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Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

26 mars 2017

[Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou] Souvenir d'un pseudo-vicaire à St Nicolas du Chardonnet (1980-1983)

SOURCE - Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou - avril 2017

Je n’étais pas à la « prise » de St Nicolas du Chardonnet, le 27 février 1977. J’étais séminariste, et je me souviens fort bien des réactions diverses et contradictoires des séminaristes, et même des professeurs. Le directeur, vénérable sujet de la Confédération Helvétique, désapprouvait ce coup de force contraire à l’ordre et au respect des lois. Monseigneur était absent, et tout est rentré dans l’ordre avec son retour : heureux de l’évènement, il l’encourage et décide même d’apporter l’aide de la Fraternité ! C’est donc le district de France, l’abbé Aulagnier en tête, aidé par l’abbé Groche, qui s’investit aussitôt et aide avec enthousiasme ! Mgr Lefebvre lui-même se rend à St Nicolas dès le 22 mai suivant pour y confirmer une centaine d’enfants. Les séminaristes, lors de leurs congés, sont heureux d’apporter leur aide, et des prêtres y sont affectés dès leur ordination (abbé Claude Barthe, abbé Olivier de Blignières). Ils seront évacués peu après en raison de prises de position sédévacantistes. Nous arrivons ainsi à l’été 1980, avec la nomination de l’abbé Dominique Mihailovic à Saint-Nicolas, et de l’abbé Alain Lorans à l’Institut Saint Pie X. C’est alors que Monseigneur décide d’anticiper mon ordination au 20 septembre pour me nommer collaborateur de Mgr Ducaud-Bourget. (L’abbé Jean-Luc Veuillez nous y rejoindra en 1982). 

J’ai eu la grâce de narrer autrefois ces années à St Nicolas dans la revue Fideliter, mais le temps passé me permet un peu de recul, même si un peu de nostalgie vient teinter mon discours, non pas tant parce que "c’était le bon temps" – tous les temps sont bons ! – mais surtout parce que la plupart des figures évoquées et que j’ai aimées, dorment à présent au "lieu du rafraichissement, de la lumière et de la paix".

Après une arrivée en fanfare, je découvre donc une quasi-paroisse très originale, animée par beaucoup d’enthousiasme, mais livrée à beaucoup d’improvisations et autant de désordres ! C’était extraordinaire, mais tout était à régler, à ordonner, à nettoyer même, et Mgr Ducaud-Bourget me confia la charge redoutable de mettre un peu d’ordre. Je le fis, sans plaire à tous, ni aux messieurs doctement installés dans les stalles, ni à toutes les dames catéchistes, ni même parfois à notre cher monseigneur ! Il aimait tant que la foule chante le Pater avec le célébrant ! Sans doute ai-je usé parfois de trop de force, et ai-je commis des erreurs, mais ces trois années ont été très formatrices… 

Après une année de présence, j’avais tout fait, tout vu, tout entendu… même des obsèques un samedi-Saint, si je me souviens bien – même une extrême-onction dans la sacristie – même une pénitente me poursuivant dans le métro – même un crachat au visage sur le parvis – même une mécontente chassée de la sacristie par monseigneur l’obligeant à reculer jusqu’à la sortie en montant sur ses pieds et rythmant sa marche en avant de « mange » en réponse à cet autre mot qu’elle lui répétait en reculant et que je tairai ici – même cette famille fidèle aux vêpres dominicales et qui s’asseyait avec fracas dès qu’était entonné le Tu es Petrus – même la « motarde », ainsi nommée parce qu’elle circulait en pétrolette et assistait à la messe coiffée de son casque quand elle avait oublié sa mantille – même la « dame du Sacré-Cœur » qui squattait « sa » chapelle et la défendait contre les intrus à coup de parapluie, etc. 

Et tout ça faisait d’excellents chrétiens, comme le chantait Maurice ! Mais il y avait vraiment une ambiance peu banale… qui m’irritait parfois, hélas, et qui me ravissait souvent ! C’était vraiment une « paroisse vivante » !

Outre la Sainte Messe et les offices, les catéchismes, les confessions, les baptêmes, mariages et enterrements, les prédications, nous avons alors inauguré les prédications et les chemins de croix de carême, les concerts spirituels, les messes chantées du mercredi soir, dites messes des jeunes, avec le service liturgique assuré par la MJCF, et les premiers trémolos du Chœur Fra Angelico, etc.

