l'on observe avant, pendant et après les célébrations dans l'Usus Antiquior, surtout quand la richesse de ses ressources rituelles – chant, ordre hiératique et geste sacré – est entièrement déployée.Nous devons confesser que nous avons tous besoin de ce silence, rempli de la présence de celui qui est adoré : sur le plan théologique, afin d'exprimer pleinement l'aspiration à la sagesse et aux choses spirituelles de notre âme ; sur celui de la prière, afin de n'oublier jamais que voir Dieu signifie redescendre de la montagne avec un visage si radieux que nous sommes obligés de le couvrir d'un voile (Ex 34, 33), mais aussi que nos rassemblements doivent faire place à la présence de Dieu et éviter l'autocélébration ; et sur celui de la prédication pour nous éviter de croire qu'il suffit d'entasser mot sur mot pour attirer les gens à l'expérience de Dieu (Orientale Lumen, article 16).



3) Une transmission sereine et lucide de la doctrine de la foi. La solidité incontestable des rites traditionnels (lex orandi) est à la fois la plate-forme et l'articulation de la doctrine féconde et immuable de l'Église (lex credendi). Dégagé de la panoplie d'options qui caractérisent les rites réformés, l'Usus Antiquior permet de célébrer la liturgie sans avoir à la reconstruire, subjectivement et incessamment, par l'assemblage de parties interdépendantes.



4) Une appréciation renouvelée du lien entre le culte et la culture. Les cinquante dernières années ont souvent été marquées par une aliénation du patrimoine culturel de l'Église, notamment dans les domaines de la musique et de l'architecture. L'Usus Antiquior est de plus en plus, et notamment dans les communautés informées par le Mouvement liturgique classique, un lieu où, comme le disait le cardinal Joseph Ratzinger en 1985, « la beauté – et donc la vérité – est chez soi » (Entretien sur la Foi).



5) L'affirmation de la primauté de la latrie dans la vie de l'Église, suivant le principe de saint Benoît selon lequel « rien ne doit être préféré à l'œuvre de Dieu ». Il est immédiatement évident que l'Usus Antiquior, comme tous les anciens rites de l'Église, en Orient comme en Occident, est orienté sur le divin. Cela contraste fortement avec l'ars celebrandi de l'Usus Recentior et de la plupart des cultes protestants. Ceux-ci, en mettant l'accent sur le contenu didactique et moralisateur, sont orientés sur l'humain, et ceci à un moment de l'histoire où les hommes et les femmes de la génération millénaire cherchent sans cesse à « sortir d'eux-mêmes ». Pour de telles âmes, fatiguées d'un monde qui cherche à satisfaire leurs besoins et leurs appétits en perpétuelle évolution, non sans exiger d'exorbitantes contreparties en retour, les rites immuables de l'Usus Antiquior sont un port tranquille et reposant déjà éclairé par les premières lueurs de l'éternité. Le pape Benoît XVI aborde la question de manière incisive :

« Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, j'ai pris à nouveau conscience de la priorité de Dieu et de la liturgie divine. La mauvaise compréhension de la réforme liturgique qui s'est largement répandue dans l'Église catholique a conduit à mettre toujours plus au premier plan l'aspect de l'instruction et de notre activité et créativité propres. L'action humaine a presque fait oublier la présence de Dieu. Dans une telle situation, il devint toujours plus clair que l'existence de l'Église vit de la célébration juste de la liturgie et que l'Église est en danger lorsque le primat de Dieu n'apparaît plus dans la liturgie et, ainsi, dans la vie. La cause la plus profonde de la crise qui a bouleversé l'Église réside dans l'obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. » (Préface à l'édition russe du volume Théologie de la Liturgie des Opera Omnia de Joseph Ratzinger).

