30 novembre 2011

[Patricia Briel - Le Temps] Les intégristes rejettent une proposition du Vatican

SOURCE - Patricia Briel - Le Temps - 30 novembre 2011

La Fraternité Saint-Pie-X exige des modifications dans le document soumis par le Vatican en septembre dernier Après deux ans de négociations avec le Vatican, les intégristes schismatiques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) ont rejeté le Préambule doctrinal que Rome leur a soumis à la mi-septembre. Un prélude à l’échec définitif des discussions doctrinales? C’est fort possible: durant le processus, les intégristes n’ont jamais manifesté la plus petite ouverture sur les positions du Concile Vatican II concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, des points pourtant fondamentaux du Concile, auxquels le Vatican ne saurait renoncer sans renier cinquante ans d’histoire de l’Eglise. Bien au contraire, chaque fois qu’ils en ont eu l’occasion, les intégristes ont condamné ces positions.

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité, laisse toutefois croire qu’une discussion est encore possible. Dans un entretien qu’il a donné au site internet www.dici.org, l’organe de communication de la FSSPX, il explique qu’il a l’intention de faire une contre-proposition au Vatican. «Le Préambule doctrinal qui nous a été remis est un document qui, comme l’indique la note qui l’accompagne, peut recevoir des éclaircissements et des modifications, dit Mgr Fellay. Ce n’est pas un texte définitif. Nous adresserons sous peu une réponse à ce document en indiquant avec franchise les positions doctrinales qu’il nous paraît indispensable de tenir.» Mgr Fellay souligne qu’une marge est prévue pour une «légitime discussion» sur certains points du Concile Vatican II.

Un Préambule secret


«La seule doctrine ne varietur, c’est bien évidemment le Credo, la profession de foi catholique, poursuit l’évêque. Le Concile Vatican II s’est voulu pastoral; il n’a pas défini de dogme. Il n’a pas ajouté aux articles de foi: «Je crois en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité…» Le Credo ne serait-il plus suffisant aujourd’hui pour être reconnu comme catholique?»

Le texte du Préambule est resté secret jusqu’à maintenant. Le Vatican craint-il la réaction de ses ouailles? Le Préambule fait-il des concessions importantes aux intégristes? C’est ce que laisse entendre Mgr Fellay: «Ce texte risque fort de susciter l’opposition des progressistes qui n’admettent pas la simple idée d’une discussion sur le Concile, parce qu’ils considèrent que ce concile pastoral est indiscutable ou non négociable.»

La contre-proposition de Mgr  Fellay pourrait être envoyée au Vatican avant Noël.

[Jean-Marie Guénois - Le Figaro] Benoît XVI va-t-il accepter les requêtes des intégristes?

SOURCE - Jean-Marie Guénois - Le Figaro - 30 novembre 2011

Je vois deux lectures fondamentalement opposées de l'interview donnée par Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X à propos des négociations en cours avec Rome. Les uns retiennent qu'il juge irrecevable, en l'état, le « Préambule doctrinal » qui lui a été remis le 14 septembre dernier comme base d'un accord cadre pour un éventuel retour dans l'Eglise catholique. Les autres qu'il amende - comme demandé d'ailleurs par le Saint-Siège - ce document de travail, pour poursuivre la négociation selon la méthode convenue pour parvenir, pas à pas, à un accord.

Je me garde bien de trancher dans un sens ou dans un autre. Pour l'heure tout va vraiment dépendre de la réponse romaine à la réponse de Mgr Fellay.

Et rien n'indique que le Saint-Siège ne lui donne pas satisfaction dans la mesure où jusque là, selon la volonté de Benoît XVI, toutes ses demandes ont été exaucées (levée des excommunications, normalisation de la messe selon l'ancien rite, confrontation théologique sur le Concile Vatican II). Et à quel prix ! Faut-il rappeler les dégâts causés par l'affaire Williamson ? En ce sens, d'une certaine manière, Benoît XVI qui veut la réconciliation, n'a plus rien à perdre.

On sait également - c'est une donnée paradoxale de cette recherche d'accord - que Rome assume le désaccord quasi-total à propos du Concile Vatican II ! Il a été dûment constaté, je dirais même scientifiquement constaté, après les fameuses discussions théologiques entre experts des deux parties sur l'objet de la rupture, le Concile Vatican II.

C'est ce point que l'on comprend mal de l'extérieur. Beaucoup estiment que ce désaccord dont l'interview de Mgr Fellay donne une image précise représente un point de rupture alors qu'il représente pour Rome un point de départ. C'est en connaissance de cause, sur la base de ce désaccord que le « préambule théologique » a été proposé à Mgr Fellay.

Dès lors, la partie vraiment sérieuse, historique, commence.

Si Rome va dans le sens des nouvelles demandes de Mgr Fellay - et le Saint-Siège qui n'est pas un débutant en matière de négociations - s'y expose en proposant cette méthode progressive de mise au point commune d'un texte, alors le tournant sur « l'herméneutique » de la continuité à propos du Concile Vatican II, porté par Benoît XVI, ne sera plus une intention mais un acte majeur du pontificat et de l'Eglise catholique.
Non que l'Eglise catholique revienne sur le Concile Vatican II comme Mgr Fellay le souhaite, mais elle relativiserait la portée de certains de ses contenus. Et ce dans le cadre d'une « discussion légitime » - concept clé et nouveau qui est apparu à la faveur de ces récentes négociations avec Ecône.

Autrement dit, cela marquerait non pas « la victoire des intégristes sur les progressistes » mais la fin d'une certaine « sacralisation » du Concile Vatican II dans l'Eglise catholique et le début d'une réconciliation - elle sera longue - avec son passé récent et sa « tradition ». C'est en tout cas exactement ce que Benoît XVI vise.
Reste, côté Lefebvriste, à entrer dans cette intelligence historique du Pape actuel.

Il leur est favorable comme aucun autre membre potentiellement éligible de l'actuel collège des cardinaux. Cette occasion ne se représentera donc plus pour eux. S'ils ne reviennent pas, la notion de « schisme » contestée par les Lefebvristes, reprendra inévitablement au fil des années une consistance même si elle sera toujours canoniquement discutée sur le papier. Tôt ou tard il faudra en effet ordonner de nouveaux évêques sans l'aval de Rome.

L'interview de Mgr Fellay indique qu'il est conscient de cet enjeu. Conscient aussi que la mission qu'il s'est assignée de résister au nom de la « tradition » dans ou hors de l'Eglise a non seulement gagné en crédibilité mais aussi en... réalité. Que l'on soit pour ou contre, ou indifférent, il faut bien le reconnaître comme un fait objectif.

Bien sûr cette bataille ne concerne pas toute l'Eglise catholique, elle est souvent qualifiée de « française » à Rome. Mais elle est symbolique de l'évolution actuelle de l'Eglise catholique et, en ce sens, elle n'est pas banale ou anecdotique.

Il suffit pour s'en rendre compte de l'impact qu'aura l'annonce, positive ou négative, de l'issue des ces discussions :
  • Négative, elle sera lue comme l'un des échecs majeurs du pontificat, voire l'échec du pontificat à vues humaines bien sur.
  • Positive, elle sera lue comme un tournant majeur de l'Eglise catholique au début du XXI° siècle.
Dans cette perspective, la « marge » de manœuvre et de rayonnement qui inquiète tant les Lefebvristes s'ils réintégraient le giron de l'Eglise catholique serait, à l'évidence, plus importante à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Eglise.
Car il faut aussi réaliser les conséquences d'un refus : quel crédibilité futur aurait le combat de ce mouvement à qui ce Pape a tant fait d'avance au prix de sa propre réputation, s'il refermait finalement la porte ?  Cet isolement, superbe au sens latin, risquerait de perdre toute son audience qui est pourtant la raison d'être des Lefevbristes puisqu'ils ont l'ambition de témoigner autour d'eux et dans l'Eglise d'une certaine façon "d'être catholique".

Les protagonistes de cette négociation savent tout cela. Sans me prononcer sur l'issue, il me semble, en tout cas, trop tôt pour penser qu'elle est en train d'échouer. Mais j'ai bien conscience qu'un accord éventuel se jouera sur le fil.

[Civitas] Villeneuve d'Ascq : 1000 chrétiens indignés ont défilé contre le concept christophobe

SOURCE - Civitas - 30 novembre 2011

Environ un millier de personnes ont pris part à la manifestation organisée par Civitas hier soir à Villeneuve d'Ascq. Une manifestation d'une ampleur inhabituelle pour cette petite localité tout au nord de la France, et ce d'autant plus que ce rassemblement se tenait un soir de semaine, ce qui ne facilitait pas la mobilisation sur un grand périmètre. C'est en présence de nombreux prêtres, dont le Père Alain Hocquemiller, Prieur de la Sainte-Croix de Riaumont, que s'est déroulé ce rassemblement. Alain Escada, secrétaire général de Civitas, a dénoncé la banalisation de la christianophobie au cours du discours qu'il a prononcé au point de départ de cette manifestation.

Comme précédemment à Paris, Rennes et Toulouse, il s'agissait de protester publiquement contre la représentation d'un spectacle antichrétien, à savoir "Sur le concept du visage du fils de Dieu" mis en scène par Roméo Castellucci, et de réparer publiquement par la prière la profanation du portrait du Christ commise durant ce spectacle.

Rendez-vous a ensuite été fixé à tous pour la grande manifestation nationale contre la christianophobie qui se déroulera à Paris le dimanche 11 décembre et qui sera le point culminant de notre mobilisation alors que la capitale accueillera au même moment le spectacle blasphématoire "Golgota picnic".

29 novembre 2011

[APIC] Mgr Fellay déclare que le document final, "accepté ou refusé", sera rendu public

SOURCE - APIC - 29 novembre 2011

Rome/Menzingen: Les traditionalistes rejettent en l’état le "Préambule doctrinal" du Vatican

Mgr Fellay déclare que le document final, "accepté ou refusé", sera rendu public

Rome/Menzingen, 29 novembre 2011 (Apic) Le "Préambule doctrinal" soumis par le Vatican à la mi-septembre 2011 en vue d’un retour des traditionalistes dans la pleine communion avec l’Eglise catholique ne peut recevoir, en l’état, l’"aval" de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). C’est ce qu’a indiqué son supérieur, Mgr Bernard Fellay, dans un entretien publié le 28 novembre par le site d’informations DICI (www.dici.org). Qu’il soit accepté ou refusé, le "Préambule doctrinal" sera rendu public, a précisé le chef de file des "lefebvristes".

"Ce préambule doctrinal ne peut pas recevoir notre aval", a ainsi confié le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), basée à Menzingen, dans le canton de Zoug, en Suisse centrale. Mgr Fellay notez cependant qu’une marge était prévue pour une "légitime discussion" sur certains points du Concile. Il souligne une nouvelle fois que "l’adhésion au Concile est problématique".

Dans cette interview, diffusée par le site d’informations de la Fraternité, Mgr Fellay a alors annoncé qu’il ferait ces prochains jours une proposition aux autorités romaines et que la réponse du Vatican permettrait aux lefebvristes "d’évaluer les possibilités qui (leur) sont laissées". Et d’ajouter: "quel que soit le résultat de ces entretiens, le document final qui aura été accepté ou refusé, sera rendu public". De sources vaticanes, écrit l’agence de presse I.Media, la réponse de Mgr Fellay devrait intervenir avant Noël.

