24 mai 2018

[FSSPX Actualités] Mort du cardinal Dario Castrillón Hoyos

SOURCE - FSSPX Actualités - 24 mai 2018

Le cardinal Dario Castrillón Hoyos s'est éteint à Rome le 18 mai 2018. Appelé au service du Saint-Siège en 1996, le prélat s’est peu à peu imposé comme l’interlocuteur privilégié entre le Vatican et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, de 2000 à 2009.

D'abord préfet de la Congrégation pour le clergé, puis président de de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le cardinal a joué un rôle majeur dans le changement d'attitude du Vatican à l'égard de la liturgie traditionnelle.

A l'issue du pèlerinage romain de la Fraternité Saint-Pie X en 2000, il avait reçu les évêques consacrés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, mettant fin à douze années d'ostracisme.

Deux ans plus tard, Mgr Hoyos était le premier cardinal de l'Eglise à célébrer solennellement la liturgie traditionnelle en la basilique Libérienne, faisant fi de la réticence d'une bonne partie de ses confrères.

Dans le même temps, alors que de nombreux évêques continuaient à faire pleuvoir des proscriptions arbitraires sur l'œuvre de Mgr Lefebvre, il expliquait que l'acte des sacres de 1988 ne constituait pas un schisme et que la Fraternité se trouvait « à l'intérieur de l’Eglise », déplorant cependant « le fait qu'il manque une pleine, une plus parfaite communion, parce que la communion existe »...

Le cardinal Hoyos a également joué un rôle non négligeable aux côtés de Benoît XVI dans la promulgation du Motu proprio Summorum pontificum en 2007, et dans le cadre de la levée des sanctions injustes contre les évêques de la Fraternité deux ans plus tard, n'hésitant pas à prendre la défense de cette dernière face à des médias déchaînés.

Le cardinal aurait souhaité qu’une solution canonique fût trouvée pour la Fraternité. Mais cela ne fut jamais rendu possible, une réelle volonté de recevoir l’œuvre de Mgr Lefebvre telle qu’elle est faisant toujours défaut. Car ce n'est pas en retranchant quoi que ce soit à sa mission de défense de la Tradition - en lui imposant, par exemple, de reconnaître des erreurs doctrinales ou la légitimité du nouveau rite -, que la Fraternité pourra œuvrer à la restauration de l'Eglise.

Néanmoins, il serait injuste de ne pas exercer la vertu de gratitude pour les actes posés par le prélat colombien. Ceux-ci furent courageux, alors qu'ils rencontraient l'hostilité des progressistes et des ennemis les plus acharnés de l'Eglise.

Requiescat in pace.

23 mai 2018

[Abbé Claude Barthe - L'Homme Nouveau] Célibat sacerdotal en péril: à Chartres, le cardinal Sarah est monté au créneau

SOURCE - Abbé Claude Barthe - L'Homme Nouveau - 23 mai 2018

On sait qu’une assemblée spéciale du Synode des évêques va se réunir, en octobre 2019, pour l’Amazonie, et qu’elle traitera de l’ordination d’hommes mariés pour répondre aux « nécessités pastorales » locales. De plus, le cardinal Stella, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, personnage majeur de la Curie du Pape François, a confirmé, dans un entretien publié dans Tutti gli uomini di Francesco « Tous les hommes de François », de Fabio Marchese Ragona: (San Paolo, 2018), que le Saint-Siège est bien en train d’étudier la possibilité de « l'ordination d’hommes mariés pour un sacerdoce à temps partiel ». Le Cardinal Stella a en outre précisé que l'abolition de la règle du célibat pour les candidats à l’ordination ne concernerait pas seulement l’Amazonie, mais aussi « quelques îles du Pacifique, et pas seulement ».
   
Cette atteinte gravissime à la structure spirituelle du sacerdoce dans l’Eglise latine a été relayée au Canada, par une discussion exploratoire des évêques du Québec, en Allemagne, au Mexique (région du Chiapas), au Brésil, en Afrique du Sud.
   