6) Un encouragement à la récupération et au renouveau de la vie monastique bénédictine dans le cœur de l'Église. Mon propre monastère, Silverstream Priory, a été fondé dans la grâce du pontificat du pape Benoît XVI, seulement un an après la promulgation de Summorum Pontificum. Lorsque Silverstream a été canoniquement érigé, début 2017, sa relation particulière à Summorum Pontificum a été du même coup reconnue et ratifiée. Dans les premiers paragraphes du motu proprio lui-même, le pape Benoît XVI a souligné la portée distinctement bénédictine de ce qu'il exposait :

« Parmi les Pontifes qui ont eu ce soin se distingue le nom de saint Grégoire le Grand qui fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l'Europe tant la foi catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains au cours des siècles précédents. Il ordonna de déterminer et de conserver la forme de la liturgie sacrée, aussi bien du Sacrifice de la Messe que de l'Office divin, telle qu'elle était célébrée à Rome. Il encouragea vivement les moines et les moniales qui, vivant sous la Règle de saint Benoît, firent partout resplendir par leur vie, en même temps que l'annonce de l'Évangile, cette très salutaire manière de vivre de la Règle, "à ne rien mettre au-dessus de l'œuvre de Dieu" (chap. 43). Ainsi, la liturgie selon les coutumes de Rome féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux peuples. C'est un fait en tout cas que la liturgie latine de l'Église sous ses diverses formes, au cours des siècles de l'ère chrétienne, a été un stimulant pour la vie spirituelle d'innombrables saints et qu'elle a affermi beaucoup de peuples par la religion et fécondé leur piété. »Ces dix dernières années ont vu la floraison de monastères bénédictins dédiés exclusivement à la célébration de la sainte liturgie sous sa forme traditionnelle. Et un nombre impressionnant de jeunes hommes en quête de Dieu emprunte leur chemin.


7) Joie et beauté apportées à la vie des familles catholiques. Mon expérience personnelle directe de ce fruit de Summorum Pontificum se limite aux jeunes familles qui fréquentent notre prieuré et à celles qui sont associées à notre communauté : soit parce que l'un des parents, ou les deux !, est un o, soit par la participation des enfants au scoutisme, soit parce que la découverte de l'Usus Antiquior a insufflé l'esprit de la liturgie à la piété des parents et à l'éducation des enfants. Il n'est pas rare de voir les enfants de ces familles, même les plus jeunes, totalement engagés dans l'action de la Sainte Messe et parfaitement familiers des fêtes et des saisons de l'année liturgique.



8) Un renouveau de la vraie piété sacerdotale. Silverstream Priory a à cœur les prêtres travaillant dans la vigne du Seigneur et, par conséquent, offre l'hospitalité à un flux régulier de clergé. La majorité de ces prêtres a en moyenne moins de quarante-cinq ans. Ceux qui n'offrent pas encore, quand c'est possible, la Sainte Messe dans l'Usus Antiquior sont désireux d'être instruits dans le rite traditionnel. Le témoignage de ces prêtres est impressionnant : l'accès à l'Usus Antiquior les a éveillés au mystère de la Sainte Messe, sacrifice véritable, et à leur propre participation à la médiation du Christ, « grand prêtre, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux » (Hébreux 7, 26). Une attention renouvelée à l'ensemble des signes sacrés qui constitue la liturgie et, en particulier, aux rubriques du Missel romain a, dans plus d'un cas, transformé la compréhension que le prêtre avait de qui se tient réellement à l'autel. Pour moi, il est évident que Summorum Pontificum a favorisé la mise en œuvre de ce que les Pères du Concile Vatican II ont cherché à promouvoir :« Les prêtres, séculiers ou religieux, déjà à l'œuvre dans la vigne du Seigneur, seront aidés par tous les moyens opportuns à comprendre toujours plus pleinement ce qu'ils accomplissent dans les fonctions sacrées, à vivre de la vie liturgique et à la partager avec les fidèles qui leur sont confiés. » (Sacrosanctum Concilium, article 18)



9) La naissance de nouvelles expressions de la vie consacrée qui trouvent leur source et leur sommet dans la liturgie traditionnelle, la Sainte Messe et l'Office Divin. Il est hors de portée de ces réflexions de dresser un catalogue des instituts et des communautés nouvelles qui attribuent leur naissance, directement ou indirectement, aux horizons ouverts par Summorum Pontificum. Certains d'entre eux s'identifient à la tradition des chanoines réguliers; d'autres s'engagent dans des œuvres missionnaires d'évangélisation et de miséricorde à la manière des sociétés de vie apostolique. Tous ont en commun une référence vivifiante à la liturgie traditionnelle permise par les dispositions de Summorum Pontificum.