Des points du Concile "font difficulté à la lumière de la Tradition de l’Eglise"

En outre, le supérieur de la Fraternité a estimé qu’opposer une fin de non-recevoir aux auteurs du document serait "le plus simple peut-être, mais pas le plus honnête". "Puisque la note qui l’accompagne prévoit la possibilité d’apporter des clarifications, il me semble nécessaire de les demander au lieu de les refuser a priori", a expliqué Mgr Fellay, précisant: "ce qui ne préjuge en rien de la réponse que nous donnerons".

Pour Mgr Fellay, du côté de Rome, la discrétion s’impose aussi, "car ce texte – même en l’état actuel qui nécessite de nombreux éclaircissements – risque fort de susciter l’opposition des progressistes qui n’admettent pas la simple idée d’une discussion sur le Concile, parce qu’ils considèrent que ce concile pastoral est indiscutable ou ’non-négociable’, comme s’il s’agissait d’un concile dogmatique".

Par ailleurs, le chef des lefebvristes a tenu à préciser que les deux années d’entretiens théologiques entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X avaient permis aux théologiens de la Fraternité "d’exposer sans détours les points principaux du Concile qui font difficulté à la lumière de la Tradition de l’Eglise". "Parallèlement et peut-être grâce à ces entretiens théologiques, a-t-il ajouté, pendant ces deux dernières années, d’autres voix que les nôtres se sont fait entendre, formulant des critiques qui rejoignent les nôtres sur le Concile".

Mgr Fellay souligne que ce sont "des divergences doctrinales qui sont à l’origine du différend entre Rome et nous, depuis 40 ans; les mettre de côté pour obtenir un statut canonique nous exposerait à voir les mêmes divergences resurgir inévitablement, rendant le statut canonique plus que précaire, tout simplement invivable".

L’ouverture au monde moderne a causé la "stérilité" de l’Eglise

La seule doctrine stable actuellement, ajoute-t-il, "c’est bien évidemment le Credo, la profession de foi catholique. Le Concile Vatican II s’est voulu pastoral; il n’a pas défini de dogme. Il n’a pas ajouté aux articles de foi: ’Je crois en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité…’ Le Credo ne serait-il plus suffisant aujourd’hui pour être reconnu comme catholique ? N’exprime-t-il plus toute la foi catholique ? Exige-t-on maintenant de ceux qui abandonnent leurs erreurs et rejoignent l’Eglise catholique qu’ils professent leur foi en la liberté religieuse, l’œcuménisme ou la collégialité ?"

"Pour nous fils spirituels de Mgr Lefebvre qui s’est toujours défendu de faire une Eglise parallèle et qui s’est toujours voulu fidèle à la Rome éternelle, nous n’avons aucune difficulté à adhérer pleinement à tous les articles du Credo", écrit encore Mgr Fellay.

Dans cette interview, l’évêque traditionaliste ne manque pas de condamner l’opposition "sourde mais efficace" des évêques à l’égard du "Motu Proprio" (lettre apostolique) de Benoît XVI pour la libéralisation de la messe de Saint Pie V selon le rite tridentin, ni de regretter "la chute dramatique des vocations" dans les pays anciennement chrétiens. Il la met sur le compte de "la stérilité de 50 ans d’ouverture au monde moderne".

La situation présente de l’Eglise "dans nos pays autrefois chrétiens, poursuit Mgr Fellay, c’est la chute dramatique des vocations: quatre ordinations à Paris en 2011, une seule dans le diocèse de Rome pour 2011-2012; c’est la raréfaction alarmante des prêtres: tel ce curé dans l’Aude qui a 80 clochers; ce sont des diocèses exsangues au point qu’il faudra dans un très proche avenir les regrouper en France, comme on a déjà regroupé les paroisses… En un mot, la hiérarchie ecclésiastique est à la tête de structures, aujourd’hui, surdimensionnées pour des effectifs en baisse constante, ce qui est proprement ingérable, et pas seulement au plan économique…"

Et de conclure qu’"il faudrait, pour donner une image, maintenir en état un couvent conçu pour 300 religieuses, alors qu’elles ne sont plus que 3. Est-ce que cela peut durer ainsi encore 10 ans ?" (apic/imedia/cp/dici/be)

[Natalia Trouiller - La Vie] Mgr Fellay: La réponse des lefebvristes à Rome est imminente

SOURCE  - Natalia Trouiller - La Vie - 29 novembre 2011

Prenant acte des fuites sur internet concernant le préambule doctrinal soumis par Rome aux supérieurs de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le chef des lefebvristes confirme que le texte n'est pas acceptable en l'état.

Mgr Fellay sort de sa réserve

Il était resté jusque-là silencieux, mais il semble que les nombreuses fuites venues de ses propres rangs l'ont incité à tenter de reprendre les rênes d'une négociation dans laquelle il est apparu comme le grand perdant, si ces mêmes fuites, dont la Matinale chrétienne s'est largement fait l'écho à plusieurs reprises, sont exactes. Et elles le sont, puisque le premier enseignement de cette longue interview parue sur le site officiel de la Fraternité, c'est la confirmation par Mgr Fellay de ces fuites: à la question "Malgré toutes ces précautions, les conclusions de la réunion des supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X à Albano, le 7 octobre, ont été divulguées sur Internet, de sources diverses mais concordantes", l'évêque schismatique répond: "Il est vrai que ce Préambule doctrinal ne peut pas recevoir notre aval, bien qu’une marge soit prévue pour une 'légitime discussion' sur certains points du Concile. Quelle est l’étendue de cette marge ? La proposition que je ferai ces jours-ci aux autorités romaines et leur réponse en retour nous permettront d’évaluer les possibilités qui nous sont laissées." Le reste de l'interview reprend les thèmes et les obsessions chers aux lefebvristes: le secret des négociations est indispensable à cause du complot progressiste ("la discrétion s’impose aussi, car ce texte – même en l’état actuel qui nécessite de nombreux éclaircissements – risque fort de susciter l’opposition des progressistes"), les évêques sont hostiles au pape qui nous donne raison ("Cette opposition des évêques vis-à-vis de Rome s’est exprimée de façon sourde mais efficace à l’égard du Motu Proprio sur la messe tridentine, et elle continue de se manifester obstinément de la part de certains évêques") et la FSSPX seule peut sauver l'Eglise ("la hiérarchie ecclésiastique est à la tête de structures, aujourd’hui, surdimensionnées pour des effectifs en baisse constante, ce qui est proprement ingérable, et pas seulement au plan économique…il faut savoir si, face à une telle pénurie, la Tradition catholique est : une simple option ou une solution nécessaire ? Répondre que c’est une option, c’est minimiser voire nier la crise dans l’Eglise").

Minoritaire dès le départ, Mgr Fellay apparaît dans cette interview soucieux de montrer à ses troupes qu'il ne négociera pas la Tradition au rabais, et que ce qui apparaissait aux yeux de ses contradicteurs au sein de la FSSPX comme des tergiversations n'est que "honnêteté" face à un "document peu clair" pour lequel il est "nécessaire de demander des clarifications au lieu de les refuser a priori. Ce qui ne préjuge en rien de la réponse que nous donnerons". A suivre.

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[Ch. Saint-Placide] Valence : un apostolat pour la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 29 novembre 2011

Le dernier numéro de la Lettre aux amis bienfaiteurs du district de France de la Fraternité Saint-Pierre vient d’arriver dans les boîtes aux lettres. Il annonce notamment un nouvel apostolat confié à cette fraternité depuis le 3 septembre dernier.

Ce nouvel apostolat se trouve à Valence où Mgr Jean-Christophe Lagleize a appelé la Fraternité Saint-Pierre pour desservir l’église Notre-Dame de Valence. Cet apostolat a été confié à l’abbé Jean-Cyrille Sow [photo] qui rapporte que « des familles et des personnes de tous âges y sont déjà fidèles, et des enfants sont également catéchisés chaque semaine ».

[Jean-Marie Guénois - Le Figaro] Le chef de file des lefebvristes demande des «éclaircissements» à la Papauté.

SOURCE - Jean-Marie Guénois - Le Figaro - 29 novembre 2011

Contrairement aux rumeurs, les négociations en cours entre les disciples de Mgr Lefebvre et Rome ne sont pas encore un échec annoncé. Dans une interview qu'il vient d'accorder au site de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay indique qu'il va adresser comme prévu ses remarques au Saint-Siège à propos du «Préambule doctrinal» qui lui avait été remis lors de son audience officielle, le 14 septembre dernier, au Vatican. Toujours tenu secret, ce document est en réalité un accord-cadre. En cas de validation, il permettrait à la Fraternité Saint Pie X d'être réintégrée dans l'Église catholique.

Mais la proposition de Rome - conçue pour être amendée - ne fait pas l'unanimité dans la Fraternité, même si tous ont conscience que ce train ne repassera plus : Benoît XVI attend la réconciliation. Si les lefebvristes refusent, il ne pourra plus renouveler l'expérience.

Pour calmer le jeu, Mgr Fellay rappelle donc que ce «Préambule» n'est pas «définitif» et qu'il nécessite «de nombreux éclaircissements» . Tel quel, il ne pourrait pas recevoir «notre aval», mais il va dans le sens de la Fraternité puisqu'«en l'état» il déclencherait une «opposition des progressistes» . Dans sa réponse à Rome, le supérieur de la Fraternité Saint Pie X demande donc «avec franchise» des précisions sur des «positions doctrinales» qui lui paraissent «indispensables de tenir».

Mgr Fellay rappelle surtout qu'aucune décision n'est prise à ce jour. Puisque Rome a ouvert «la possibilité d'apporter des clarifications », il lui semble «nécessaire de les demander au lieu de les refuser a priori» . Et prévient : « Ce qui ne préjuge en rien de la réponse que nous donnerons.» L'heure de vérité viendra dans quelques semaines quand Rome donnera sa réponse. Mgr Fellay pourra alors «évaluer» sa «marge» de manœuvre et décider…

«Crise de l'Église»

Car «mettre de côté», précise-t-il, des «divergences doctrinales» au sujet du concile Vatican II - notamment «la liberté religieuse» - pour «obtenir un statut canonique» et être ainsi réduit à «une simple option» rendrait leur existence «tout simplement invivable» à terme dans l'Église catholique. Ne serait-ce parce que de nombreux évêques récusent les «intégristes» de leurs rangs.

L'issue est étroite mais elle reste ouverte. Elle ne relève pas, assure-t-il, de «l'astuce politique ou de la négociation diplomatique» mais d'un «regard de foi» . Cette négociation reflète plutôt à ses yeux la «crise de l'Église».

Mgr Fellay veut voir à ce propos le vent tourner en faveur du combat mené par la Fraternité depuis quarante ans. Un «mouvement qui ne s'arrêtera plus», estime-t-il, parce que des «jeunes prêtres et évêques» mais aussi plusieurs théologiens n'hésitent plus à critiquer la «stérilité» de certaines réformes du concile Vatican II.

28 novembre 2011

[Côme Prévigny] Grâce d’état ou tractations ?

SOURCE - Côme Prévigny- Rorate Caeli - 28 novembre 2011
Ces derniers temps, on mise, on parie, on suppute. Signera ? Signera pas ? Refusera ? Refusera pas ? Quelques commentateurs progressistes ou sédévacantistes, aux cheveux grisonnants, croyant attiser une rupture pleine d’animosité, s’aventurent même à imaginer les réactions des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à l’égard du préambule présenté par le cardinal Levada le 14 septembre. Ils vont jusqu’à proposer, au conditionnel bien entendu, des estimations en pourcentage de ce que serait finalement le résultat d’un imaginaire référendum interne adoptant ou non le texte romain.