Dans ce contexte, le cardinal Sarah a consacré un passage de son homélie prononcée, dans la cathédrale de Chartres, le 21 mai, lors de la messe conclusive du Pèlerinage de « Notre-Dame de Chrétienté », à la défense du célibat sacerdotal :
« Chers frères prêtres, gardez toujours cette certitude : être avec le Christ sur la Croix, c'est cela que le célibat sacerdotal proclame au monde ! Le projet, de nouveau émis par certains, de détacher le célibat du sacerdoce en conférant le sacrement de l’Ordre à des hommes mariés (les viri probati) pour, disent-ils, "des raisons ou des nécessités pastorales", aura pour graves conséquences, en réalité, de rompre définitivement avec la Tradition apostolique. Nous allons fabriquer un sacerdoce à notre taille humaine, mais nous ne perpétuons pas, nous ne prolongeons pas le sacerdoce du Christ, obéissant, pauvre et chaste. En effet, le prêtre n’est pas seulement un alter Christus, mais il est vraiment ipse Christus, il est le Christ lui-même ! Et c'est pour cela qu'à la suite du Christ et de l’Église, le prêtre sera toujours un signe de contradiction ! » 

[FSSPX Actualités] Ordinations diaconales à Zaitzkofen

SOURCE - FSSPX Actualités - 23 mai 2018

La vigile de la Pentecôte est traditionnellement consacrée aux ordinations diaconales au séminaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de Zaitzkofen, en Allemagne.

Cette année n’a pas dérogé à la règle, car le 19 mai 2018, Mgr Bernard Tissier de Mallerais a donné trois nouveaux diacres à l’Eglise, lors d’une belle journée ensoleillée.

Les trois clercs majeurs vont désormais se préparer, dans la prière et l’étude, à gravir les ultimes marches qui doivent les mener au sacerdoce.

22 mai 2018

[Pascal Simon - Le Courrier de l'Ouest] Pentecôte. 12 000 pèlerins, dont 2000 de l’Ouest, entre Paris et Chartres

SOURCE - Pascal Simon - Le Courrier de l'Ouest - 19 mai 2018

Près de 12000 pèlerins sont attendus au 36e pèlerinage de Pentecôte, du samedi 19 au lundi 21 mai 2018, entre Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres. Dont 2000 pèlerins de Bretagne, Normandie des Pays de la Loire et du Centre-Ouest. Organisé par l’association Notre-Dame de Chrétienté, ce pèlerinage attaché à la messe traditionnelle en latin attire de plus en plus de familles et de jeunes catholiques. La messe de clôture, lundi, sera présidée par le cardinal Robert Sarah.
L’événement
Par son organisation, son ampleur, sa durée et le nombre de croyants qui vont marcher cent kilomètres en trois jours, c’est probablement le pèlerinage catholique le plus impressionnant aujourd’hui en France.

Du samedi 19 au lundi 21 mai 2018, près de 12 000 personnes sont attendues pour la 36e édition du pèlerinage de Pentecôte entre les cathédrales Notre-Dame-de-Paris et Notre-Dame de Chartres.
Un millier d’inscriptions en plus
"Nous avons dépassé les 10 000 inscrits dès mercredi, c’est surtout le samedi qu’il y a des "ouvriers de la dernière heure", ainsi que le dimanche et lundi, explique Hervé Rolland, délégué général de Notre-Dame de Chrétienté, l’association organisatrice de ce pèlerinage de Pentecôte. Nous tablons sur 1000 à 1500 personnes en plus, soit un chiffre global qui devrait être en légère progression d’environ 5 % par rapport à 2017".

Dans les rangs, il y aura près de 2000 pèlerins du grand ouest. "Nous comptons déjà 350 pèlerins pour les huit chapitres bretons", expliquait il y a quelques jours Arnaud Dulac, responsable de la coordination des équipes d’organisation pour la Bretagne.

