1 octobre 2013

[SPO] Photos du jour : La messe traditionnelle hier !

Messe avant le débarquement (1944)
SOURCE - SPO - 1er octobre 2013
Le blog Missa in Latino nous livre une série de photos de messes célébrées entre 1940 et 1950 reprises du blog Santa Iglesia militante (Argentine) (Ce dernier semble ne plus fonctionner aujourd’hui).

Ces photos nous rappellent que même en temps de guerre ou dans des conditions difficiles, la messe était célébrée dignement, avec un véritable esprit d’adoration et dans une foi ardente, bien loin de ce que l’on peut malheureusement certaines fois voir aujourd’hui !

[Michèle Méreau - Sud Ouest] Pèlerinage et messe en latin le dimanche soir

SOURCE - Michèle Méreau - Sud Ouest - 1er octobre 2013

Un collectif Saint-Benoît s’est constitué à Blaye. Il participe au pèlerinage de l’île Madame à la mémoire des prêtres déportés pendant la Révolution française.
 

Une vingtaine de paroissiens blayais ont effectué un pèlerinage à l’île Madame, près de Rochefort, début septembre. Une initiative du Collectif Saint-Benoît de Blaye qui pourrait bien être reconduite chaque année désormais. Le pèlerinage de l’île Madame est connu et suivi par des chrétiens de la France entière pour rendre hommage à 829 prêtres martyrs déportés sur cette île durant la Révolution française et dont beaucoup périrent avant de partir pour le bagne de Cayenne.
Rite romain
« Les méditations et prières ont été assurées et coordonnées par le père abbé de Blaye Jean-Christophe Slaiher et M. le chanoine de Ternay », explique Jean-Jacques Boiffier, membre du collectif constitué il y a quelques mois et reconnu par l’évêque de Bordeaux.

Le Collectif Saint-Benoît pratique la messe traditionnelle chaque dimanche soir dans l’église Saint-Romain-de-Blaye. Le chanoine Thibaut de Ternay y officie selon « la forme extraordinaire du rite romain », en latin, dos aux fidèles. Une célébration où l’on ne communie pas sans avoir été confessé (1).

« Nous ne sommes pas une association, ni même un collectif avec des objectifs définis pour ou contre quelque chose. Nous sommes seulement des chrétiens qui, avec Louis Riglet en tête, avons décidé en accord avec les autorités religieuses de nous regrouper autour de quelques idées », précise Jean-Jacques Boiffier. « Pas intégristes et totalement apolitiques - comme chez tous les catholiques de France il y a des gens de tous les partis », affirme ce membre actif du collectif.
Une tradition culturelle
Jean-Jacques Boiffier convient que quelques-uns d’entre eux seraient tentés par l’instauration d’une royauté moderne, à l’instar des monarchies parlementaires que l’on retrouve ailleurs en Europe. Les membres se définissent simplement comme des personnes attachées à une tradition d’ordre culturel.

« Nous aimons la messe en latin. Cela nous fait rajeunir, de nous rappeler nos années d’études », dit en riant Jean-Jacques Boiffier.
À la mémoire des prêtres
À l’île Madame, les pèlerins se rassemblent pour prier et rappeler les sévices que subirent les prêtres réfractaires avant leur déportation. Lorsqu’en 1794 le typhus se déclare un hôpital de fortune est installé sous tentes sur l’île Madame. 228 prêtres seulement en réchapperont.

Plusieurs de ces prêtres réfractaires ont été enfermés dans les cachots de l’ancienne prison de la citadelle de Blaye (actuel bâtiment de la manutention) ainsi que dans les geôles de fort Pâté. En 1999, l’association OS a mis au jour des chapelles ardentes sculptées par les prêtres prisonniers qui furent libérés en 1795. Le Collectif Saint-Benoît pense aussi rendre dans la citadelle hommage à ces prêtres l’an prochain. « Ils ont pardonné à leurs bourreaux ! C’est un message de tolérance très fort », souligne Jean-Jacques Boiffier. « Notre collectif prie et veut agir pour davantage de tolérance comme avec ce pèlerinage. Mais la tolérance c’est aussi, à l’inverse, respecter nos idées».
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(1) En Gironde, la messe en latin selon « la forme extraordinaire du rite romain » est célébrée dans trois autres lieux de culte : l’église Saint-Bruno et l’église Saint-Éloi à Bordeaux ainsi que dans la chapelle Saint-Germain d’Auros, près de Langon, où officie également le chanoine Thibaut de Ternay.