Le premier problème pour eux, c’est que ce mode de scrutin n’existe pas dans ce genre de société religieuse. C’est au supérieur général, qui tient bien entendu compte des avis, des conseils et de la situation, mais qui est surtout doté des grâces d’état pour cela, que revient toute décision importante relative à la vie de la Fraternité. Il a été légitimement placé à la tête de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre par les statuts mis en place par ce dernier. La seconde faille de leur scenario est que le préambule, connu de si peu de monde, est modifiable, aux dires des deux parties. Que signer puisque le texte peut changer ? Que refuser puisque les modalités n’en sont pas fixées ?

Les commentateurs extérieurs sont souvent de doux rêveurs. D’un côté, certains n’en finissent plus de prétendre trouver dans la Fraternité des prêtres qui refuseraient le principe même d’une régularisation de leur société, laquelle se révèlerait ainsi débordante de sédévacantistes. De l’autre, leurs semblables n’ont plus de limite pour augmenter la propension de membres exténués, suppliant d’obtenir un accord à n’importe quel prix. L’œuvre fondée par Mgr Lefebvre a été suffisamment balayée sur ses flancs par le vent de l’accordisme à tout prix et par celui du désespoir pour que ces deux catégories d’hommes aient eu l’occasion de s’en dissocier depuis des années.

Ceux qui ont résisté à ces deux tentations – et c’est la totalité de ceux que nous connaissons – se trouvent conséquemment dans l’état d’esprit qui animait Mgr Lefebvre. Ils souhaitent tous ardemment une régularisation de leur société. Cela faciliterait tant leur tâche quotidienne ! En même temps, ils ne consentent pas à l’obtenir moyennant n’importe quel prix. La faculté de professer la foi, sans craindre de désagréables répercussions sur l’apostolat, pose problème. Or la mise en confiance de la Fraternité ne peut être qu’ébranlée à chaque fois qu’on apprend qu’un évêque récemment nommé bénit les divorcés remariés et ouvre une paroisse spécifique pour les homosexuels. La prudence veut donc que l’œuvre bénéficie d’une totale indépendance à l’égard d’un clergé qui fait paître ses brebis parmi les ronces et les orties.

Quelle situation assurera donc à la Fraternité que son apostolat ne risque pas de s’amoindrir si elle se trouve liée à ces hommes actuellement nommés par le Siège apostolique ? Mgr Lefebvre a utilisé plusieurs expressions pour désigner cette étape : « quand la situation redeviendra normale » ; « Quand la Tradition retrouvera ses droits à Rome » ; « quand Rome aura donné un coup de barre en faveur de la Tradition », etc. Et c’est à Mgr Fellay, au moyen des grâces d’état qu’il reçoit, de déterminer ce moment où la Fraternité sera perçue comme un élément moteur de restauration de l’Église et non plus comme un train de retardataires qu’il faudrait progressivement remettre sur les rails de la réforme. Comme une situation est toujours complexe, il se trouvera toujours des observateurs pour faire remarquer lorsque ce moment arrivera, que, de leur prisme subjectif, tout n’a pas changé et que même au printemps, nous ressentons quelques frimas. A l’inverse, jusqu’à ce que cette étape intervienne, il se trouvera toujours des esprits à la vue tout aussi réduite, qui ne comprendront pas que nous n’arrivons pas à voir le printemps dans telle ou telle hirondelle qui passe. Au supérieur général de voir si le Motu Proprio et la levée d’excommunication constituent ce grand coup de barre ou bien s’ils ne suffisent pas pour établir une atmosphère de confiance.

L’enjeu est de taille car la régularité peut ouvrir des apostolats réels auprès d’âmes qui n’oseront jamais approcher la Fraternité en raison des barrières juridiques. Leur empêcher d’accéder aux grâces dévolues à cette œuvre par excès de prudence peut constituer une erreur grave. A l’inverse, s’engager par imprudence dans une voie qui mettrait en péril l’intégrité de la foi serait une autre faute, aux dramatiques conséquences. On imagine les cas de conscience auxquels Mgr Lefebvre a été confronté et dont l’actuel supérieur général a hérités. L’archevêque, animé d’un esprit missionnaire, s’est adapté à des situations complexes et différentes. « C’est ce même chemin que suit son successeur Monseigneur Fellay depuis le rappel à Dieu de notre fondateur » disait récemment le supérieur de district d’Amérique du Sud. Quelle qu’elle soit, prions pour que la décision qu’il prendra, qui restera un acte de prudence n’engageant pas la foi, soit compris par le plus grand nombre. Formons de ferventes prières pour que tous voient dans la décision de l’autorité le doigt de Dieu s’exprimant au travers elle, malgré les incompréhensions, dans un sens comme dans un autre.

[DICI] Entretien avec Mgr Bernard Fellay : La Fraternité Saint-Pie X et le Préambule doctrinal

SOURCE - FSSPX - DICI - 28 novembre 2011

Pourquoi le Préambule doctrinal que vous a remis le cardinal Levada, le 14 septembre dernier, est-il entouré d’un tel secret aussi bien de la part de la Congrégation de la foi que de la Fraternité Saint-Pie X ? Qu’est-ce que ce silence cache aux prêtres et aux fidèles de la Tradition ?

Cette discrétion est normale pour toute démarche importante ; elle en garantit le sérieux. Il se trouve que le Préambule doctrinal qui nous a été remis est un document qui, comme l’indique la note qui l’accompagne, peut recevoir des éclaircissements et des modifications. Ce n’est pas un texte définitif. Nous adresserons sous peu une réponse à ce document en indiquant avec franchise les positions doctrinales qu’il nous paraît indispensable de tenir. Notre souci constant depuis le début de nos entretiens avec le Saint-Siège – et nos interlocuteurs le savent bien – a été de présenter en toute loyauté la position traditionnelle.
Du côté de Rome, la discrétion s’impose aussi, car ce texte – même en l’état actuel qui nécessite de nombreux éclaircissements – risque fort de susciter l’opposition des progressistes qui n’admettent pas la simple idée d’une discussion sur le Concile, parce qu’ils considèrent que ce concile pastoral est indiscutable ou « non-négociable », comme s’il s’agissait d’un concile dogmatique. 

Malgré toutes ces précautions, les conclusions de la réunion des supérieurs de La Fraternité Saint-Pie X à Albano, le 7 octobre, ont été divulguées sur Internet, de sources diverses mais concordantes.

Les indiscrétions ne manquent pas sur internet ! Il est vrai que ce Préambule doctrinal ne peut pas recevoir notre aval, bien qu’une marge soit prévue pour une « légitime discussion » sur certains points du Concile. Quelle est l’étendue de cette marge ? La proposition que je ferai ces jours-ci aux autorités romaines et leur réponse en retour nous permettront d’évaluer les possibilités qui nous sont laissées. Et quelque soit le résultat de ces entretiens, le document final qui aura été accepté ou refusé, sera rendu public.
Mieux faire apparaître les difficultés et les solutions
Ce document étant peu clair, à vos yeux, le plus simple ne serait-il pas d’opposer une fin de non-recevoir à ses auteurs ?

Le plus simple peut-être, mais pas le plus honnête. Puisque la note qui l’accompagne prévoit la possibilité d’apporter des clarifications, il me semble nécessaire de les demander au lieu de les refuser a priori. Ce qui ne préjuge en rien de la réponse que nous donnerons.
Comme le débat entre Rome et nous est essentiellement doctrinal et qu’il porte principalement sur le Concile, mais aussi parce que ce débat ne concerne pas seulement la Fraternité Saint-Pie X mais bien toute l’Eglise, les précisions que nous obtiendrons ou pas, auront le mérite non négligeable de faire mieux apparaître où sont les difficultés et où sont les solutions. C’est bien cet esprit qui a constamment guidé nos entretiens théologiques de ces deux dernières années.

Ce document sert de préambule à un statut canonique, n’est-ce pas là renoncer implicitement à la feuille de route que vous aviez fixée et qui prévoyait d’abord une solution doctrinale, avant tout accord pratique ?

Il s’agit bien d’un préambule doctrinal dont l’acceptation ou le refus conditionnera l’obtention ou non d’un statut canonique. La doctrine ne passe nullement après. Et avant de nous engager sur un éventuel statut canonique, nous étudions de façon précise ce préambule avec le critère de la Tradition à laquelle nous sommes fidèlement attachés. Car nous n’oublions pas que ce sont bien des divergences doctrinales qui sont à l’origine du différend entre Rome et nous, depuis 40 ans ; les mettre de côté pour obtenir un statut canonique nous exposerait à voir les mêmes divergences resurgir inévitablement, rendant le statut canonique plus que précaire, tout simplement invivable.

Donc, au fond, rien n’a changé après ces deux années d’entretiens théologiques entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X ?

Ces entretiens ont permis à nos théologiens d’exposer sans détours les points principaux du Concile qui font difficulté à la lumière de la Tradition de l’Eglise. Parallèlement et peut-être grâce à ces entretiens théologiques, pendant ces deux dernières années, d’autres voix que les nôtres se sont fait entendre, formulant des critiques qui rejoignent les nôtres sur le Concile. Ainsi Mgr Brunero Gherardini, dans son ouvrage Vatican II, le débat qui n’a pas eu lieu, a insisté sur les différents degrés d’autorité des documents conciliaires et sur le « contre-esprit » qui s’est glissé dans le concile Vatican II dès le début. Egalement Mgr Athanasius Schneider a eu le courage de demander, lors d’un congrès à Rome fin 2010, un Syllabus condamnant les erreurs d’interprétation du Concile. Dans le même esprit, l’historien Roberto de Mattei a bien montré les influences contraires exercées sur le Concile, dans son dernier livre Vatican II, une histoire jamais écrite. Il faudrait citer aussi la Supplique adressée à Benoît XVI par ces intellectuels catholiques italiens qui réclament un examen approfondi du Concile.
Toutes ces initiatives, toutes ces interventions manifestent clairement que la Fraternité Saint-Pie X n’est plus seule à voir les problèmes doctrinaux que pose Vatican II. Ce mouvement s’étend et il ne s’arrêtera plus.

Oui, mais ces études universitaires, ces analyses savantes n’apportent aucune solution concrète aux problèmes que pose hic et nunc ce concile. 

Ces travaux soulèvent les difficultés doctrinales posées par Vatican II et montrent par conséquent pourquoi l’adhésion au Concile est problématique. Ce qui est un premier pas essentiel.
A Rome même, les interprétations évolutives que l’on donne de la liberté religieuse, les modifications qui ont été apportées à ce sujet dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique et dans son Compendium, les corrections qui sont actuellement à l’étude pour le Code de droit canonique… tout cela manifeste la difficulté que l’on rencontre lorsqu’on veut s’en tenir aux textes conciliaires à tout prix, et, de notre point de vue, cela montre bien l’impossibilité d’adhérer de façon stable à une doctrine en mouvement.
Le Credo n’est-il plus suffisant pour être reconnu comme catholique ?
A vos yeux, qu’est-ce qui est aujourd’hui stable doctrinalement ?

