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Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

30 septembre 2016

[Abbé Christian Thouvenot, fsspx - DICI] Fatima versus Assise

SOURCE - DICI - 30 septembre 2016

Le 13 mai 1917, la Vierge apparut à Fatima pour demander que l’on récite le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre. Deux mois plus tard, le 13 juillet, elle réitéra sa demande : « Je veux que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la fin de la guerre et la paix dans le monde ».

Le 20 septembre 2016, à la Journée mondiale de la prière pour la paix, il n’a pas été question de Notre-Dame du Rosaire. Son divin Fils, unique Médiateur donné par Dieu aux hommes, a dû dans la personne de son Vicaire sur la terre coexister avec les infidèles et les païens, avec les ennemis jurés de sa Croix autant qu’avec les sectes qui déchirent son Eglise.

Le catholique sait bien où trouver la paix sur cette terre, qui est le fruit de la charité. Ubi Crux, ibi Pax. Si l’on veut la paix, il faut prêcher Jésus-Christ intégralement, et travailler à étendre sur la terre le royaume de Dieu, c’est-à-dire le règne du Christ sur les individus, les familles et les sociétés. Car Lui seul est le Prince de la paix – Princeps Pacifer (liturgie de la fête du Christ-Roi).

Saint Paul le proclame : « C’est Lui, Jésus-Christ, qui est notre paix… » (Ep 2, 14).

L’esprit de la Croix du Christ et l’honneur de Notre-Dame, c’est plus que jamais la Croisade du Rosaire que la Fraternité Saint-Pie X a lancée pour célébrer le centenaire de Fatima. Et réparer le scandale d’Assise.

[DICI] La 5e Rencontre interreligieuse d’Assise

SOURCE - DICI - 30 septembre 2016
Le 20 septembre 2016, la Journée mondiale de la prière pour la paix clôturait la Rencontre interreligieuse pour la paix organisée par la communauté Sant’Egidio, à Assise, sur le thème : Soif de paix. Religions et cultures en dialogue – 30 ans après la première rencontre interreligieuse voulue par Jean-Paul II, à Assise, le 27 octobre 1986.

Le pape François s’y est rendu en hélicoptère et a atterri vers 11h00 sur le terrain de sport Migaghelli à Sainte-Marie-des-Anges. Il a été accueilli par Mgr Domenico Sorrentino, archevêque d’Assise-Nocera Umbra-Gualdo Tadino, Catiuscia Marini, présidente de la région de l’Ombrie, Raffaele Cannizzaro, préfet de Pérouse, et Stefania Proietti, maire d’Assise.
500 participants à la « Journée mondiale de la prière pour la paix »
Le pape a rejoint le Sacré Couvent de Saint-François d’Assise, où il a été accueilli par le père Mauro Gambetti, Custode du Sacré Couvent, Bartholomée Ier, primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople,Abbas Shuman, vice-président de l’Université sunnite d’Al-Azhar (Caire), Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, Justin Welby, archevêque anglican de Cantorbéry et primat de l’Eglise d’Angleterre, Ignace Ephrem II, patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, et par le chef suprême du bouddhisme Tendai (Japon). Ils se sont rendus tous ensemble au cloître Sixte IV, où les attendaient les représentants des Eglises et religions mondiales. Durant plus d’une heure, le pape a salué chacun des 500 participants, représentants religieux mais aussi du monde politique et de la culture. Des évêques français participaient à ces journées : le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille.

Le pape a ensuite gagné le réfectoire du Couvent pour un déjeuner avec les représentants religieux et une douzaine de réfugiés, venus de Syrie, d’Erythrée, du Nigeria et du Mali.
La prière œcuménique pour la paix
A 16h00, eurent lieu les méditations de la prière œcuménique pour la paix, à la basilique inférieure d’Assise, par le pape François, le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, et l’archevêque anglican de Cantorbéry, Justin Welby, en présence de différents cardinaux et du prieur de Taizé, le frère Alois.

Les méditations ont été suivies d’une prière d’intercession pour chacun des 28 pays en proie à des conflits, tandis qu’un cierge était allumé pendant que l’assemblée reprenait Kyrie Eleison : Syrie, Afghanistan, Birmanie, Burundi, Colombie, Amérique centrale, République démocratique du Congo, Corée du sud et du nord, Ethiopie et Erythrée, Irak, Cachemire, Libye, Mali, Mexique, la région du Mindanao (Philippines), Mozambique, Haut-Karabagh, Nigeria, Pakistan, Casamance (Sénégal), Somalie, Soudan du Sud, Ukraine, Venezuela, Yémen, Terre Sainte, et « toutes les autres terres polluées par le virus de la haine ».

