31 décembre 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Quinze Pays

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 31 décembre 2016

La « Résistance » ? Quoi ? Des semailles, pas plus.
Mais très riche moisson, quand Dieu aura voulu.

Le dernier jour de l’année peut être un bon moment pour survoler le champ de bataille du combat de la Foi dans 15 différents pays visités par l’auteur de ce « Commentaire » au cours de l’année 2016. C’est un combat à mener dans des conditions bien difficiles, parce que l’Église catholique comme n’importe quelle organisation humaine dépend de son chef, et le Pape François durant toute cette année a donné l’impression qu’il veut détruire l’Église bimillénaire pour la remplacer par n’importe quoi qui plaise aux foules modernes, c’est-à-dire aux médias, c’est-à-dire aux ennemis de Dieu. En vérité, « Le Pasteur est frappé et les brebis sont dispersées », ce qui inclut actuellement la direction de la Fraternité St Pie X. Mais évoquons plutôt comment de pierres le Bon Dieu suscite dans le monde entier des fils à Abraham (Mt. III, 9), car si ceux-ci se taisaient les pierres mêmes devraient crier (Lc. XIX, 40).

Aux Indes, un ancien prêtre de la Fraternité et un ancien séminariste ordonné prêtre depuis, maintiennent l’unique prieuré et paroisse « Résistante » dans tout le sous-continent. Que Dieu soit avec eux. Au Brésil il semblerait que le sacre épiscopal de Mgr. Thomas d’Aquin ait bien fortifié la défense de la Foi autour de son Monastère. Que Dieu en soit remercié. Le Mexique a toujours été fort dans la Foi, et il est actuellement la base de l’excellent site internet en espagnol, Non Possumus. En Suisse un petit groupe de laïcs est content à l’ombre d’Écône d’entendre des choses qui ne s’entendent plus si souvent au Séminaire lui-même depuis le temps où Mgr Lefebvre y a donné tant à tant d’entre nous. Aux États-Unis, où la Fraternité avait réussi à réimplanter la doctrine anti-libérale de l’Église dans tout le continent, le libéralisme reprend le terrain perdu, grâce au désastreux changement de cap de la Fraternité depuis la mort de Monseigneur. Mais les prêtres du District n’ont pas encore dit leur dernier mot, et parmi eux l’abbé Zendejas, autrefois de leur nombre, travaille courageusement à reconstruire.

Deux autres prêtres autrefois de la Fraternité, les abbés Chazal et Picot, voyagent dans tout l’Orient, y compris en Australie et en Nouvelle Zélande. En Corée du Sud une chapelle Résistante est maintenue dans la capitale, Séoul, par une courageuse convertie. Au Japon les Catholiques ont été décimés par la Deuxième Guerre mondiale, Vatican II et maintenant la glissade de la Fraternité, mais il reste quelques contacts Résistants, y compris un vieux prêtre japonais. Par contre dans le pays le plus catholique d’Asie, les Philippines, l’abbé Chazal administre des douzaines de centres de Messe et un séminaire qu’il sera bien plus facile à servir depuis la récente ordination sacerdotale de l’abbé Jean, né aux Philippines.

En Europe, l’ Irlande a un nouveau prieuré de la Résistance au Sud proche de Cork, et la Pologne a un groupe de Catholiques qui ouvrent les yeux à la glissade dangereuse de la Fraternité vers Rome, mais pour le moment ils n’ont qu’un seul vieux prêtre polonais pour les desservir. Patience. Dans la République tchèque il y a un groupe parallèle de Catholiques dont la foi est forte, et qui mettent leur espérance en des prêtres qui reviennent du Novus Ordo à la Tradition. En Belgique aussi il y a un bon groupe en province qui remonte à un prêtre fidèle qui a laissé derrière lui il y a des dizaines d’années un legs de conviction et piété catholiques. En Allemagne la Résistance décolle lentement à cause d’une obéissance instinctive envers toute autorité, mais cela commence à bouger. En Italie de même le début de la Résistance est lent parce que le conservatisme des Catholiques y a fait que la Révolution Conciliaire n’a point fait rage comme dans les pays du Rhin, par exemple. Mais laissons faire le Pape François !

Et enfin il y a la France qui mène toujours dans l’Église, en bien ou en mal, par exemple par un Mgr Lefebvre ou par un Teilhard de Chardin. Les prêtres français ont toujours été les plus nombreux dans la Fraternité, et ils le sont maintenant dans la Résistance, et des centaines de laïcs français aujourd’hui viennent assister à des conférences régulières sur la doctrine anti-libérale des Papes pré-conciliaires. Mais la France comme pays se disloque actuellement, parce que les Catholiques n’ont pas de bon Pape pour les unir, et les citoyens n’ont pas de Roi catholique pour les rassembler autour de la cause de Dieu. Patience. Dieu va relever la France, et nous tous avec elle.

Kyrie eleison.

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter] Nécessité de l'autorité

SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter - novembre-décembre 2016

Selon la philosophie politique, une cause essentielle de toute société est « l'unité sociale », c'est-à-dire le fait d'avoir une action commune. Or le principe de cette unité sociale est l'autorité. En effet, un membre d'une société quelconque poursuit spontanément ses buts personnels. Si chacun était laissé à sa volonté propre, il n'y aurait aucune action commune. Le propre de l'autorité, au contraire, est de déterminer l'action commune à laquelle chacun participera, permettant aux membres de « faire société ».
  
Le rappel de ces principes nous fait comprendre que la déliquescence de l'autorité constitue un problème pour une société. Et que cela devient un drame majeur lorsque cette éclipse de l'autorité atteint les sociétés qui construisent l'être humain, principalement la famille, la Cité et l'Église.
  
Or, c'est malheureusement ce que nous vivons aujourd'hui. Nous subissons la ruine de l'autorité : les chefs renoncent à commander, les sujets refusent d'obéir. Dans la famille, les parents démissionnent tandis que leurs enfants contestent. Dans les associations civiles, les entreprises, personne ne veut obtempérer s'il n'a examiné auparavant l'ordre donné, tandis que les chefs évitent de commander et « ouvrent le parapluie ». Dans la Cité, les élus sont à la remorque des électeurs, tandis que ces derniers se rebellent à tout instant.
  
Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.
  
Les conséquences de cette destruction de l'autorité sont terribles. D'abord, puisque l'autorité est la cause de l'unité sociale, l'absence d'une autorité claire et ferme engendre le fractionnement de la société. Chacun « fait ses petites affaires » dans son coin, tandis que le bien proprement commun est négligé voire contredit.
  
Ensuite, cela crée un trouble profond dans la société. Le 13 juin 1849, le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte proclamait : « Il est temps que les bons se rassurent et que les méchants tremblent. » Quoi qu'il en soit du futur « Empereur des Français », ce slogan décrit l'ordre normal d'une société. Au contraire, lorsque l'autorité se délite, la situation inverse s'installe : les méchants prennent de l'assurance dans leurs méfaits, tandis que les bons se découragent et se mettent à craindre. Pis que cela, cet affaiblissement de l'autorité bloque la société, car les hommes moyens, ni bons ni mauvais pourrait- on dire, du fait qu'ils ne sont plus dirigés, tombent dans la négligence. L'activité de toute la société ralentit, l'inertie (symptôme de mort) gagne progressivement.
  
Finalement, en raison des conséquences du péché originel, l'homme qui ne sent plus au-dessus de sa tête le regard d'un chef aussi juste que vigilant se laisse aller, et il tombe progressivement dans des fautes dont une autorité digne de ce nom l'aurait préservé. Saint Thomas d'Aquin, parlant de la désobéissance, note d'ailleurs en substance (Somme théologique ii-ii, q. 105, a. 2) que le précepte de l'autorité est un grand obstacle au péché.
  
Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16)
Ne nous laissons donc pas emporter par cette vague de mépris et de contestation de l'autorité. Ce n'est pas un esprit catholique. L'esprit catholique, au contraire, est, chez les sujets, une disposition de profonde obéissance aux supérieurs légitimes agissant légitimement, et ceci par imitation du Christ obéissant jusqu'à la mort, comme par soumission à Dieu car « toute autorité vient de Dieu » (Rm 13, 1-7).
Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5).
  
Prions donc pour obtenir du Ciel des élites dignes de ce nom, de vrais chefs capables de prendre leurs responsabilités et d'exercer avec justice et force leur autorité dans la Cité et dans l'Église, pour le bien de tous et la gloire du Seigneur.

[Abbé Bouchacourt, fsspx - Fideliter] Le District de France : 40 ans déjà!


SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter - Propos recueillis par l'abbé Philippe Toulza - novembre-décembre 2016

Voici donc quarante années que le district existe. Quelle est votre première réflexion à cette occasion?
C'est d'abord l'action de grâces, tout d'abord pour l'impulsion donnée par notre fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, au moment de l'été « chaud », en 1976, et la messe de Lille… tout est parti de là. Nous remercions le bon Dieu pour la Fraternité qui n'a cessé de se consolider par la suite, dans un monde qui se déchristianisait et qui apostasie. Nous remercions également le Ciel pour toutes les bénédictions qu'il a versées sur nous pendant ces quatre décennies.