La seule doctrine ne varietur c’est bien évidemment le Credo, la profession de foi catholique. Le concile Vatican II s’est voulu pastoral ; il n’a pas défini de dogme. Il n’a pas ajouté aux articles de foi : « Je crois en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité… » Le Credo ne serait-il plus suffisant aujourd’hui pour être reconnu comme catholique ? N’exprime-t-il plus toute la foi catholique ? Exige-t-on maintenant de ceux qui abandonnent leurs erreurs et rejoignent l’Eglise catholique qu’ils professent leur foi en la liberté religieuse, l’œcuménisme ou la collégialité ? Pour nous fils spirituels de Mgr Lefebvre qui s’est toujours défendu de faire une Eglise parallèle et qui s’est toujours voulu fidèle à la Rome éternelle, nous n’avons aucune difficulté à adhérer pleinement à tous les articles du Credo.

Dans ce contexte, peut-il y avoir une solution à la crise dans l’Eglise ?

A moins d’un miracle, il ne peut pas y avoir de solution instantanée. Vouloir que Dieu donne la victoire, sans demander aux hommes d’armes de livrer bataille, pour reprendre l’expression de sainte Jeanne d’Arc, c’est une forme de désertion. Vouloir la fin de la crise sans se sentir concerné ou impliqué, c’est ne pas aimer vraiment l’Eglise. La Providence ne nous dispense pas d’accomplir notre devoir d’état là où elle nous a placés, d’assumer nos responsabilités et de répondre aux grâces qu’elle nous accorde.
La situation présente de l’Eglise dans nos pays autrefois chrétiens, c’est la chute dramatique des vocations : quatre ordinations à Paris en 2011, une seule dans le diocèse de Rome pour 2011-2012; c’est la raréfaction alarmante des prêtres : tel ce curé dans l’Aude qui a 80 clochers ; ce sont des diocèses exsangues au point qu’il faudra dans un très proche avenir les regrouper en France, comme on a déjà regroupé les paroisses… En un mot, la hiérarchie ecclésiastique est à la tête de structures, aujourd’hui, surdimensionnées pour des effectifs en baisse constante, ce qui est proprement ingérable, et pas seulement au plan économique… Il faudrait, pour donner une image, maintenir en état un couvent conçu pour 300 religieuses, alors qu’elles ne sont plus que 3. Est-ce que cela peut durer ainsi encore 10 ans ?
De jeunes évêques et prêtres qui héritent de cette situation prennent conscience de plus en plus de la stérilité de 50 ans d’ouverture au monde moderne. Ils n’en rejettent pas la faute uniquement sur la laïcisation de la société, ils s’interrogent sur les responsabilités du Concile qui a ouvert l’Eglise sur ce monde en pleine sécularisation. Ils se demandent si l’Eglise pouvait s’adapter à ce point à la modernité, sans en adopter l’esprit.
Ces évêques et ces prêtres se posent ces questions, et certains nous les posent… discrètement, comme Nicodème. Nous leur répondons qu’il faut savoir si, face à une telle pénurie, la Tradition catholique est : une simple option ou une solution nécessaire ? Répondre que c’est une option, c’est minimiser voire nier la crise dans l’Eglise, et vouloir se contenter des mesures qui ont déjà fait la preuve de leur inefficacité.
L’opposition des évêques
Mais même si la Fraternité Saint-Pie X obtenait de Rome un statut canonique, elle ne pourrait malgré tout offrir aucune solution sur le terrain, car les évêques s’y opposeraient, comme ils l’ont fait pour le Motu Proprio sur la messe traditionnelle.

Cette opposition des évêques vis-à-vis de Rome s’est exprimée de façon sourde mais efficace à l’égard du Motu Proprio sur la messe tridentine, et elle continue de se manifester obstinément de la part de certains évêques à propos du pro multis du canon de la messe, que Benoît XVI, conformément à la doctrine catholique, veut voir traduit par « pour beaucoup » et non plus par « pour tous », comme dans la plupart des liturgies en langue vernaculaire. En effet, certaines conférences épiscopales persistent à maintenir cette traduction fausse, encore tout récemment en Italie.
Ainsi le pape lui-même fait l’expérience de cette dissidence de plusieurs conférences épiscopales, sur ce sujet et sur beaucoup d’autres, ce qui peut lui permettre de comprendre aisément l’opposition farouche que la Fraternité Saint-Pie X rencontrera indubitablement de la part des évêques dans leurs diocèses. On dit Benoît XVI personnellement désireux d’une solution canonique ; il lui faudra aussi vouloir prendre les moyens qui la rendront réellement efficace.

Est-ce en raison de la gravité de la crise présente que vous avez lancé une nouvelle croisade du rosaire ?

En demandant ces prières, j’ai surtout voulu que les prêtres et les fidèles soient plus intimement unis à Notre Seigneur et à sa Sainte Mère, par la récitation quotidienne et la méditation profonde des mystères du rosaire. Nous ne sommes pas dans une situation ordinaire qui nous permettrait de nous contenter d’une médiocrité routinière. La compréhension de la crise actuelle ne repose pas sur les rumeurs colportées par internet, pas plus que les solutions ne relèvent de l’astuce politique ou de la négociation diplomatique, il faut avoir sur cette crise un regard de foi. Seule la fréquentation assidue de Notre Seigneur et de Notre Dame permettra de garder entre tous les prêtres et les fidèles attachés à la Tradition cette unité de vue que la foi surnaturelle procure. C’est ainsi que nous ferons bloc dans cette période de grande confusion.
En priant pour l’Eglise, pour la consécration de la Russie, comme l’a demandé la Sainte Vierge à Fatima, et pour le triomphe de son Cœur Immaculé, nous nous élevons au-dessus de nos aspirations trop humaines, nous dépassons nos craintes trop naturelles. Ce n’est qu’à cette hauteur-là que nous pourrons vraiment servir l’Eglise, dans l’accomplissement du devoir d’état qui est confié à chacun de nous.

Menzingen, le 28 novembre 2011
(Source : FSSPX/MG – DICI du 28/11/11)

27 novembre 2011

[Abbe Bouchacourt, fsspx - Echos de Patagonie] "... des nouvelles de notre lointaine contrée..."

SOURCE - Abbe Bouchacourt, fsspx -  Echos de Patagonie n°8 - novembre 2011

Avant de vous donner des nouvelles de notre lointaine contrée, je voudrais vous dire un grand « merci ! ». Merci à vous tous bienfaiteurs de France, de Belgique, d'Angleterre, de Suisse, d'Espagne et d'ailleurs qui nous avez aidés avec tant de générosité tout au long de cette année 2011. Les photos de ce bulletin annuel vous montrent les oeuvres que votre charité nous a permis de réaliser.

En effet, grâce à vous, nous avons pu concrétiser un projet qui nous tenait à coeur depuis bien longtemps : la construction du premier internat de la FSSPX en Amérique du Sud. S'il plait à Dieu, en mars 2012 prochain, à l'occasion de la rentrée des classes dans l'hémisphère sud, nous accueillerons 15 pensionnaires dans notre école de La Reja qui compte aujourd'hui 150 élèves. Comme vous le montre la photo ci-dessus, deux bâtiments ont pu être construits, destinés respectivement à l'hébergement des deux prêtres et du frère qui sont en charge de l'école et au dortoir de 20 lits qui sera presque rempli. Nos pensionnaires viendront d'Argentine, du Chili, du Paraguay et du Brésil ! Ce pensionnat était attendu depuis des années. Votre charité l'a réalisé. Mille mercis !

Dans notre numéro précédent nous vous annoncions la construction de notre nouveau prieuré de Salta. Réalisé dans le plus pur style néocolonial, ce projet a pu se concrétiser grâce à l'aide généreuse de la Maison Généralice et du district d'Espagne. Nos deux prêtres disposeront désormais d'eau potable et de 8 chambres pour accueillir les futurs prêtres et frères de demain. Le terrain de 5 000 m2 pourra peut-être à l'avenir recevoir un jardin d'enfants et une maison pour nos Soeurs de la FSSPX.

Santiago du Chili, les travaux de construction de notre nouveau prieuré avancent à grands pas. Sauf imprévu et la Providence aidant, l'église de 300 places sera terminée en mars 2012 et les prêtres pourront résider dans leur nouvelle demeure au mois de septembre suivant. Cette nouvelle installation attendue avec impatience par nos fidèles va, sans aucun doute, donner une belle vigueur à la Tradition dans la capitale du Chili.

A Sao Paulo au Brésil, les travaux d'aménagement de notre prieuré et de notre église touchent à leur fin. Là encore vous avez été nombreux à nous aider à l'édification de cet ouvrage. Aujourd'hui ce sont plus de 120 fidèles qui, chaque dimanche, viennent assister à la messe et profiter des bienfaits de la présence de nos trois prêtres. De tous les pays d'Amérique du Sud, le Brésil est celui où la Tradition connaît le plus grand développement. De fait, aujourd'hui, au séminaire de La Reja situé en Argentine, les séminaristes brésiliens sont les plus nombreux à recevoir la formation sacerdotale. Le champ d'apostolat au Brésil est immense. Comme nous avons besoin de vocations pour répondre aux appels qui nous sont lancés !

La Providence continue également à bénir nos quatre écoles (deux en Argentine, une en Colombie et une en République Dominicaine). A la rentrée prochaine, début mars, 640 élèves au total recevront un enseignement et une formation catholique. A ce nombre il faut ajouter les 120 élèves de l'école des dominicaines de la branche de Brignoles, située à Anisacate près de Córdoba en Argentine. Malgré des difficultés financières et administratives sans nombre, ces écoles ne cessent de se développer, grâce à Dieu mais aussi à vos dons et aux nombreux parrainages d'élèves que vous avez bien voulu prendre en charge. C'est un véritable miracle de la Providence !

Il manque cependant au district d'Amérique du Sud un instrument d'apostolat essentiel pour fortifier les âmes et susciter les vocations religieuses et sacerdotales tant attendues et qui nous font tant défaut: une maison de retraite spirituelle. En effet, jusqu'à ce jour, nous n'avons aucun lieu où organiser les exercices spirituels et des sessions de formation tout au long de l'année. Les locations sont hors de prix et le séminaire ne peut recevoir des retraitants hommes qu'en été, durant les vacances des séminaristes. Quant aux retraites de femmes, nous avons dû en annuler une à Buenos-Aires faute de lieu. Il faudrait envisager de construire un bâtiment de 25 petites chambres avec une salle de conférence, un réfectoire et une cuisine. Humainement parlant ce projet est un peu fou car nous n'avons pas un centavo en poche, mais sans aucun doute la Sainte Providence, saint Joseph, les âmes du Purgatoire et … votre générosité que j'ose encore une fois solliciter nous aideront à le réaliser. Nous confions aussi cette intention à vos prières.