La célébration s’est achevée par l’échange d’un signe de la paix du Christ, la prière du Notre Père et la bénédiction finale des responsables chrétiens présents et celle du pape François.

Au même moment, les représentants des autres religions se retrouvaient en différents lieux de la ville de saint François pour prier chacun selon sa tradition religieuse et implorer le don de la paix. Une salle regroupait plusieurs adorateurs d’Allah qui firent leurs prières tournés vers la Mecque ; 27 délégations musulmanes avaient fait le déplacement. Dans les jardins se réunirent les cultes païens, tandis que, sous un cloître, les rabbins discutaient ou entonnaient des chants. Au total, Assise a rassemblé 9 religions différentes et 26 « expressions religieuses et philosophiques ».
L’Appel à la paix
A 17h00, les 450 représentants religieux des neuf confessions différentes se sont retrouvés sur le parvis de la basilique franciscaine pour les allocutions finales et la signature solennelle de l’Appel à la paix.

Devant le parterre de dignitaires religieux et représentants du monde de la culture, Mgr Domenico Sorrentino a salué « l’esprit prophétique d’Assise » qui montre qu’« il est possible que l’humanité croyante se sente une seule famille ». Le Custode du Sacré Couvent d’Assise a encouragé à être prêt à « mourir pour la paix ».Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, a assuré que la guerre était « folie de gens avides de pouvoir et d’argent » mais qu’elle pouvait être vaincue par l’humilité et la prière. Tamar, réfugiée syrienne de confession arménienne a témoigné des souffrances endurées par un pays où il n’y avait auparavant « pas de différences entre chrétiens et musulmans ». Le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier a déclaré que « la paix nécessite aussi la justice », en plaidant pour une nouvelle économie attentive aux plus pauvres et à la planète. Il a souhaité que chaque famille religieuse fasse « une autocritique » pour se purifier en vue de la paix. Le rabbin David Brodman, déporté enfant dans les camps de concentration, a rendu hommage au pape François son « cher ami, le Saint-Père », saluant son « humilité », la plus grande vertu et signe de sainteté, ajouta-t-il. Et de résumer l’esprit de cette journée : « Tous différents, mais tous ensemble ». Le président du Conseil des oulémas d’Indonésie a dénoncé pour sa part la violence et le terrorisme, et affirmé : « l’Islam est une religion de paix » (sic).

Après l’intervention en japonais du chef du bouddhisme Tendai, le pape François a pris la parole en assurant que « jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence ». « Seule la paix est sainte, pas la guerre ! », a-t-il martelé. « Nous n’avons pas d’armes, a poursuivi le souverain pontife. Mais nous croyons dans la douce et humble force de la prière ». « Il n’y a aucun avenir dans la guerre, et la violence des armes détruit la joie de la vie ».

Appelant à « faire face à la grande maladie de notre époque : le paganisme de l’indifférence », François a mis en garde contre diverses attitudes : l’attitude de « celui qui sait seulement protester et se fâcher » ou de « celui qui se lave les mains des problèmes » des autres, ou encore de « celui qui juge tout sur le clavier d’un ordinateur ».

Le pape a encouragé les dirigeants des Nations à ne pas se lasser de « promouvoir des chemins de paix au-delà des intérêts de parti et du moment ». « Notre avenir est de vivre ensemble » en déposant les « lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes, de la haine », a-t-il ajouté. Et de donner l’exemple des participants d’Assise : « Nos traditions religieuses sont diverses. Mais la différence n’est pas pour nous un motif de conflit ».

L’assemblée du 20 septembre 2016 s’est achevée par un solennel Appel à la paix. Les représentants religieux du monde entier ont affirmé « le lien indissoluble entre le grand bien de la paix et un authentique engagement religieux ». Tous ont proclamé : « Non à la guerre ! », appelant de leurs vœux l’avènement « d’un temps nouveau, où le monde globalisé devienne une famille de peuples ». Le nom de Dieu ne saurait être invoqué « pour justifier le terrorisme, la violence et la guerre », car « la guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même », parce que « la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux ». La solution aux conflits et la condition pour « construire une véritable paix » passe par la rencontre et le dialogue où « tous nous pouvons être des artisans de paix ».