Rien n'aurait été possible sans ces anciens, prêtres amis, fidèles, associations de laïcs. En particulier, il ne faut pas oublier ces prêtres qui, dans toutes les régions de France, ont énormément souffert, pendant le concile Vatican II, et ensuite des ravages du modernisme. Ici et là, prêtres et fidèles ont d'abord maintenu la Tradition localement. Puis la Fraternité est arrivée, elle a trouvé grâce à eux un terrain favorable, ils l'ont soutenue. De nombreuses vocations sont venues de ces familles.
Quels progrès majeurs peut-on retenir de ces quarante années d'apostolat ?
Je dirai : la pénétration en France du catholicisme traditionnel par capillarité. En effet, le tissu chrétien s'était déchiré avec le concile. Par le biais de la Tradition, il se reconstitue doucement.

Ce qui est très beau, ce sont d'abord les familles. Les parents accueillent généreusement les enfants que le bon Dieu leur envoie, font de gros sacrifices pour l'éducation de leurs enfants. Peu à peu des foyers authentiquement catholiques se recréent, d'où sortent d'autres foyers, ainsi que des vocations religieuses et sacerdotales. Les parents reprennent le combat de ceux qui les ont précédés.

Les écoles ont également beaucoup fait progresser la reconquête : écoles de la Fraternité Saint-Pie X, cours des dominicaines enseignantes, etc., qui sont indispensables pour retisser la chrétienté, pour reconstituer, de concert avec les parents, une petite élite catholique qui se met à rayonner dans la société, dans les métiers (artisans, ouvriers, professions diverses). Monsieur Adrien Bourdoise, fondateur du séminaire de Saint-Nicolas-du- Chardonnet à Paris, disait que les écoles sont le « noviciat du christianisme ».

C'est cela, la reconstitution par capillarité. Ces petites lumières brillent dans l'obscurité, ravivent l'espérance. Bien entendu, le district a connu l'épreuve, d'autant plus que l'Église subit une tempête sans précédent, et comme nous sommes dans l'Église, nous sommes aussi dans la tempête. Parmi les épreuves, il y a par exemple la douleur de voir le départ de certains confrères. Sur une ligne de crête, certains glissent à droite, d'autres à gauche. Et nous avons une pensée et une prière pour tous les membres de la Fraternité qui sont décédés.

L'histoire de la Fraternité est un chapelet d'épreuves, il en est évidemment de même pour le district de France. Mais notre communauté est toujours sortie renforcée de ces peines.
Quelle est la mission propre à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ?
Bien avant le début de la crise dans l'Église, Mgr Marcel Lefebvre avait souhaité fonder une oeuvre pour la formation et la sanctification des prêtres. Cependant, après le concile Vatican II, lorsque la messe et le sacerdoce ont été mis en péril, il a été conduit à fonder cette oeuvre, afin de maintenir le sacerdoce et la messe traditionnels.

On peut dire donc que c'est à l'occasion de la crise que la Fraternité est née, mais pas d'abord afin de s'opposer à cette crise. Sa fin première est la sanctification du sacerdoce. Toutefois, parce que cette sanctification est empêchée par les méfaits postconciliaires, et à cause des mauvaises nouveautés, la résistance au modernisme s'est trouvée au coeur de la Fraternité et y demeure encore aujourd'hui.

Les séminaires dans les diocèses se vident. On voit ainsi que le concile a atteint l'Église au plus profond. Mais dans nos maisons de formation, les vocations continuent d'entrer. C'est un « miracle » de la grâce que ces jeunes quittent un monde comme le nôtre pour se donner ainsi à Dieu. Il faut rendre grâces pour cela. De la sanctification des prêtres découle la qualité des âmes qui viennent à eux, et la valeur de notre pays.

Les séminaires, dans la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, ne dépendent pas du supérieur du district où ils se trouvent. Ils sont internationaux et dépendent de la Maison Générale. Cependant, beaucoup de séminaristes, dans notre séminaire de Flavigny-sur-Ozerain, sont français. Pour un supérieur de district de France, Flavigny est comme « la prunelle de ses yeux ». C'était pareil en Argentine, où j'ai été supérieur de district auparavant : il y avait un séminaire près de Buenos Aires, et comme supérieur de district je m'y intéressais beaucoup, pour les mêmes raisons. Un séminaire, c'est, pour un district, le signe de l'espérance.
Au sein de la Fraternité, ce district a-t-il une physionomie particulière ?
Aucun district ne ressemble tout à fait à un autre. Clovis a été baptisé par saint Rémi. La France a une physionomie et une mission particulières dans l'Église : elle est comme sa « fille aînée ». Alors bien sûr le district a aussi une physionomie particulière. On peut déjà remarquer que la résistance aux réformes est partie de la France. Du reste, notre fondateur était français. Parmi les premiers prêtres de la Fraternité, beaucoup sont français. Et c'est en France que la réaction contre Vatican II a été la plus vive et la plus forte.

C'est un fait que, à l'étranger, en Amérique du Sud par exemple, on regarde la vie de la Tradition en France, on s'intéresse à ce qui s'y passe et à ce qui en sort.
Pourriez-vous nous présenter le district en quelques mots ?
C'est comme un magnifique navire, qui va au grand large, à la conquête des âmes, pour les donner à Dieu. D'ardents soldats travaillent sur le pont. Il compte environ 160 prêtres, un peu plus de 30 frères. Nos frères sont les auxiliaires des prêtres et travaillent avec une générosité admirable. Le district est aussi riche d'une quinzaine d'oblates qui aident nos prêtres dans la discrétion. Et puis voici la cohorte des membres du Tiers-Ordre, qui sont environ 600. Ces fidèles vivent dans le monde mais prient pour nos prêtres, offrent leur vie, leurs devoirs d'État pour la sanctification de leurs pasteurs. Ils participent aux biens spirituels de notre famille.

Les premières associées du district, ce sont les Soeurs de la Fraternité qui sont attachées à nos prieurés, à nos écoles, à nos maisons en général. Cette congrégation représente une magnifique aide pour nos prêtres. Elles sont un peu l'âme de nos établissements, elles prient pour nous, participent à notre apostolat, nous soulagent des tâches matérielles aussi.

Parmi les communautés religieuses distinctes de la Fraternité proprement dites mais qui sont nos amies, je veux citer en particulier les communautés contemplatives ou semi-contemplatives. Elles ont un rôle capital mais caché. Monseigneur Lefebvre, partout où il a été évêque « ordinaire », a voulu des communautés contemplatives pour attirer les grâces sur son diocèse. Au risque d'en oublier, je citerais les carmélites, les clarisses, les dominicaines contemplatives, les bénédictines, et aussi le Trévoux.

Et je ne parle pas des autres communautés : communautés religieuses féminines actives (dominicaines enseignantes, Soeurs de Saint-Jean-Baptiste dites « du Rafflay », religieuses de Mérigny) et les communautés masculines qui marchent dans le même sens que nous, à Morgon, Bellaigue, Mérigny, Caussade, et celles que, peut-être, hélas j'oublie.
Il y a aussi les oeuvres pour les fidèles ?
Effectivement, il ne faut pas oublier les multiples oeuvres apostoliques qui se développent dans le district (Croisade Eucharistique, scouts, MJCF, confréries, conférence de Saint-Vincent-de-Paul, Milice de Marie, Milice de l'Immaculée…)

On peut mentionner aussi les grands rendez-vous annuels de notre district. Ils sont des occasions d'apostolat, mais manifestent aussi la vitalité du tissu qui se reconstruit ainsi peu à peu. Citons le pèlerinage de Chartres à Paris, qui est vraiment un pèlerinage de sacrifice et, par ce biais-là, le Ciel a accordé de nombreuses grâces à notre district. Le pèlerinage de Lourdes est l'occasion d'une grande ferveur, et la sainte Vierge voit y affluer nos malades, nos familles, et guérit les plaies de nos âmes. L'Université d'été forme de son côté les intelligences et fortifie les volontés pour former des âmes apostoliques et reconquérir le terrain.

C'est finalement tout une petite chrétienté qui se reconstruit.
Cette reconstruction est aussi matérielle ?
Grâce à la générosité des catholiques de Tradition, la Fraternité a eu les moyens de s'étendre et de multiplier les acquisitions. On compte aujourd'hui en France 36 prieurés, 34 écoles, 13 aumôneries de maisons religieuses, 5 maisons de retraites spirituelles, un institut universitaire et une maison pour nos anciens, le Brémien- Notre-Dame.

Dans le passé, les églises et les paroisses furent construites grâce à la générosité des catholiques. Il en est de même aujourd'hui. Tout s'est édifié grâce à la Providence, et à la générosité des fidèles. Leur charité est parfois anonyme.
Monsieur l'abbé, voici deux ans et demi que vous avez la charge de ce district. Que vous inspire ce premier recul ?
Le supérieur de district est comme le curé de ses prêtres. Son premier devoir est donc de s'occuper d'eux. De la qualité des prêtres dépend la sainteté des fidèles qui leur sont confiés. Tel est mon souci.

Je dois rendre hommage à la générosité des confrères, qui se donnent sans compter au service des âmes. Ils sillonnent la France pour étendre le règne de Jésus-Christ.

Le district, ce sont des prêtres, des frères, des oblates, et les ouailles qui fréquentent nos centres de messe. La plupart sont des Français.

César observait que les Gaulois passaient leur temps à se battre entre eux. Deux mille ans plus tard, le peuple est resté le même de ce côté-là. Le Français est resté gaulois : exigeant, râleur, aimant la guerre.

Parfois, dans notre pays si comblé de Dieu pourtant, tout a tendance à partir dans tous les sens. Mgr Richard Williamson a résumé cela d'une formule bien à lui : les Français sont « insupportables mais indispensables » !