Ailleurs dans le grand ouest, le pèlerinage compte déjà 500 inscriptions dans la grande région Centre, dont 146 de la Sarthe, près de 350 Normands et plus de 730 personnes inscrites dans les chapitres de la région Ouest (Vendée, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Mayenne).

"Chaque pèlerin doit s’inscrire dans un chapitre, celui de son choix. Mais il n’y a pas d’inscription isolée", précise Arnaud Dulac. Ce pèlerinage se veut accessible à tous. "Il y a des chapitres adaptés aux familles avec enfants, ou aux personnes handicapées".

Le pèlerinage de Chartres rayonne aussi à l’international, des chapitres étrangers sont donc prévus (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Pologne, Canada, Espagne…), notamment un pour les Chrétiens d’Orient. A noter aussi un chapitre "Anges gardiens" regroupant des catholiques qui ne peuvent pas physiquement participer au pèlerinage mais vont le soutenir et l’accompagner par la prière. 3000 personnes, dont des religieux et religieuses, sont inscrits.
Plus de 800 bénévoles dans l’organisation
Une organisation millimétrée exigée par l’ampleur de ce rendez-vous qui mobilise une considérable équipe de bénévoles. "Ils sont un peu plus de 800", confirme Hervé Rolland. Sécurité et balisage du parcours, logistique, montage et démontage des bivouacs, acheminements des repas… C’est une véritable fourmilière qui s’active autour des milliers de pèlerins.

"C’est un travail de préparation qui commence dès l’automne. Après chaque édition, on laisse passer l’été et on s’y remet", ajoute Arnaud Dulac qui a fait son premier "pélé" de Chartres à 17 ans, il y a déjà trois décennies…
Une démarche de foi
Au-delà de l’organisation matérielle, ce pèlerinage de Pentecôte est avant tout une démarche de foi entamée depuis plusieurs semaines, voire depuis l’automne, par une préparation spirituelle dans chacun des 250 chapitres.

Organisé par l’association Notre-Dame de Chrétienté, ce pèlerinage attaché à la forme extraordinaire du rite romain (c’est-à-dire la messe traditionnelle en latin) a cette année pour thème général "Saint-Joseph, père et serviteur".

"Pendant le pèlerinage, la messe est célébrée dans la forme extraordinaire du rite romain. Mais il n’est pour autant pas réservé aux seuls pèlerins attachés à la messe traditionnelle, précise Arnaud Dulac, responsable pour la région Bretagne et fidèle de la chapelle Saint-François, à Rennes. Il n’y a pas d’exclusivité, il n’y a rien à prouver. Le pélé de Chartres est ouvert à tous les catholiques. On n’est pas pèlerin tout seul. Il y a un grand esprit de fraternité".
Le cardinal Robert Sarah dès dimanche soir
Les pèlerins qui participent aux trois jours ont rendez-vous dès 6 h, ce samedi matin à Notre-Dame de Paris, pour le chargement de leurs sacs puis la messe. La relique du cœur de Padre Pio (prêtre italien canonisé en 2002 à qui l’Eglise attribue la reconnaissance de l’apparition des stigmates du Christ) sera d’ailleurs à Notre-Dame de Paris.

Des temps de prière et de catéchèse sont prévus durant toute la durée du pèlerinage. Au total, 150 prêtres, dont une cinquantaine de prêtres diocésains, participeront à cette marche. Certains "s’éclipsant" le samedi soir pour retourner célébrer la messe du dimanche matin dans leur chapelle ou paroisse, avant de rejoindre à nouveau les pèlerins.

La messe de clôture, lundi, à la cathédrale de Chartres, sera présidée par le cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Il rejoindra les pèlerins au bivouac dès le dimanche soir pour une nuit d’adoration de Saint-Sacrement.

Chaque année, des trains sont spécialement affrétés pour ramener des centaines de pèlerins vers Paris. Le conflit social à la SNCF a t-il perturbé les équipes de l’association Notre-Dame de Chrétienté ?