Mais le plus précieux à ma mémoire, est le souvenir des prêtres et des fidèles que j’y ai connus. Mgr Ducaud-Bourget, d’abord, qui tenait à ce que personne ne touche au drapeau du pape présent dans le chœur ! Il ne voulait surtout pas être « curé » mais aimait bien baptiser l’abbé Aulagnier du titre de « co-curé » ! Il entonnait le Gloria de la messe royale de Du Mont avec une puissance décoiffante, alors qu’il semblait si frêle ! Il montait en chaire le dimanche pour commenter l’épitre et se trompait parfois de dimanche, mais c’était tellement prenant que personne ne s’en apercevait ! Et il avait aussi ce geste banal mais si amical de nous réunir le dimanche après les messes du matin pour un petit porto dominical ! « Les gens sérieux sont embêtants », aimait-il à nous dire, pour nous faire comprendre en douceur qu’il ne fallait surtout pas nous prendre au sérieux ! 

L’abbé Serralda venait rarement, trop occupé par la chapelle Ste Germaine. Mais nous avions alors une équipe régulière de prêtres anciens : Mgr Gillet, qui brandissait des pistolets en chaire lorsqu’il évoquait le Pape, l’abbé Juan et sa barbiche au vent, en continuel va-et-vient pour porter la communion aux malades, l’abbé Emmanuelli qui faisait la police à l’entrée le dimanche, et bloquait ainsi de son importante personne les entrées comme les sorties – c’est lui aussi qui clamait de sa voix de stentor dans la sacristie, lorsque quelqu’un tentait de calmer ses fréquentes colères : non monsieur, je ne suis pas en colère… je suis indigné ! – l’abbé Dinh Vin Son qui chantait en chaire l’Ave Maria en vietnamien, et même le cher et docte abbé des Graviers, assidu aux Vêpres dominicales mais qui n’entonnait que la troisième antienne, la seule dont il parvenait à retenir la mélodie.

Le personnage le plus pittoresque demeure quand même le bon Frère Gilles, incollable en liturgie depuis ses années à St Louis des Français, à Rome, dans la Fraternité Sacerdotale du Père Prévost, et d’un dévouement inlassable, malgré ses ronchonnements toujours agrémentés d’un gentil sourire un peu ébréché… Il était aidé parfois par le Fr. Edouard descendu de Suresnes… Mais sa (notre) terreur était quand même Sr Flodoberthe, qui trainait toujours avec elle une troupe d’enfants qu’elle catéchisait, et qu’il fallait baptiser sur-le-champ, ou confesser, ou communier sans attendre ! Et le pauvre frère n’avait jamais un prêtre sous la main (disait-il) ! 

Quand je vous disais que l’on ne s’ennuyait pas !

Il y avait aussi les bons et fidèles serviteurs : M. Ducaud, la famille Cagnon, de père en fils et petit-fils, Bernard Faribault, discret et efficace, le brave et solide Noureygat, ses amis de la garde et du « Père tranquille », M. de Milleville, le cher Lamy, M. et Mme Rota, et tant d’autres, sans oublier nos artistes : l’inoubliable Castafiore, MM. Sisung, Holiner et Avignon…(un moment épique entre tous : la grève de la chorale, assise en bloc au premier rang, les bras croisés et muette pendant la messe chantée du dimanche, pendant que je tentais de faire chanter les fidèles !) et Louis le Suisse, qui cachait tant de choses dans son réduit avec sa hallebarde ! Il y avait aussi celle dont je n’ai jamais su le nom, et que nous appelions Mlle de Saint-Cierge. Elle était un ange de silence et de douceur, et chaque jour, elle venait gratter et nettoyer les brûloirs où se consumaient les cierges offerts par les fidèles…d’où son amical surnom !