10) Un souffle d'espoir et, pour les jeunes, l'expérience d'une beauté qui rend la sainteté de la vie envoûtante et attirante. Le pape Benoît XVI a reconnu, dans sa Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio, que bien des jeunes gens trouvent dans la liturgie traditionnelle un saint enchantement qui les attire profondément dans l'action sacerdotale du Christ et dans la vie de l'Église. Le pape a écrit :« Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l'usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entretemps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. »
L'expérience de l'Usus Antiquior comme forme habituelle de culte et d'expression de la vie sacramentelle a surpris les jeunes catholiques par une rencontre assez semblable à celle qui changea jadis la vie de saint Augustin : la découverte d'une beauté si ancienne, si nouvelle. Je suis moi aussi surpris d'entendre aujourd'hui sur les lèvres de la génération montante les mots mêmes que, avec une sainte appréhension et une joie secrète, j'ai pour ma part mémorisés il y a plus de soixante ans : Introibo ad altare Dei, ad Deum qui lætificat juventutem meam [Je m'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu, jusqu'au Dieu qui réjouit ma jeunesse] (Ps 42, 4).
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) Cistercien, le RP Mark Kirby se sentit appelé en 2005, à une vocation particulière : celle de vivre la règle bénédictine en adoration devant le Très Saint Sacrement, « en esprit de réparation et d'intercession pour la sanctification des prêtres ». Sous la protection de l'évêque de Tulsa, dans l'Oklahoma, Mgr Slattery, il commença dans ce diocèse une œuvre qu'il transféra en 2012 en Irlande, à quelques kilomètres au nord de Dublin. En février 2017, Mgr Michael Smith, évêque de Meath, a signé le décret de reconnaissance canonique du monastère, une première depuis... la Réforme ! Encouragé par le motu proprio de Benoît XVI, le RP Kirby a, comme il ressort de son témoignage, adopté la forme extraordinaire du rite romain comme forme liturgique pour sa communauté.

2) Très intéressantes sont les réflexions que le RP Mark Kirby fait sur l'interprétation de la constitution conciliaire sur la liturgie à la lumière de la tradition : « J'ai longtemps soutenu que Sacrosanctum Concilium, la Constitution du Concile Vatican II sur la sainte Liturgie, devait être lue dans la continuité de l'encycliqueMediator Dei du vénérable Pie XII (20 novembre 1947) », écrit-il. Et il ajoute que le rétablissement de l'Usus Antiquior l'a réalisé. On peut certes discuter de la pertinence du jugement historique : Sacrosanctum Concilium s'est abstenu de toute référence explicite à Mediator Dei, et le climat des discussions du schéma était tout le contraire de celui qui prévalait sous Pie XII. Mais il est vrai que l'intention de Summorum Pontificum est d'appliquer une grille de lecture en ce sens de Sacrosanctum Concilium. Plus largement, avec Summorum Pontificum, Benoît XVI « montre ce qu'a été pour lui la compréhension du concile Vatican II », disait le cardinal Burke dans l'entretien-préface à son livre La sainte Eucharistie, sacrement de l'amour divin(Via Romana, 2016).

3) Dom Jean Pateau, abbé de Fontgombault, disait, lors du colloque romain marquant les 10 ans du motu proprio : « Le 7 juillet 2007, le motu proprio Summorum Pontificum rendit son entier droit de Cité au missel de 1962. S'il ne fut pas à l'abbaye l'occasion de retrouvailles, déjà anticipées depuis plus de 20 ans, il augmenta la dévotion filiale et la gratitude des moines à l'égard de la Mère Église et envers Benoît XVI. Depuis cette date, une centaine de prêtres dont la moyenne d'âge est aux alentours de 30-40 ans, désireux d'apprendre à célébrer dans la forme extraordinaire, sont passés à l'abbaye. Envoyés par leur évêque en vue d'un ministère spécifique, venus d'eux-mêmes afin de répondre à des demandes de fidèles, ou simplement désireux de célébrer en privé cette forme vénérable afin de profiter de sa spiritualité, ils achèvent leur séjour avec la conviction d'avoir découvert un trésor. Les difficultés rencontrées tiennent à l'usage de la langue latine et à une prise de conscience d'une "conversion" à opérer dans la manière de célébrer sur laquelle nous reviendrons plus tard ». Ce témoignage est l'écho exact des propos du RP Mark Kirby et illustre parfaitement le soutien puissant que les monastères traditionnels offrent au clergé séculier.