"La grève SNCF ne concerne, a priori, que le samedi. Il y a eu plusieurs solutions : départ avancé (ce qui suppose de placer le chapitre complet chez des amis en Ile-de-France (de 50 à 80 personnes : il faut beaucoup d’amis !…) ou bien départ en car, ou solutions hybrides, explique Hervé Rolland, délégué général. En revanche, au vu de la croissance des effectifs, nous aurons trois trains de retour, au lieu de deux, le lundi, depuis Chartres".

Des péripéties le plus souvent surmontées qui font partie aussi de la "légende" du pèlerinage Paris-Chartres, véritable super-marathon spirituel et physique. "C’est une démarche de pénitence, chaque pèlerin se dépouille de son confort pendant ces trois jours. Mais ce n’est pas un exploit physique, estime Arnaud Dulac. On chemine vers Chartres comme on chemine vers le Ciel…"

[Le Salon Beige] Cardinal Sarah : combattez toute loi contre nature que l’on voudrait vous imposer, opposez-vous à toute loi contre la vie et contre la famille (Pèlerinage de Chartres)

SOURCE - Le Salon Beige - 22 mai 2018

Voici le texte de l'homélie du cardinal Sarah, prononcée hier à Chartres :

Chers pèlerins de Chartres,

La Lumière est venue dans le monde nous dit aujourd’hui Jésus dans l’Evangile, et les hommes ont préféré les ténèbres. Et vous, chers pèlerins, avez-vous accueilli l’unique Lumière qui ne trompe pas, celle de Dieu. Vous avez marché pendant trois jours, vous avez prié, chanté, souffert sous le soleil et sous la pluie, avez-vous accueilli la lumière dans votre cœur ? 

Avez-vous réellement renoncé aux Ténèbres, avez-vous choisi de poursuivre la route en suivant Jésus qui est la Lumière du monde. Chers amis, permettez-moi de vous poser cette question radicale car si Dieu n’est pas notre Lumière, tout le reste devient inutile. Sans Dieu, tout est ténèbres. Dieu est venu jusqu’à nous, il s’est fait homme, il nous a révélé l’unie vérité qui sauve, il est mort pour nous racheter du péché. Et à la Pentecôte, il nous a donné l’Esprit saint, il nous a offert la lumière de la foi mais nous préférons les ténèbres.

Regardons autour de nous, la société occidentale a choisi de s’organiser sans Dieu et la voilà maintenant livrée aux lumières clinquantes et trompeuses de la société de consommation, du profit à tout prix, et de l’individualisme forcené. Un monde sans Dieu est un monde de ténèbres, de mensonges et d’égoïsme. 

Sans la Lumière de Dieu, la société occidentale est devenue comme un bateau ivre dans la nuit. Il n’a plus assez d’amour pour accueillir des enfants, les protéger dès le sein de leur mère, de les protéger de l’agression de la pornographie. Privée de la lumière de Dieu, la société occidentale ne sait plus respecter ses vieillards, accompagner vers la mort les malades, faire une place aux plus pauvres et aux plus faibles. Elle est livrée aux ténèbres de la peur, de la tristesse et de l’isolement. Elle n’a plus que le vide et le néant à offrir.

Elle laisse proliférer les idéologies les plus folles. Une société occidentale sans Dieu peut devenir le berceau d’un terrorisme éthique et moral plus virulent et plus destructeur que le terrorisme des islamistes. Souvenez-vous que Jésus nous a dit : « ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt ceux qui peuvent perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps ».

Chers amis, pardonnez-moi cette description mais il faut être lucide et réaliste. Si je vous parle ainsi c’est parce que dans mon cœur de prêtre et de pasteur, je ressens de la compassion pour tant d’âmes égarées, perdues, tristes, inquiètes et seules.

Qui les conduira à la Lumière ? Qui leur montrera le chemin de la Vérité, le seul vrai chemin de liberté qui est celui de la Croix ? Va-t-on les livrer à l’erreur, au nihilisme désespéré ou à l’islamisme agressif sans rien faire ?