Quelques fidèles notables sont aussi à mentionner : Jean Madiran, avec qui j’ai eu une bien stupide querelle (péché de jeunesse) ; André Figueras (avec son épouse et ses fils), étonné d’apprendre que, pas plus que lui, je ne voyais Jésus dans l’Hostie ; Jean Dutourd, fidèle à accompagner son épouse à la messe du soir, qu’il passait à deviser fort élégamment dans la sacristie ; Jacques Dufilho, fidèle et discret, et son artiste de fille, Colette ; Michel Fromentoux, etc…

J’y ai aperçu parfois Jean-Marie Le Pen… entre autres lors d’une messe célébrée pour Béchir Gemayel, et à l’issue de laquelle il avait commenté le sermon sur les qualités d’un homme d’état chrétien : « On s’est bien fait eng… ! »

Mais je n’en finirais pas d’évoquer tant et tant de visages et d’âmes… tant de jeunes et de moins jeunes… ce brave homme, par exemple qui, septuagénaire, ne s’était jamais confessé et qui, après une belle, bonne et longue confession, est sorti rayonnant du confessionnal pour m’embrasser comme du bon pain… ou cet autre qui, heureux de s’être bien confessé, me dit qu’il voulait me faire un cadeau : une pensée qui lui était venue, à savoir que, lorsqu’il arriverait à la porte du ciel, sa richesse serait tout ce qu’il aurait donné… et tant d’autres que Notre-Dame du clergé n’a pas oubliés et qu’elle a gardés dans son cœur maternel !

Quand je vous disais que pendant ces trois années à Saint-Nicolas, j’en ai appris assez pour tenir toute une vie sans être surpris par rien ! Ce n’était pas une paroisse, et Mgr Ducaud-Bourget n’était pas curé… mais c’était mieux encore : c’était l’Église incarnée et vivante, parfois brouillonne mais toujours enthousiaste, pas cérébrale pour un sou et tellement chaleureuse, avec ses gloires et ses misères, ses grandeurs et ses faiblesses… l’Église telle que l’aimait Mgr Lefebvre et telle que je persiste à l’aimer, celle qui ne doit pas changer ! 

Abbé Michel Simoulin,
Heureux «pseudo-vicaire».

[Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou] "Nous avons évoqué déjà la belle figure de Sainte Maria Goretti..." (éditorial)

SOURCE - Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou - avril 2017

Nous avons évoqué déjà la belle figure de Sainte Maria Goretti. Elle nous donne, entre autres, une leçon sur laquelle nous pouvons méditer. Alors qu'elle se débat sous les coups d’Alessandro, elle lui dit: "Ne fais pas cela ! C'est un péché ! Tu iras en enfer!" Le lendemain, avant de lui donner l'hostie, le prêtre lui demande si elle pardonne à son agresseur comme Jésus a pardonné sur la croix à ses bourreaux. "Oui, pour l'amour de Jésus je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi je lui ai déjà pardonné." Pas un instant, Maria ne considère sa propre souffrance ou le mal qu’il lui a fait, mais elle ne voit que cette pauvre âme qui risque d’aller en enfer et pour laquelle elle désire le paradis. 

Nous avons lu aussi, le mois dernier, l’histoire bouleversante de Laura Vicuña. Innocente et pure, elle s’évanouit de douleur lorsqu’elle apprend que sa maman est en état de péché mortel, et se trouve aux porte de l’enfer ! Pour la sauver, elle offre sa vie d’enfant, et à l’heure de vivre cette offrande, après avoir obtenu de sa maman la promesse de sa conversion, elle murmure avec un sourire : « Merci Jésus, merci Marie ! Maintenant je meurs contente ». Elle avait 12 ans et 9 mois. Ce qui me frappe le plus chez cette enfant, comme chez Maria Goretti, c’est le sens qu’elle avait du péché, et du malheur d’une âme en état de péché ! Elle aimait tellement sa mère que la pensée qu’elle puisse être éternellement malheureuse lui avait quasiment ôté la vie. Sans doute s’évanouir n’est pas mourir, mais ce fut chez elle l’effet d’une douleur intolérable. 

Comment ne pas penser encore à l’intervention de Notre-Dame à Fatima, pour demander aux enfants des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs ? Elle ira jusqu’à leur montrer l’enfer pour les y encourager. La demande de la Vierge est encore de faire tout ce qui est possible pour « préserver les âmes du feu de l’enfer », comme elle l’exprime dans la belle prière qu’elle leur enseigne.

Je crains que nous n’ayons pas, quant à nous, la même crainte et la même douleur de l’âme devant le péché et ses conséquences dans l’âme du pécheur. Nous sommes trop pris par nos propres souffrances et le mal que nous subissons. Au mieux, nous pensons aux souffrances de Jésus-Christ victime des péchés des hommes, mais avons-nous de la douleur du danger mortel que courent les âmes en état de péché : mourir ainsi c’est l’enfer, c’est le malheur éternel ? Avons-nous un amour du prochain qui vit dans le sillage de l’amour du Cœur de Jésus pour tous les humains ?