4) En 2012, lors de l'ultime Fête-Dieu qu'il a célébrée en tant que Souverain Pontife, Benoît XVI avait tenu à rappeler dans son homélie l'importance de l'adoration du Très Saint Sacrement, qu'une « interprétation unilatérale du concile Vatican II avait pénalisée ». Pour Benoît XVI, « le culte du Saint Sacrement constitue comme le "milieu" spirituel dans lequel la communauté peut célébrer l'Eucharistie d'une manière juste et vraie. C'est seulement lorsqu'elle est précédée, accompagnée et suivie de cette attitude intérieure de foi et d'adoration que l'action liturgique peut exprimer toute sa signification et sa valeur. La rencontre avec Jésus dans la Messe se réalise vraiment et pleinement lorsque la communauté est en mesure de reconnaître que, dans le Sacrement, il habite dans sa maison, nous attend, nous invite à sa table, et puis, après que l'assemblée s'est dispersée, qu'il reste avec nous, par sa présence discrète et silencieuse, et nous accompagne de son intercession, en continuant à recueillir nos sacrifices spirituels et à les offrir au Père ». À Silverstream, le RP Mark Kirby et ses moines ont tout naturellement choisi de vivre cette adoration dans la forme extraordinaire du rite romain, dans la fidélité, comme l'écrit le RP Kirby, à « une tradition liturgique plus profonde, plus élevée et plus vaste que tout ce que les livres liturgiques réformés, utilisés depuis près d'un demi-siècle, offraient ».

3 décembre 2017

[Abbé Xavier Beauvais fsspx - L'Acampado] Vivre c'est agir

SOURCE - Abbé Xavier Beauvais fsspx - L'Acampado - décembre 2017

L’action est un besoin de tous les êtres humains, et c’est pour l’homme, un devoir.
    
Dieu nous a créés pour agir, comme pour penser et pour aimer. C’est par l’action que l’homme conquiert sa personnalité et exerce sur les autres, une profonde influence.
 
Sur le plan social, l’action commande tout. Vivre: c’est agir. Il est donc important d’analyser les principes de l’action.
    
Dans toute action humaine, on trouve 3 éléments essentiels
  • une pensée directrice,
  • une volonté de réalisation,
  • une exécution.
La pensée d’abord, est à l’origine de tout. Elle inspire l’idéal, le but à poursuivre, les moyens d’y parvenir. Il faut penser l’action avant de la réaliser. D'où l’importance des idées claires, du sens réaliste des choses, d’une vue supérieure des hommes et des événements. La pensée est donc directrice de l’action.
    
Mais la pensée ne suffit pas. Il faut vouloir. Ce rôle de la volonté est capital, car elle seule, s’attache avec obstination au but entrevu et déclenche tout le mouvement des facultés d’exécution. L’homme d’action est puissant s’il a en lui une force de volonté.
    
Enfin, il doit posséder quelques qualités pratiques, d’organisation, du savoir-faire, savoir utiliser les
circonstances, tout cela est requis pour une bonne exécution de l’œuvre pensée et voulue. Donc trois
éléments constituent l’action : savoir, vouloir, pouvoir.
    
Or, on retrouve ces trois mêmes éléments sur le plan surnaturel. Saint Paul, un des hommes d’action les plus puissants de tous les temps -il suffit de voir le récit de ses voyages apostoliques- a posé les principes de base d’une véritable mystique de l’action
   
« La foi qui travaille sous l’impulsion de l’amour de Dieu ».    
    
Chez le chrétien, la foi trace l’idéal et, par l’intermédiaire de la vertu de prudence, précise les moyens pratiques de réalisation.
    
L’action du chrétien se déploie sous la lumière de l’Evangile, face à Dieu.
   
Ce n’est pas un monde humain que l’Evangile nous demande de bâtir, mais la cité de Dieu.
   
La foi nous révèle la splendeur de cette cité de Dieu, elle nous en découvre les matériaux.
   