Nous devons clamer au monde que notre espérance a un nom : Jésus Christ, unique sauveur du monde et de l’humanité.

Chers pèlerins de France, regardez cette cathédrale, vos ancêtres l’ont construite pour proclamer leur foi. Tout dans son architecture, sa structure, ses vitraux proclame la joie d’être sauvés et aimés par Dieu. Vos ancêtres n’étaient pas parfaits, ils n’étaient pas sans péchés mais ils voulaient laisser la lumière de la foi éclairer leurs ténèbres.

Aujourd’hui aussi, toi peuple de France, réveille-toi, choisis la Lumière, renonce aux ténèbres !

Comment faire ? L’Evangile nous répond : celui qui agit selon la Vérité vient à la Lumière. Laissons la lumière du saint esprit illuminer nos vies concrètement, simplement et jusque dans les régions les plus intimes de notre être profond. Agir selon la vérité, c’est tout d’abord mettre Dieu au centre de nos vies comme la croix est le centre de cette cathédrale.

Mes frères, choisissons de nous tourner vers lui chaque jour.

En cet instant, prenons l’engagement de prendre chaque jour quelques minutes de silence pour nous tourner vers dieu et lui dire : Seigneur, règne en moi, je te donne toute ma vie.

Chers pèlerins, sans silence il n’y a pas de lumière. Les ténèbres se nourrissent du bruit incessant de ce monde qui nous empêche de nous tourner vers Dieu. Prenons exemple sur la liturgie de la messe de ce jour. Elle nous porte à l’adoration, à la crainte filiale et amoureuse devant la grandeur de Dieu. Elle culmine à la consécration ou tous ensemble tournés vers l’autel, le regard diriges vers l’hostie, vers la croix, nous communions en silence, dans le recueillement et l’adoration. 

Frères, aimons ces liturgies qui nous font goûter la présence silencieuse et transcendante de Dieu, et nous tournent vers le Seigneur.

Chers frères prêtres, je vais m’adresser à vous maintenant, spécialement. 

Le saint sacrifice de la messe est le lieu où vous trouverez la lumière pour votre ministère. Le monde que nous vivons nous sollicite sans cesse. Nous sommes constamment en mouvement. Le danger serait grand de nous prendre pour des travailleurs sociaux. Nous ne porterons plus au monde la Lumière de Dieu mais notre propre lumière que n’est pas celle qu’attendent les hommes. 

Sachons nous tourner vers Dieu, dans une célébration liturgique recueillie, pleine de respect, de silence et empreinte de sacralité. N’inventons rien dans la liturgie, recevons tout de Dieu et de l’Eglise. Ne cherchons pas le spectacle ou la réussite. 

La liturgie nous l’apprend, être prêtre, ce n’est pas d’abord faire beaucoup.

C’est être avec le Seigneur sur la Croix. La liturgie est le lieu où l’homme rencontre Dieu face à face. C’est le moment le plus sublime ou Dieu nous apprend à reproduire en nous l’image de son fils Jésus-Christ afin qu’il soit l’aîné d’une multitude. Elle n’est pas, ne doit pas être une occasion de déchirement, de lutte et de dispute.

Dans la forme ordinaire du rit romain comme dans la forme extraordinaire, l’essentiel est de nous tourner vers la croix, vers le Christ, notre Orient, notre tout, notre unique horizon. Que ce soit dans la forme ordinaire ou dans la forme extraordinaire, sachons toujours célébrer, comme en ce jour, selon ce qu’enseigne le Concile Vatican II, avec une noble simplicité, sans surcharge inutile, sans esthétique factice et théâtrale mais avec le sens du sacré, le souci premier de la gloire de Dieu et avec un véritable esprit de fils de l’Eglise d’aujourd’hui et de toujours.