Sachez bien que, malheureusement, l'Amérique Latine n'est pas indemne du vent de folie et d'apostasie qui souffle de part le monde. Après l'Argentine, le Brésil vient d'autoriser les unions contre nature, et partout les campagnes pro-avortement font rage. Déjà dans plusieurs pays, comme l'Argentine, l'avortement est dépénalisé. De plus, au nom de la laïcité, un projet de loi dans la province de Buenos-Aires a été déposé pour retirer tous les crucifix qui président encore dans les palais de justice et les lieux publics. De même, comme en Europe, certaines personnalités politiques argentines cherchent à imposer par la voie législative la folie de la théorie du gender. Face à ces délires monstrueux on rencontre encore quelques hommes politiques catholiques courageux qui tentent de s'opposer à ces projets diaboliques. Malheureusement ils sont rares et bien isolés. La crise qui affecte l'Eglise, ici comme dans le monde entier, fragilise ces oppositions courageuses et limite leur influence. Car, contrairement à ce qui se dit, l'Eglise en Amérique du Sud est bien malade, la théologie de la libération est toujours enseignée dans un grand nombre de séminaires et fait des ravages. Les prêtres ainsi déformés se font les auxiliaires de la destruction du règne du Christ Roi. Des évêques m'ont confié leur désarroi et leur impuissance en face de la dictature des conférences épiscopales. omment sauver ce continent qui fut si chrétien et qui voit sa foi partir en lambeaux ? Comment le protéger des sectes qui tissent leurs toiles comme des araignées pour détourner les âmes de l'Eglise catholique ? Comment sauver cette jeunesse déboussolée, areligieuse, esclave de ses passions et sans idéal ? Comment redonner la paix sociale si menacée à la société qui se délite et glisse vers une apostasie de masse ? Le seul et unique remède est « Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié », qu'il faut enseigner « à temps et à contre temps » malgré les oppositions et nos pauvres moyens. Si Notre Seigneur régnait dans les âmes, dans les familles et dans la société alors la paix et la prospérité reviendraient et les âmes se sauveraient. Ce fut le programme des missionnaires qui christianisèrent notre continent. C'est aussi le nôtre ! C'est parce que, depuis le dernier concile, le clergé a abandonné cette voie pour se tourner uniquement vers l'homme, que la société se désagrège et que les âmes errent vers les chimères comme des brebis sans pasteur.

Les 40 prêtres que nous sommes avons reçu cela de Monseigneur Lefebvre, notre Fondateur, le jour de notre ordination sacerdotale. Nous nous efforçons d'y rester fidèles alors que la barque de Pierre est secouée par une tempête qui semble s'éterniser. Cependant, quand l'heure de la restauration de la Tradition sera arrivée, quand l'heure de Dieu aura sonné, ce petit groupe de fidèles et de prêtres que nous sommes, qui croît sans cesse et se fortifie, sera un appui pour le pape valeureux qui voudra bien entreprendre cette véritable restauration du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ que nous appelons de nos voeux et qui soignera les maux de ce continent si malade. her Amis et Bienfaiteurs, vous voyez combien nous avons besoin de vos prières mais aussi de votre générosité pour continuer le « bon combat de la Foi » ! Continuez, s'il vous plaît, à nous aider et à nous soutenir selon vos possibilités comme vous le faîtes avec tant de fidélité depuis des années. D'avance nous vous remercions tous. Croyez bien qu'il ne se passe pas un seul jour sans que nous priions pour nos bienfaiteurs à qui nous devons tant. Quotidiennement, à l'heure de la messe, nous demandons à Dieu de récompenser au centuple votre générosité et les sacrifices que vous faîtes pour nous. Que la Vierge Marie, Notre Dame de Guadalupe, Impératrice des Amériques, vous protège et obtienne de son Divin Fils de nombreuses grâces et bénédictions pour vous-mêmes et vos familles. Que Dieu vous bénisse !

Padre Christian Bouchacourt, Supérieur de District d'Amérique du Sud

26 novembre 2011

[Isabelle de Gaulmyn - La Croix] Ultra….catholiques

SOURCE - Isabelle de Gaulmyn - La Croix - 26 novembre 2011

On avait déjà les catholiques « traditionnalistes », les catholiques  « intégristes » ou encore les « fondamentalistes ». Voici désormais les « ultra-catholiques ». L’expression fait fureur depuis quelques semaines, pour désigner les catholiques qui ont manifesté ces derniers jours contre la représentation de pièces de théâtre, à Toulouse ou Paris, pièces jugées par eux « blasphématoires » (« Sur le concept du visage du fils de Dieu » et « Golgota Picnic »)

Comment s’y retrouver ? (1)  Le fondamentalisme que l’on colle aussi parfois à l’islam, est plutôt une création du protestantisme anglo-saxon. D’ailleurs, le terme vient de l’anglais « fundamentals », pour désigner des points non négociables (des fondamentaux) de la Bible, notamment contre le darwinisme. Le Livre, écrit par la main de Dieu, ne se trompe jamais: le monde est bien créé en six jours. La Parole de Dieu doit être respecté à la lettre même.

En revanche, le terme « intégriste » est, lui, historiquement lié au catholicisme. Ce courant porta durant le XXe siècle la mémoire du traumatisme de la Révolution française, et refusa de tourner la page. Dans « intégrisme », il y a « intègre », et « intégral ». Les intégristes sont les tenants d’une forme d’intransigeance, qui voudrait que la doctrine de l’Eglise soit suivie « intégralement » dans la vie publique et politique, pour réaliser une sorte d’« ordre social chrétien ».  

Inspiration maurassienne


Nul doute que l’institut Civitas, à l’origine des manifestations contre les pièces de théâtre ces dernières semaines, ne s’inscrive directement dans cette filiation: héritier de la « Cité catholique », d’inspiration maurassienne, rattaché à la Fraternité-Saint-Pie-X de Mgr Lefebvre. Mais il est vrai, aussi, qu’une partie de ceux qui protestaient devant les théâtres n’étaient ni des tenants d’un « ordre chrétien », ni des nostalgiques de l’époque prérévolutionnaire…

Peut-on pour autant les qualifier d’ultra-catholiques ? Pas si sur. Il est d’ailleurs amusant de noter que si l’expression « fondamentalisme » vient du protestantisme, celle « d’ultra » est empruntée au judaïsme, comme si cette inflation d’hyperboles dans le religieux n’était  qu’une manifestation de plus de la mondialisation…

Dans le judaïsme, les ultra-ortodoxes sont les adeptes d’une tradition rigoureuse. Les juifs « orthodoxes », à l’inverse des « libéraux », veulent un respect strict de la tradition. Les « ultra-orthodoxes », en quelque sorte des  « orthodoxes au carré », seraient des « fondamentalistes » de la tradition : ils refusent tout arrangement (« accommodement » diraient les Canadiens) avec la modernité. Ce qui les rapproche plus de l’intégrisme catholique que du fondamentalisme protestant.

La différence, au fond, c’est que « l’ultra-catholicisme » renvoit le catholique « sans rien » à une forme de vide coupable. Celui qui n’est pas « ultra », peut-il dès lors être « seulement » catholique, sans se voir traiter de « catholique mou », ou de « catholique tiède » ?…

Isabelle de Gaulmyn


(1) voir « La loi de Dieu contre la liberté des hommes » de Jean-Louis Schlegel

[Ch. Saint Placide] Pour Mgr Bux, la jeune génération est favorable à la liturgie en forme extraordinaire

SOURCE - Ch. Saint Placide - 26 novembre 2011
Mgr Lagrange racontait naguère que les jeunes qui découvraient la messe traditionnelle lui en parlaient comme d’une nouvelle messe, au sens où ce rite était nouveau pour eux. C’est un peu ce type de réflexion que Mgr Bux, consulteur de plusieurs congrégations romaines et professeur de liturgie, redit aujourd’hui, à l’heure du motu proprio. Ces propos sont rapportés par la dernière lettre de Paix liturgique qui met en évidence que pendant que certains clercs (évêques compris) constituent une arrière-garde freinant autant que possible l’application du motu proprio, la jeune génération, clercs et laïcs confondus, s’y montre plus favorable.
Selon Paix liturgique, Mgr Bux intervenait dans le cadre de la présentation d’un livre faisant étant des oppositions à l’application du motu proprio : L’opposizione al Motu Proprio Summorum Pontificum (Fede e Cultura) d’Alberto Carosa. Le contexte était donc clairement posé et Mgr Bux n’ignore pas l’existence de cette opposition. Mais il a voulu pour sa part souligner un autre aspect, l’autre face de la médaille. Ces propos sont rapportés et présentés par Paix liturgique en ces termes :
« Ce qui me frappe, a déclaré Monseigneur Bux au début de son intervention, c’est combien les laïcs et les jeunes sont en première ligne pour défendre la douce œuvre de Benoît XVI. » Il a notamment illustré cette importance de la mobilisation des jeunes et des laïcs en évoquant la messe qu’il a célébrée à Port-Marly (diocèse de Versailles – ICRSP) le 21 novembre 2010 et les contacts qu’il a eus à cette occasion avec les fidèles.

« Les cérémonies actuelles manquent de dévotion, non pas de celle de chaque fidèle pris séparément mais de celle de la communauté tout entière. » Don Nicola Bux a cité à ce propos le cardinal Antonelli, l’un des experts appelés à participer la réforme liturgique – mais qui a laissé des souvenirs très critiques – qui jugeait que « plus la réforme liturgique avançait, plus la dévotion reculait ».

Insistant sur le fait que, depuis la parution de l’instruction Universæ Ecclesiæ, les oppositions épiscopales au Motu Proprio s’estompaient doucement, Monseigneur Bux a néanmoins clairement indiqué que ceux « qui prétendent, contre le pape, que le rite romain traditionnel divise l’Église ont une attitude néogallicane ». Le Motu Proprio diviseur… voilà pourtant un « argument » que l’autorité n’hésite pas à servir aux demandeurs encore aujourd’hui pour refuser d’appliquer le Motu Proprio, à Saint Germain en Laye ou Mantes (diocèse de Versailles) comme à Saint-Malo dans l’archidiocèse de Rennes (Mgr d’Ornellas, voir lettre 289) pour ne citer que quelques exemples. Les sondages commandités par Paix Liturgique révèlent d’ailleurs, de façon concordante, que seule une minorité des catholiques pratiquants est opposée à la coexistence pacifique des deux formes du rite romain dans une même paroisse.

Enfin, après avoir rappelé que, selon la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, la liturgie appartient à Dieu et non aux hommes, don Bux a conclu sa conférence comme il l’avait commencée, en saluant l’action « des laïcs, particulièrement des nombreux jeunes, qui contribuent à maintenir le sensus fidei » et que « nous autres, les clercs, devons respecter et soutenir ».
Il est intéressant de noter que lors de la discussion qui a suivi cette intervention deux cardinaux sont intervenus pour souligner, eux aussi, les difficultés à recevoir Summorum Pontificum :
Le cardinal Castrillón tout d’abord, ancien Préfet de la Congrégation pour le Clergé et ancien Président de la Commission Ecclesia Dei, qui a témoigné de la difficulté à élaborer le Motu Proprio Summorum Pontificum. Reconnaissant à quel point « mettre en œuvre le Motu Proprio a été une tragédie », il a néanmoins lui aussi mis en exergue l’intérêt des laïcs et des jeunes pour le texte pontifical. Selon lui, l’intérêt des jeunes pour la liturgie traditionnelle est « l’œuvre de l’Esprit Saint ». Plus encore, c’est toute l’herméneutique de la continuité de Benoît XVI qui est éclairée par l’action du Saint Esprit tandis que ceux qui veulent revenir sur le Motu Proprio sont, d’après le cardinal, victimes de leur ignorance. Ils oublient, ou feignent d’oublier, que «chaque geste, chaque parole, de la liturgie tridentine a été pensé théologiquement.»

Au cardinal Castrillón a succédé une originale intervention du cardinal Farina, successeur du cardinal Tauran aux Archives du Vatican. Celui-ci a expliqué qu’une partie des difficultés de réception du Motu Proprio pouvaient s’expliquer par la mauvaise diffusion de l’information pontificale au sein de l’Église – rappelons, par exemple, que le sondage de Paix Liturgique réalisé dans le diocèse de Rennes en mai 2011 indique que 44,5 % des catholiques n’ont jamais entendu parler du Motu Proprio de Benoît XVI… Combien de paroisses ou de maisons religieuses suivent-elles en effet au jour le jour les publications officielles du Saint-Siège et, plus encore, combien les mettent à la disposition des prêtres, des fidèles ou des religieux ? Une réflexion d’autant plus stimulante que venant d’un prélat confronté chaque jour à la question de la gestion et de l’accès à l’information.