Il ne s’agit pas de conception purement temporelle. L’intelligence chrétienne se meut dans l’invisible et elle saisit, par-delà les apparences, tout un univers supérieur, éternel et divin.
   
Il appartient à la foi de nous révéler et de découvrir les moyens de réalisation. Le laïcisme a voulu reléguer l’Eglise dans sa sacristie. Le catholicisme, à l’invitation de Notre Seigneur nous invite à aller évangéliser toutes les nations, c’est-à-dire nous invite à tout pénétrer, à tout restaurer dans le Christ, c’est-à-dire à rendre à l’intelligence moderne le sens de Dieu, que ce soit dans l’art, dans la politique, dans la pédagogie, etc.
   
Un second principe commande l’action du chrétien : l’amour. La foi doit s’épanouir dans la charité. Rien de grand ne se fait sans amour. Les résolutions héroïques ont toujours jailli du cœur. La première qualité d’un homme d’action est une volonté ardente de servir, qui le pousse, à l’oubli de soi, au service des autres.
   
La volonté de l’homme d’action doit rester inflexible. Le chrétien n’est pas un être «dévirilisé», lui qui appartient à une Eglise de martyrs, donc, plus que jamais le monde actuel attend de lui un christianisme de choc.
   
La volonté de l’homme d’action doit demeurer confiante.
    
Rien n’est dissolvant comme le pessimisme. La pusillanimité paralyse l’action. Un chrétien va toujours de l’avant, confiant en Dieu.
    
Qu’importent les difficultés, les combats, les échecs?
    
Que pouvons-nous craindre ? Dieu est avec nous, Jésus-Christ est avec nous. Nous disposons, par la prière, de la Toute -Puissance de Dieu. Nous savons que les forces du mal ne prévaudront jamais contre l’Eglise.
   
«Ayez confiance, dit Notre Seigneur, j’ai vaincu le monde».
     
Enfin, notre volonté, engagée dans l’action, doit se montrer persévérante. On ne devient pas saint en 8 jours. Les œuvres de Dieu exigent le labeur de toute une vie, et rien n’aboutit sans effort continu.
   
«Victoire égale volonté» disait le Maréchal Foch. Et quel incomparable modèle de force chrétienne nous fournit une sainte Jeanne d’Arc, dont la mission consiste à sauver un pays envahi par l’ennemi, divisé et ruiné. Elle va de l’avant :
    
«Nous bataillerons et Dieu donnera la victoire».
    
La force persévérante chez un homme d’action peut beaucoup.
    
Si la foi dirige l’action, si l’amour inspire l’action, il reste à la réaliser. L’action exige le don de soi.
    
L’efficacité pratique dépend de multiples facteurs, les uns extérieurs, souvent indépendants de nous, les autres mesurés par nos possibilités personnelles. Nous ne pouvons pas tous accomplir la même tâche. Il faut consulter loyalement nos forces, prendre conscience de nos aptitudes et de nos limites.
   
A chacun sa place. Dieu distribue ses dons comme Il lui plait, en vue du bien de tous. Mais il dépend de nous de les faire fructifier, comme nous le rappelle la parabole des talents.
   
Il faut savoir aussi, unir nos efforts pour accomplir une œuvre commune. Unir nos efforts, par exemple, dans cette crise de l’Eglise, à ceux qui vraiment mènent le même combat.
    
Voilà exposés les principes d’action. Mais ces mêmes principes d’action en signalent les possibilités de déviation, dans l’intelligence, dans la volonté, dans l’exécution.
    
Sur le plan surnaturel, le premier danger qui la guette, c’est le manque d’esprit de foi que l’incrédulité
du monde moderne nous fait respirer. Il y a là pour notre intelligence de catholiques, un grand danger de déviation dans nos jugements. Nous risquons de ne plus savoir apprécier les personnes et les évènements à la pure lumière de la foi.
    
C’est la disparition du sens chrétien. Par suite, notre activité n’a plus le sens de l’éternel et du divin. On se traîne dans un naturalisme pratique.
    
Un autre écueil nous menace : le manque de formation, le manque de connaissances religieuses qui
pourtant sont directrices de l’action.
    