Des saints ont eu cette douleur et ont dépensé toutes leurs forces, donné leur vie pour la conversion et le salut des pécheurs.

Et j’ose dire que si Jésus-Christ est mort sur la Croix, c’est par la douleur qui a brisé son cœur et mis fin à sa vie humaine, "la douleur qu’il éprouvait en voyant se condamner volontairement les âmes qui fouleraient aux pieds les peines intérieures de son cœur amoureux". Qu’on me pardonne l’audace de la formule, mais Jésus est mort à cause des damnés, à cause de la douleur devenue intolérable à ce cœur où tout n’était qu’amour, amour divin et douleur immense ! C’est là une douleur qu’il ne pouvait exprimer. Lorsque nous méditons la Passion, nous considérons les souffrances physiques, les douleurs morales de l’injustice et des humiliations, peut-être encore, comme le suppliera le Sacré-Cœur, les ingratitudes : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi ».

Mais la douleur la plus profonde est toujours inexprimable, et seuls peuvent la comprendre ceux qui savent aimer comme Jésus. Plus l’amour est vrai, plus la douleur est profonde du malheur de ceux que l’on aime, et c’est la souffrance éternelle des damnés qui a causé la mort de ce cœur où il y avait trop d’amour. Toute la passion extérieure de Jésus est comme une gigantesque marée visible d’un océan invisible, dit le P. Faber, car les souffrances de l’esprit dépassaient de beaucoup celles du corps. Cette agonie intérieure causée par la malice des péchés des hommes lui occasionnait une expiation plus terrible, plus douloureuse que toutes les atrocités avec lesquelles ses bourreaux tourmentèrent son corps très saint.

La douleur du Christ était en son cœur le fruit de nos souffrances auxquelles son amour voulait mettre fin, mais celles des damnés lui furent insupportables. Elles étaient en même temps l’effet de son amour tout-puissant mais tenu en échec par leurs refus volontaires d’être aimés. Il est mort à cause des damnés.

Mais son amour a été vainqueur puisqu’il est mort pour ses élus, par l’offrande d’un amour plus fort que toute douleur, un amour vainqueur de la mort elle-même. 