Après le discours du pape François, les participants ont observé une minute de silence pour les victimes des guerres et de la violence. Puis a eu lieu la proclamation solennelle de l’Appel à la paix qui explique l’esprit d’Assise : « Voilà l’esprit qui nous anime : réaliser la rencontre dans le dialogue, s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme ». « La paix est le nom de Dieu », déclarent les signataires de toutes religions, en affirmant « que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux ». Ils implorent les gouvernants « afin que soient désamorcés les mobiles des guerres ».

Des enfants de différentes nationalités sont alors venus recevoir des mains des représentants religieux un rouleau contenant l’Appel à la paix, pour le brandir devant la foule qui applaudissait au son d’une musique moderne.

En un geste symbolique, les représentants religieux et culturels ont allumé, un par un, une bougie sur un large candélabre avant de signer l’Appel d’Assise 2016. Les participants ont aussi prié pour les victimes des récents attentats en France et pour tous les réfugiés du monde.

Au terme de la rencontre, tous les participants ont échangé un geste de paix, s’embrassant ou se serrant les mains dans une joyeuse mêlée, tandis que les hauts parleurs faisaient retentir l’Alleluia de Haendel. Vers 18h30, le pape François a rejoint sa voiture pour rentrer au Vatican en hélicoptère.

(Sources : Apic/IMedia/radiovatican/zenit – DICI n°341 du 30/09/16)

29 septembre 2016

[Riposte Catholique] Tribune – Contextualiser les exigences divines ? Sur Sarkozy et d’autres…

SOURCE - Riposte Catholique - 27 septembre 2016


Il y a une mode dans certains milieux, y compris les chez les catholiques. Cette mode, nommons-là: la contextualisation. Elle signifie que tout ne serait que question de contexte lorsqu’on étudie les Saintes Écritures ou même quand on analyse la Tradition. Elle permettrait de relativiser beaucoup de choses: le péché, certaines institutions, etc. Mais une telle mode aboutit à douter de tout, car si tout est contextualisable, il ne reste plus rien. Rien, sauf des sentiments subjectifs.

Un candidat à la primaire – Nicolas Sarkozy, pour ne pas le nommer… – a même opposé la nécessaire contextualisation auquel procéderait la culture chrétienne pour mieux l’opposer à l’islam. Dans Tout pour la France, l’ancien président de la République affirme qu’au Moyen Âge, la chrétienté aurait donc oublié cette attitude (voir l’image en-dessous)… Pourtant, que d’erreurs ! Les partisans de l’exégèse allégorique n’ont jamais nié qu’il y eût un sens littéral dans l’Écriture. Même Origène n’a jamais oublié que les Écritures disent aussi des choses factuelles. Au passage, c’est bien le protestantisme qui a rompu avec les quatre sens médiévaux de l’Écriture, se focalisant sur une étude limitée… Bref, Nicolas Sarkozy ramène le Moyen Âge à l’obscurantisme. On n’a donc plus besoin de s’appeler Michel Rocard, qui reprenait la légende selon laquelle l’Église aurait refusé aux femmes l’existence d’une âme…

Pourtant, il existe des actes graves. Ainsi, quand le Christ met en garde contre certains péchés. Il ne le dit pas à légère et ne s’en remet à un sens caché. Il le dit ouvertement et sans détours, sauf – peut-être – pour certains politiques en mal de popularité ou pour certains théologiens qui ont cru qu’ils comprenaient mieux que quiconque la miséricorde…

Quand Saint-Paul annonce que ceux qui approchent indignement de la communion concourent à leur propre condamnation, il se garde de donner un énoncé qu’une casuistique pourrait contourner. Il existe des interdictions qui valent à toutes les époques et pour tous les individus. L’histoire de l’Église, c’est peut-être la capacité à dépasser des périodes différentes, mais c’est aussi cette faculté à poser une vérité qui transcende ces époques. Tous les âges ont eu besoin de la Rédemption et de combattre le péché. Il n’y a pas besoin de faire de dessins pour savoir que les tentations resteront les mêmes… L’homme ne se réduit pas à un contexte, à une mentalité, même si ces aspects jouent forcément un rôle. Mais l’homme est un peu plus que cela… Refusant tout historicisme, la foi chrétienne a fait le pari que l’homme d’un lieu précis et d’une époque donnée pouvait connaître la vérité.