Quel décalage abyssal, trouve-t-on parfois chez des hommes d’action, entre le degré de culture religieuse et profane ! Une formation profonde s’impose à tout catholique. L’Eglise se trouve en face d’un monde apostat et païen. Des militants, très catholiques comme vous, ne peuvent ignorer ce qu’est l’Eglise, sa hiérarchie, son sacerdoce, ses dogmes fondamen taux, ses sacrements, sa vie liturgique, les principes de sa doctrine sociale et politique, les points précis d’application de la morale professionnelle. L’ignorance est le plus grand obstacle à toute restauration dans le Christ.
    
Combien attendent sans doute que vous leur découvriez l’Evangile. Dans tous les domaines de la pensée et de l’action, l’intelligence moderne souffre pardessus tout de l’absence de Dieu.
    
Un autre danger menace l’action : l’égoïsme qui paralyse la volonté et brise son élan, qui arrête le rayonnement de l’Eglise dans le monde.
    
L’égoïste dans ce domaine est celui qui vit replié sur soi, sans autre horizon que ses intérêts personnels. C’est le sens de la charité fraternelle qui va à son encontre.
    
Enfin, l’autre danger qui menace l’action, à la fois dans ses sources profondes et dans ses réalisations extérieures, c’est l’activisme : la prédominance indiscrète et incontrôlée de l’activité apparente au détriment des valeurs supérieures de l’âme, ce que Pie XII appelait « L’hérésie de l’action ».
    
Combien en a-t-on vu dans l’histoire de la société, dans l’histoire de l’Eglise, dans l’histoire de cette crise de l’Eglise qui, après s’être donnés à l’excès, connurent bientôt des heures de crise, de lassitude, finalement de dégoût et même de révolte. Pour combien, le résultat final fut un échec cuisant? Les Papes dans l’Eglise ont multiplié avec insistance, leurs aver tissements sur la nécessité d’une formation intellectuelle et spirituelle, recommandant aux hommes d’action, une vie profondément chrétienne de foi et d’amour à la base de leurs activités. La sainteté personnelle restera toujours l’âme de l’apostolat. C’est la loi la plus foncière de l’Evangile.
    
« Demeurez dans mon amour. Sans moi, vous ne pouvez rien».
    
Sans vie intérieure, l’action devient de l’agitation. On s’imagine faire merveille, mais en réalité on s’appauvrit et on court souvent soi-même les pires dangers. Malheur donc à l’action qui ne jaillit pas d’une profonde vie d’amour de Dieu. Quel est donc le levier suprême de toute action féconde ? Le contact avec Dieu. Etre un homme de prière, mais de prière qui nous fait agir.
    
Enfin, les dangers de l’action ne doivent pas cependant nous en faire oublier la grandeur. L’action est une source merveilleuse d’enrichissement et un des moyens les plus rapides pour forger une personnalité. L’exercice continuel de toutes nos facultés, le contrôle méthodique de nos actes, la lutte constante contre les difficultés, la joie de la réussite, la prise de conscience de nos déficiences, de nos limites, mais aussi de notre valeur - sans orgueil -, opèrent en nous un magnifique épanouissement.
    
L’action peut être une école de sainteté, car elle requiert un perpétuel dépassement de soi. Comme la vie contempla tive mais d’une autre manière, l’action exige pour s’épanouir telles les lois propres de sa perfection, l’exercice constant des plus hautes vertus chrétiennes.
    
Elle s’enracine en tous ses actes dans une foi vive, norme de l’action. Elle s’appuie sur Dieu, par une confiance qui grandit avec les difficultés au-delà de tous
les secours humains.
    
L’action exige surtout l’amour le plus pur, le plus désintéressé, celui qui ne vise que la gloire du Père et la conformité à Sa volonté par le don total.
    
Et ainsi de toutes les vertus.
    
Le christianisme possède tout ce qui peut garder les âmes fidèles à l’Amour, au milieu des activités les plus débordantes, sous la motion de plus en plus constante et dominatrice de l’Esprit Saint.
    
Retenez encore ce que saint Paul exprime aux Galates dans une brève et dense formule :
    
« Une foi ardente qui s’épanouit dans le don de soi, sous l’impulsion de la charité ».
    
En clair, des âmes qui brûlent ...
(d’après mes notes de lectures)