[David Courbet - L'Humanité] Les intégristes 
de retour au bercail ?

SOURCE - David Courbet - L'Humanité - novembre 2011

Le Vatican a-t-il fait un pas vers la réconciliation avec les intégristes ? Le 14 septembre dernier, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, et le cardinal William Levada, représentant le Saint-Siège, se sont rencontrés au Vatican. Le contenu du « préambule doctrinal » remis à la fraternité n’a pas été officiellement dévoilé, mais il laisserait ouvert « à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du concile Vatican II et du magistère qui a suivi », a déclaré Mgr Fellay. Vingt-six ans après la rupture, la fraternité conteste toujours les enseignements progressistes de 
Vatican II. Si la réconciliation a lieu, à quel prix se fera-t-elle ?

Malgré une position officielle de dialogue, les fidèles de Mgr Lefebvre tendent à 
exclure toute ouverture. « Tout dépend du texte, mais si celui-ci indique que l’on doit reconnaître le concile, pas question ! » prévient l’abbé Beauvais, curé de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, que la fraternité s’est approprié comme principal lieu de culte. L’abbé s’accommode de cette mise à l’écart : « À qui la faute ? Pas nous. S’il n’y a pas un pape qui revient à la tête de l’Église partageant les positions de saint Pie X, c’est inenvisageable. » Avant d’avouer « souhaiter que ça n’aboutisse pas », estimant qu’« humainement, c’est une impasse ». Même son de cloche du côté des fidèles. Pour 
Henri-Claude Malatia, la poursuite du dialogue interreligieux lors des rencontres d’octobre à Assise (Italie) constitue « un acte grave, scandaleux qui va contre Dieu et Jésus-Christ ». Cette décision équivaudrait à « reconnaître les fausses religions ».

Mgr Fellay dira d’ici quelques mois si la fraternité accepte ce « préambule doctrinal ». Selon Philippe Portier, qui dirige le groupe « sociétés, religions, laïcités » à l’École pratique des hautes études, deux visions s’opposent. D’un côté, l’approche théologique du pape, qui a pour mission « d’unir le corps du Christ. Benoît XVI croit aux valeurs intégratives de l’Église et espère que leur affiliation les rendra moins radicaux ». De l’autre, celle de la Fraternité, forte de 100 000 membres, qui pense que l’intégration « permettrait d’avoir une influence plus grande ». Mais une lettre de l’abbé Bouchacourt, supérieur du district d’Amérique du Sud, révélée par l’hebdo catholique la Vie du 18 novembre, montre qu’il existe un noyau dur qui ne souhaite pas réintégrer l’Église : « Étant donné son contenu, ce préambule ne peut être signé, même si on lui apporte des modifications. (…) Il nous faut demeurer fermes et attendre de Rome qu’elle accomplisse de nouveaux pas. »

David Courbet

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] Religion d'Etat?

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 26 novembre 2011

Quel rôle devrait jouer l’Etat dans la protection et la promotion de la religion catholique? Tout catholique qui sait que le Catholicisme est la seule vraie religion du seul vrai Dieu ne peut que répondre que l’Etat, étant lui aussi une créature de ce Dieu, a l’obligation de servir le mieux qu’il peut Sa vraie religion. Dun autre côté tout libéral qui croit que l’Etat n’est pas compétent pour dire quelle est la vraie religion puisque la religion est en tout état de cause l’affaire de chaque individu, répondra que l’Etat doit protéger le droit de tous ses citoyens à pratiquer la religion de leur choix, ou aucune. Voyons les arguments catholiques.

L'homme vient de Dieu. Sa nature vient de Dieu. L'homme est par nature social, ainsi son caractère social vient de Dieu. Or c’est la totalité de l’homme, et pas seulement une partie de lui (Premier Commandement), qui doit rendre un culte à Dieu. Ainsi le caractère social de l’homme doit rendre son culte à Dieu. Mais l’Etat n’est rien d’autre que la société formée par le caractère social de tous ses citoyens réunis ensemble dans leur corps politique. Par conséquent l’Etat doit rendre un culte à Dieu. Mais parmi tous les différents cultes nécessairement contradictoires les uns par rapport aux autres (autrement ils ne seraient pas différents), tous peuvent être plus ou moins faux mais certainement seul l’un d’entre eux peut être totalement vrai. Ainsi, sil existe un tel culte, totalement vrai et reconnaissable comme tel, c’est le culte que chaque Etat, en tant qu’Etat, doit à Dieu. Or le Catholicisme est ce culte. Par conséquent chaque Etat, en tant qu’Etat, doit le culte catholique à Dieu, même l’Angleterre d’aujourd’hui ou Israël ou l’Arabie Saoudite!

Mais une partie essentielle du culte est de rendre à Dieu le service dont chacun est capable. De quel service l’Etat est-il capable? Dun grand service! Lhomme étant social par nature, sa société a une grande influence sur sa façon de sentir, de penser et de croire. Et les lois d’un Etat ont une influence décisive sur la façon dont la société des citoyens se forme. Par exemple, si l’avortement ou la pornographie sont légalisés, nombreux seront les citoyens qui en viendront à penser que ces pratiques, une fois légales, ne sont pas si mauvaises. C’est pourquoi chaque Etat est obligé en principe de protéger et promouvoir par ses lois la foi et la morale catholiques.

Voilà qui est clair comme principe. Mais ce principe signifie-t-il que tout non-catholique doit être appréhendé par la police et brûlé sur le bûcher ? Bien sûr que non, car le but du culte et du service de Dieu est de lui rendre gloire et de sauver les âmes. Or, une action inconsidérée de la part de l’Etat aura l’effet opposé, à savoir de discréditer le catholicisme et de repousser les âmes. Pour cette raison, l’Eglise enseigne que même l’Etat catholique a le droit en pratique de s’abstenir d’agir contre une fausse religion lorsque cette action entraînerait un plus grand mal, ou empêcherait un plus grand bien. Mais le devoir de chaque Etat en principe de protéger la foi et la morale catholiques demeure intact.

Cela signifie-t-il qu’il faut imposer le Catholicisme aux citoyens par la force de l’Etat? Pas du tout, car la croyance catholique n’est pas quelque chose qui puisse être imposée – «Personne ne croit contre sa volonté» (Saint Augustin). Mais cela signifie de fait qu’un Etat catholique peut ou doit interdire la pratique publique de toute religion autre que le Catholicisme là où une telle action n’entraînera pas normalement un plus grand mal. Cette conclusion logique fut niée par le Concile Vatican II parce que ce Concile fut libéral. Cependant ce fut la pratique commune dans les Etats Catholiques avant le Concile, et cette pratique aura aidé un grand nombre d’âmes à être sauvées.

Kyrie eleison.

25 novembre 2011

[Marie Parvex - letemps.ch] Dans le Valais secret d’Ecône

SOURCE - Marie Parvex - letemps.ch - 25 novembre 2011

Le mouvement intégriste de la Fraternité Saint-Pie-X reste bien implanté en Valais, notamment dans le monde politique. Mais peu à peu les affinités ont évolué. A l’aile conservatrice du PDC se substituent partiellement les jeunes UDC

L’un des fils de Jean-René Fournier, celui qu’en Valais on surnomme le «Gouverneur», s’est marié dans la chapelle sédunoise d’Ecône cet été. La ferveur schismatique de l’ancien conseiller d’Etat, qui a dirigé le canton d’une poigne ferme pendant douze ans, se transmet de père en fils, comme souvent dans la Fraternité Saint-Pie-X. L’exemple illustre les liens qui ont longtemps existé entre Ecône et le Parti démocrate-chrétien, majoritaire en Valais. Au­jourd’hui pourtant, le PDC ne ­représente plus les valeurs hyper-conservatrices des adeptes de Mgr Lefebvre, qui se tournent de plus en plus vers les jeunes UDC. Qui sont ces Valaisans du XXIe siècle qui veulent une messe en latin selon une liturgie quasi inchangée depuis le XVIe siècle? Plongée dans une congrégation où règne toujours la loi du silence.

Un seul fidèle a accepté de nous parler à visage découvert. André Franzé, ancien juge et procureur, président du Mouvement chrétien conservateur, a une septantaine d’années. Sa carrière est derrière lui et il ne craint plus de reconnaître son appartenance à Ecône. «J’ai connu enfant la messe d’avant le concile et j’y suis resté attaché», explique-t-il. «Le rituel ancien est beaucoup plus empreint de sacré et de spiritualité.» Comme lui, de nombreux fidèles disent la force du latin, des chants et d’un rituel datant de plusieurs siècles. «La messe de la Fraternité Saint-Pierre fondée par le pape ressemble beaucoup à celle d’Ecône», explique l’un d’eux. «Malheureusement, cela n’existe pas en Valais. Depuis le motu proprio prononcé en 2007, nous devrions pouvoir célébrer la messe en latin dans toutes les églises à la demande des fidèles. Mais ici nous n’y parvenons pas, les prêtres ont bien trop peur d’être envoyés au fin fond du ­Lötschental par l’évêque s’ils acceptent», dit-il en faisant allusion aux tensions vives entre la Fraternité et l’évêché. «Alors, pour trouver une belle liturgie, on va à Ecône.»

Perchée sur une butte de la rive gauche près de Riddes, l’église principale de la communauté domine la plaine du Rhône. En ce matin de la Toussaint, elle est plongée dans l’ombre de la montagne et regarde la rive droite ensoleillée entre les stries des lignes électriques. Les femmes portent la jupe ample en dessous du genou mais les couleurs sont joyeuses. Assises sur les bancs, elles coiffent souvent la mantille, parfois noire, parfois décorée de motifs à la mode. Des nouveau-nés ponctuent les chants grégoriens de leurs pleurs. Mgr Tissier de Mallerais, dos aux fidèles, psalmodie en latin pendant presque deux heures.

L’église réunit des familles qui sont là depuis toujours. Mais elle attire aussi de nouveaux adhérents, chez les jeunes. Kevin a la vingtaine tout juste. Il a rejoint les rangs d’Ecône dernièrement alors que sa famille est restée fidèle au pape. «Ce n’est rien de plus que la messe de nos grands-parents, mais son message est extrêmement clair. Je me reconnais dans ses valeurs et on y sent une véritable ferveur que l’Eglise a perdue. Je ne suis pas un cas isolé et je suis frappé par le nombre de vocations au sein de la Fraternité.» Il y a peu, Kevin s’est marié selon la tradition d’avant le concile. Pendant la cérémonie, le prêtre a lu un passage des Ecritures, enjoignant aux femmes d’être soumises et aux hommes de les aimer comme le Christ aime son Eglise, comme cela se faisait dans les années 50. Le site web de la Fraternité héberge des sermons explicites sur le sujet: «La femme doit se montrer apte à tous les actes qui rendent le foyer aimable et attrayant. […] L’homme doit conquérir les qualités qui donneront à la femme le sentiment qu’elle peut s’abandonner avec confiance.»

Kevin dit pourtant vivre son couple selon le modèle moderne. «Ma femme travaille, elle a les loisirs qu’elle veut et je peux vous dire qu’elle n’est absolument pas soumise!» s’exclame-t-il. Goût pour le sacré de l’ancienne liturgie mais refus d’appliquer les dogmes d’autrefois? La position des fidèles est ambivalente et tend à relativiser les valeurs véhiculées par Mgr Lefebvre, fondateur de la Fraternité.