Un peuple aussi talentueux et lutteur, c'est une richesse mais cela peut donner des sueurs froides à un supérieur, qui doit canaliser toutes ces énergies au service de Notre-Seigneur.

Si l'on étend son regard à l'Église de France en général, peut-on dégager un constat pour le présent et des perspectives pour le futur ?

L'Église de France est objectivement en faillite. Des paroisses ferment ou sont réunies. Des églises tombent en ruines, certaines sont détruites, d'autres transformées en résidences. Des couvents aussi sont mis en vente.

Un certain vide se fait. L'islam en profite, s'éveille, comble le vide. Mais ce qui fait le lit de l'islam, c'est la tiédeur des chrétiens, la démission des catholiques, l'immoralité qui se répand partout, l'apostasie de la société. Comme signe de cette apostasie, je remarque les lois mortifères adoptées par l'État : avortement, divorce, mariage contre nature…

Ce qui est dramatique, c'est que les autorités de l'Église restent muettes. C'est un désert d'élites. Les chefs n'émergent plus.

Dans ce contexte, le rôle de la Fraternité est d'être comme le grain de sénevé de l'Évangile. Nos maisons doivent être de petits grains de sénevé qui vivent de la messe (elle est éminemment apostolique) et tâchent de reconstruire ce qui a été détruit ; des pôles de résistance, mais aussi de reconquête. Il faut espérer que, grâce à cette lente reconquête, le bon Dieu suscite un jour, du sein de nos fidèles, des âmes capables de redresser la situation : prêtres, religieux, chefs catholiques.
Un petit mot à propos des élections présidentielles qui approchent ?
Comme chaque fois, les candidats sont nombreux pour le poste. Mais, quel que soit son «bord politique», un candidat qui n'a pas l'intention d'abroger les lois iniques de l'avortement, de l'union contre nature, etc., est condamné à l'échec. Car ces lois attirent la malédiction sur notre pays. Il faut espérer qu'un jour un homme d'État prendra cette route-là. Ce n'est pas impossible, même si c'est humainement difficile.

Il faut espérer qu'un jour l'autorité sera rétablie en France. Mais une restauration de l'autorité politique sera illusoire si elle n'est pas accompagnée par l'Église régénérée, et celle-ci ne pourra être régénérée que par la Tradition. La langue de bois des politiques trouve un écho dans la langue de buis de nos évêques. Ces derniers sont devenus inaudibles. Quelle responsabilité !
Pourriez-nous nous parler de l'avenir et donner quelques recommandations ?
La tentation est aujourd'hui de se décourager : « à quoi bon ? », «tout est fichu ! » Cette tentation est notre pire ennemi. Ne baissons pas les bras. Avec l'aide de Dieu, tout est possible, nous pourrions dire aussi « Yes, we can », « Oui, nous pouvons », cette fois pour le bien.

Notre patron, notre Père qui est au Ciel, est tout-puissant. Il veille sur ses enfants. Si nous faisons notre travail, il se servira de nous pour étendre son royaume.

Je demande aux fidèles d'être unis derrière leurs prêtres, de les soutenir. Qu'ils se forment, également. Fideliter et les éditions Clovis sont un instrument privilégié pour y parvenir. Il importe également de faire connaître les « fenêtres » de notre société que sont Dici et la Porte Latine.

Quand se terminera la crise qui secoue l'Église ? Nous ne le savons pas, mais qu'importe ? Travaillons, soyons sur le pont, les pieds sur terre et la tête au Ciel. Prions, faisons prier les enfants pour les vocations. Notre petite armée alors remportera la victoire, avec la grâce de Dieu et l'aide de Notre-Dame.
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Abbé Christian Bouchacourt, Supérieur du District de France de la FSSPX

27 décembre 2016

[Abbé David Köchli, fsspx - Le Rocher] L'apostolat de la Fraternité Saint-Pie X à San Damiano depuis le District de Suisse

SOURCE - Abbé David Köchli, fsspx - Le Rocher - décembre 2016

San Damiano et les premiers fidèles de la Tradition
Je me souviens encore bien de la « roulotte », une simple remorque peinte en bleu. Les parois pouvaient s'ouvrir à l'arrière et sur les côtés ; il y avait un autel à l'intérieur. Ce véhicule stationnait sur la prairie à côté de la statue de Notre-Dame des Roses. Comme dans l'évangile lors du sermon sur la montagne, « il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit » qui, à cause de la sécheresse, était plutôt piquante lorsqu'on s'agenouillait à la consécration. C'est là que M. le Curé Épiney célébrait la messe à chaque grande fête de la Sainte Vierge.

Nous venions de Suisse allemande dans trois cars – j'étais alors à l'école primaire – et lui venait du Valais avec un groupe de pèlerins. À la procession qui suivait sur le terrain, nous passions près de la fouille de l'église déjà projetée à cette époque. Mais année après année, seules les tristes poutres de béton des fondations sortaient du trou depuis longtemps envahi d'herbes folles. Le permis de construire n'avait pas été accordé au projet. Aujourd'hui le trou a disparu et l'église s'élève à côté, sur le terrain de la Fraternité.

Durant les pèlerinages de cette époque à San Damiano (et Montichiari), notre famille a fait la connaissance des premiers fidèles de la Tradition. Ceux-ci nous emmenèrent aux camps de vacances de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ou aux centres de messes qui se créaient ici et là, qui purent ensuite être repris par la Fraternité. C'est ainsi que se sont constitués les prieurés actuels.

Dans les débuts de la Tradition, ces pèlerinages étaient essentiels pour les fidèles. Ils pouvaient y trouver des prêtres auprès desquels se confesser, qui prêchaient la saine doctrine et, surtout, célébraient la messe selon le rite tridentin. Pour de nombreux fidèles, c'étaient les rares occasions de l'année où ils pouvaient assister à cette messe. On peut à raison dire que ces lieux ont rassemblé les fidèles et sont ainsi devenus le point de départ des prieurés fondés plus tard. Indépendamment des questions théologiques et de l'authenticité des apparitions (question encore soumise au jugement de l'Église), c'est un fait que de grandes grâces pour la Tradition ont notamment leur source à San Damiano(1). Bien des prêtres y ont aussi reçu la grâce de leur vocation. Que la construction de cette église manifeste donc à la Mère de Dieu notre gratitude !
L'avenir de San Damiano
Avant la consécration de l'église prévue pour 2017, il faut encore assainir le second bâtiment de l'hôtellerie des pèlerins. Quarante chambres doubles avec WC/douche y sont prévues. L'état actuel ne peut plus durer ; il n'y a pas de toilettes dans les chambres et celles qui existent sont en outre très vétustes.

Bien évidemment tous ces travaux représentent un gros effort financier. Nous avons pu en assurer le financement en mettant en nantissement à court terme quelques-uns de nos immeubles en Suisse. Pour pouvoir rembourser aussi vite que possible ces hypothèques, nous vous demandons de nous aider avec générosité.

Nous assurerons à l'avenir régulièrement des pèlerinages à San Damiano, avec un accompagnement sacerdotal. De plus, l'hôtellerie restera ouverte aussi pour vos voyages privés en dehors des pèlerinages. Elle se prêtera fort bien pour se retirer quelques jours afin de reprendre des forces par la prière auprès de la statue de Notre-Dame des Roses. En général, les temps de prières officiels (matin, midi et soir) devant la statue sont toujours en latin de sorte que l'on peut sans problème réciter le rosaire en commun.

Monsieur l'abbé Yann Vonlanthen sera responsable de l'apostolat à San Damiano. Il est prieur à Sierre. Vous pouvez vous adresser à lui si vous avez des questions au sujet de l'horaire des messes à San Damiano. Du 25 mars au 8 décembre, la sainte messe sera célébrée chaque 1er samedi du mois, de même que le vendredi et le dimanche de ces week-ends.

Les chambres peuvent être réservées directement auprès de la gérante, Mme Tiziana Lauri, au numéro de téléphone suivant : 00 39 0523 53 01 14 (italien, français, anglais).

Abbé David Köchli, Économe du District de Suisse de la FSSPX
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(1) cf. l'article "San Damiano : Un petit coin de paradis où l'on prie la sainte Vierge" paru dans Le Rocher n° 91 d'octobre - novembre 2014.

[Paix Liturgique] Chers confrères, n'ayez pas peur de redécouvrir la messe traditionnelle! - l'appel Summorum Pontificum d'un prêtre italien

SOURCE - Paix Liturgique - lettre N°575 - 27 décembre 2016

En ces fêtes de la Nativité, nous sommes heureux de répercuter ce magnifique appel, que l’on pourrait qualifier d’appel Summorum Pontificum, lancé avec ferveur par un curé de paroisse à l’adresse de ses confrères, dans un lieu hautement symbolique, la ville de Trente, celle du Concile qui « canonisa » la messe romaine.

Radio Maria est une radio FM d’origine italienne, présente sur les 5 continents. Cette radio catholique offre chaque jour la messe en direct. Le mardi 29 novembre 2016, elle retransmettait le chapelet, les vêpres et la messe (forme ordinaire) depuis l’église « Santissima Annunziata » (Notre-Dame de l’Annonciation), située aux abords de la cathédrale où s’ouvrit, en 1545, le Concile de Trente.

Nous vous proposons l’homélie donnée en cette occasion par don Rinaldo Bombardelli, recteur de cette église où se célèbre, chaque dimanche, la forme extraordinaire du rite romain. Don Rinaldo profite de la réflexion qu’il livre sur la « quête de Dieu » à laquelle chacun de nous est appelé, pour inviter expressément ses confrères à « redécouvrir la Sainte Messe traditionnelle » qui attire tant les jeunes !