Chers frères prêtres, gardez toujours cette certitude : être avec le Christ sur la Croix, c’est cela que le célibat sacerdotal proclame au monde. Le projet de nouveau émis par certains de détacher le célibat du sacerdoce en conférant le sacrement de l’ordre à des hommes mariés, les viri probati, pour disent-ils des raisons ou des nécessités pastorales aura en réalité pour grave conséquence de rompre définitivement avec la tradition apostolique. 

Nous allons fabriquer un sacerdoce à notre taille humaine mais nous ne perpétuons pas, nous ne prolongeons pas le sacerdoce du Christ, obéissant, pauvre et chaste. Car en effet, le prêtre n’est pas seulement un alter christus, un autre christ. Il est vraiment ipse christus, le Christ lui-même. Et c’est pour cela qu’à la suite du Christ et de l’Eglise, le prêtre sera toujours un signe de contradiction.

Et vous chers chrétiens, laïcs engagés dans la vie de la cité, je veux dire avec force, n’ayez pas peur. N’ayez pas peur de porter à ce monde la Lumière du Christ. Votre premier témoignage doit être votre propre vie, votre propre exemple de vie. Ne cachez pas la source de votre espérance, au contraire, proclamez, témoignez, évangélisez, l’Eglise a besoin de vous. Rappelez à tous que seul le Christ crucifié révèle le sens authentique de la Liberté.

A vous chers parents, je vais adresser un message tout particulier. Être père et mère de famille, dans le monde d’aujourd’hui est une aventure difficile, pleine de souffrances, d’obstacles et de soucis. L’Eglise vous dit merci. Oui, merci pour le don généreux de vous-mêmes. Ayez le courage d’élever vos enfants à la Lumière du Christ. Il vous faudra parfois lutter contre le vent dominant, supporter le mépris et les moqueries du monde mais nous ne sommes pas ici pour plaire au monde. Nous proclamons nous un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens. 

N’ayez pas peur, ne renoncez pas. L’Eglise, par la voix des papes, tout spécialement depuis l’encyclique Humanae vitae, vous confie une mission prophétique. Témoignez devant tous de votre confiance joyeuse en Dieu qui nous a fait gardiens intelligents de l’ordre naturel. Vous annoncez ce que Jésus nous a révélé par sa vie. Chers pères et mères de famille, l’Eglise vous aime, aimez l’Eglise. Aimez votre mère.

A vous enfin, je vais m’adresser. Vous les plus jeunes qui êtes ici nombreux. Je vous prie d’écouter d’abord un ancien qui a plus d’autorité que moi. Il s’agit de l’évangéliste saint jean. Au-delà de l’exemple de sa vie, Saint Jean a également laissé un message écrit aux jeunes. Dans sa première lettre, nous lisons ces paroles émouvantes d’un ancien aux jeunes des églises qu’il avait fondées. Ecoutez cette voix forte d’un vieillard : « je vous l’ai écrit, à vous les plus jeunes, vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le mauvais. N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde ». 

Le monde que nous ne devons pas aimer, commente le père Cantalamessa dans son homélie du vendredi saint, et auquel nous ne devons pas nous conformer, n’est pas – nous le savons bien - le monde créé et aimé par Dieu. Ce ne sont pas les personnes du monde vers lesquelles au contraire nous devons toujours aller, surtout le plus pauvres et les plus faibles pour les aimer et les servir humblement.

Non. Le monde à ne pas aimer est un autre monde. C’est le monde tel qu’il est devenu sous la domination de Satan et du péché. C’est le monde des idéologies qui nient la nature humaine et détruisent les familles. C’est le monde des structures onusiennes qui imposent impérativement une nouvelle éthique mondiale à laquelle nous devrions tous nous soumettre. Mais un grand écrivain croyant britannique du siècle dernier, T.S.Eliot, a écrit trois versets qui en disent davantage que des livres entiers. « Dans le monde des fugitifs, celui qui prend la direction opposée aura l’air d’un déserteur. »

Chers jeunes, s’il est permis à un ancien comme l’était Saint Jean de s’adresser directement à vous, je vous exhorte moi aussi et je vous dis : vous avez vaincu le mauvais, combattez toute loi contre nature que l’on voudrait vous imposer, opposez-vous à toute loi contre la vie et contre la famille, soyez de ceux qui prennent la direction opposée. Osez aller à contre-courant. Pour nous chrétiens, la direction opposée n’est pas un lieu, c’est une personne, c’est Jésus Christ, notre ami et notre rédempteur. 