Ne rabâchons pas des attitudes dignes d’une exégèse de comptoir, mais apprenons à aimer la vérité, à aller au-delà des modes passagères. Le relativisme est aussi le fruit d’une époque bien précisé, de mentalités particulières. Comme toute idéologie, il finira par disparaître après avoir séduit tant d’âmes, y compris à des niveaux ecclésiaux très élevés… La contextualisation est l’exégèse superficielle de ces hommes modernes, enfermés dans leur morne individualisme, et incapables de comprendre des vérités transcendantes.

[Paix Liturgique] Saint Josemaria Escriva et la mystique du Missel traditionnel

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°563 - 27 septembre 2016

Il est particulièrement intéressant de se pencher sur l’ensemble des motifs qui ont fait conserver à Josemaria Escrivá de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei, la célébration privée de la messe traditionnelle : elles étaient hautement spirituelles.
Dans notre lettre 552, consacrée à l’histoire de la paroisse Sainte-Brigitte, dans la banlieue de Portland (Oregon), nous écrivions dans notre première réflexion que cette histoire rappelait que, dès l’apparition du nouveau missel de Paul VI, un certain nombre d’indults privés (*) permettant la conservation de l'ancien missel avaient été demandés et obtenus, « les plus célèbres étant ceux accordés à saint Padre Pio et saint Josemaria Escrivá ». Cette phrase a incité un de nos lecteurs à nous signaler un témoignage donnant quelque détail sur l’indult obtenu par le fondateur de l’Opus Dei. C’est ce témoignage que nous vous proposons cette semaine comme sujet de nos réflexions.
I – LE TÉMOIGNAGE DE JOHN SONNEN
John Sonnen est un blogueur, photographe et guide américain qui a passé de nombreuses années à Rome avant de se marier et de repartir pour les rives du Pacifique où il a monté une agence de pèlerinages avec son épouse. Le 4 août 2015, il a publié sur son blog le témoignage suivant, intitulé : « Pourquoi saint Josemaria n’a jamais célébré le Novus Ordo ». Ce témoignage met en scène l’un des familiers du fondateur de l’Opus Dei, son médecin personnel, l’abbé José Luis Soria.

Il y a quelques années, écrit John Sonnen, j’ai eu l’honneur de m’asseoir aux côtés du merveilleux Père Soria, médecin personnel de saint Josemaria Escrivá.

Don José était un ami proche du saint, à ses côtés jusqu’à son dernier soupir. C’est lui qui lui ferma les paupières au moment de son rappel à Dieu. Ordonné prêtre à Madrid, il vécut à Rome des années 50 aux années 70.

À la question que je lui fis sur les raisons pour lesquelles saint Josemaria n’avait pas célébré la nouvelle messe, il me répondit avec franchise et précision.

Saint Josemaria était avant tout et par-dessus tout obéissant. Mais il n’arrivait pas à lire les caractères estompés du nouveau missel romain. Il souffrait de cataracte et s’épuisait à en déchiffrer la typographie médiocre.

Le saint avait en outre connu des expériences mystiques liées à certains mots, expressions et passages de la messe traditionnelle. Ces expériences avaient jalonné sa vie spirituelle depuis son enfance et tout au long de sa vie de prêtre. En célébrant la messe de Paul VI, le saint se serait privé de tels moments.

C’est le secrétaire du saint [et successeur immédiat à la tête de l’Opus Dei, ndlr], don Álvaro del Portillo qui, à sa demande, téléphona à Monseigneur Annibale Bugnini pour lui demander la permission de continuer à célébrer l’ancienne liturgie. Bugnini n’eut pas d’hésitation et répondit : « Don Escrivá n’a pas besoin de ma permission. Qu’il continue à célébrer la messe de saint Pie V ! »
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) En regardant attentivement les photos qui illustrent notre lettre et en accord avec le récit de son médecin personnel, on constate que saint Josemaria a bien continué à célébrer selon le missel de saint Pie V : pouce et index joints après la consécration, manière de s’incliner vers l’autel, port du manipule, canon d’autel, etc. ; la plus probante des photos étant celle où l’on voit l’attitude de Josemaria Escrivá lors duMemento des défunts conforme aux rubriques anciennes, la page du missel à sa gauche étant une page du missel tridentin. Pourtant, il est tout aussi vrai qu’en tant que Supérieur de l’Opus Dei, il a veillé à l’adoption du nouveau missel par tous les prêtres de sa communauté. Il ne pouvait en être autrement pour l’auteur de ces exhortations spirituelles : « Accueille en toi la parole du pape, et que ton adhésion soit religieuse, humble, intérieure et efficace : fais-toi l’écho de sa parole ! » et « Quand tu recevras un ordre, que personne ne l’emporte sur toi en obéissance ! » (Forge, Le Laurier, 1988).