Non seulement il est roboratif de lire les propos de don Rinaldo, prêtre selon le vœu du pape Benoît XVI lorsqu’il a publié Summorum Pontificum – c’est-à-dire prêtre diocésain célébrant l’une et l’autre forme du rite romain avec le désir de participer à l’enrichissement spirituel de ses fidèles – mais aussi de noter que ces propos ont été tenus sur un média catholique grand public, chose bien difficile en France si l’on pense qu'aucune messe selon la forme extraordinaire du rite romain n’a jamais été proposée par Le Jour du Seigneur, par exemple... Voici d’ailleurs un vœu que l’on pourrait former pour 2017 !
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Frères et sœurs, 
Les lectures de ce jour nous parlent du désir de Dieu, de notre quête de Dieu et de notre rencontre avec Lui en la personne de Jésus. Isaïe parle des nations qui le cherchent avec angoisse. Jésus, et Lui seul, se révèle comme étant notre salut. Le prophète décrit en détail aussi bien la nostalgie de Dieu qui habite en nos cœurs que la plénitude que Dieu seul peut nous offrir. 
Il y a une très belle devise qui remonte à saint Benoît, sur laquelle repose en grande partie la spiritualité bénédictine, et qui résume parfaitement l'attitude de l'homme qui désire s’ouvrir au mystère de Dieu : Quaerere Deum, « Chercher Dieu ». 
Aujourd'hui plus que jamais, la mission de l'Église et celle de chacun d'entre nous, peuple des baptisés, prêtres comme laïcs, est de rechercher Dieu et d'aider nos frères à Le trouver avec nous. Le plus beau, c'est que le Seigneur nous donne tant d'indications et d'outils afin que notre quête ne soit pas vaine et ne s'épuise pas dans les mille et un soucis de la vie ou dans les voies sans issue auxquelles nous sommes souvent confrontés.
Notre belle foi catholique nous offre la possibilité de pouvoir écouter la parole vivante de l'Évangile, par le magistère millénaire de l'Église, dans la sûreté de la doctrine, la grâce des sacrements, de la prière et de la liturgie. 
À propos de liturgie, justement : dans cette église dédiée à Notre-Dame de l'Annonciation, à Trente – et sans une certaine fierté d'appartenir à ce diocèse de Trente qui a eu le privilège d'accueillir, à quelques pas d'ici, l'un des plus grands conciles de l'histoire de l'Église, le concile de Trente, qui a donné lieu à une grande réforme de l'Église portée par toute une cohorte de saintes et de saints –, nous avons la grâce de célébrer chaque dimanche la Sainte Messe traditionnelle. 
Or cette liturgie contient, dans ses silences, dans sa sacralité, dans la centralité qu'elle laisse au sacrifice de Jésus sur la Croix, la réponse à ce Quaerere Deum, ce « Chercher Dieu » dont je parlais tout à l'heure. C'est une liturgie qui attire beaucoup de jeunes, même si cela peut sembler incroyable. 
En fait, je voudrais en profiter pour lancer une invitation à mes frères prêtres qui nous écoutent en ce moment : nous avons tenté par tous les moyens d'attirer les jeunes à l'église et à la messe. Je me souviens des « messes beat », puis des messes rock, de ma jeunesse ainsi que de tous ces artifices plus ou moins extravagants avec lesquels nous voulions attirer les jeunes. Nous l'avons fait de bonne foi, et parfois même avec de grandes attentes qui nous ont souvent déçus. 
Chers confrères dans le sacerdoce, n'ayez pas peur de redécouvrir la Sainte Messe traditionnelle ! En plus d'être une nourriture extraordinaire pour notre vie spirituelle, elle attire, et avec quelle force !, les jeunes. C'est le cas dans le monde entier. C'est le cas aussi ici. Pourquoi ne serait-ce pas aussi le cas chez vous ? 
Le monde a besoin de Dieu. Les nations cherchent Dieu. L'Église peut et doit offrir Dieu. C'est notre devoir, notre mission spécifique et, en même temps, la joie qui remplit notre vie. Cette joie a un nom, et ce nom c'est Jésus-Christ, le fils de la très Sainte Vierge Marie. 
J'ai commencé cette réflexion par une devise bénédictine, je la conclurai par une devise attribuée à saint Bruno, le fondateur des chartreux : Stat Crux Dum Volvitur Orbis, « Le monde tourne, la croix demeure ! ». Jésus est la voie, la vérité, la vie. Jésus est notre salut. Nous avons eu la chance, et Jésus nous appelle « bienheureux » pour cela, d'avoir vu, d'avoir entendu et, de ce fait, d'avoir cru. 
Quand les préoccupations, l’incertitude de l'avenir, les angoisses du présent et le poids du passé risquent de refermer notre cœur, regardons la Croix, regardons Jésus et accrochons-nous aux sacrements, en particulier à la confession et à la Sainte Eucharistie.
Le monde tourne, la Croix demeure ! Demeurer aux côtés de la Croix, c'est, quoi qu'il arrive, se voir offrir la possibilité d'assister aux premières lueurs de l'aube du matin de Pâques, de sécher nos larmes et de jouir du spectacle du triomphe de la vie sur la mort. 
Ainsi soit-il.

26 décembre 2016

[Florence Stollesteiner - Ouest-France] Chéméré-le-Roi. L’église des frères bâtisseurs a besoin de toit

SOURCE - Florence Stollesteiner - Ouest-France - 26 décembre 2016

Depuis un an, la fraternité de Saint-Vincent-Ferrier implantée à Chéméré-le-Roi construit une église. Un projet pour lequel les frères lancent un appel aux dons.

En septembre 2015, c’était le premier coup de pelleteuse. Aujourd’hui, les murs de la future église dédiée à Notre-Dame-du-Rosaire, ainsi que ceux de l’hôtellerie qui accueillera les pèlerins, sont dressés dans le couvent de la fraternité Saint-Vincent-Ferrier, à Chéméré-le-Roi.

Ce projet, « ça fait au moins quinze ans qu’on en parlait », estime le père Augustin-Marie Aubry. La petite chapelle des 22 frères est trop petite pour accueillir tous les fidèles. « On est obligés d’en mettre certains dans une autre pièce, avec un écran ! »

À la suite d’une importante donation d’un prêtre, les frères se lancent. Ils vendent des biens appartenant à la communauté, signent un prêt à la banque, organisent une levée de fonds, créent une page Facebook… et même un clip.

Leur objectif : une église de 200 places, mais aussi terminer leur cloître, qui n’a que deux côtés, et mettre sur pied une grande hôtellerie pour accueillir les pèlerins.

Leur motivation et leur ancrage local jouent : sur les 5,5 millions d’euros à récolter, il ne manque plus que 350 000 € à leur grand projet « Des pierres qui prêchent ».

Après la mise en place du toit, les quatre cloches devraient être installées à Pâques. La livraison complète de l’église, quant à elle, est prévue en novembre 2017… « si Dieu le veut, bien sûr », sourit le père Augustin-Marie Aubry.

25 décembre 2016

[Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou] Le principe de Monseigneur

SOURCE - Le Seignadou - janvier 2017

Des amis me signalent que notre bien modeste Seignadou est lu, commenté, voire critiqué, mais puisque rien ne nous est directement adressé, nous ne pouvons répondre !

Il sera donc certainement plus utile et intéressant, au terme de cette année qui nous a vu célébrer le 25° anniversaire du rappel à Dieu de notre fondateur, de nous remettre en mémoire ce qui a été l’âme de son action, son principe d’action.

En guise d’introduction, je relèverai cette idée, qui court un peu partout, que le pape François nous aurait donné une « juridiction » pour l’année jubilaire, ce qu’il vient de renouveler. Lisons simplement les termes employés : « Au cours de l’Année jubilaire, j’avais concédé aux fidèles qui, pour des raisons diverses, fréquentent les églises desservies par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, la faculté de recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés. Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Eglise catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, j’établis par ma propre décision d’étendre cette faculté au-delà de la période jubilaire, jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Eglise ne fasse jamais défaut à personne. » C’est la même formule qu’il avait déjà utilisée dans la lettre adressée à Mgr Rino Fisichella, dans laquelle il ne s’adressait pas à la Fraternité mais aux fidèles : « Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X.[…] j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés. »

Le Pape, entre autres choses, ignore visiblement le Droit Canon, car je ne vois nulle part qu’il ait parlé de donner une « juridiction » ou une « faculté » aux prêtres de la Fraternité ! Il ne s’adresse pas aux prêtres mais aux fidèles ! Il n’a rien changé à la situation canonique des prêtres – ce qui nécessiterait un acte clair et une déclaration explicite – et il est donc évident que ce geste en faveur des fidèles suppose que nous possédions le pouvoir de les absoudre ! Et Mgr Fellay dans sa réaction ne s’y était pas trompé : « La Fraternité Saint-Pie X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife pour ce geste paternel. Dans le ministère du sacrement de pénitence, elle s’est toujours appuyée, en toute certitude, sur la juridiction extraordinaire que confèrent les Normae generales du Code de droit canonique. A l’occasion de cette Année sainte, le pape François veut que tous les fidèles qui souhaitent se confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X puissent le faire sans être inquiétés. » Alors, fallait-il dire aux fidèles de ne pas venir se confesser chez nous pour ne pas courir le risque de recevoir une absolution « conciliaire » ? La juridiction, même suppléée, comme la grâce elle-même sont des biens qui appartiennent au trésor de l’Église, pour y instaurer l’ordre voulu et assurer aux fidèles les moyens de la grâce, et qui n’ont rien à voir avec ce qu’il y a en elle de « conciliaire ». Ce sont des mesures normales et bonnes qui font partie de la vie normale de l’Église catholique… et qui ne sont pas propres à l’Église « conciliaire ».