La charité ne connaît pas la défaite – et c’est pourquoi j’ose espérer que les élus seront beaucoup plus nombreux que les damnés ! – et les damnés eux-mêmes dans leur éternel malheur crient au monde des vivants que leur malheur est encore une manifestation de la puissance et de la victoire de l’amour. Relisons ces réflexions admirables du Père de Chivré sur l’espérance :
Le surnaturel nous enveloppe; n'y échappent que les libertés perverties jusqu'au refus d'être aimées plus qu'elles n’aiment leurs horreurs morales ; le désespoir est le seul acte humain d'où Dieu soit nécessairement absent puisqu'il consiste non seulement à ne plus Le posséder, mais à ne plus croire aux possibilités de Le posséder, alors que Lui, Dieu, a épuisé toutes les possibilités surnaturelles et naturelles de demeurer avec nous et en nous; c'est vraiment l'acte stupide par excellence puisque il est privé de toute grâce et de toute espérance de la grâce. 
L'Espérance! L'Espérance! La flamme dans la nuit, l'élan subit dans une santé défaillante, le sourire fleurissant sur les lèvres salées par les sanglots... L'Espérance, cette espèce de certitude qu'on est idiot d'avoir douté, cette prise de conscience immédiate et consistante que les réponses sont, que les solutions existent... L'Espérance, cette résurrection printanière de tout, dans le cœur parfumé de bonheur et dans l'intelligence secouée d'enthousiasme... L'Espérance, cette marche en avant avec tout un ravitaillement de mots, de cris, de chants, appropriés pour être davantage à la disposition de l'espoir comme la voile est à la disposition du vent. Ô mon Dieu ! Merci d'avoir créé l'Espérance sans laquelle je n'oserais pas marcher. 
Tout péché a sa grâce à lui, son secours à lui : remords, rougeur de honte, dégoût, une sanction, une conséquence qui fera réfléchir...
Toute malice a sa contrepartie vertueuse,
Toute tentation a son angle propice à la victoire,
Toute déficience a son utilisation réparatrice. 
Tout, absolument tout, est accessible à la grâce et la grâce n'aura peut-être d'égal que la stupeur du monde lorsqu'au dernier jour les plus grands adversaires de Dieu, les plus farouches s'apercevront que, sans le savoir, leur malice était au service de la Sagesse divine, laquelle en définitive aura le dernier mot. 
Dieu ne recule devant aucune ruse pour faire aboutir la Grâce, mais le malin le lui rend bien pour la tenir en échec et pourtant, qu'il est consolant et vrai de constater qu'Elle a en définitive le dernier mot ; jusque dans ses succès, le Mal a le dessous par rapport au plan de Dieu. La grande humiliation de Satan sera de s'apercevoir au dernier jour qu'il aura travaillé pour la gloire de Dieu. Dans ses attaques, ses ruses, ses haines, ses triomphes et ses rages, il aura fait éclore de superbes prières, de sanglants sacrifices, s'épanouir de généreuses réparations, naître d'audacieuses initiatives, réveiller des vertus et des repentirs ; lui, le maudit, il aura fait chanter l'Amour et il en sera furieux ; lui, le ténébreux entêté, il aura obtenu pour Dieu d'éblouissantes soumissions et d'éberluantes fidélités qui le feront frémir de honte lorsque les bénis le jugeront. 
"Pas un cheveu ne tombe de vos têtes sans la permission du Père", traduisez : la Grâce veille à tout et sur tous. Quelle compagnie dans les solitudes les plus apparemment irrémédiables ! 
Comme on comprend le cri d'enthousiasme de l'Eglise au matin du Samedi Saint "Felix culpa", heureuse faute puisque non seulement le bien existe, mais la malice est vaincue, ce qui est un bien nouveau que la vertu ne pouvait pas produire à elle seule. 
Heureuse faute sans laquelle l'homme n'aurait pas ajouté à sa couronne originelle les diamants de ses larmes, les rubis de ses expiations et les lumières de ses aveux.
C’est l’éternelle victoire de la vie sur la mort, que nous célébrerons avec éclat la nuit de Pâques. Tout est fini ?… non, tout commence ! Tout est perdu ? … non, tout est gagné : la vie triomphe, l’amour est vainqueur, et le ciel est ouvert à tous ceux qui ont cru en l’amour.

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus l’avait bien compris, et surtout bien vécu, comme elle l’exprimait dans une de ses dernières lettres
Cher petit Frère, au moment de paraître devant le bon Dieu, je comprends plus que jamais qu'il n'y a qu'une chose nécessaire, c'est de travailler uniquement pour Lui et de ne rien faire pour soi ni pour les créatures. 
Jésus veut posséder complètement votre coeur, il veut que vous soyez un grand saint. Pour cela il vous faudra beaucoup souffrir, mais aussi une joie inondera votre âme quand vous serez arrivé au moment heureux de votre entrée dans l'Eternelle Vie !... Mon frère, tous vos amis du Ciel, je vais aller bientôt leur offrir votre amour, les prier de vous protéger. Je voudrais vous dire, mon cher petit Frère, mille choses que je comprends étant à la porte de l'éternité, mais je ne meurs pas, j'entre dans la vie et tout ce que je ne puis vous dire ici-bas, je vous le ferai comprendre du haut des Cieux... (LT 244 à l'abbé Bellière le 9 juin 1897)
Belle fête de la Résurrection de Notre-Seigneur et beau temps pascal à tous et toutes, sous le doux regard du Cœur Immaculé de sa mère devenue la nôtre.

1.000 excuses! texte déjà publié en 2016 (pas 2017)

25 mars 2017

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Lent Déclin – I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 25 mars 2017

Si je n’agirai pas – comme je pense – bien,
De mes bonnes pensées il ne restera rien !