2) Médecin et prêtre, don José Luis Soria a partagé la vie de saint Josemaria Escrivá de 1956, année de son ordination, à 1975, année du rappel à Dieu du saint. Rien d’étonnant donc à ce que les arguments avancés par l’abbé Soria pour justifier le refus du nouveau missel, à titre personnel, par le fondateur de l’Opus Dei, soient à la fois d’ordre médical (les problèmes de vue) et spirituel (les grâces reçues en célébrant selon le missel de saint Pie V). Sachant qu’en 1969, le fondateur de l’Opus Dei a 67 ans, et que la permission qu’il demande concerne sa messe privée (pour les messes publiques, notamment les concélébrations, il célèbre selon le nouveau missel), il se trouve bien dans le cas prévu par l’instruction de la Congrégation pour le Culte divin du 20 octobre 1969, qui indiquait que : « Les prêtres âgés qui célèbrent la messe sine populo, et qui auraient trop de difficultés à s'habituer au nouvel Ordo Missæ et aux nouveaux textes du Missel romain et de l'Ordo lectionum Missæ, peuvent, du consentement de leur Ordinaire, [conserver] les rites et les textes actuels. Les cas particuliers [...] seront soumis à cette S. Congrégation ». Ainsi s'explique la réponse immédiate et favorable de Monseigneur Bugnini à don Álvaro del Portillo.

3) Dans Quand le Christ passe, recueil d’homélies de saint Josemaria (Le Laurier, 1989), le fondateur de l’Opus Dei a de superbes paroles pour décrire le « mystère de Foi et d’Amour » qu’est l’Eucharistie (chapitre 9). La lecture de ces pages témoigne d’une théologie liturgique que les tenants de la réforme liturgique auraient sans hésiter qualifiée de « tridentine ». Citons, par exemple : « La Messe – j’y insiste – est une action divine, trinitaire, pas humaine. Le prêtre qui célèbre sert le dessein du Seigneur, en Lui prêtant sa voix et son corps; il n’agit pas à titre personnel, mais in persona et in nomine Christi, en la personne et au nom du Christ », ou encore « La Sainte Messe nous place ainsi devant les mystères essentiels de la foi, car elle est le don de la Trinité à l’Église On comprend ainsi que la Messe soit le centre et la racine de la vie spirituelle du chrétien. Elle est la fin de tous les sacrements. »

4) Comme le fondateur de l’Opus Dei, de nombreux prêtres de par le monde ont profité des exceptions prévues par l’instruction sur la mise en application de la réforme liturgique pour conserver le missel traditionnel. Souvent, aux raisons d’âge et de santé s'ajoutaient de vraies raisons théologiques et spirituelles. Concernant saint Josemaria, ces raisons n'ont jamais été explicitées, ce qui est facile à comprendre puisqu'il avait fait embrasser la réforme liturgique par son œuvre et n'était pas homme à semer le doute dans l'esprit des siens.
   
En revanche, et c'est tout l'intérêt du témoignage de l'abbé Soria, le saint avait « connu des expériences mystiques liées à certains mots, expressions et passages de la messe traditionnelle. Ces expériences avaient jalonné sa vie spirituelle depuis son enfance et tout au long de sa vie de prêtre. En célébrant la messe de Paul VI, le saint se serait privé de tels moments. » Les raisons qu'avaient saint Josemaria de célébrer la liturgie latine et grégorienne étaient donc aussi de nature spirituelle. Elles étaient, selon le témoignage de son confident, des raisons mystiques. 
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(*) En Droit canonique, un indult est une grâce du Saint-Siège portant dispense du droit commun. En l’espère on pourrait aussi parler de privilège, droit particulier accordé à certaines personnes contre la loi générale, ou au-delà de celle-ci. Dans le cas de Josemaria Escrivá, il semble qu’il s’agisse plutôt de l’usage d’une exception prévue par la loi.

[DICI] Cérémonies de prise d’habit et premiers voeux à Flavigny

SOURCE - DICI / FSSPX - 29 septembre 2016
Vêtures : Le 28 septembre, l’abbé Patrick Troadec, directeur du Séminaire Saint-Curé d’Ars de Flavigny, a remis la soutane à 3 postulants : 1 Camerounais, 1 Canadien et 1 Français. Après s’être revêtus de la soutane et du surplis, les postulants ont prononcé l’acte d’oblation qui les introduit au noviciat, s’engageant à se préparer dignement à la vie religieuse.