«Ils ont une vision du monde extrêmement négative, dominée par Satan et le péché originel», critique le jésuite Jean-Blaise Fellay, historien de l’Eglise qui a beaucoup écrit sur Ecône dans les années 70 et 80. «Leur vision apocalyptique d’une société vouée à la destruction les pousse à se refermer sur eux-mêmes», poursuit-il. André Franzé et son Mouvement chrétien conservateur se réclament du droit naturel émanant du créateur lui-même et régissant tous les aspects de la société, du rôle de la femme à l’avortement en passant par le pouvoir politique. Les valeurs, d’origine divine, sont immuables et universelles; le créationnisme est de mise. Sur le promontoire d’Ecône, Mgr Tissier de Mallerais s’enflamme, dramatique, face aux fidèles: «Ne croyez pas les délires des libéraux [les œcuméniques]. Dire que le salut existe dans les fausses religions est une imposture, seuls les catholiques seront sauvés!»

De l’avis des proches de la Fraternité, le mouvement est en croissance. Le dogme veut que chacun fasse le plus d’enfants possible au regard de ses moyens financiers. Fortement encouragés à rester dans la communauté, les enfants font croître le nombre de fidèles. Rompre reste un acte difficile dans un groupe qui considère comme un «martyre spirituel de voir des âmes de notre famille s’égarer dans de fausses religions», prêche Mgr Tissier de Mallerais, le regard sombre, ce jour de Toussaint. Certains ont même été spoliés de leur héritage pour avoir quitté le giron «éconard», écrit la sociologue Isabelle Raboud en 1992 dans Temps nouveaux, vents contraires, Ecône et le Valais. Selon un ancien de la communauté, le Valais compterait environ 2000 fidèles, un nombre qu’estimait aussi Isabelle Raboud il y a vingt ans. Certains observateurs doublent volontiers la mise, tandis que d’autres jugent plutôt que le groupe décroît. «Il est très difficile de se marier hors communauté, avance Jean-Blaise Fellay. Cela crée rapidement des tensions et les enfants quittent l’Eglise.»

Aujourd’hui, la Fraternité Saint-Pie-X compte sept chapelles en ­Valais, à Glis, Sierre, Sion, Ecône, Riddes, Martigny et Monthey. La dernière église a été construite dans la zone industrielle sédunoise, au début des années 2000, pour remplacer un petit espace cultuel situé dans la vieille ville. Signe que la Fraternité a encore quelques moyens puisque ses biens immobiliers et le fonctionnement de ses paroisses sont entièrement financés par les dons des fidèles. A la Toussaint, la «basilique» n’est pas bondée mais bien fréquentée. Sur le parking, quelques grosses cylindrées aux vitres teintées et beaucoup plus souvent des monospaces familiaux et bon marché. Ce sont environ 200 personnes qui se sont déplacées.

Le Valais abrite aussi des écoles primaires «éconardes» qui dispensent un enseignement en phase avec les valeurs des fidèles. Deux classes d’une quinzaine d’élèves se sont ouvertes cette année. «On y enseigne des mathématiques très traditionnelles, beaucoup d’histoire et de français mais pas d’activités créatrices ni de sport», décrit Jean-François Lovey, chef du Service de l’enseignement du canton. «La méthode pédagogique est basée surtout sur la répétition du savoir. Il est très rare de voir ces enfants rejoindre l’école publique au passage du secondaire. Ils sont souvent trop en décalage avec le programme normal.» La Fraternité a obtenu l’autorisation de l’Etat de dispenser ces enseignements dans les années 80. Cela n’a pas été remis en question depuis.

Le silence et le secret qui entourent Ecône alimentent les bruits qui décrivent plusieurs personnages publics comme assidus des bancs de l’Eglise. Dominique Giroud, encaveur souvent présenté comme un important donateur de la communauté, répond comme d’autres que cela a trait à sa vie privée. Seuls Jean-René Fournier (conseiller national PDC et ancien conseiller d’Etat), Vincent Pellegrini (journaliste au Nouvelliste, ancien membre de la rédaction en chef et ancien séminariste d’Ecône) et André Franzé reconnaissent publiquement leurs liens avec la Fraternité. Des jeunes candidats UDC au Conseil national comme Grégory Logean ou Ariane Doyen sont des adeptes connus d’Ecône. Interrogés à ce sujet, ils refusent de commenter.

Il y a effectivement des personnalités du monde économique, politique et juridique dans les rangs d’Ecône, mais parler de réseau d’influence occulte paraît exagéré à tous les observateurs. Parce que les fidèles fréquentent la chapelle de leur région, sans tisser de liens importants avec le reste du canton, mais aussi parce que tous les conservateurs ne vont pas à Ecône. Maurice Tornay, conseiller d’Etat PDC que l’on a souvent décrit comme tel, est un catholique fervent, mais fidèle au Vatican. Et ce sont les bancs de l’église d’Orsières qu’il use.

A la création du mouvement, les soutiens d’Ecône étaient très clairement PDC. Guy Genoud, alors conseiller d’Etat, a cofinancé le terrain avec le procureur Roger Lovey entre autres. Le conseiller fédéral Roger Bonvin soutenait aussi publiquement la Fraternité. Aujour­d’hui, à part Jean-René Fournier, aucun élu du parti ne répond plus aux attentes des fidèles d’Ecône. Le Mouvement chrétien conservateur, présidé par André Franzé et dont une partie des membres fréquente la Fraternité, a établi une liste des candidats aux dernières élections fédérales partageant leurs vues sur des thèmes comme l’euthanasie, l’avortement, l’homosexualité ou la consommation de drogue. Tous sont UDC et plutôt jeunes. «En Valais, nous tirons un électorat conservateur abandonné par le PDC et bien plus large qu’Ecône», estime l’UDC Grégory Logean.

L’identification au parti n’est pourtant pas complètement confortable pour les fidèles de la Fraternité. D’abord, parce que son leader, Oskar Freysinger, ne se prononce jamais sur des questions de foi et ne va pas à l’église. Ensuite, parce que «l’UDC représente une droite plus moderne qu’Ecône», estime Jean-Blaise Fellay. «Le parti est démocrate alors que les suiveurs de Mgr Lefebvre se réclament du droit naturel. En France, la Fraternité est plutôt monarchiste, opposée à la Révolution française qui a bouleversé l’ordre établi.»

Ce glissement, imparfait, du PDC à l’UDC serait l’un des signes que la base sociologique qui a permis au mouvement de s’implanter en Valais dans les années 70 s’est effritée. «Non seulement, la droite du parti majoritaire ne les représente plus, mais en plus le mouvement intellectuel et bourgeois attaché au latin n’existe plus», estime Jean-Blaise Fellay. Dans le contexte de la Guerre froide, le mouvement trouvait aussi des racines dans un anticommunisme affirmé qui n’est plus d’actualité.

Est-ce à dire qu’Ecône est vouée à disparaître? «Ecône représente un miroir dans lequel se sont reflétées les transformations du Valais moderne», écrivait Isabelle Raboud il y a vingt ans. «Or les bouleversements ont ébranlé les certitudes et suscité un sentiment d’insécurité. C’est ce qui a nourri le besoin d’enracinement et de références aux valeurs du passé.» Une affirmation qui vaut toujours aujourd’hui. Le terreau valaisan reste perméable aux idées conservatrices, qui refont surface régulièrement, au gré d’une polémique autour du crucifix dans les salles de classe, de l’éducation sexuelle dans les manuels scolaires ou de réformes de l’enseignement religieux. La défense du terroir, du patois, du folklore, de l’identité valaisanne et de son passé prend de l’importance. Et l’UDC a gagné du terrain aux dernières élections. «Même si le contexte n’est plus aussi favorable qu’en 1970, ce genre de groupuscule peut durer très longtemps», prédit Jean-Blaise Fellay.

[Christophe Saint-Placide] La température de la FSSPX

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 25 novembre 2011

Sous le pseudonyme d’Ennemond, un proche de Suresnes et des hautes instances de la FSSPX, calme le jeu sur le Forum « Fecit », qui est pratiquement un média de cette Fraternité. Il répond aux bruits complaisamment repris par Golias, lesquels voudraient que la grande majorité des prêtres (surtout français) de la FSSPX soient hostiles à une reconnaissance de la Fraternité par le Saint-Siège.

Message d’Ennemond : 
Voilà la réponse adéquate aux errements qui circulent sur le net par Ennemond le 24-11-2011 (19:30:21)
Je ne crois pas m’avancer en affirmant que 100 % des prêtres de la FSSPX que je connais sont favorables à une régularisation de cette œuvre, c’est-à-dire qu’ils souhaitent la résolution des différends et la reconnaissance de cette société. Dans la même proportion, 100 % d’entre eux ne veulent pas d’une régularisation à n’importe quelle prix (qui nous ferait plus ou moins avaler des principes qui sont décrétés catholiques depuis 40 ans seulement, et qui nous placerait au moins pour partie dans une situation sous contrôle d’évêques comme NN.SS. Bouilleret, Nourrichard ou Daucourt).
La vraie solution est surnaturelle, non divinatoire, c’est celle que nous donne Mgr Fellay et, à sa suite, l’abbé Bouchacourt : le chapelet et la pénitence. La croisade du rosaire se poursuit jusqu’en juin !
Le message d’Ennemond est, bien entendu, à décrypter, selon le genre littéraire de ces sortes de communiqués :
  • « Je ne crois pas m’avancer en affirmant… », dit Ennemond, ce que l’on peut traduire par : « J’ai fait relire mon message par telle ou telle autorités qui, quoi qu’elles en aient, n’ont pourtant rien pu trouver à redire à ma formulation ».
  • Ennemond jette un voile pudique sur une fronde de prêtres fsspx, qui ne concerne pas un nombre considérable d’entre eux : cette omission est même l’objet principal du message. Il est patent que l’opposition aux accords s’est manifestée ces derniers temps presque à la limite de ce que des supérieurs peuvent admettre dans une société ecclésiastique, a fortiori dans une société qui affiche son respect des principes traditionnels, c’est-à-dire où l’on accorde au Supérieur une grâce d’état pour prendre les grandes décisions prudentielles. Mais Ennemond peut relativiser cette fronde en toute assurance : les prêtres mécontents sont loin d’être le grand nombre et ils se soumettront lorsque le Supérieur aura fait connaître sa décision. De sorte que son affirmation : 100% sont d’accord mais pas à n’importe quel prix, est vraie.
  • En tenant pour négligeable la vraie revendication de la minorité frondeuse (revendication qui est : « Pas d’accord avec Rome avant que Rome ait totalement rejoint la Tradition ») et en circonscrivant le prix que l’ensemble (= la grande majorité) des prêtres de la FSSPX ne veulent pas à payer, savoir : « avaler des principes qui sont décrétés catholiques depuis 40 ans seulement » et être placés « sous contrôle d’évêques comme NN.SS. Bouilleret, Nourrichard ou Daucourt », Ennemond sait que du second point il n’a jamais été question, et que le premier est une question de limage des formulations du fameux « Préambule doctrinal ». En d’autres termes, Ennemond prépare en douceur les esprits à une décision favorable du supérieur à la reconnaissance de la FSSPX.
  • Enfin, par un appel au surnaturel vers le croisade de rosaires qui se poursuivra jusqu’en juin, Ennemond laisse entendre que l’ensemble du processus va prendre tout de même du temps, qu’il ne faut pas s’affoler, qu’il n’y a pas le feu, etc. Car il sait bien que là est toute la difficulté psychologique de la FSSPX : il lui faut passer d’une analyse de type « quatre-vingt-huitard », qui est restée plus ou moins en vigueur malgré un changement considérable de paysage, à une analyse nouvelle adaptée à un tout autre contexte, et cela demande pour « la base » un certain temps.