Voici un témoignage (abrégé) venant des États-Unis. Il tape souvent dans le mille :—
On a voulu « changer l’image » de la Fraternité St Pie X. Résultat ? – elle n’est plus ce qu’elle était. Comme la Fraternité originale appartenait à l’Église catholique, ainsi la Néo-fraternité appartient à la Néo-église. Pour les anciens qui se souviennent de Vatican II, c’est du déjà vu, mais en pire, parce que cette fois-ci il n’y a même pas d’attaque directe contre la bonne doctrine, ni un Concile important, c’est par une transformation sociale que la révolution s’étend, lente et presque imperceptible. 
En effet, les apparences de la Tradition se maintiennent, mais le Mouvement de la Tradition se change en douceur, du dedans. Extérieurement et du point de vue matériel les choses paraissent mieux réussies que jamais, avec toujours plus d’argent et de bâtiments, mais intérieurement et spirituellement on observe une décadence, parce que la maladie du modernisme gagne imperceptiblement les gens. Et une variété de symptômes indiquent que c’est bien le même modernisme, par exemple les jeunes prêtres de la Fraternité aux visages béats, tout comme les « prêtres de la paix » comme le grand Cardinal Mindszenty les a nommés, dans les années 1960 et 1970. Mais à ceux-ci manque la masculinité des prêtres qui les ont précédés, comme elle manque à des laïcs importants dans l’éducation. 
Alors la Messe a beau être Traditionnelle, toute la culture autour est Novus Ordo. Les Traditionnalistes veulent préserver la Messe ancienne et les Sacrements et quelques-unes des bonnes mœurs du Catéchisme, mais en même temps ils veulent profiter de tout le reste que le monde moderne leur offre. Comme résultat on distingue à peine, en-dehors de la Messe et des Sacrements, entre les soi-disant Catholiques de la Tradition et leurs équivalents dans le monde moderne. Pour ce qui concerne le divorce, les annulations de mariage, les « filles-mères », etc., les statistiques sont pareilles. Si les Traditionnalistes veulent suivre le monde moderne, ils ne peuvent plus garder la religion ancienne. Il faut choisir. 
Ce qui se passe, c’est que le Mouvement de la Tradition s’ouvre actuellement au monde pour devenir normal et se faire accepter, et le processus de la modernisation avance, lentement mais sûrement. Il y a une nouvelle génération de jeunes au pouvoir, et ils font tout changer. Les anciens irréductibles qui désormais gênaient ont été remplacés, et la Tradition a une nouvelle image, jeune, souriante, aimable. Voilà 50 ans que l’Église officielle a eu sa mise à jour, la Fraternité y passe aujourd’hui. La vieille génération qui a mené tant de batailles pour tout préserver se fait remplacer maintenant par une nouvelle génération qui n’a jamais connu le Novus O rdo, ni ce qui était derrière, et qui n’a jamais eu à se battre pour quoi que ce soit. Les jeunes d’aujourd’hui peuvent bien avoir été élevés isolés dans une bulle de la Tradition, sans connaître grand- chose de la guerre d’hier, origine de celle d’aujourd’hui. Avant le Concile Bella Dodd a rendu un témoignage célèbre que les Communistes avaient infiltré l’Église. Pouvons-nous être sûrs que la même chose n’arrive pas actuellement au mouvement de la Tradition ? 
Cela devait arriver. N’étant ni infaillible ni indéfectible, la Fraternité passe maintenant par l’expérience d’il y a 50 ans de l’Église officielle – l’infiltration, le compromis, la désintégration et le même processus d’auto-démolition. Mgr. Lefebvre aurait remarqué tout de suite le changement radical, mais bon nombre des grenouilles dans la Fraternité n’ont même pas remarqué comment la température de l’eau monte. Monseigneur a « transmis ce qu’ il a reçu » mais la nouvelle génération comment peut-elle transmettre ce qu’elle ne reçoit plus ? C’est pour cela que nous entendons que la « réconciliation inévitable » est imminente. La Fraternité sera acceptée comme partie de la Néo-église, et inversement elle devra accepter la Néo-église. Elle ne sera plus qu’une des nombreuses chapelles latérales dans le Panthéon du Nouvel Ordre Mondial. Et quant à la « réconciliation », de quel côté des deux s’est-on rendu à l’autre ? L’Église Conciliaire est-elle devenue catholique ? Absolument pas !
Kyrie eleison.

[DICI] Le 25 mars 1991 s’éteignait Mgr Marcel Lefebvre…

SOURCE - DICI - 25 mars 2017

Mgr Marcel Lefebvre est né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord) et mort à Martigny (Valais) le 25 mars 1991. Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Grande figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X dont la finalité est de préserver le sacerdoce catholique. Il décède le 25 mars 1991.