Ces considérations ne sont pas étrangères à mon propos et manifestent même clairement ce principe qui guidait Monseigneur, et qui nous guide encore, principe prudentiel et non détermination a-priori, qui applique cette loi fondamentale de la suppléance de l’Eglise pour le salut des âmes : "salus animarum suprema lex."

C’est pourquoi, s’il m’est arrivé souvent dans le passé de mettre en lumière le « Monseigneur des batailles », avec ses déclarations polémiques, ses refus, ses critiques et ses condamnations (certains, malheureusement, ne veulent rien savoir d’autre, comme s’il avait été un va-t’en guerre, toujours sur la brèche, avide de tirer sur tout ce qui bouge au Vatican),

Je préfère retenir aujourd’hui le Monseigneur, dont on parle moins, être de chair et d’esprit et non mythe désincarné, celui que j’ai connu et qui m’a formé: père, prêtre et missionnaire… évêque, fondateur et formateur d’âmes sacerdotales ! J’ose affirmer que c’est là le Monseigneur « substantiel », celui qui n’a jamais changé sous ses différents visages, fidèle en profondeur à sa grâce sacerdotale, immuable dans sa vocation au service de l’Eglise, de la Messe et du sacerdoce. L’autre visage, plus connu, de Monseigneur, le Monseigneur de la sainte résistance, n’est pas moins vrai que le premier, mais il est le fruit des circonstances et des évènements, celui qui n’aurait jamais dû avoir à se manifester. C’est le Monseigneur « prudentiel » agissant et réagissant avec force au gré des nécessités et des besoins des âmes et de l’Eglise.

Derrière ces visages variés, l’âme de Monseigneur est demeurée la même, après comme avant les condamnations. Combien de fois l’avons-nous entendu dire qu’il aurait préféré mourir que de devoir s’opposer à Rome ! Et ceux qui l’ont connu reconnaitront avec moi que c’est presque malgré lui, à contrecœur, poussé par la nécessité et le sens de son devoir d’évêque que Monseigneur a dû prendre des positions publiques fracassantes. Car son cœur était ailleurs, et ne se révélait librement que lorsqu’il se sentait en confiance, en famille, parmi ses prêtres et ses séminaristes. C’est à eux, quand il avait le bonheur de se retrouver parmi eux, qu’il livrait et libérait son âme. « Je m’excuse de revenir sur des problèmes qui paraissent des problèmes un peu polémiques. Je n’aime pas beaucoup cela – je préférerais faire des conférences sur la doctrine comme je l’ai fait sur Notre Seigneur Jésus-Christ… » (7 juin 1979)

Et s’il faut chercher encore où se trouve le principe qui faisait agir Monseigneur, il suffit de réentendre ces conférences aux séminaristes en février 1979, où il nous exposait le principe d’action que lui attribuaient ses interlocuteurs romains, au sujet d’une petite phrase qu’ils voulaient lui faire signer : « Par votre lettre du… vous avez fait des considérations générales sur la situation de l’Eglise depuis le concile Vatican II, qui seules permettent une réponse adéquate aux questions posées au sujet de l’Ordo Missae, au sujet de votre persévérance dans l’activité de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, malgré les interdictions que vous avez reçues des évêques et de Rome. Sur la base de ces considérations, votre position nous semble pouvoir être exprimée par la thèse suivante. » – La thèse est encadrée : « Un évêque jugeant en conscience que le pape et l’épiscopat n’exercent plus en général leur autorité, en vue d’assurer la transmission fidèle et exacte de la foi, peut légitimement pour maintenir la foi catholique ordonner des prêtres sans être évêque diocésain, sans avoir reçu des lettres dimissoires et contre la prohibition formelle et expresse du pape et attribuer à ces prêtres la charge du ministère ecclésiastique dans les divers diocèses. » Voilà, ils avaient trouvé cela ! Il faut reconnaître qu’ils sont plus forts que moi, puisque moi je n’avais pas trouvé ce principe, et eux me disent : « Voilà votre principe, voilà le principe qui vous a fait agir ». J’ai dit : « Ce n’est pas vrai. En tout cas, si, vous, vous le trouvez, moi, je ne le trouve pas, au moins formulé de cette manière-là ! Certainement pas !  Ce qui m’a fait agir, ce n’est pas un principe, un principe général, c’est la situation dans laquelle l’Eglise s’est trouvée. On s’est trouvé dans des circonstances qui, chaque mois, chaque année, nous ont fait prendre des décisions qui nous ont paru demandées par Dieu, c’est tout, demandées par les besoins de l’Eglise, par les besoins des âmes, pour le salut des âmes, c’est tout. Et ce n’est pas à partir d’un principe général comme celui-là. Evidemment on pourrait poser un principe général, mais pas exprimé comme il l’est là. » […] De plus en plus, on peut mettre des doutes partout, alors les fidèles se trouvent désemparés. Et comme les fidèles ont droit, absolument un droit strict, à recevoir les sacrements pour la vie de leur âme, pour vivre spirituellement, alors c’est un devoir pour celui qui peut donner ce secours aux fidèles, le secours de la doctrine, le secours de la foi et le secours des sacrements, d’aller le leur donner. Et donc, je disais : « Un évêque a le devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que la foi et la grâce soient transmises aux fidèles qui les réclament légitimement, surtout par la formation de vrais et saints prêtres formés en tous points selon l’esprit de l’Eglise, quand bien même ces prêtres n’auraient qu’une incardination fictive. »

Tel est le seul principe qui faisait agir Monseigneur, exercice  de la vertu de prudence, mêlée de force et de justice, et non principe théorique implacable et immuable, applicable dans toutes les situations. C’est le même principe qui l’a conduit à sacrer quatre évêques en 1988, pour que la foi et la grâce soient transmises aux fidèles qui les réclament légitimement, surtout par la formation de vrais et saints prêtres formés en tous points selon l’esprit de l’Eglise.

Et si je dois encore citer le Monseigneur d’après les condamnations, je relèverai un signe de ce qui a toujours animé son âme, dans son « Itinéraire spirituel », où il confie: j'ai toujours été hanté par ce désir de désigner les voies de la vraie sanctification du prêtre selon les principes fondamentaux de la doctrine catholique de la sanctification chrétienne et sacerdotale.

Et nous avons encore les ultimes conférences qu’il donna au séminaire du 7 au 11 février 1991, quelques semaines avant sa mort. Hormis quelques rapides réflexions autour du cardinal Béa, il ne parle que de la liturgie et de la sainteté des prêtres, des dispositions qu’ils doivent avoir dans leur apostolat ! « quelle devrait être la disposition fondamentale du prêtre s’approchant des fidèles qui lui sont confiés ? Il est évident que la disposition fondamentale sera surtout une disposition de foi ! […] la première chose, c’est de prier et de demander à Dieu, par l’intermédiaire de Notre Seigneur, d’avoir le sens de Dieu.[…] Voilà la disposition fondamentale dans laquelle il faut vous mettre, il faut nous mettre pour nous efforcer d’être les meilleurs instruments possibles. Et pour cela, encore une fois, demander à Notre Seigneur puisque c’est par lui que tout nous est donné, c’est lui qui est notre lumière, c’est lui qui notre voie, c’est lui qui est notre sainteté, de nous aider ; de nous aider à mieux comprendre le plan du bon Dieu, à mieux comprendre ce que le bon Dieu veut des âmes et ce qu’il veut de nous ! »

Tel est le vrai Monseigneur, dévoilant une dernière fois cette âme sacerdotale qui avait animé toute sa vie même au cœur des combats les plus terribles pour Jésus-Christ, pour le Christ-Roi, pour l’Eglise, la Sainte Messe, le sacerdoce, la foi catholique, la Tradition doctrinale, morale et spirituelle de l’Eglise. Tel fut son unique combat, du premier au dernier jour de sa vie sacerdotale ! Que l’on relise le mystère de Jésus. C’est là que se révèle l’âme de Monseigneur Lefebvre. Ce serait une bonne lecture pour bien commencer l’année.

Je ne sais ce que nous réserve l’an 2017… Eglise, Fraternité St Pie X, politique … mais je sais que nous célèbrerons le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima. Même si la consécration n’a pas été faite comme la Sainte Vierge l’avait demandé, si nous faisons ce que Notre-Dame attend de nous… nous n’aurons que de bonnes surprises !



23 décembre 2016

[DICI] Amoris lætitia : Quelles seront les conséquences du silence du pape sur les doutes des quatre cardinaux ?

SOURCE - DICI - 23 décembre 2016

Les dubia des cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner (voir DICI n°345 du 25/11/16 et n°346 du 09/12/16) n’ont toujours pas reçu de réponse de la part du pape François, mais les déclarations de soutien se multiplient. A Rome, on sait que ces dubia ont été publiés par quatre cardinaux nommément, mais qu’ils étaient six à l’origine.