Une tâche vous ait particulièrement confiée à vous, les jeunes : sauver l’amour humain de la dérive tragique dans laquelle il est tombé. L’amour qui n’est plus le don de soi-même mais seulement la possession de l’autre, une possession souvent violente et tyrannique. Sur la Croix, Dieu s’est fait homme et nous a révélé qu’Il est agapè, c’est-à-dire l’Amour qui se donne jusqu’à la mort. Aimer vraiment, c’est mourir pour l’autre comme ce jeune gendarme, le colonel Arnaud Beltrame.

Chers jeunes, vous éprouvez souvent, sans doute, dans votre âme, la lutte des ténèbres et de la Lumière, vous êtes parfois séduits par les plaisirs faciles de ce monde. De tout mon cœur de prêtre, je vous le dis : n’hésitez pas, Jésus vous donnera tout. En le suivant pour être des saints, vous ne perdrez rien, vous gagnerez la seule joie qui ne déçoit jamais. Chers jeunes, si aujourd’hui le Christ vous appelle à le suivre comme prêtre, comme religieux ou religieuse, n’hésitez pas, dites-lui fiat, un oui enthousiaste et sans condition. Dieu veut avoir besoin de vous. Quelle joie. Quelle grâce.

L’occident a été évangélisé par les saints et les martyrs. Vous, jeunes d’aujourd’hui, vous serez les saints et les martyrs que les nations attendent pour une nouvelle évangélisation. Vos patries ont soif du Christ, ne les décevez pas. L’Eglise vous fait confiance. Je prie pour que nombreux parmi vous répondent, aujourd’hui durant cette messe, à l’appel de Dieu à la suivre, à tout laisser pour Lui, pour sa Lumière. Quand Dieu appelle, il est radical. Il nous appelle tout entiers, jusqu’au don total, jusqu’au martyre du corps ou du cœur.

Cher peuple de France, ce sont les monastères qui ont fait la civilisation de ton pays. Ce sont les personnes, les hommes et les femmes, qui ont accepté de suivre Jésus jusqu’au bout, radicalement, qui ont construit l’Europe chrétienne. Parce qu’ils ont cherché Dieu seul, ils ont construit une civilisation belle et paisible comme cette cathédrale.

Peuple de France, peuples d’occident, vous ne trouverez la paix et la joie qu’en ne cherchant Dieu seul. Retournez à vos racines, retournez à la source, retournez au monastère. Oui, vous tous, osez aller passer quelques jours dans un monastère. Dans ce monde de tumultes, de laideur, de tristesse, les monastères sont des oasis de beauté et de joie. Vous y ferez l’expérience qu’il est possible de mettre concrètement Dieu au centre de toute sa vie, vous y ferez l’expérience de la seule joie qui ne passe pas.

Chers pèlerins, renonçons aux ténèbres, choisissons la Lumière, demandons à la Très Sainte Vierge Marie de savoir dire fiat, c’est-à-dire oui, pleinement comme elle, de savoir accueillir la lumière de l’Esprit Saint, comme elle. En ce jour où grâce à la sollicitude du Saint Père le pape François, nous fêtons Marie mère de l’Eglise, demandons à cette mère très sainte d’avoir un cœur comme le sien, un cœur qui ne refuse rien à Dieu, un cœur brûlant d’amour pour la gloire de Dieu, ardent à annoncer aux Hommes la bonne nouvelle, un cœur généreux, un cœur large comme le cœur de Marie, aux dimensions de l’Eglise, aux dimensions du cœur de Jésus.