[Paix Liturgique] Un pape pour tous, pasteur d'une Eglise pour tous, même pour les fidèles "extraordinaires"

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°407 - 1er octobre 2013

Cité du Vatican, 25 septembre 2013 (VIS) 
Durant l'audience générale tenue ce matin Place Saint-Pierre devant plus de 40 000 personnes, le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse sur l'Église, rappelant que dans le Credo on professe son unité. L'Église, qui est unique, est unité en elle-même, bien que répandue sur tous les continents en près de 3 000 diocèses: « L'unité dans la foi, l'espérance et la charité, dans les sacrements et dans le ministère, soutient et tient ensemble le grand édifice qu'est l'Église. Où qu'on aille, dans la plus petite paroisse, au fin fond de la planète, il y a l'Église, l'unique Église. Nous y sommes chez nous, en famille, entre frères et sœurs. C'est là un grand don de Dieu. L'Église est une mais pour tous, non pour les seuls Européens, ou une pour les Africains, une autre pour les Américains, les Océaniens. Non elle est une et pareille partout, à l'instar d'une famille dont les membres peuvent être éparpillés sans perdre les liens les unissant. Peu importent les distances!». 
Puis le Pape a reparlé des récentes JMJ de Rio, riches de tant de visages, de langues, d'origines et de cultures différentes : « Mais on ressentait l'unité profonde que caractérise l'unique Église, on ressentait cette union de tous que nous ressentons ce matin également. Le chrétien ne peut dire « non, cela ne m'intéresse pas » et rester enfermé dans un petit groupe comme en lui-même, au risque de privatiser l'Église entre amis. Comme catholique, je ressens cette unité et je la vis... Il serait triste d'avoir une Église privatisée par l'égoïsme et un manque de foi. Restons donc tous unis et demandons-nous si nous prions vraiment les uns pour les autres. Prions-nous pour les chrétiens persécutés, pour nos frères et sœurs qui souffrent à cause de leur foi ? Il est important de se projeter au dehors de notre horizon personnel pour se sentir membre de la famille qu'est l'Église. Et puis demandons-nous aussi s'il existe des blessures à l'unité de la famille de Dieu... Il y a parfois des incompréhensions, des tensions et des conflits qui blessent une Église qui n'a pas le visage que nous voudrions, lorsqu'elle ne manifeste pas la charité voulue par Dieu. Mais nous sommes les responsables de ces lacérations. Face aux divisions qui demeurent entre catholiques, orthodoxes et protestants, nous constatons combien il est difficile de rendre pleinement visible l'unité de l'Église. Dieu nous a offert l'unité que nous avons du mal à vivre. Il faut donc faire des efforts, bâtir la communion, éduquer à la communion, dépasser incompréhensions et divisions... car ce monde a lui aussi besoin d'unité, de réconciliation et de communion. Or l'Église est une maison de communion!». 
Citant enfin l'épître de Paul aux Éphésiens, le Pape François a souligné combien le maintien de l'unité dépend de la paix, et que cela nécessite humilité, douceur, magnanimité et amour, des vertus qui sont le fruit de nos efforts. L'Esprit les concède, qui est l'auteur de l'unité dans la diversité car il est harmonie. C'est pourquoi nous devons tous demander au Seigneur de nous tenir unis, de ne pas être des instruments de division. « Comme le dit une belle prière franciscaine, nous devons prendre l'engagement à porter l'amour là où règne la haine, le pardon là où règne l'offense, l'union là où il y a discorde».
LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1 – Le Pape François, en évoquant un thème aussi général que celui de l'unité de l'Église que nous professons à chaque Credo, interpelle chaque catholique : pape, évêques, prêtres et laïcs. À la différence de son prédécesseur qui sur ce thème aurait professé une haute synthèse théologique, François, à travers ses paroles simples et fortes, nous donne des axes concrets à suivre : travailler chacun à sa place à la paix et à l'unité de l'Église. Vaste programme : les « incompréhensions », les « lacérations », les « tensions » dont il parle existent, hélas, à tous niveaux, dans tous les diocèses, les groupes, les communautés, les mouvements. Merci, Très Saint Père, pour ce rappel si évident mais si nécessaire : travailler à l’union dans la charité ! Et par exemple, posons-nous dès lors la question : sommes-nous crédibles lorsque nous disons œuvrer pour la paix et l'unité de l'Église, lorsque nos prières universelles débordent de paroles d'amour, d'accueil et de partage, et que nous rejetons concrètement les aspirations de nos frères qui ne partagent pas notre sensibilité liturgique, « l'Église qui n'a pas le visage que nous voudrions » en somme ?