A ce jour, trois évêques et trois cardinaux ont fait savoir leur approbation : Mgr Jozef Wrobel, évêque auxiliaire de Lublin (Pologne) dans un entretien à La Fede Quotidiana du 21 novembre ; Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan dans The Remnant du 23 novembre (voir DICI n°346 du 09/12/16) ; Mgr Jan Watroba, président du Conseil pour la famille de la Conférence des évêques de Pologne dans une déclaration rapportée par Die Tagespost du 23 novembre. Egalement, le cardinal George Pell, préfet du Secrétariat pour l’économie, dans des propos tenus à Londres et rapportés par le Catholic Herald le 29 novembre ; le cardinal Paul Josef Cordes, président émérite du Conseil pontifical Cor Unum, dans un entretien accordé à l’agence autrichienne Kath.net, le 13 décembre ; et le cardinal Renato Raffaele Martino, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, répondant aux questions de La Fede Quotidiana du 16 décembre.
« Comme un navire sans gouvernail »
A ces soutiens d’évêques et de cardinaux, s’ajoute la déclaration vigoureuse de 23 prêtres et universitaires, parue sur Chiesa le 8 décembre : « Comme chercheurs et pasteurs d’âmes catholiques, nous désirons exprimer notre profonde gratitude et notre plein soutien à l’initiative courageuse des quatre membres du Collège cardinalice, Leurs Eminences Walter Brandmüller, Raymond Leo Burke, Carlo Caffarra, Joachim Meisner. (…)

« Différents commentateurs, parmi lesquels en particulier le professeur Claudio Pierantoni dans une étude historico-théologique récente (voir DICI n°346 du 09/12/16), ont fait valoir que, comme résultat de la confusion généralisée et de la division qui découle de la promulgation d’Amoris lætitia, l’Eglise universelle entre dans un moment gravement critique de son histoire, qui présente des similitudes alarmantes avec la grande crise arienne du IVe siècle. Durant ce conflit catastrophique, la majorité des évêques, y compris le successeur de Pierre lui-même, vacillèrent sur la divinité même du Christ. Beaucoup ne tombèrent pas complètement dans l’hérésie ; toutefois, désarmés par la confusion ou affaiblis par la pusillanimité, ils cherchèrent des formules de complaisance ou de compromis, dans l’intérêt de la “paix” et de l’”unité”.

« Aujourd’hui, nous assistons à une crise métastatique similaire, cette fois sur des aspects fondamentaux de la vie chrétienne. D’un côté, on continue à prêcher, en paroles, l’indissolubilité du mariage, la nature gravement peccamineuse de la fornication, de l’adultère et de la sodomie, la sainteté de l’Eucharistie et la terrible réalité du péché mortel. De l’autre, cependant, un nombre croissant de prélats et de théologiens importants sont en train de compromettre ou de nier ces doctrines – et jusqu’à l’existence même des interdictions négatives absolues, sans exception, de la loi divine, qui régissent le comportement sexuel – avec leur accent exagéré et unilatéral mis sur la “miséricorde”, l’accompagnement “pastoral” et les “circonstances atténuantes”.

« Etant donné que le pontife régnant lance des signaux très confus dans cette bataille contre les “principautés et puissances” de l’ennemi, la barque de Pierre va dangereusement à la dérive comme un navire sans gouvernail et, en réalité, présente des symptômes de désintégration naissante.

« Dans cette situation, nous croyons que tous les successeurs des Apôtres ont un devoir grave et urgent de parler avec clarté et force pour conformer les enseignements moraux clairement définis dans le magistère des papes précédents et du Concile de Trente. »

Parmi les signataires de cette déclaration se retrouvent plusieurs noms de prêtres et d’universitaires qui avaient fait paraître, le 29 juin 2016, une critique d’Amoris lætitia (disponible intégralement sur le site de DICI du 09/08/16), elle aussi, restée sans réponse.
« Vers une conclusion inconnue »
Ce silence sur les doutes que suscite Amoris lætitia risque d’avoir des effets imprévus. Le vaticaniste Edward Pentin, répondant aux questions du site Regina, le 8 décembre, affirme : « Je pense que si le pape continue à ne pas répondre et si la demande de réponse persiste, un nombre croissant de membres du Collège (cardinalice) prendra position en faveur des quatre cardinaux, et le fera probablement publiquement. Nous risquons donc de voir un dénouement assez rapide de ce pontificat vers une conclusion inconnue. »

Un peu avant dans l’entretien, le journaliste avait déclaré : « Jusqu’à présent, la réaction a été intéressante : presque tout le collège des cardinaux et la Curie romaine sont restés silencieux, ils n’ont pas soutenu les cardinaux et, plus important encore, ils ne se sont pas manifestés en faveur du pape et de sa décision de ne pas répondre. Si par silence, on entend accord avec les dubia, alors on pourrait dire que la grande majorité est en faveur des quatre cardinaux. Ce n’est qu’une spéculation bien sûr, mais il n’est pas impossible que cela puisse être vrai, étant donné que depuis des mois, on entend une partie importante des membres de la Curie dire qu’ils se sentent très mal à l’aise à propos de ce qui se passe. »

Dans Correspondance européenne du 16 décembre, l’historien Roberto de Mattei montre « l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui le pape » : « Les dubia présentés par les quatre cardinaux (Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner) à la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’ont placé dans une voie sans issue. Face à l’exhortation apostolique Amoris lætitia, les cardinaux demandent au pape de répondre clairement, par oui ou par non, à la question suivante : les divorcés qui se sont remariés civilement et ne veulent pas abandonner la situation objective de péché dans laquelle ils se trouvent, peuvent-ils légitimement recevoir le sacrement de l’Eucharistie ? Et, de façon plus générale : la loi divine et naturelle est-elle encore absolue, ou admet-elle en certains cas des exceptions ?

« La réponse concerne les fondements de la morale et de la foi catholique. Si ce qui était valide hier ne l’est pas aujourd’hui, ce qui est valide aujourd’hui pourrait ne pas l’être demain. Mais si l’on admet que la morale peut évoluer, selon les époques et les circonstances, l’Eglise est destinée à sombrer dans le relativisme de la société liquide actuelle. S’il n’en est pas ainsi, il faut destituer le cardinal Vallini, qui dans son intervention au congrès pastoral du diocèse de Rome, le 19 septembre, a affirmé que les divorcés remariés peuvent être admis à la communion, selon un “discernement qui distingue de façon adaptée, au cas par cas”. Sa position a été reprise le 2 décembre par le quotidien Avvenire, organe de la Conférence épiscopale italienne, selon lequel Amoris lætitia a exprimé des “paroles très claires sur lesquelles le pape a mis son imprimatur“. Mais le pape peut-il attribuer au “discernement” des pasteurs la faculté d’enfreindre la loi divine et naturelle dont l’Eglise est la gardienne ? »

A cette question le cardinal Burke répondait en 2015, dans son livre Un cardinal au cœur de l’Eglise (voir DICI n°321 du 25/09/15) : « Il est impossible que l’Eglise change son enseignement en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage. L’Eglise, l’Epouse du Christ, obéit aux paroles de celui-ci au chapitre 19 de l’évangile de saint Matthieu, qui sont très claires en ce qui concerne la nature du mariage. Personne ne conteste qu’il s’agit là des paroles mêmes du Christ, et d’après la réponse des apôtres, le poids de ces paroles pour ceux qui sont appelés à la vie conjugale est très clair. Dans son enseignement sur le mariage, le Christ précise bien qu’il expose la vérité sur le mariage tel que celui-ci était depuis le commencement, tel que Dieu le voulait dès la création de l’homme et de la femme. Autrement dit, l’indissolubilité du mariage est une question qui relève de la loi naturelle, de la loi que Dieu a écrite sur le cœur de chaque homme. Le Saint-Père, en tant que successeur de saint Pierre dans sa charge pastorale de l’Eglise universelle, est le premier parmi les chrétiens à être tenu d’obéir à la parole du Christ ». (Artège éd., pp. 130-132)

(Sources : FedeQuot /Cath.Herald /Remnant /Kath /Tagespost /lifesitenews /chiesa /OnePeterFive /Corresp.europ – trad. A. de Guitaut et benoitetmoi – DICI n°347 du 23/12/16)

21 décembre 2016

[DICI] Ordinations en Argentine (17 décembre 2016)


SOURCE - DICI - 21 décembre 2016

Le 17 décembre 2016, samedi des Quatre-Temps de l’Avent, Mgr Bernard Fellay a ordonné un nouveau prêtre au séminaire Notre-Dame Corédemptrice de La Reja (Argentine). 27 prêtres ont imposé les mains à leur jeune confrère, l’abbé Flavio de Morais (Brésil).

Le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a également conféré le diaconat à cinq séminaristes de 5e année : trois Brésiliens, un Argentin et un Mexicain.

[DICI] Sri-Lanka : Fête de Notre Dame de Guadalupe à Negombo

SOURCE - DICI - 21 décembre 2016


Le 12 décembre 2016, l’Eglise catholique célèbre la fête de Notre Dame de Guadalupe. Du 9 au 12 décembre 1531, la Mère de Dieu est apparue à l’indigène mexicain Juan Diego à qui elle laissa, sur son tablier, l’empreinte de son image qui n’a jamais pu être expliquée par la science.