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx] Fils de l'Eglise

SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Novembre 2011

Ces temps difficiles que l’Eglise traverse depuis près de 50 ans ne doivent ni nous décourager ni nous faire douter de L’Eglise catholique qui nous a enfantés à la grâce le jour de notre baptême. Au contraire, ravivons notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ son  Divin Fondateur, qui lui a promis assistance  jusqu’à son retour : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde  ». Cette Eglise, sortie de son côté transpercé le Vendredi saint, a reçu pour mission de prolonger les effets de l’Incarnation et de la Rédemption du Sauveur jusqu’à à la fin des temps. Comme le fit le Christ durant sa vie terrestre, elle enseigne, sanctifie et guide les âmes vers Dieu avec l’assurance qu’elle ne faillira jamais à sa mission et qu’elle ne périra jamais. « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ».  

Le Christ à confié à son Eglise son enseignement. Elle n’en n’est pas la propriétaire mais la dépositaire. Sur son ordre, elle le porte jusqu’aux extrémités de la terre afin de disposer les âmes à recevoir la vie surnaturelle, les éclairer et les conduire à la vie éternelle. « Allez enseignez par tout le monde, prêchez l’Evangile à toutes les créatures. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné  ». C’est la feuille de route que l’Eglise a reçu de son Divin Fondateur et qu’elle doit suivre jusqu’à son retour. Sa hiérarchie, sa discipline, son organisation interne, son droit canonique sont au service de la doctrine reçue du Christ pour la transmission de la foi qu’elle doit conserver, expliquer expliciter, défendre et transmettre dans toute son intégrité pour le bien des âmes avec l’assistance du Saint-Esprit. Personne, pas même le pape lui-même, ne peut modifier substantiellement ce dépôt reçu, sans prendre le risque d’offenser gravement Dieu et d’ébranler la foi des catholiques eux-mêmes.

L’Eglise accomplit sa mission depuis plus de 2000 ans, sauvegardant son unité, préservant cet héritage contre les attaques de l’erreur, malgré les persécutions qui n’ont pas manqué depuis sa fondation et les trahisons de certains de ses membres qu’elle a exclu de son sein. Forte de cette assistance divine, elle n’a cessé de se fortifier et de s’étendre sur toute la surface de la terre s’appuyant sur  deux piliers qui constituent la Révélation : la Sainte Ecriture et la Tradition, L’Ecriture Sainte est la parole de Dieu écrite sous l’inspiration du Saint-Esprit et consignée dans les soixante-douze livres de la Bible, (quarante-cinq pour l’Ancien Testament et vingt-sept pour le Nouveau). La Tradition, quant à elle, se trouve dans la pratique de l’Eglise, dans les formules et les usages liturgiques, dans les écrits des Pères et des Docteurs de l’Eglise, dans les symboles de la foi, dans les Conciles, dans les encycliques des Papes, dans les catéchismes, dans les œuvres de l’Art sacré etc…

Ce patrimoine nous est parvenu intact jusqu’à aujourd’hui. C’est à cette source que se sont abreuvés les membres de l’Eglise durant toute son histoire. La mise en pratique de cette doctrine à donné un fruit visible : la chrétienté. Les hommes et les femmes, les familles, la société ont été transformés par ce trésor et le ciel s’est peuplé de saints connus et inconnus. Cet héritage précieux nous voulons le connaitre, y être fidèles, le défendre et le transmettre dans toute sa pureté aux générations futures. Le renier reviendrait à renier Notre Seigneur Jésus-Christ ainsi que les papes, les martyrs et les saints qui nous ont précéder.

Depuis une cinquantaine année, avec le concile Vatican II, des hommes d’Eglise ont voulu adapter ce dépôt révélé à la mentalité moderne. Ce fut le fameux aggiornamento conciliaire. Ils cherchèrent  alors à modifier profondément les deux piliers sur lesquels l’Eglise s’appuie, l’Ecriture Sainte et la Tradition Les traductions des textes saints de la Bible et leur interprétation furent revues et corrigées dans cet esprit funeste. Une rupture avec sa Tradition bimillénaire a aussi été initiée. C’est ainsi que furent remaniés la liturgie, le droit Canon, le catéchisme, l’art catholique lui-même pour les adapter à la nouvelle doctrine enseignée. Comme le fit la Révolution Française, toute référence aux passé devait être effacée. L’an I de l’Eglise conciliaire commença alors avec Jean XXIII et le Concile Vatican II. Du passé fut fait table rase. Un printemps radieux avait été annoncé, ce fut l’hiver qui arriva ! Un hiver glacial qui stérilisa l’Eglise et ses œuvres parce que l’on avait voulu séparer l’Eglise de son Epoux le Christ pour la marier avec le Monde. Cette famille recomposée prit le nom d’ « Eglise conciliaire » selon les propres paroles du Cardinal Benelli. Alors se révéla une crise sans précédent qui n’est toujours pas terminée aujourd’hui. L’Eglise en a été ébranlée jusque dans ses fondements. Pour garder la foi, les fils de l’Eglise de toujours, opposés à cet « esprit conciliaire » entrèrent en résistance et subirent la persécution de Rome, des évêques et des prêtres. Quel mystère insondable ! Le Père Calmel, prêtre dominicain français,  qui fut aumônier des religieuses dominicaines de Brignoles, grand défenseur de la Tradition dès les premières heures a écrit ces mots magnifiques : « Nous ne formons aucunement une petite secte marginale ; nous sommes de la seule Eglise catholique, apostolique et romaine. Nous préparons de notre mieux le jour béni où l'autorité s'étant retrouvée elle-même, dans la pleine lumière, l'Eglise sera délivrée enfin des brouillards suffocants de l'épreuve présente. Encore que ce jour tarde à venir, nous essayons de ne rien relâcher du devoir essentiel de nous sanctifier ; nous le faisons en gardant la tradition dans l'esprit même où nous l'avons reçue, un esprit de sainteté  ».

C’est animé de ce même esprit, qu’un fils éminent de l’Eglise et digne successeur des Apôtres, Mgr Lefebvre fit des allers-retours incessants entre Ecône et Rome pour tenter de convaincre le pape et son entourage de revenir à la Tradition sans jamais vouloir rompre avec le Siège de Pierre. Voici ce qu’il prêcha le 26 février 1983 au séminaire de Zaitzkofen avant d’ordonner l’abbé Cériani et quelques autres diacres :

« Quelques membres de la Fraternité, malheureusement, pensaient qu'il ne fallait pas aller à Rome et que nous ne devrions pas avoir de contacts avec ceux qui aujourd'hui sont dans l'erreur, mais que nous devrions plutôt abandonner ceux qui ont adhéré au concile Vatican II et à ses conséquences. Pour ces raisons, parce que la Fraternité continuait à garder le contact avec Rome et avec le pape, ils préférèrent abandonner La Fraternité.
La Fraternité n'a jamais agi de cette manière, je n'ai jamais cru devoir donner cet exemple. Au contraire je n'ai jamais cessé d'aller à Rome. Je continue à garder le contact avec le cardinal Ratzinger, que vous connaissez déjà, avec le désir ferme que Rome revienne à la Tradition. Si on croit que le pape n'existe plus, qu’il n'y a plus de pape, alors pourquoi aller à Rome ? Et comment ensuite espérer que l'Eglise retourne à la Tradition ? C'est à lui que revient cette responsabilité. Parce qu'il est le pape, il doit tout faire pour que l'Eglise retourne à la Tradition. C’est de sa responsabilité. Si aujourd'hui malheureusement il s'est rallié aux erreurs de Vatican II, ce n'est pas une raison de l'abandonner. Bien au contraire. Nous devons faire tous nos efforts pour le faire réfléchir sur la gravité de la situation, faire en sorte qu'il revienne à la Tradition et lui demander qu'il remette l'Eglise sur le chemin suivi durant vingt siècles.
Certains sans doute, comme ceux qui se sont éloignés de nous, me diront : « c'est inutile, c'est perdre son temps ! ».
Leur problème c'est qu'ils n'ont pas confiance en Dieu. Dieu peut tout ! Du point de vue humain, réellement c'est décevant, mais nous devons prier, priez doublement pour le pape, pour que Dieu l’illumine, pour que finalement il ouvre les yeux, pour qu'il voit les désastres qui se répandent dans l'Eglise. Nous devons prier pour que les séminaires se remplissent comme les nôtres, pour que de nouveau ils forment des prêtres qui célèbrent la véritable messe et chantent la gloire de Dieu comme le fit le Christ sur la Croix et pour que continue le Sacrifice de la Croix. Voilà pourquoi je vais à Rome. Ainsi est la Fraternité ».

C’est ce même chemin que suit son successeur Monseigneur Fellay depuis le rappel à Dieu de notre fondateur. Parce que nous sommes fils de l’Eglise, nous ne pouvons  nous résigner à voir cette Tradition bannie de son sein comme elle l’est encore aujourd’hui. Ce fut la finalité des récentes discussions doctrinales : montrer aux autorités romaines que l’Eglise ne pouvait pas se couper de ses racines comme elle l’a fait lors du dernier concile et durant les décennies qui ont suivi. La résolution de la crise que traverse l’Eglise passe en effet par la restauration de  la Tradition à tous les niveaux. Nous sommes convaincus qu’un jour ce retour se fera même si cela pourra demander du temps…  Déjà, en effet, quelques voix s’élèvent, qui ne sont pas de la FSSPX, pour demander de jeter un regard critique sur les textes du dernier concile. Une telle attitude était encore impensable il ya encore 10 ans. Ce mouvement certes est encore timide mais il est réel et ira en s’amplifiant. L’aile progressiste refuse une telle éventualité et s’opposera par tous les moyens  à une telle restauration comme les ennemis de l’Eglise eux-mêmes. Il nous revient, à nous fils de l’Eglise de ne pas nous décourager, de garder la Foi et l’Espérance illuminées par la charité, de prier et de faire pénitence pour l’Eglise et sa hiérarchie. Faisons nôtres  ces mots de Notre Dame de la Salette :

« j'appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin, j'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté, dans l'humilité, dans le mépris et dans le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous petit nombre qui y voyez; car voici le temps des temps, la fin des fins ».

Que chacun soit à son poste, là où la Providence l’a mis, ardent à accomplir son devoir d’état, à réciter son rosaire et à faire pénitence aux intentions de la croisade à laquelle Monseigneur Fellay nous a tous appelés jusqu’à la Pentecôte 2012 « pour que l’Eglise soit délivrée des maux qui l’accablent ou qui la menacent dans un avenir proche, que la Russie soit consacrée et que le Triomphe de l’Immaculée arrive bientôt ». Voilà ce que l’Eglise attend de ses fils et de ses filles! C’est à la porter de chacun. Nul ne peut se dérober à ce devoir sans être ingrat envers celle qui nous a enfantés à la grâce.  Faisons-le avec une grande confiance pour l’honneur de notre Mère la sainte Eglise et le salut des âmes.

Que Dieu vous bénisse !

Padre Christian Bouchacourt, Supérieur du District d’Amérique du Sud

Extrait de la revue Jesus Christus n° 136