2 – Une Église pour tous ? Chiche ! « L'Église est une mais pour tous, non pour les seuls Européens, ou une pour les Africains, une autre pour les Américains, les Océaniens », dit le Saint-Père. Et donc on peut aussi dire : « L'Église est une mais pour tous, non pour les seuls pratiquants de la forme ordinaire, ni d’ailleurs pour les seuls de la forme extraordinaire (mais il y peu de danger qu’advienne cette dernière dérive…) ». Car il convient de commencer par balayer la désunion ici et maintenant, devant notre porte. Il serait bien vain de se dire disciple de Jésus-Christ et d'applaudir à ce magnifique discours de François sans se remettre en question sur la question de (l'absence de ?) la paix liturgique dans chacun de nos diocèses, chacune de nos paroisses. L'unité dont parle le Pape ne saurait se construire en choisissant les thèmes sur lesquels elle devrait s'appliquer et en excluant ceux qui nous gênent. La liturgie, qui est par essence le lieu d'expression de la foi catholique et donc de l'unité de l'Église dans la diversité légitime, est un sujet essentiel quant à l'édification de l'unité de l'Église. Force est hélas de constater que, en dépit du changement de mentalité indéniable des dernières années quant à la célébration de la forme extraordinaire dans les paroisses, « il y a parfois des incompréhensions, des tensions et des conflits qui blessent » les fidèles et les prêtres attachés à la forme extraordinaire de l'unique rit romain – lesquels demeurent, dans bon nombre de diocèses, des catholiques de seconde catégorie, des sous-catholiques qui ne méritent rien d'autre que le ghetto et la « parenthèse miséricordieuse ». Comment expliquer que l'Église, qui se veut une, soit le dernier lieu où en 2013 l'apartheid est encore en vigueur dans bon nombre de diocèses ? Parce que nous avons tous une part de responsabilité et parce que nous sommes tous, à des degrés divers, « les responsables de ces lacérations », il appartient à chaque catholique, pape, évêques, prêtres et laïcs, de poser des actes concrets pour que cessent ces lacérations et ces blessures.

3 – Le tout est dans chaque partie. C’est ce principe ecclésiologique qu’évoque le Saint-Père lorsqu’il dit : « Où qu'on aille, dans la plus petite paroisse, au fin fond de la planète, il y a l'Église, l'unique Église. Nous y sommes chez nous, en famille, entre frères et sœurs. C'est là un grand don de Dieu ». On peut le dire de même de chaque célébration du Saint-Sacrifice de la Messe, qui en quelque sorte « contient » toute l’Église. On peut donc et même on doit dire : « Où qu'on aille, dans la plus petite messe extraordinaire, au fin fond d’une chapelle ou d’une église concédée bien souvent à la périphérie géographique et morale, il y a l'Église, l'unique Église. Nous y sommes chez nous, en famille, entre frères et sœurs. C'est là un grand don de Dieu ». On y est même davantage chez soi, dans la mesure où l’union n’est pas seulement sensible du point de vue actuel, mais où elle est manifestée de manière très forte du point de vue historique, par la qualité traditionnelle de la célébration en forme extraordinaire. 

4 – Rappelons d’ailleurs que la forme extraordinaire du rit romain peut et doit jouer un rôle dans l'édification de l'unité de l'Église. Où qu'on aille, en Europe, en Afrique, en Amérique ou en Océanie, la forme extraordinaire est vecteur d'unité : 

  • D’une part, l'usage du latin comme langue universelle, le respect des rubriques qui permet au prêtre de s'effacer derrière le mystère du sacrement et qui offre une ressemblance saisissante de la célébration, quel que soit l'endroit où cette liturgie est célébrée. Voilà un trésor commun à toute l'Église et qui transcende les peuples, les races et les cultures.
  • Et d’autre part, le fait de puiser dans les richesses de la tradition rattache plus directement à l’enseignement de la foi une qu’elles véhiculent et qui fondent solidement l’Église une.

5 – Comme nous sommes heureux d'entendre François mettre en garde contre le « risque de privatiser l'Église entre amis » ! Combien de fois les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rit romain n'ont-ils pas eu l'impression, lorsqu'ils demandaient à leur curé l'application du Motu proprio Summorum Pontificumdans leurs propres paroisses, de ne pas faire partie de la famille ou de gêner ? Et comme si une forme liturgique s’était appropriée la paroisse, l’avait privatisée, on répond souvent : « Retournez chez Mgr Lefebvre ! » même à ceux, très nombreux, qui se sont contentés d'être silencieux dans leur paroisse depuis des décennies. « On ne veut pas de votre messe en latin, les paroissiens ne comprendraient pas »... Que de paroles d'exclusion n'avons-nous pas entendues de la part de ceux qui s'émerveillent des paroles de François ! Combien de mensonges, de manœuvres déloyales ont et continuent d'être utilisés contre les justes aspirations de ce que les organisateurs du pèlerinage à Rome appellent avec justesse le « peuple Summorum Pontificum»?

6 – Redisons une fois encore, pour conclure, combien la célébration de la forme extraordinaire du rit romain dans le cadre paroissial, à un horaire familial, par le curé de la paroisse, nous semble être un gage de paix et d'unité. Tous rassemblés dans la même paroisse et gardés dans l'unité par le curé, père de tous.

Voilà un petit pas simple, à la portée de toutes les paroisses. Ne pas tenter cette expérience si évidente, ne serait-ce pour commencer qu'un dimanche par mois, c'est se priver d'un moyen concret et facile de construction de l'unité. Il sera bien vain de vouloir faire de grandes choses et de rêver d'unité universelle si l'on n'est pas capable de commencer par nos propres paroisses, où et qui que nous soyons.

Pas de communautarisme, pas de privatisation. Pas d'exclusion au motif que nous ne sommes qu’une « sensibilité ». Ne serions nous qu’une sensibilité, nous aurions droit à l’existence, mais nous revendiquons en outre cette sensibilité dans sa signification la plus forte, celle de sens de la foi. Nous demandons l'Église pour tous en somme!