À Negombo, dans l’ouest du Sri Lanka, la Fraternité Saint-Pie X a célébré cette fête dans une nouvelle église consacrée à Notre Dame de Guadalupe. La messe a été célébrée par l’abbé Fabrice Loschi, l’ancien desservant  qui avait lancé le projet. L’abbé Benoît Wailliez, assistant du supérieur du district d’Asie, a ensuite fait faire une visite des bâtiments aux 160 fidèles présents, et leur a annoncé les travaux à venir, en particulier la réalisation d’une mosaïque portugaise en carreaux « Azulejos » qui représentera sur toute la façade l’apparition de Notre Dame de Guadalupe, prévue pour l’année 2017.

La bénédiction de l’église est espérée pour le mois de mars 2017.

17 décembre 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Distinguer, Discriminer

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 17 décembre 2016

Dans la Foi toute vraie on ne refuse rien,
mais si le faux y entre il faut discerner bien.

Si l’évidence est aussi sérieuse qu’elle le paraît pour que des miracles eucharistiques aient lieu dans le cadre de la nouvelle messe – et il se peut que de tels miracles n’arrivent pas rarement, l’un des plus récent étant rapporté de Legnica, en Pologne le jour de Noël 2013 – certains d’entre nous devrons bien refaire nos calculs.

Voici comment un lecteur exprime son désarroi : « Dieu ne peut pas se contredire, donc ces miracles ne peuvent pas contredire la doctrine de son Eglise. Or, la nouvelle messe contredit la doctrine catholique essentielle sur la Messe. Donc ou bien ces miracles sont faux, ou bien la nouvelle messe est de Dieu, mais dans ce cas-là comment justifie-t-on que les traditionalistes s’accrochent à la Tradition ? Car si la nouvelle messe qui est au cœur de la Néo-église est confirmée par des miracles, alors la Néo-église aussi est confirmée par Dieu, et les Papes conciliaires, et je suis obligé de leur obéir. L’obéissance sélective mais défendue, n’est-ce pas ? » Cher ami, l’obéissance sélective est aujourd’hui votre devoir absolu, si vous voulez garder la foi, comme vous devez absolument le faire.

Car « obéir sélectivement » s’appelle aussi « distinguer » et tous nous devons distinguer, à longueur de journée. C’est le bon sens, et St Thomas d’Aquin le fait tout au long de sa miraculeuse Somme Théologique. Voyons de plus près l’argument de notre ami.

Le problème de fond, c’est la nouvelle messe. Or la nouvelle messe est un rite de la messe, un livre de plusieurs centaines de pages, même mille, qui contient beaucoup de choses. D’un point de vu catholique ce rite comme un tout est incontestablement mauvais, parce qu’il change radicalement la Messe. D’un sacrifice propitiatoire centré sur Dieu, il en fait un repas de communauté centré sur l’homme. Or la plupart des catholiques vivent leur religion en assistant à la Messe, ce qui fait que si le concept change, effectivement c’est leur religion qui change. Voilà pourquoi la nouvelle messe est l’agent principal de la destruction de la vraie Eglise, et le moteur principal de la Néo-église. Et voilà la raison pour laquelle la nouvelle messe comme un tout est non seulement mauvaise, mais très mauvaise. Mais cela ne signifie pas que toutes ses parties, en tant que parties, sont mauvaises. Comme partie, quelques-unes sont encore catholiques, parce qu’il a fallu qu’elles le fussent pour tromper le grand nombre de prêtres au moment de son introduction en 1969, et pour leur faire penser qu’elle n’était pas essentiellement différente de la Messe de St Pie V, surtout dans la Consécration. Autrement ces prêtres l’auraient refusée, et elle aurait été impuissante à détruire l’Eglise. Donc la nouvelle messe quant à ses parties est mi-bonne mi-mauvaise, tandis que comme un tout elle est ambiguë, perfide, une œuvre absolument pas correcte.

N’empêche, du côté des hommes « Tout est pur pour ceux qui sont purs » (Tit. I, 15), et alors pour les âmes innocentes qui ignorent encore son danger intrinsèque pour la foi, la nouvelle messe par sa Consécration et ses bonnes parties est capable de transmettre la grâce et de nourrir spirituellement, surtout lorsque le célébrant étrangle moins ces dernières en rendant aussi catholique que possible les ambiguïtés. Et du côté de Dieu, le proverbe dit bien qu’ « Il écrit droit avec les lignes courbes », et alors les parties mauvaises ne L’empêche pas nécessairement de faire des miracles avec les parties catholiques pour nourrir les innocents et avertir les coupables.

Donc, d’un côté, la nouvelle messe comme un tout est très mauvaise, et les traditionalistes sont absolument nécessaires à l’Eglise pour en témoigner et pour assurer une vraie Messe, aux âmes quand elles se rendront compte de sa nocivité, ce qu’elles font à divers moments et à diverses vitesses. Aussi les traditionalistes pourront-ils aider ces âmes à garder la foi jusqu’à la fin de la crise de l’Eglise. D’un autre côté la nouvelle messe est encore assez bonne en partie pour nourrir ces âmes innocentes et pour permettre à Dieu d’opérer des miracles, là encore pour nourrir les âmes ou pour les avertir. Le bon Dieu ne confirme par-là, ni la nouvelle messe comme un tout, ni la Néo-église comme un tout, ni les Papes conciliaires comme un tout, mais Il compte sur le cerveau et la foi qu’Il m’a donnés pour discerner le bien du mal. Vive la discrimination. Il ne veut pas pour son Ciel glorieux des robots sans intelligence !

Kyrie eleison.

15 décembre 2016

[Frère Bruno de Jésus-Marie - Contre Réforme Catholique au XXIe Siècle] Le Pape François et le MASDU

SOURCE - Frère Bruno de Jésus-Marie - Contre Réforme Catholique - décembre 2016

L’erreur dénoncée par l’abbé de Nantes en 1982, qui consiste à désigner la Russie comme l’ennemi suprême, peut aujourd’hui conduire à la guerre mondiale si les armées occidentales s’interposent entre l’armée russe, alliée de Bachar el-Assad, et les rebelles islamistes que nous appuyons en Syrie au sein de la coalition conduite par les États-Unis contre Bachar el-Assad.

Le chef d’état-major de l’armée américaine, Mark Milley, a même déclaré que la guerre avec la Russie est «  quasi certaine  »… C’était à la veille des élections. Avec Hillary Clinton, on y allait tout droit, au nom de la crise ukrainienne, via la guerre en Syrie et l’extension de l’Otan aux portes de la Russie, contrairement au pacte scellé en 1991 avec ce pays.

Même sans la guerre mondiale, cette hostilité déclarée a déjà fait des dégâts, puisque la Russie se jette dans les bras de la Chine et lui apporte sa technologie militaire et son énergie.

C’est ainsi que nous nous dirigeons, en définitive, vers le communisme mondial prophétisé par sœur Lucie. Et il est terrifiant de songer que la seule “ religion ” à s’y opposer est l’islam  !

Et cela non pas seulement du fait de notre République laïque, anticléricale et antichrist, mais aussi du fait de l’apostasie pratique de l’Église catholique romaine elle-même  ! Je dis bien apostasie “ pratique ”, parce que notre Saint Père le pape François, à la différence de ses prédécesseurs conciliaires, a la foi “ théorique ”, dogmatique  : c’est sûr et certain. Chacune de ses catéchèses, ou homélies et Angélus, est une profession de foi, une preuve d’orthodoxie. Mais il continue de plus belle à manifester dans sa “ pastorale ”, une “ hétéropraxie ” inaugurée par les papes Jean XXIII et Paul VI, aujourd’hui respectivement canonisé et béatifié pour mettre le comble à notre «  désorientation  », qui, pour être conciliaire, n’en est pas moins «  diabolique  ».

Comme on a pu le voir en Suède, lorsque le pape François s’est trouvé encadré par deux “ papes ” comme lui, affichant avec une incroyable insolence leur rébellion contre le Christ et sa divine Mère à l’occasion du cinq centième anniversaire de la révolte luthérienne  : 31 octobre 1517 – 31 octobre 2017, qui marquera l’an prochain, au même mois, le 13 octobre  ! le centenaire du miracle du soleil tombant sur la terre en avertissement divin, sur un geste de Marie, «  pour que tout le monde croie.  »

«  Mais le Christ, lorsqu’il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre  ?  » (Lc 18, 8)

Plagiant saint Pie X dans sa Lettre sur le Sillon, il est permis de se scandaliser, de s’indigner  : «  Que penser d’un Pape qui, entrant en Suède, laisse son catholicisme à la porte, pour ne pas effrayer les disciples de Luther  », bien plus  ! déclare que «  ce qui nous réunit, luthériens et catholiques, l’emporte sur ce qui nous divise  ». Vraiment  ? Le Saint-Sacrifice de la messe, la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, éliminés du programme du voyage du Pape, par une volonté de celui-ci, précisément au nom de «  ce qui nous réunit  », de l’œcuménisme  ? Ce sont des détails  ! Sans oublier les sacrements  : de l’ordre – cette femme revêtue insolemment des insignes de l’épiscopat en sa présence  ! – du mariage, “ pour tous ”, y compris les homos…

Le cardinal Marx au dôme du RocherAvant de quitter Rome, le pape François avait expliqué dans une entrevue accordée à la revue jésuite La Civiltà Cattolica pourquoi il avait décidé de ne pas célébrer la Messe pour les catholiques. Vous comprenez, «  on ne peut pas être catholique et sectaire  ». Non, je ne comprends pas. Les 120 000 catholiques suédois, non plus, sans doute tellement sectaires qu’ils n’ont pas supporté de voir le Pape venir sans un regard pour eux, une veille de Toussaint  ! Ils ont tant “ protesté ” (  !) que François a accepté de prolonger d’une matinée son voyage pour célébrer une messe, le jour de la Toussaint. Mais Jean-Marie Guénois, que personne ne soupçonnera d’être sectaire, pose la question angoissante  : «  Le Pape serait-il plus protestant que catholique  ?  »

Le Masdu, la grosse bête puante introduite dans l’Église par Paul VI, est bien vivant  : le président du Comité des évangélistes allemands, Heinrich Bedford-Strohm et le cardinal catholique munichois Reinhard Marx, accompagnés d’une délégation, se sont rendus en octobre dernier en pèlerinage en Israël. Outre les Lieux saints, ils ont également visité le dôme du Rocher. Le cardinal Marx est membre du “ Conseil des neuf cardinaux ” qui assiste le Pape «  pour réformer la Curie  ». Ladite “ Réforme ” consistera-t-elle à «  évacuer la Croix du Christ  », comme l’a fait le cardinal en ôtant le crucifix de sa poitrine à la demande de son hôte musulman  ?
LA COLÈRE DE DIEU
Les médias ont diffusé les images des dégâts causés par le tremblement de terre qui a frappé en août dernier le centre de l’Italie. Des villages comme Amatrice ont été dévastés. La tragédie a même conduit le pape François à remplacer la catéchèse du mercredi par la récitation du chapelet, place Saint-Pierre.

Cependant, au milieu de la désolation, un “ signe ” a brillé  : une statue de la Sainte Vierge a été retrouvée intacte à Pescara del Tronto. Répétant le même “ signe ” qui avait bouleversé l’Équateur, autre pays durement frappé par un séisme, en avril.Une statue de la Sainte Vierge a été retrouvée intacte à Pescara del Tronto.

Ce ne sont pas des “ miracles ” à proprement parler, mais seulement des “ signes ” donnés à ceux qui ont encore la foi. Le mardi 1er novembre, le Pape était encore en Suède. Le centre de l’Italie était de nouveau secoué par une forte réplique d’une magnitude de 4, 8 sur l’échelle de Richter (La Croix du 2 novembre 2016).

Est-ce assez clair  ? Depuis les deux séismes qui ont précédé celui-là, 40 000 personnes sont sans toit, dont 25 000 dans les Marches.

«  Selon l’Institut national de géophysique et vulcanologie (INGV), l’épicentre se situait au cœur de la province de Macerata, dans les Marches. “ Nous avons constaté de nouveaux écroulements et l’église risque de s’effondrer, je vais devoir la faire démolir pour libérer le village ”, se désole le maire d’Ussita, Marco Rinaldi.

«  Ussita compte parmi les dizaines de bourgs antiques dévastés comme après un bombardement. Son cimetière n’est plus que poussière. Toujours dans les Marches, Castelsantangelo sul Nera est un village fantôme. “ Tout s’écroule. C’est comme la fin du monde. Il ne reste que cinq éleveurs près de leur bétail ”, soupire le maire Mauro Falcucci.  » (ibid.)

Toute la nuit du dimanche 6 novembre au lundi 7, le vent et la pluie ont provoqué de nombreux dégâts à Rome même  : routes inondées, arbres et pylônes électriques arrachés, le bilan faisait état, le 7 novembre, de deux morts et de dizaines de blessés. Dans une ville à 50 km de Rome, c’est un pan entier d’un immeuble qui s’est effondré. «  Nous ne pouvons prévoir l’évolution de cette crise sismique, mais il faut s’attendre à d’autres répliques puissantes.  » (ibid.)

Le Père Giovanni Cavalcoli, théologien chevronné, s’est exprimé dimanche 30 octobre, jour du puissant séisme de 6, 5 qui a frappé la région centrale de l’Ombrie  : les secousses sismiques constituent une «  punition divine  » pour «  l’offense à la famille et à la dignité du mariage  », a-t-il déclaré sur “ Radio Maria ” qui a dû quelques jours plus tard prendre ses distances avec le prêtre.

Le Vatican a réagi vendredi soir de manière particulièrement cinglante, en jugeant que la notion d’un Dieu vengeur était «  une vision païenne  » remontant «  à l’ère préchrétienne  ». Les propos du prêtre sont «  offensants pour les croyants et scandaleux pour les non-croyants  », a fustigé l’archevêque italien Angelo Becciu, numéro deux de la secrétairerie d’État du Vatican (plus important “ ministère ” assistant le Pape), selon des propos rapportés dans les médias. Demandant «  pardon  » aux victimes des tremblements de terre, il a rappelé qu’elles avaient «  la solidarité et le soutien  » du pape François.

Pas de quoi ébranler le père Cavalcoli dans ses convictions  : il a répété dans la foulée au micro d’une autre radio que les tremblements de terre étaient bien provoqués par «  les péchés de l’homme  ».
          
«  Le Vatican  ? Qu’ils révisent leur catéchisme  !  »
  
Et leur Écriture sainte  ! «  En ce même temps survinrent des gens qui lui rapportèrent ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs victimes. Prenant la parole, il leur dit  : «  Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens  ? Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement. Ou ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem  ? Non, je vous le dis  ; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même. ”  » (Lc 13, 1-5)
L’EXEMPLE DE LA RUSSIE
Les Moscovites qui contournent les murailles du Kremlin par l’ouest, peuvent désormais contempler une statue géante du prince Vladimir portant sa croix. Il y a mille ans, ce petit-fils de sainte Olga, princesse de Kiev, baptisé, lui et tout son peuple, en 988, tel Clovis cinq cents ans plus tôt, de débauché qu’il était, devient saint d’un seul coup. «  Son royaume de Kiev est le modèle des États chrétiens, aux mœurs évangéliques, comme devint après le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) la Normandie de Rollon.  » (Georges de Nantes, La Russie avant et après 1983, CRC n° 184, décembre 1982, p. 17)

Le samedi 5 novembre, Vladimir Poutine a inauguré le monument avant que le patriarche Kirill le bénisse en présence des plus hautes autorités de l’État… et de Dieu. Le prince «  a posé les bases morales qui ont jusqu’à présent déterminé notre vie  », a déclaré le chef du Kremlin, appelant ses concitoyens à «  s’appuyer sur son héritage spirituel pour rester unis contre les défis et menaces contemporaines  ».

Plus de 80 000 personnes ont défilé de la place Pouchkine jusqu’aux murailles du Kremlin. Les fanions des Républiques russes côtoyaient les drapeaux à l’effigie du Christ. Il ne manque plus que la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie prononcée par le pape François et par les évêques catholiques, par obéissance à cette Médiatrice.Statue géante du prince Vladimir portant sa croix.

Mais dès maintenant, c’est attirant, plus que l’Europe islamisée. L’élection présidentielle en Moldavie vient de montrer que, dans le pays le plus pauvre du vieux continent, l’Union européenne a perdu de son attractivité. Le prochain chef de l’État sera un ami de la Russie. Même résultat en Bulgarie, membre de l’Union européenne. Le sultan Erdogan lui-même respecte plus Poutine, qui l’a sermonné “ vertement ”, c’est le cas de le dire  ! que l’Union européenne qui a cédé à son chantage financier sur les réfugiés.

Donald Trump lui-même… envisage en Syrie une alliance militaire avec la Russie de Vladimir Poutine, soutien de Bachar el-Assad.

En tout cas, le siège de Mossoul par la “ coalition ” menée par les États-Unis, met en lumière l’hypocrisie des indignations occidentales contre le siège d’Alep mené par la Russie. Au 15 novembre, 50 000 civils avaient déjà fui la ville de Mossoul pour échapper à la bataille. La différence tient dans les errements politiques et l’inefficacité militaire de la bataille de Mossoul, conduisant à un redéploiement des djihadistes de cette ville vers la Syrie. Ce qui était sans doute le vrai motif de la reconquête de Mossoul  : affaiblir le régime syrien et son allié russe. C’est d’autant plus clair qu’au siège de Mossoul s’ajoute l’attaque de Raqqa, en territoire syrien, activement soutenu par les États-Unis, qui fournissent un appui aérien, des armes et des formateurs aux Forces démocratiques syriennes (FDS), créées en octobre 2015, regroupant des Kurdes, des rebelles de l’Armée syrienne libre, formée en 2011 pour renverser Bachar el-Assad, ainsi que des chrétiens syriaques et des représentants des tribus locales.

Le 17 novembre 2016, le Pape a dénoncé la «  cruauté  » qui sévit en Syrie où «  chacun cherche son intérêt  ». Devant les membres de la Caritas internationalis, il a plaidé pour le maintien de la présence de l’Église au Moyen-Orient. Tandis que «  ce qui se passe aujourd’hui en Syrie est pure cruauté, un “ laboratoire de la cruauté ”  ».

Le Pape a proposé une «  révolution de la tendresse  » qui est «  ce grand geste du Père  » qui a envoyé son Fils «  qui s’est fait proche de nous, en devenant l’un de nous  ».

«  Ce fondement de la tendresse, a-t-il insisté, n’est pas une idée  : c’est l’essence de notre Dieu qui est à la fois Père et Mère.  » Parole d’or  !

Un seul homme au monde ne cherche pas son intérêt, dans l’actuel concert international, et peut poser l’acte fondateur du règne de la tendresse de Dieu  : c’est notre Saint Père le pape François, en consacrant la Russie au Cœur Immaculé de Marie conformément à la demande qu’en a faite la Mère de Dieu le 13 juillet 1917.

frère Bruno de Jésus-Marie.